Renaud Dutreil : « Macron est un transformateur » [Replay]

Publié Par Nathalie MP, le dans Politique

Par Nathalie MP.

Entretien avec Renaud Dutreil durant deux heures mercredi 14 septembre dernier. L’entretien s’est déployé autour de quatre grands thèmes caractéristiques de son parcours et de ses passions : pourquoi soutenir Macron, que se passe-t-il avec le RSI, expérience entrepreneuriale, et enfin, patrimoine vivant, quésaco ?

Comme beaucoup des options politiques et sociales de Renaud Dutreil résultent des observations qu’il a faites au cours de ses expériences professionnelles variées et des réflexions consécutives qu’elles lui ont inspirées, il est utile de commencer par une brève présentation biographique.

Quelques précisions biographiques

  • Renaud Dutreil est né à Chambéry en 1960. Son père était chef d’entreprise. Il est normalien, diplômé en lettres et sociologie de l’art, et énarque. En 1989, il sort second de l’ENA, et entre au Conseil d’État, puis se lance dans une carrière d’élu (conseiller général et député principalement, entre 1994 et 2008). Il participe à la fondation de l’UMP (fusion du RPR et de l’UDF), rédige ses premiers statuts et en sera le premier Président. Durant le quinquennat 2002-2007 de Jacques Chirac, il est secrétaire d’État puis ministre des PME, du commerce et de l’artisanat. Entre les deux, il est ministre de la Fonction publique et de la réforme de l’État.
  • Principales réalisations ministérielles : Loi sur la création d’entreprises, réforme de l’ISF, réforme de la loi Galland sur le commerce, pacte Dutreil sur la transmission d’entreprises, création des Fonds d’Investissement de Proximité, introduction du CDI dans la fonction publique, création du label « Entreprise du patrimoine vivant ».
  • En 2008, il est le candidat adoubé par l’UMP pour les élections municipales à Reims, mais le maintien d’une candidature dissidente ne lui permet pas de gagner la mairie qui passe au Parti socialiste. Il part alors aux États-Unis pour présider la filiale américaine de LVMH. En 2014, il devient véritablement entrepreneur en rachetant l’entreprise charentaise Fontaine Jolival (eau de source). Passionné par le « patrimoine vivant » et les métiers d’art, il est en train de constituer à titre privé un fonds destiné à investir dans les entreprises qui s’y consacrent. Il soutient Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle de 2017.

.
NMP : J’ai appris votre soutien à Emmanuel Macron en lisant la tribune que vous avez publiée dans L’Opinion le jour-même de sa démission du gouvernement. Vous dites de lui que comme « membre d’un gouvernement immobile, il a été le plus réformateur, probablement aussi le plus empêché d’agir ». C’est du reste ce qu’il a déclaré lui-même à demi-mot lors de sa conférence de presse : il aurait été bridé et démissionne pour retrouver sa faculté d’agir sans limitation.

C’est une interprétation curieuse dans la mesure où Emmanuel Macron connaît François Hollande depuis 2006, lui a apporté son soutien dès les primaires socialistes de 2011, a donc suivi toute sa campagne, laquelle s’est faite sur les thèmes favoris du peuple de gauche, « mon ennemi, c’est la finance » et tranche d’imposition à 75% notamment. Il ne pouvait ignorer tout cela en devenant secrétaire général adjoint de l’Élysée en 2012, puis ministre de l’Économie à partir de 2014. Il en ressort une impression d’opportunisme politique, d’autant qu’il a eu aussi la possibilité de rejoindre le cabinet de Fillon lors du quinquennat précédent, ce qu’il a refusé.

RD :  Il faut bien voir qu’en tant que haut fonctionnaire, il ne s’est pas mis au service de Hollande, mais d’abord au service de l’État. Il a agi comme conseiller auprès du chef de l’État et ses conseils en réalisme ont évité la dérive gauchiste de ce quinquennat. On ne peut lui en vouloir si tous ses conseils n’ont pas été suivis. Louis XIV n’a jamais écouté Colbert qui lui déconseillait de faire la guerre aux Pays-Bas et de mettre ainsi en péril les finances du royaume. Macron a été le garde-fou de Hollande dans le champ économique. Il a rassuré les milieux économiques et initié les politiques de baisse des charges des entreprises et de déblocage de l’économie française.

