Les automobilistes paieront-ils le déficit ?

Logique mora­le­ment dou­teuse consis­tant à faire payer aux auto­mo­bi­listes les erreurs d’un Etat sur­en­detté.

L’année 2011, on en parle beau­coup en ce moment, sera l’année de la « rigueur ». Pour les auto­mo­bi­listes, ce pour­rait être l’année du racket en bande orga­ni­sée. La com­mis­sion des Finances de l’Assemblée natio­nale n’a rien trouvé de mieux, pour ren­flouer les caisses de l’Etat, que de se rabattre sur les contra­ven­tions de pre­mière classe, celles qui sanc­tionnent les sta­tion­ne­ments inter­dits. Escomp­tant un gain de 382 mil­lions d’euros, la com­mis­sion aug­mente l’amende de 9 euros, la fai­sant pas­ser à 20 euros.

Cette pro­po­si­tion est révé­la­trice d’une logique mora­le­ment dou­teuse consis­tant à faire payer aux auto­mo­bi­listes non leurs propres erreurs, mais celles d’un Etat sur­en­detté. Est-il nor­mal en effet que la somme ver­sée par un auto­mo­bi­liste mal garé dépende non de la gra­vité de l’infraction com­mise, mais de l’état – aujourd’hui désas­treux – des finances publiques ?

Les auto­mo­bi­listes se verront-ils contraints de com­bler le défi­cit ? Autre­ment dit : demandera-t-on aux Fran­çais de payer avec leur argent pour les erreurs com­mises avec… leur argent ? Cette absur­dité toute kaf­kaïenne pour­rait bien se concré­ti­ser si les dépu­tés suivent l’avis de la commission.

Article repris avec l’aimable autorisation de son auteur (40 millions d’automobilistes).