La police va mal [Replay]

Publié Par h16, le dans Police et armées

Par H16.

On peut très bien être syndiqué, de la CGT, de la police, et avoir malgré tout des choses à dire, et, mieux encore, intéressantes. C’est ce que prouve une interview Thinkerview de Alexandre Langlois, gardien de la paix et secrétaire général de la CGT Police.

Comme d’habitude, je vous recommande de prendre connaissance de l’intégralité de l’entretien qui permet de mieux saisir toutes les nuances qu’un petit billet d’analyse récapitulatif ne permet pas toujours.

Cette fois-ci, l’entretien se découpe grossièrement en deux parties, l’une sur le thème de la police et de son état actuel, et l’autre sur la loi renseignement. Je commenterai rapidement cette dernière (qui commence à peu près vers 24:40), puisque le gardien de la paix interrogé constate ce qui a finalement été déjà dit ailleurs et notamment dans ces colonnes.

Comme d’autres avant lui, il explique à raison que cette loi, en concentrant les moyens financiers et techniques sur les technologies de l’information et sur des méthodologies très larges, ne permettra encore une fois de ne capturer que les individus les moins bien organisés et les plus mauvais. Langlois rappelle en effet que la surveillance massive d’internet est maintenant largement prise en compte par les réseaux djihadistes et qu’en conséquence, ceux qui ont deux sous de jugeote se passent vite de téléphones portables et de comptes internet facile à espionner.

A contrario, cette Loi Renseignement pompe les moyens affectés précédemment aux méthodes traditionnelles comme le renseignement humain, les infiltrations de terrain qui sont coûteuses, longues, mais nettement plus efficaces. Comme ces moyens sont peu ou pas utilisés, cette Loi Renseignement vient en définitive trop tôt puisqu’ils n’ont pas été employés à hauteur de ce qu’on devrait pour en optimiser les résultats.

Détection des terroristes - cliquez pour agrandir

Détection des terroristes – cliquez pour agrandir

Enfin, Langlois note, là encore avec lucidité et comme l’avait remarqué d’autres intervenants lors d’une précédente interview que cette loi est à la fois d’un coût prohibitif en terme de libertés essentielles, en ce qu’elle ouvre la voie à des dérives potentielles profondes et évidentes, et parce qu’elle est écrite d’une façon particulièrement floue. En fait, non contente de légaliser des pratiques existantes en bordure de la légalité, elle donne un véritable blanc-seing à un contrôle de masse. Ce faisant, elle continue le mouvement général de séparation entre la population et sa police, qui devient de plus en plus dématérialisée pour le citoyen lambda.

Cette scission croissante entre la police et la population qu’elle entend, normalement, servir est ce qui ressort véritablement de l’entretien, et de la première partie notamment, dans laquelle le syndicaliste donne quelques chiffres et quelques éléments de réflexion sur l’état général de la police en France.

Et cet état n’est pas folichon, pour le dire gentiment.

Dès 6:02, Langlois nous rappelle ainsi que la police de renseignement est de plus en plus souvent utilisée à des fins politiques, quand bien même l’éthique personnelle des agents qui y travaillent tend à ralentir cette tendance de fond. Ainsi, il explique assez bien ce qu’on soupçonnait déjà, à savoir que les chiffres fournis par la police sont façonnés, retravaillés pour servir avant tout les desseins politiques, accompagner la politique du gouvernement, plutôt que refléter de façon exacte et précise la situation actuelle.

Si la discussion (vers 7:14) porte sur l’exemple des chiffres de la Manif Pour Tous, quelques éléments, plus tard dans l’interview, permettent de comprendre que ce sont toutes les statistiques policières qui sont ainsi triturées. Celle de la délinquance et de la criminalité ne sont donc pas épargnées. Je vous laisse en tirer les conclusions que vous voulez.

Ces bricolages plus ou moins subtils des statistiques ont un effet direct sur la population qui, lucide, voit un décalage entre ce qu’elle vit et ce qu’on lui fait passer pour la vérité. La confiance en l’État en général et la police en particulier ne peut s’en trouver qu’amoindrie.

À ceci s’ajoute l’accroissement des traitements automatiques, informatiques et mécanisés (les radars n’étant qu’une partie de ces éléments), s’insérant habilement entre la police et la population. Encore une fois, en retirant la souplesse de l’interprétation humaine, le libre-arbitre du policier et en réduisant ses possibilités de rôle pédagogique, en diminuant le contact humain de la fonction policière, on accroît sensiblement ce divorce entre la société et le corps chargé d’en assurer l’ordre.