NMP : Dans des tribunes récentes dans Les Échos et Challenges, vous écriviez que « les Français sont naturellement doués pour entreprendre, mais ils sont contraints par le contexte », et vous précisiez ce qui fait selon vous un pays dynamique et équilibré : « Un pays moderne a deux moteurs. L’un, qui carbure à la liberté et à l’innovation et crée la richesse nationale. L’autre, qui est un régulateur inspiré par la justice et l’égalité, met une partie de cette richesse nationale au service du bien public. » C’est aussi la conception d’Emmanuel Macron ?

RDIl pense en effet comme moi que les entrepreneurs sont les explorateurs du monde d’aujourd’hui et les découvreurs des richesses de demain. Le nouveau monde, c’est l’économie en transformation. Il importe d’encourager et de reconnaître les talents de ceux qui entreprennent sous les couleurs de la France. Il n’est bien sûr plus question de rapporter des épices ou des tissus précieux depuis le bout du monde, mais de créer de la valeur avec de la matière grise. Mais c’est la même idée, celle qui fait que l’être humain est animé d’un instinct créatif qui le pousse à aller toujours de l’avant.

« Nous avons besoin d’apporter un total soutien aux entrepreneurs sous pavillon français. »

J’aime utiliser une métaphore, celle du pavillon, de l’armateur, du capitaine et de l’équipage. Tout comme, au début du XVIe siècle, l’armateur de Dieppe Jehan Ango finança le navigateur Jacques Cartier pour ses voyages vers le Canada sous le pavillon protecteur du Roi François Ier, l’État français devrait être aujourd’hui le pavillon qui protège nos capitaines d’entreprise. Les armateurs sont ceux qui prennent le risque de les financer et les salariés constituent l’équipage. Nous avons besoin d’apporter un total soutien aux entrepreneurs sous pavillon français. Il serait d’ailleurs beaucoup plus judicieux de parler aussi de pavillon européen. Dans un monde complexe en perpétuelle évolution, le seul pavillon français ne suffit plus.

Je pense que vous serez d’accord avec moi : il est essentiel de restaurer le moteur économique de la France, qui tousse et cale. Or l’État français tend plutôt à empêcher les capitaines de se lancer à l’aventure, en les chargeant de freins et d’impôts.

Mais ceci n’est qu’un aspect de la question. Un pays moderne a un second moteur, le moteur social. On ne peut abandonner les personnes qui pour une raison ou une autre souffrent d’un handicap. On doit leur offrir l’égalité des chances et l’occasion d’exprimer leur talent. Pour moi, l’État a trois missions que j’appelle les « trois S » pour Savoir, Sécurité, Santé.

La première est indiscutablement l’instruction publique. Autant les lois de la Troisième République ont donné naissance à un système d’instruction publique bien plus performant et égalitaire que tout ce qui existait de façon privée auparavant (vous voyez qu’il y a du public qui marche !), autant aujourd’hui, la situation de nos écoles est déplorable. 15% des enfants sont illettrés à la fin du primaire, 15% ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux à la fin du collège, et 25% des jeunes sont au chômage. Il est urgent de restaurer l’égalité d’accès au savoir. C’est la première des égalités. 

NMP : Et donc pour vous, s’il est un homme politique capable de faire émerger cette France dont les deux moteurs, l’économique et le social, tournent vite et bien, c’est Emmanuel Macron ? On n’a pourtant guère d’idée de ses performances puisque comme il le dit lui-même il a été « empêché d’agir »…

RDJe fais le constat que la classe politique française ne sait rien faire d’autre que de la politique professionnelle. Ces professionnels à vie se sont organisés entre eux pour créer un monopole corporatiste. Ils ne sont pas les mieux placés, au vu de leur bilan, pour gouverner le pays, encore moins pour le faire changer. Ils sont coupés du monde de l’entreprise, coupés des autres nations européennes, coupés du cercle de la mondialisation, coupés de la vie des gens.

À l’inverse, Emmanuel Macron a connu une expérience privée, courte je vous l’accorde, mais de très haut niveau, à la banque Rothschild (2008-2012). À cette occasion, ses talents ont été reconnus par les nombreux entrepreneurs privés qu’il a conseillés. Il a très vite été considéré comme un des meilleurs.

NMP : Son expérience chez Rothschild relève certes du secteur privé, mais elle n’a rien de comparable avec ce que vous-même, par exemple, pouvez connaître au quotidien à la tête de la PME des eaux Jolival. De plus, le reste de son parcours en fait quand même essentiellement un pur produit de la haute administration et des ministères.

