La vraie foi

Les membres des mouvements de masse, qui apparemment tentent d’améliorer le sort de l’Humanité, sont motivés, non pas par l’altruisme, mais bien par l’égoïsme

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La vraie foi

Publié le 1 octobre 2010
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« Le parti me libère de la liberté. »

En 1951, était publié un livre d’Eric Hoffer intitulé The True Believer, un livre indispensable pour comprendre le 20e siècle et qui semble devoir conserver toute sa pertinence pour le 21e. L’idée la plus importante de cet ouvrage est certainement l’explication selon laquelle les membres des mouvements de masse, qui apparemment tentent d’améliorer le sort de l’Humanité, sont motivés, non pas par l’altruisme, mais bien par l’égoïsme. Ceux-ci entrent, en effet, dans ces mouvements par ce qu’ils ne croient pas en eux-mêmes. Pour beaucoup la liberté est un poids accablant, et ils cherchent à fuir leurs propres responsabilité. Comme le disait un jeune nazi : « Le parti me libère de la liberté. »

C’est là le paradoxe qui mène la vie politique : les gens s’occupent de leurs affaires quand celles-ci sont considérées comme estimables ; dans le cas contraire, ils se consacrent à régler les affaires des autres. Hoffer estime que les mouvement qui ont eu la liberté comme objectif final y sont arrivés plus facilement et plus rapidement que d’autres. Par exemple, la Révolution française concernait moins la liberté que l’égalité. Pour cette raison, elle termina par la Terreur, alors que la Révolution américaine se cristallisa dans une démocratie libérale.

L’homme libre et autonome est le héros réel de la société, bien que les activistes des nombres de chapelles idéologiques tentent de l’écarter. Pour Hoffer, les hommes libres sont conscients de l’imperfection humaine. Ils savent que les problèmes n’ont pas de solutions définitives, que la liberté, la justice, l’égalité ne sont pas des abstractions absolues. Car le rejet des imperfections et l’insistance dans l’absolu sont la manifestation d’un nihilisme qui méprise précisément la liberté, la tolérance et l’égalité.

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