On retrouve ce même problème lorsque, vers 21:03, sont évoquées les éventuelles corruptions au sein de la police, et plus particulièrement lorsqu’on découvre toutes les entorses à la légalité dont elle est victime. Ainsi, lorsque le MEDEF demande à « passer au fichier » les temporaires qu’il emploie pour son université d’été (i.e. faire faire des vérifications de casier), c’est parfaitement illégal et un détournement privé d’une institution publique. Ainsi, lorsque des compagnies de CRS, de police ou de gendarmerie interviennent sur des événements privés (le cas du Tour de France est cité vers 23:50), on comprend qu’il y a une dérive de la mission policière, au détriment des contribuables et des citoyens.

police - courage and cowardice

Cette dérive, à laquelle s’ajoutent les politiques du chiffre et la gestion des ressources humaines quasiment abandonnées aux syndicats, explique assez bien le malaise global de la fonction publique policière.

Enfin, à ces éléments déjà lourds, à cette coupure de plus en plus actée et profonde entre police et population, il faut ajouter une gestion difficile des horaires, qui entraîne des complications certaines pour la vie de famille des représentants de l’ordre.

Très concrètement, cela se traduit par des suicides. Langlois nous explique ainsi que depuis 1980, 1450 policiers se sont donnés la mort, alors que sur la même période, 490 sont morts dans l’exercice de leur devoir, du fait de criminels. Autrement dit, un policier a trois fois plus de risques de mourir de suicide qu’à cause d’un criminel.

Si, bien sûr, on doit se rappeler que le policier, par nature, est confronté plus souvent que tout autre à ce que l’humanité a de plus noir, et si ceci permet sans doute d’expliquer que le suicide est toujours plus présent dans ce genre de professions qu’ailleurs, cela ne permet pas d’expliquer la tendance à l’augmentation des derniers mois.

En revanche, la perte de vocation, la perte de sens et du contact humain liée à la dématérialisation d’une partie des traitements policiers, la politique du chiffre et la traque de l’automobiliste, l’utilisation croissante des forces de l’ordre afin de soutenir un pouvoir qui apparaît de plus en plus décalé des réalités de terrain et des besoins de la population (le deux-poids, deux-mesures récent entre les chauffeurs Uber et les taxis en est une excellente illustration), tout ceci concourt de façon évidente à alimenter le ressentiment des gens contre les policiers, et poussera sans aucun doute les plus faibles à un acte définitif.

Cet intéressant témoignage donne une bonne idée d’où se trouve maintenant la police : il apparaît clair qu’en son sein, nombreux sont ceux à avoir pris conscience de la dérive possible que représentent les dernières lois, et l’utilisation de plus en plus politique de cette institution, en rupture avec la population. La direction prise est donc connue.

Reste à savoir si l’institution se laissera faire.
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Sur le web

  1. Bel article ! La photo est très bonne. Vous m’avez fait découvrir Thinkerview et je vous en remercie.

  2. 1450 suicides sur 35 ans soit 41 par an pour 143 000 policiers soit 0,02 %. RAS si on compare avec les autres professions et le suicide en général.

    C’est une des professions les plus choyées. Une heure récupérable correspond en moyenne à 38 minutes de travail effectif….. avec les récupérations d’heures : 8 à 10 semaines de vacances c’est très commun.;..pour les gendarmes 25 ans de cotisation et hop retraite….etc…

    http://www.ccomptes.fr/index.php/Publications/Publications/Police-et-gendarmerie-nationales-depenses-de-remuneration-et-temps-de-travail

    Bref ils ne vont pas me faire pleurer.

    1. Les avantages c’est une chose. Leur utilisation par la politiques pour servir le pouvoir en est une autre. Malheureusement la Police a un rôle dévoyé à l’heure actuelle et cet aspect n’est pas lié à leurs contrats. Les policiers je pense dans leur majorité « veulent bien faire », mais n’y arrivent pas à cause du temps qu’on leur fait gaspiller en missions de complaisance pour le gouvernement. C’est scandaleux ET contre productif d’un point de vue délinquance. Leurs contrats, jours de repos et payes, c’est un autre problème que celui abordé ici…

    2. Adele, le taux de suicide ça se calcule pour 100,000 habitants et la moyenne en france toutes populations confondues est de 16 à 18 pour 100,000… comme france telecom en fait qui est dans la moyenne.

      Là les policiers sont à 29 pour 100,000… yep, des gens heureux qui se suicident !

      Tu es consternante parfois souvent.

      1. Je ne vois pas ce que ça change ! 28,6 pour 100 000 ou 0,02% c’est pareil, sauf en terme de com.

        Le fait que les policiers se suicident a deux explications simples :

        L’accès facile à une arme.
        Une profession très masculinisé puisque seulement 1/3 des policiers sont des femmes, or vu que les hommes se suicident plus, plus une profession est masculine plus le taux de suicide augmente.

        1. 3/4 des suicides réussis sont effectivement des hommes.

          Mais plus de tentaives de suicide chez les femmes : moins douées ou plus comédiennes ?