RD : À partir du moment où il croit au rôle de l’entreprise, ce n’est pas un handicap, mais une seconde corde à son arc. On a connu des ministres extrêmement compétents à la tête d’une entreprise privée qui n’ont abouti à rien, car faute de connaître l’univers de l’État, ils se sont laissés piéger par tous les immobilismes dont l’administration est capable.

À ses expériences de l’État et du privé, j’ajoute qu’Emmanuel Macron est un pragmatique. Comme moi, il veut résoudre des problèmes concrets. Il cherche ce qui marche, peu importe que ce soit de droite ou de gauche, peu importe que ce soit libéral ou socialiste, peu importe que ce soit le fait de l’État ou du secteur privé. Dans le monde complexe qui est devenu le nôtre, ces critères idéologiques n’ont de sens que théorique, ils sont donc forcément réducteurs, alors que la matière première de l’homme d’État, c’est l’être humain.

« Le maître-mot, c’est l’efficacité, et l’objectif, c’est de combiner un État bien dirigé avec un secteur privé dynamique. »

Vous savez, moi aussi je suis un libéral. Vous connaissez Jacques Rueff ? Vous êtes d’accord qu’il était libéral ? Eh bien, c’est lui qui a aidé le Général de Gaulle à mettre en place les cadres des grands projets industriels de la France dans les années 1960, notre nucléaire par exemple, ou la politique aéronautique et spatiale. Le maître-mot, c’est l’efficacité, et l’objectif, c’est de combiner un État bien dirigé avec un secteur privé dynamique.

Quatrième et dernière caractéristique, Macron est un humaniste doué d’empathie pour ses semblables. Il ne laissera personne sur le bord du chemin. C’est en cela qu’il se dit « de gauche ». Donc oui, dans le paysage politique français actuel, je ne vois que lui qui soit à la fois assez expérimenté et assez différent pour transformer la France.

NMP : Vous parliez à l’instant des « trois S » au cœur des missions de l’État. L’un d’eux représente la Santé. Que pouvez-vous nous dire du régime social des indépendants (RSI) que vous avez mis en place lorsque vous étiez ministre ? Il suscite aujourd’hui la colère des assurés qui n’ont même pas la possibilité d’en sortir pour chercher ailleurs des couvertures santé plus attentives à leurs besoins.

RD : Je dirais que c’est l’exemple typique d’une bonne idée qui a été sabotée par ceux qui étaient chargés de la mettre en œuvre. Quand je me suis penché sur la question de la couverture sociale des indépendants, ceux-ci ne voulaient pas entrer dans le régime général des salariés. Ils souhaitaient bénéficier d’un système qui soit géré par eux et qui prenne en compte leurs spécificités, en particulier l’irrégularité de leur activité et leurs problèmes fréquents de trésorerie. Malheureusement, la mise en œuvre effectuée par l’administration a complètement trahi l’esprit initial du RSI et l’a condamné à une effrayante dérive bureaucratique, à l’opposé de mon idée de protection adaptée au quotidien des entrepreneurs indépendants.

NMP : Vous êtes devenu vous-même un entrepreneur, d’abord en devenant le patron de LVMH à New York en 2008, mais surtout en rachetant la PME Jolival en 2014. Que pouvez-vous nous dire de votre entreprise ?

RD : Jolival est une entreprise d’Angoulême fondée en 1893 qui met en bouteille une eau de source puisée à 162 m de profondeur. Je suis très sensible aux qualités propres des différentes eaux et avec Jolival, je suis tombé sur une eau extraordinaire : elle est particulièrement douce (sans nitrate) et particulièrement pure, car filtrée pendant plus de 20 000 ans dans la roche charentaise. À l’origine de cette eau, il y a une pluie qui tombait sur la tête de nos ancêtres Cro-Magnon au paléolithique supérieur.

Quand j’ai racheté Jolival, des repreneurs s’étaient essayés pendant un an à remettre la société sur pied après sa liquidation judiciaire. Ils avaient tablé sur des prix bas et du volume. Je pense pour ma part que l’eau française de grande qualité va devenir un produit rare, recherché dans le monde. Mon projet est donc de « premiumiser » Jolival, d’en faire une eau d’exception, et de compléter l’offre par d’autres eaux de source rares de ce type.

