L’École de Salamanque

Les racines catholiques du libéralisme

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L’École de Salamanque

Publié le 16 novembre 2010
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Bien loin d’être de simples économistes, les membres de l’École de Salamanque étaient d’abord et avant tout des moralistes.

Université Salamanque Fray Luis de LeonLes libéraux sont régulièrement perçus comme des êtres sans scrupules, des spéculateurs qui ne cherchent qu’à gagner de l’argent (comme si ce fait était mal en soi) et même d’être les responsables de la crise économique actuelle. Tout cela à cause d’une profonde ignorance ou une déformation abusive des véritables postulats du libéralisme. Ainsi, par exemple, d’un point de vue moral, il n’y a rien qui oppose la pensée libérale au christianisme.

Le nom d’École de Salamanque a été donné à un groupe de juristes espagnols du 16e siècle liés à la vieille université abritée dans cette ville. Des juristes qui créeront un corps de doctrine sur le droit naturel, le droit international et la théorie monétaire. L’émergence de cette école de pensée signifia la renaissance du courant scolastique qui, en adoptant les principes de base de l’humanisme, fit revivre la tradition d’Aristote et de Saint Thomas, qui avait été reléguée par les thèses nominalistes pour expliquer les principes généraux du comportement humain. Ils sont nombreux ces maîtres qu’il faudrait mentionner, mais limitons-nous aux plus proéminents : le fondateur Francisco de Vitoria (1483-1546), Diego de Covarrubias (1512-1577), Domingo de Soto (1494-1570), Martín de Azpilcueta (1493-1586), Tomás de Mercado (1500-1575), Luis de Molina (1535-1601), Juan de Mariana (1536-1624) et la dernière grande figure, Francisco Suárez (1548-1617).

Bien loin d’être de simples économistes, les membres de l’École de Salamanque étaient d’abord et avant tout des moralistes. Dans leurs écrits, les problèmes économiques sont traités non pas d’un point de vue strictement économique, mais bien à la lumière de la théologie morale. Leur propos fondamental était de guider les consciences. Tous leurs travaux avaient une claire intention pastorale, indépendamment du public auxquels ils étaient destinés. Leurs idées économiques peuvent ainsi être considérées comme un programme éthique de recherche. Car pour tous les auteurs de l’école, la justice était la question fondamentale et la principale question que se posèrent ces scolastiques était de connaître ce qui est juste. C’est de ce point de vue qu’ils analysèrent les problèmes économiques, sociaux et politiques. Et ils prétendaient par leurs œuvres aider à la prise de décision. Et pour ce faire, ces disciples de Thomas d’Aquin plaidaient pour que l’être humain ait recours au droit naturel et à la droite raison.

Le cadre général qui sert de référence à l’étude du choix des bonnes ou des meilleures décisions est fourni par la loi naturelle, qui a une importance fondamentale dans la pensée scolastique et est considérée comme la norme de la conduite humaine, de sorte que la nature devient le critère de moralité fondamental. La nature, concrétisée dans le droit naturel, se trouve ainsi à la base de tous les jugements moraux émis par les docteurs de l’École de Salamanque. Notamment dans tous leurs grands apports à la science économique, lorsqu’ils défendent la liberté économique. En effet, pour eux, le caractère volontaire et le libre consentement – ainsi que l’absence de fraude ou de tromperie – étaient les bases de la moralité en matière de fixation des prix ou des salaires. Ou quand ils rejettent les monopoles ou les impôts élevés, ainsi que dans leur dénonciation de l’inflation définie comme un vol déguisé commis par l’État ou leur préoccupation du bien-être des travailleurs et des consommateurs.

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  • L'article est un peu court et on aurait aimé quelques références pour approfondir le sujet.

  • C'est assez rare ce recours à l'éthique et la morale chrétienne pour théoriser l'économie surtout si l'on songe à la légende noire attribuant tous les méfaits du monde a leurs conquistadors contemporrains. Quoiqu'il en soit saluons la redecouverte de ces scolastiques oubliés.

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