          Il semble que vous ne savez pas lire les chiffres. 30% des suicides sont le fait de personnes de plus de 65 ans donc non en activité.

          Et il y a 27.3% de femmes dans la police nationale.

          Donc si on ramène les chiffres aux actifs il y a bien 2 fois plus de suicides chez les policiers.

          Quant au fait de posséder une arme qui influencerait les chiffres… mouais… c’est sûr que si vous voulez juste faire une tentative, il faut changer d’outil. D’autre part, plus généralement il est rare que les femmes se suicident d’une balle dans la tête… une envie de rester belle jusqu’au bout.

          1. Ils se suicident et alors ? Que je sache on les a pas enrôlés de force et ils peuvent quitter la police si c’est horrible que ça ou se mettre en arrêt maladie, indisponibilité, changer de service etc…

            C’est consternant de ressortir le taux de suicide chaque fois qu’on veut une augmentation de salaire tout en travaillant moins.

            Et globalement j’en ai marre du trafic de chiffres.

            C’est comme 99% de détection = condamnation de 9 innocents. C’est d’une débilité sans fin car ça suppose de considérer que 100% des personnes renvoyées devant un tribunal pour terrorisme seront condamnées.

            1. « Ils se suicident et alors »

              … non, rien

            2. Adele adepte du « il vaut mieux 10 innocents en prison plutôt qu’un coupable en liberté »

            3. L’affaire d’Outreau ne vous a rien appris ?
              100% des personnes renvoyées devant un tribunal pour terrorisme ont leur vie à reconstruire, dans le meilleur de cas (si elle ne sont pas injustement condamnées, ce qui arrive). Et foutue dans le cas contraire.

              Le suicide est une réponse ultime une fois écartées les alternatives. Le suicidé ne pouvait donc pas, pour des raisons qu’on peut mal comprendre, bonnes ou mauvaises, « quitter la police ou se mettre en arrêt maladie, indisponibilité, changer de service etc.  »
              Cela dit je déteste qu’on se serve des morts comme bouclier humain pour se plaindre, et aucune compensation catégorielle n’a jamais fait baisser un taux de suicide.

              1. @P: Je suis désolé mais on ne peut pas comparer le sort d’une personne phagocytée par le système judiciaire et sa coercition dont on ne peut pas s’échapper, avec la le manque d’imagination d’un flic qui se suicide pour ne pas avoir à écrire une lettre de démission.

                S’il vous plait, arrêtez de dire ce genre de chose, ça me force à soutenir les propos d’Adèle, et ça me fait mal de devoir abonder dans le sens de cette puérile et hystérique personne. P, je vous le demande comme un servie. Nous ne sommes pas toujours d’accord, mais je vous respecte. Je vous en supplie, ne faites ce genre de comparaison entre des gens démolis par le système et des gens qui n’arrivent pas assumer leurs choix. Mettez vous à ma place: JE SUIS OBLIGÉ DE SOUTENIR ADÈLE… Oui… Par honnêteté intellectuelle j’en suis réduit à cette extrémité. Je vous en conjure, ne me forcez pas à continuer. Par pitié. Etre dans le même camp argumentaire qu’une personne dont les opinions et l’absence de réflexion sont d’habitude à ce point odieux m’est insupportable (Mais je ne vais pas me suicider pour autant).

                1. Bof , vous savez cela dépend de l’âge : un policier qui démissionne par ex à 50 ans parce que ses conditions de travail sont devenus une horreur et exactement dans la même situation qu’un salarié du privé qui démissionnerait également à 50 ans : ils savent très bien qu’à leur âge ils ne retrouveront rien ( et encore ; le salarié du privé , même s’il ne possède que le cap, plombier par ex , est qualifié et peut retrouver un job , le policier , lui , n’a pas de qualification reconvertible dans le privé : policier dans le privé , ça n’existe pas , sauf agent de sécurité , boulot tout aussi dangereux , souvent seul la nuit à surveiller des chantiers , et payé au smic , enfin quand vous êtes payé…
                  Donc non , selon l’âge , ils ne peuvent pas démissionner , ce n’est pas aussi simple….sinon , vous pensez bien que beaucoup le feraient…!
                  Et alors vous me direz , pourquoi n’ont-ils pas démissionner avant?
                  Réponse : peut-être qu »avant » , leurs conditions de travail étaient moins pourries…

          2. « Mais plus de tentaives de suicide chez les femmes : moins douées ou plus comédiennes ? »

            Les deux…

            « D’autre part, plus généralement il est rare que les femmes se suicident d’une balle dans la tête… une envie de rester belle jusqu’au bout. »

            Manque d’imagination: Une balle dans le coeur ca marche aussi…

        2. > 28,6 pour 100 000 ou 0,02% c’est pareil

          Oui, à 50% près…

          1. En poussant un poil, elle pourrait dire que c’est quasiment … zéro ❗

    3. Adele, on dirait que vous prenez le petit bout de la lorgnette.

      1. Eh mais Adèle c’est la chienne de garde qui trolle les commentaires avec sa lutte contre la patriarchie non? Mais si c’est elle! D’un coup la nullité et l’approximation de ses propos m’étonne beaucoup moins…

        1. on ne dit pas la patriarchie, on dit le patriarcat. « le » patriarcat. « LE », entendez vous, « le ».
          ça ne rend que plus odieux ce patriarcat qui est masculiniste jusque dans le choix du genre de l’article.