C’est là qu’intervient le rôle de « transformateur » du chef d’entreprise. Quand vous arrivez dans une société qui a toujours vendu des bouteilles de 1,5 L en plastique et que vous voulez diversifier les packagings, passer à une bouteille en verre et modifier le design pour le rendre plus conforme à l’idée de produit d’exception, vous êtes forcément confronté à des réticences qu’il va falloir éteindre peu à peu. Sans empathie avec les gens qui vous entourent, vous avez peu de chance de réussir.

NMP : Où puis-je trouver de la Jolival ? Dans mon Carrefour City préféré ?

RD : Autant cette eau est en vente partout dans sa région d’origine parce qu’elle y est considérée comme un produit local courant, autant sa distribution est beaucoup plus sélective ailleurs. Vous en trouverez au Bon Marché et chez Colette. Je vous préviens qu’elle est très chère ! Elle a été sélectionnée par le PSG comme boisson officielle des joueurs, et elle est également très appréciée des grandes maisons de cognac qui l’utilisent dans leurs séances de dégustation pour allonger le cognac et en libérer les arômes.

Aujourd’hui, la société réalise un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros et connaît une croissance de 15% dans toutes les nouvelles variétés de packaging. J’ai embauché 3 personnes, notamment une directrice marketing, ce qui porte les effectifs actuels à 19, sans me compter.

NMP : Comme ministre des PME, vous avez créé le label « Entreprise du patrimoine vivant ». On voit que ce sujet vous passionne, vous êtes en train de lever des fonds pour investir dans ce type d’entreprise. De quoi s’agit-il exactement ?

RD : En 2002, en charge des PME, je rencontre le patron des pianos Pleyel. « On part en redressement judiciaire » me dit-il. À l’époque, Pleyel est pris en tenaille entre deux segments concurrentiels qui raflent tout, celui des pianos haut de gamme Steinway et celui des pianos d’étude fabriqués en Asie à bas prix.

Pourquoi une telle entreprise devrait-elle disparaître ? Elle fait partie de notre patrimoine culturel et représente un nom, un savoir-faire unique, liés à l’histoire de la musique, à Chopin, à Debussy, depuis des années.

C’est ainsi que l’idée du label est né. Aujourd’hui, 1300 entreprises sont labellisées. On y trouve les grandes marques du luxe (qui n’ont pas boudé la démarche, en dépit de leur notoriété) et une multitude d’entreprises très petites. 3000 autres seraient en capacité de les rejoindre car elles remplissent les 4 conditions demandées : savoir-faire d’exception, lien fort et ancien avec un territoire, dimension culturelle, potentiel à l’international.

NMP : Ces entreprises auraient pu organiser ce label elles-mêmes…

Vous sous-estimez la puissance protectrice du « pavillon » français dont on parlait tout à l’heure. Mais il faut travailler à lui conserver sa puissance symbolique. Ça me navre de voir qu’aujourd’hui on brade des bâtiments extraordinaires, ambassades, consulats, dans le monde entier. C’est pourtant bien à l’État de faire prospérer ce patrimoine qui participe au rayonnement de la France.

C’est pourquoi il me paraît normal qu’en ce domaine le « monarque » laisse sa marque. On n’aurait jamais eu le musée d’Orsay sans Giscard, la restauration du Louvre sans Mitterrand et le musée des arts premiers sans Jacques Chirac.

NMP : Votre mot de la fin ?

RD : Je vais vous raconter une anecdote. Quand j’étais ministre de la Fonction publique, je vais voir Raffarin et je lui dis : « Nous avons 900 corps d’État différents. C’est inutilement complexe et ça freine la mobilité dans la fonction publique. Je vous propose de supprimer tout ça et de garder seulement cinq grandes familles. » Réponse : « C’est de la folie ! »

Je crois au talent, je crois au courage, je crois au pragmatisme et je crois à l’empathie. C’est l’association de ces qualités qui permettra enfin qu’on avance. Notre pays a besoin de « transformateurs », qu’ils soient dirigeants d’entreprise ou hommes politiques. Pour moi, Emmanuel Macron est de ceux-là.

Sur le web

  1. après un tel plaidoyer je ne vois pas comment Macron ne pourrait pas être notre prochain président…ou premier ministre ou .. rien du tout , car un homme parfait n’existe pas et ne se vend pas comme un paquet de lessive. allez courage , citez nous un de ses défauts car des hommes parfaits on en a déjà eu quelques wagons et nous en subissons encore leur « parfaitude » !

