Les Irlandais dépouillés pour les banques

Selon toute interprétation objective, l’Irlande a été ruinée par la monnaie unique

Tout cela n’a rien avoir avec sauver l’Irlande ; et tout à voir avec sauver l’euro. Selon toute interprétation objective, l’Irlande a été ruinée par la monnaie unique. La politique taux d’intérêts ultra bas de la BCE a forcé l’Irlande a poursuivre une politique monétaire pro-cyclique catastrophique, avec un taux d’intérêt réel de -1% de 1998 à 2007. Le crash qui s’en est suivi était absolument prévisible, et avait été largement prévu.

L’UE a ensuite forcé l’Irlande dans un sauvetage qui, bien que calamiteux pour ce pays, était jugé nécessaire pour sauver le système bancaire européen. Comme le signale John Redwood, c’est insistance même de l’UE qu’un sauvetage était nécessaire, qui a fait grimper de force le taux d’intérêt pour les emprunts irlandais à 10 ans de 6% à 9%. Pour être sûre que Dublin allait céder, la BCE a ensuite menacé de retirer des liquidités des banques irlandaises. L’Irlande a désormais été forcée d’accepter le paquet de sauvetage à des conditions ruineuses pour elle. Ses obligations de remboursement, combinées à l’impossibilité où elle se trouve de dévaluer, condamneront son peuple à une génération de déflation, de dette et d’émigration.

Et pourquoi, bon sang, la Grande-Bretagne a-t-elle ajouté sa voix à ce chantage ? La ligne officielle est que l’Irlande est un ami dans le besoin. Mais on n’aide pas un pays surendetté en le poussant à contracter encore plus d’emprunts à taux d’intérêts élevés. Loin d’aider un ami, nous nous rendons complices d’un bien moche dépouillement, par lequel les contribuables irlandais se retrouvent devoir supporter le coût de soutenir les banques européennes.

Il n’est tout simplement pas crédible d’affirmer que la Grande Bretagne paie sa part dans un prêt bilatéral parce que l’Irlande est un cas spécial. Elle contribue autant qu’elle ne l’aurait fait en tant que membre de l’euro, et les deux autres pays qui ont décidé de rester en dehors de l’union monétaire, la Suède et le Danemark, en font autant (voir ici). Au risque de me répéter, tout ceci n’a rien à voir avec l’Irlande, et tout à voir avec l’euro.

Les euro-élites ont ruiné l’Irlande sur l’autel du sauvetage de la monnaie unique, ce qui, bien entendu, est leur prérogative. Mais la Grande Bretagne n’a rien à faire à s’associer à ces petits caïds. Au lieu de sauver l’euro en Irlande, nous ferions mieux d’aider l’Irlande à s’extirper de l’Euro. Voici comment.

Repris du blog de Daniel Hannan hébergé par le Telegraph, avec l’aimable autorisation de son auteur.