À quand le tour de l’Algérie ?

C’est donc possible de faire basculer une dictature socialiste arabe

La chute accélérée de Ben Ali en Tunisie n’a pas fini de faire trembler les régimes voisins. Malgré la poigne de fer de Ben Ali, son régime policier et le soutien affirmé de l’occident à son égard, notamment avec la proposition  faite à la Tunisie et à l’Algérie par Michèle Alliot-Marie, Ministre de la défense, d’assurer un encadrement policier pour contrôler les foules de ces deux pays, il est tombé de façon aussi rapide qu’inattendue. C’est donc possible de faire basculer une dictature socialiste arabe. Pourquoi pas celle de Bouteflika ?

Après ce coup d’État de l’armée, de grandes incertitudes pèsent sur la Tunisie en l’absence de force d’opposition organisée autre que les mouvances islamistes. Espérons qu’un pouvoir de transition favorisera l’instauration d’une démocratie appaisée et la poursuite des réformes engagées de libéralisation et la lutte contre la corruption endémique du pouvoir et de l’administration du pays. C’est le prix à payer pour connaître le décolage économique des tigres du sud-est asiatique. C’est sans doute en s’engageant sur la voie des réformes que le pays a ouvert les yeux du peuple sur ses perspectives, mais aussi sur les blocages qui les maintenaient inaccessibles. Le socialisme arabe de Ben Ali est terminé, espérons que la Tunisie aura enfin droit de continuer sa route vers un régime de démocratie libérale.

Mais les jeunes de l’ensemble du Maghreb vont maintenant pouvoir s’appuyer sur cet exemple pour envisager le passage à l’action, et se réapproprier leurs libertés confisquées.  L’arme algérienne va observer l’après Ben Ali et évaluer les chances de faire évoluer le pays si la révolte populaire prend de l’ampleur. C’est pourquoi la France doit arrêter de défendre la dictature algérienne actuelle sous prétexte qu’elle agite la menace islamiste comme elle l’a fait sournoisement ces dernières décennies en massacrant parfois elle-même ses propres enfants pour entretenir la terreur. L’Algérie a un passé et un régime bien plus lourds que la Tunisie, mais l’histoire connait parfois des retournements surprenants, espérons que ce soit pour le meilleur. Les populations du Maghreb le méritent après plusieurs décennies de dictatures socialistes sanguinaires.

Mettons de côté les incertitudes de ce changement, et retenons au moins cette bonne nouvelle : il n’y a plus de fatalité du socialisme arabe.