    1. D’abord Monsieur Dutreil sous sa bannière française (« surévaluée », vue de l’étranger) en est, en effet, un digne représentant: vendre de l’eau en bouteille, labellisée en packaging plus réduits et plus coûteux, EN DEHORS DE LA RÉGION, n’a rien d’un business extraordinaire: chez moi, l’eau du robinet est parfaite mais chaque village a sa station d’épuration et le coût du volume d’eau consommée n’est qu’une fraction de la facture, à côté des frais de distribution (les « tuyaux ») et du traitement des eaux usées: « pollueur payeur » au coût réel! Il m’arrive d’acheter de l’eau gazeuse exceptionnellement, de l’eau plate, j’évite! Pour le reste, ça reste un énarque!

      Idem pour les pianos: oui Pleyel est encore connu, moins que Steinway et Yamaha (la marque au label à 3 diapasons, fondée en 1887) n’a rien à jeter et s’est investie AUSSI dans les possibilités infinies de l’avenir que permet l’électronique: l’avenir vaut mieux que la référence historique! (L’eau de Jolival, je ne connaissais même pas! Donc un label en plus signifie automatiquement « plus cher » pour l’acheteur qui, devant la « débauche de labels », ne s’y retrouve pas et reste dubitatif! Monsieur Dutreil: c’est beaucoup de « vent »!

      Qu’il ait les mêmes critères pour me « vendre » E.Macron, réveillerait plutôt ma prudence!

      1. Par contre qu’Emmanuel Macron se retrouve en lice avec Fr.Fillon, ce serait un débat qui risquerait d’être très intéressant: Fr.Fillon me parait le meilleur candidat de « la droite » (notion idiote à mes yeux!) E.Macron, un candidat « de gauche » (notion aussi idiote), « pas socialiste »: oui, un débat riche!

  2. Il va calloir un jour que les politiciens arrêtent de colporter l’idée que l’empathie est une caractéristique de la gauche!

    1. Il va falloir, pardon

  3. Renaud Dutreil est plus autorisé que moi, à avoir une opinion sur les compétences M. Macron, c’est OK, mais je crois qu’il n’a pas compris ce qui suit :
    1 – Pour qui roule réellement Macron ? N’est-il pas de mèche avec Hollande ?
    2 – Macron n’a que peu de chances d’être élu cette fois-ci, donc un vote pour rien.
    3 – Macron, s’il se présente, va siphonner pas mal de voix de droite (celles des patrons) au détriment du candidat de droite le mieux placé, risquant ainsi de propulser Hollande au second tour de la présidentielle (Marine Le Pen arrivant en 1ère position),
    4 – l’état d’esprit des politiciens de tous bords étant tel qu’ils appelleront à voter contre Marine Le pen au second tour, autant dire pour Hollande qui sera réélu (Ce qui lui permettra de détruire ce qui reste de la France).
    C’est ainsi que Bayrou, Lepage, etc., ont appelé à voter contre Sarkozy en 2012, propulsant Hollande à la présidence, avec les funestes conséquences que l’on subit aujourd’hui…

    1. Les patrons, à moins de fraude électorale, ça ne fait pas beaucoup de voix en France…

      1. « Le plus grand nombre possible »…

      2. Sans doute, mais avec celles et ceux qu’ils entraîneront à leur suite, ça peut faire la différence, vu le nombre de candidats qu’il y aura probablement.

        1. @ Midal
          Désolé d’être sordide: pour finir, j’ai regardé, ce matin-même, le second débat de la primaire à droite (un pensum!): hors du lot et mis en lumière: N.Koscisuco Morizet et surtout, Fr.Fillon. A.Juppé, tiède, B.Le Maire, déclassé, N.Sarkozy (à l’étranger, on ne comprend même bas que ce cet homme soit sur le plateau), J.F.Poisson, sans aucune chance. NKM, intelligente, paradoxalement nouvelle, femme avec son ouverture. Fr.Fillon: intègre et fidèle à la parole donnée, campagne intelligente en crescendo, discours contrôlé, peut-être un « homme d’état » (Puis, un gars qui prend son pied à rouler avec un bolide sur le circuit de sa ville, ne peut être tout à fait « mauvais »!)

