Étude OCDE 2010 de la zone euro

La zone euro se remet de la crise mais des réformes essentielles sont nécessaires au rétablissement de la stabilité

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Étude OCDE 2010 de la zone euro

Publié le 14 décembre 2010
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La zone euro a subi une profonde récession, suivie d’une crise de la dette souveraine dans certains pays de la zone, dans le sillage de la crise financière mondiale. C’est la première fois qu’était véritablement mise à l’épreuve la robustesse de la zone euro en période de récession.

Selon l’étude 2010 de l’OCDE sur la zone euro, des déséquilibres excessifs d’ordre économique, financier et budgétaire se sont accumulés dans certains pays de la zone euro durant la période d’expansion, entravant le bon fonctionnement de l’union monétaire, et se sont traduits par des fragilités croissantes. Il en est résulté des crises économiques et budgétaires particulièrement graves dans certains pays, avec des retombées dans l’ensemble de la zone euro principalement par le biais des marchés de capitaux.

Une modeste reprise est maintenant en cours, mais des risques subsistent. Les conditions financières se sont améliorées. L’activité s’est accélérée, mais la reprise sera probablement faible. L’assainissement budgétaire est indispensable. Il faudra mettre fin aux mesures de relance monétaire.

Les amples déficits ou excédents de la balance courante qui ont été observés dans les pays de la zone euro avant la crise étaient liés à des déséquilibres sous-jacents d’ordre économique, financier et budgétaire. Les économies nationales étaient soumises à tout un ensemble de pressions divergentes, accentuées par les fluctuations des taux d’intérêt réels qui ont induit des comportements divergents de l’épargne et de l’investissement dans les économies de la zone euro. Dans certains pays, le bas niveau des taux d’intérêt réels a déclenché une forte expansion du crédit, de la consommation et du logement, tout en entamant la compétitivité. Le système bancaire a transféré des financements des pays à forte épargne vers ceux en déficit. Durant la crise, certains pays déficitaires ont subi de très fortes pressions économiques, financières et budgétaires. L’ajustement sera difficile et prendra du temps dans quelques pays déficitaires, en particulier lorsque les prix et les salaires devront s’ajuster pour faciliter le redéploiement de ressources au détriment des secteurs essentiellement axés sur le marché intérieur qui ont connu une croissance trop rapide durant les années de forte expansion.

Balance des opérations courantes OCDE

Une nouvelle approche globale de la gestion économique et financière s’impose pour stabiliser plus efficacement les économies nationales. Elle devrait s’appuyer sur un large éventail de politiques permettant de s’attaquer aux sources des déséquilibres macroéconomiques, notamment sur une politique budgétaire saine et sur la mise en place d’instruments macroprudentiels. La stabilisation serait facilitée par des mesures structurelles contribuant à l’ajustement économique, notamment en faisant en sorte que les mécanismes de fixation des salaires fonctionnent bien et que la politique du logement n’amplifie pas les cycles dans le secteur de l’immobilier.

La situation budgétaire s’est fortement dégradée, créant des déficits très prononcés et gonflant un endettement déjà élevé dans certains pays de la zone. Les écarts de taux se sont creusés pour la dette de certains pays et la Grèce a eu besoin d’une aide extérieure. Il faut des plans pluriannuels détaillés et crédibles pour stabiliser les finances publiques. Malgré tout, même en ramenant les déficits budgétaires à un niveau viable, un grand nombre de pays resteraient lourdement endettés par rapport au passé. Un assainissement budgétaire prolongé et des réformes seront nécessaires pour ramener la dette à un niveau plus prudent, augmenter la capacité de résistance aux chocs futurs et faire face au coût futur du vieillissement démographique.

Un grand nombre de pays de la zone euro n’ont pas su profiter des conditions économiques favorables pour assainir les finances publiques. La discipline de marché et les cadres budgétaires devraient être renforcés. Des normes budgétaires minimales devraient être mises en œuvre plus strictement : un ensemble de sanctions, notamment financières, devraient être applicables quasi-automatiquement et il faudrait déterminer une définition opérationnelle adéquate du désendettement nécessaire. Il faudrait conforter les cadres budgétaires au niveau national. Des règles à moyen terme sont nécessaires, par exemple des trajectoires ou des plafonds pluriannuels de dépenses.

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