    2. J’espère bien qu’il siphonnera le plus grand nombre de voix à droite! Pour que la droite comprenne enfin qu’on n’en plus d’elle, qu’elle est la droite la plus ringarde du monde.
      Et j’espère aussi qu’il parviendra à siphonner le plus de voix possibles à la gauche la plus stupide et rétrograde du monde.
      En rêvant un peu, un second tour Macron – La Pine serait ce qui pourrait arriver de « moins pire », je pense.

      1. Je suis assez d’accord avec votre appréciation des politiques de droite et de gauche, mais je ne crois pas que Macron, pur financier, soit l’homme de la situation et comme « le candidat (ou là candidate) providentiel(le) n’est peut-être pas encore né(e), nous sommes dans la m. Mais on peut toujours espérer… Une chose est à peu près certaine, c’est qu’on n’aura pas cette fois-ci encore, le meilleur président mais le moins mauvais (ça sera le moindre mal…)

        1. @ Midal
          Ne soyez pas pessimiste: c’est comme avec D.Trump: on ne sait pas ce qui attend les Américains! Donc, vous verrez bien! Par rapport à un Fr.Fillon, la simple allure « jeune » d’E.Macron peut jouer en sa défaveur. Et avec son « sérieux » et sa parole maîtrisée, Fr.Fillon est à la hauteur de tenir tête aux slogans et sophismes habituels du Front National! (Les autres, c’est moins sûr!)

    3. Merci Midal, excellent commentaire, même si c’est un des scénario parmi tant d’autre, vous fustigez à juste titre l’engouement de l’auteure dont les articles sont souvent imprégnés des mêmes certitudes et fait preuve d’un engouement juvénile sur beaucoup trop de sujets différents pour qu’elle soit crédible.
      Macron n’a aucune épaisseur politique, pas de parti, jamais été élu, un passé banal, adoubé par un cheval de retour. En politique, c’est un peu maigre pour s’imposer surtout s’agissant d’une présidentielle (ce n’est pas une cantonale), d’où les Juppé, Sarkozy, Hollande et consorts, menteurs comme des arracheurs de dents, souvent repris de justice, chargés de leurs résultats approximatifs sinon désastreux dans tous les postes qu’ils ont occupés mais… tous précédemment élus et terriblement efficaces en politique. Ce qui manque à Macron.
      Si j’étais méchant je dirais que mes idées ou celle de ma concierge valent très largement celles de Macron, mais comme lui, je ne serais jamais élu ni même Raymonde ma concierge.
      Comme vous j’ai tendance à voir Hollande au second tour, même si cela semble surréaliste, une présidentielle ça se gagne sur les dernières semaines et il faut disposer d’un appareil politique puissant. Il sont ou Macro et son nouvel ami au joli pedigree?
      la réflexion qui s’impose ce n’est pas de connaitre les bonnes idées d’un tel ou d’un autre, mais de constater le ras le bol général. TRUMP étant le révélateur de cette lassitude ainsi que le Brexit.
      La question est donc : peu importe qui sera élu, le prochain gouvernement tiendra combien de temps sans que la France finisse vraiment dans l’ornière? surtout si l’élu est de droite, en 6 mois le pays est paralysé avec dans la rue tous les fonctionnaires et les syndicats tenus plus ou moins en laisse sous Hollande. Finalement, ce scénario ne me déplaît pas non plus. Le Phénix n’est pas sur de renaître de ses cendres mais…

      1. Bof, c’était quoi votre commentaire sur Trump au tout début de sa candidature ?

    4. Alors que notre culte du vote majoritaire est insensé, Macron est-il plus que le candidat des Rothschild à qui Hollande a donné accès, à Bercy, à des documents et à des hauts fonctionnaires « intéressants » ?

      Quoi qu’il en soit, à l’approche des primaires de la droite et du centre, combien de gens vont éclairer leur jugement sur le résultat à l’aide des théorèmes de Condorcet, Arrow et Gibbard-Satterthwaite ?

      En apéro : quand il y a trois candidats, si le troisième n’existait pas, çà ne veut pas dire que tout ou partie de ses électeurs auraient fait gagner le premier et pas le second.

      «  Ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix se font une illusion complète. » (A.T)

      1. Après rédaction du point de vue ci-dessus, j’ai trouvé un message de mon fils m’invitant à visionner ceci :

        https://m.youtube.com/watch?v=ZoGH7d51bvc

        C’est un peu long, mais très intéressant pour les non-grégaires et/ou les curieux

        Notre mode de scrutin actuel est vraiment nul. S’y résigner peut-être aussi.

        1. Oui, d’accord (j’ai visionné la vidéo)!

          Mais bon!

          Pourquoi pas la solutions simple ‘d’1 citoyen, 1 voix », soit une bête et simple proportionnelle?

          Le candidat récoltant le plus de voix étant élu!

          Le « grand nombre » diminue « de facto » le risque d’ex-aequo!

          Je m’étonne que ce ne soit pas même envisagé dans la vidéo: tous les autres système sont sujets à manipulation: la vérification par l’humain reste possible, avec la proportionnelle (quand on a sans doute tous vu les vidéos des manipulations de votes par des machines, forcément programmées).

          La proportionnelle c’est aussi grossier que brutal mais au moins, ça diminue les intermédiaires entre l’électeur et le résultat: c’est ça qui fait peur aux Français? (Déjà un « président de tous les Français » élu grâce à un parti, on sourit!!!

    5. @ Midal
      Oui, vous n’avez pas peur de scruter les calculs politiciens pratiqués en toute fausseté. De l’étranger, je ne m’aventurerai pas sur ce sujet!

  4. Je crois que monsieur Dutreil n’a pas compris qu’il était sur un site libéral. Car il n’aurait pas pu faire mieux pour dégoûter le (minuscule) électorat libéral d’Emmanuel Macron… Une interview qui sent à plein nez l’anti-liberalisme de droite, avec son état « stratège », « protecteur » des entreprises, qui se permet d’intervenir dans, de diriger le secteur privé, comme si quelques ministres et haut fonctionnaires étaient mieux placés que les milliers d’entrepreneurs et investisseurs pour savoir ce qu’il y de mieux à faire…
    Bref du pur dirigisme, du pur interventionnisme de droite. On voit bien encore une fois que la droite est tout aussi étatique que la gauche, seule la direction et la clientèle sont différentes.

    1. +1
      Notez que le mot liberté n’est mentionné qu’une seule petite fois, et encore, ne serait l’aspiration que d’une certaine population, une minorité, que l’on s’efforce ce caresser dans le sens du poil maintenant que l’argent vient a manquer. Les autres, non, la liberté, c’est pas pour eux. Ce sont des enfants, on ne peut leur confier un jouet aussi dangereux que la liberté..
      Quel mépris! Quelle façon parfaitement perverse d’apprehender la société française. Et la confiance, bordel? Sans confiance, point de salut.

      Une vague notion, la liberté, un mot, qui comme « égalité », « fraternité », a été vidée de son sens initial, totalement corrompue par une logique collectiviste, coercive, et déresponsabilisante.

      Macron donne certes certains signes d’avoir la capacité a écouter et comprendre.
      Mais il reste l’avatar d’une ignominie qui manipule et contrôle la société française, la rendant plus proche, inexorablement, d’une dictature technocratique que d’un pays libre. Qu’il sache mieux que les autres manipuler ne me rassure aucunement.

      1. @ tintincan

        Ah bon! Qui comptez-vous avoir comme président « Pur libéral », selon la doctrine libérale française théorique d’autant plus exigeante qu’elle ne concerne aucun politicien s’en réclamant exhaustivement. Donc Inutile de croire à un passage « du zéro à l’infini », comme dirait ce bon vieil Arthur!

        De plus dans l’intégration européenne est comprise une certaine prise en compte des notions de solidarité sociale face aux sorts multiples des citoyens par des facteurs aussi multiples, attendus ou imprévisibles, traduits en France par la « sécu », le « médef », les syndicats et tout autre groupe « interlocuteur ». Un peu de réalisme pourrait tempérer la fougueuse volonté française de théoriser un libéralisme d’autant plus parfait (= idéologique) qu’il sera impossible de le voir « apparaître » dans la réalité: ce jeu-là est simplement stérile. Le « pragmatisme », nécessité politique si il en est, s’impose toujours, un jour ou l’autre, sans obliger les « responsables » à se rendre « à Canossa »!

  5. Vu son intervention sur Mediapart hier, très convaincant.

  6. Macron est le seul politicien à être en mesure de faire du prosélytisme libéral

  7. « D’une certaine façon, c’est le rôle assumé par Emmanuel Macron dans cette campagne. D’abord sur la forme : depuis qu’il est parti du gouvernement et qu’il avance sur sa rampe de lancement, il a multiplié les interventions qui construisent autour de lui l’image d’un homme politique d’un genre nouveau, voire disruptif. » goo.gl/6MRxI4

  8. On ne vote pas pour un président par empathie! Le Macron de M. Dutreil est une image d’Epinal, un porte-manteau pratique pour ceux qui cherchent le pouvoir. De plus, M. Macron n’a rien d’un néophyte car il traîne dans les allées du pouvoir depuis de nombreuses années et n’y a pas été très performant, d’ailleurs. La jeunesse n’est pas un sésame.

  9. HO LA ! Matelot , ce que je déteste les gens qui ce présentent comme des singes savants et vous bardent leur diplômes, si ils savaient l’antipathie que cela me procure en vers eux . J’aime les savants simples ce qui ne disent rien mais en savent beaucoup., j’aime les gens qui n’ont pas de diplômes mais qui raisonnent et qui sont ingénieux , j’aime aussi les gens qui on grandit dans la rue ces gens qui en savent beaucoup par leurs vécus. .

    Alors nous allons donc voter en 2017 !! Qui va voter pas moi car je sais déjà que cela ne va rien changer si l’on vote ou pas. Doit t’on aussi ce dire tient il a une idée et sur une idée je devrais voter un mec par ce qu’il est bardé de diplômes , si je le fessais alors ça serait la monarchie que je voterais a nouveau en 2017 Bien que je le redise voter ou pas cela ne changera rien pour le peuple.

    On devraient comparer les élections comme une lettre au père noël :

    j’ai déjà expliqué auparavant comme tous ceci pourraient marcher et pourquoi, la je ne fais que revendiquer à nouveau :

    Alors je fais la mienne et voici ma liste pour le ou les pères noëls :

    Je demande que au lieu de jeter de l’argent par les fenêtres en aides sociales ces aides qui n’aides en rien ni le peuples ni personne alors que chaque personnes reçoivent 3000€ .

    Que le peuples approuvent ou rejette les idées soumises en politique, le peuple après la révolution par la constitution qui en avait été faite : le peuple auraient du avoir le droit de choisir ce qui est bon ou non pour lui en changer l’idée ou l’essayer l’améliorer ou l’abolir par soumissions de ces idées. .

    Que l’éducation soit ouverte à tous et à tous âges que si le peuple veut suivre par exemple des études de droits ou de chimistes le bac ou l’admission du nombre de personnes ne soit pas un frein à sa seul volonté , seul doivent être son handicap qu’il puisse rencontrer … pour en déterminer sa détermination à ces études…

    Archimède : disaient donner moi un levier et je soulèverais le monde : Alors voici ce que je crois que c’est ce qui nous manquent le plus un pouvoir d’achat… un pouvoir de décision, un pouvoir des études…

    Alors voilà ma lettre aux pères noël , faite aussi la votre en complément de la mienne et envoyons ces copies à chaque candidats qui souhaitent vouloir ce présenter et nous verrons ensemble ce qu’il y aura sous le sapin en mai 2017, peut importe que cette années là noël tombent en mai si c’est pour la bonne cause. .

  10. Il a l’odeur du politique, il a le goût insipide’du politique actuel, il a la couleur (écossaise) du politique actuel, il a le franc parler des hypocrites et, SURTOUT, il a la main de la Finance dans son dos, vous savez, façon marionnette donc il’est sur la bonne voie.

  11. La déclaration de candidature de Macron a bien illustré le personnage !
    Il choisit une vieille commune communiste, une commune populaire pour dire « je suis proche du peuple »
    Il choisit un centre d’apprentissage pour dire  » voyez je me préoccupe des jeunes et de la formation, de l’emploi »…
    Et on le voit au milieu des journalistes. Les jeunes apprentis sont parqués très loin de lui, derrière une vitre, avec interdiction d’entrer dans la salle.
    D’ailleurs ils ne s’y sont pas trompés : « il n’aura pas ma voix ! » …
    Image typique du socialiste qui parle pour le peuple, sachant ce qui est bon pour le peuple, mais ne l’écoute pas et surtout ne veut pas s’en approcher ! Il est tellement supérieur !!!!

Les commentaires sont fermés.