          1. Et encore, tu n’a pas fait remarquer qu’il est tellement impérialiste qu’il a même réussit à imposer qu’on dise LE matriarcat. C’est … tellement … trop … que « odieux » ne suffit même plus à décrit cette horreur (et en plus on dit UNE « horreur ». « ils » sont partout, c’est trop)

        2. @mitch, P, jabo, MichelC
          mine de rien ça rentre dans vos têtes le féminisme . Si vous voulez être au top le bon slogan c’est « smash the patriarchy ». De vrais gamins vs êtes.

          1. Féministe et libérale ça me fera toujours bien rigoler… des adeptes de la discrimination positive.

            1. C’est juste de l’entrisme… 😉

    4. Un étude réalisé par le CNRS de Toulouse a montré que le risque de suicide est 36% supérieur a celui de la population française.
      Et puis faut prendre en compte les dépressions, c’est un métier très éprouvant .

      Heureusement qu’ils sont un minimum choyées, il en faut pour aller des les quartiers se prendre des parpaings dans la gueule, se faire cracher dessus et j’en passe …
      Et puis dire qu’ils sont choyées quand on te file même pas assez de moyen pour travailler c’est triste.
      Personne ne voudrait faire ce métier si ils avaient pas un minimum d’avantage, surtout avec la politique du chiffre.

      Sans aller jusqu’à pleurer, quand le budget justice est inférieur à celui de l’écologie ça devrait un peu t’énerver, car payer plus pour des lobbies que pour notre sécurité c’est pas tout a fait normal

      1. Surtout que c’est l’utilisation politique de leur corps qui est la cause essentielle du ressentiment de la population à leur égard…

    5. L’objectif était il de vous faire pleurer?
      Le taux de suicide est il le sujet principal?

    6. « Ils se suicident et alors? », ben heureusement qu’on réagit pas comme ça quand on doit empêcher un quidam de sauter par la fenêtre….  » démissionner », tellement facile quand on a passer un concours, fait un an d’école, dix ans de Paris en général, qu’on a une famille à charge etc… D’ailleurs je me demande ce que font toutes les personnes qui font un boulot qui ne leur plait pas pour un salaire insuffisant, ils n’ont qu’à démissionner… Le suicide n’ est pas un motif d’augmentation mais un signal d’ alerte sur le moral des troupes… Après la haine de la Police hein…

    7. Je n’ai pas regardé la vidéo mais simplement lu le texte.Tout à fait d’accord que cette corporation nécessaire au pouvoir exécutif et peu au citoyen ordinaire est particulièrement choyée.Le bulletin de paie ne disant que la moitié de la vérité.Un regard attentif sur l’actualité judiciaire relatif à des délits ou crimes de policiers pour constater la mansuétude des magistrats.Je croyais que les militaires donc les gendarmes pouvaient prétendre aux droits à la retraite aprés 15 ans d’activité(.Opérations en extérieur y compris au soleil corse comptant double.)41 suicides sur 11000 (recensés) par an c’est toujours trop et symptomatique d’une société malade et coercitive.Si ce métier est trop dangereux,le bâtiment recrute,seulement les accidents du travail y sont plus fréquents.

  3. Syndicat? quel syndicat?
    Je croyais qu’ils avaient cessé d’exister depuis mai 2012.
    Ce qui donne encore plus de valeur à cet interview d’un « syndicat » ayant abandonné son rôle social par idéologie et engagement politique.
    Alors, de quoi se plaint-il?

  4. Ce jour est à marquer d’une pierre blanche. H16 a dit du bien d’un fonctionnaire syndiqué à la CGT. Comme quoi Il y a une forme de tradition contestatrice chez les communistes qui in fine peut finir par avoir du bon. (si, si…)

    1. Ce qui prouve que H16 juge les propos plutôt que l’étiquette, ce qui est un gage de sérieux dans l’argumentaire. Chose rare de nos jours dans les médias…

    2. ce qui est à marquer d’une pierre blanche c’est que pour une fois, un membre de la CGT tient des propos intelligentes (c’est la première fois que j’entends un membre de la CGT dire des choses intelligentes).
      « Comme quoi Il y a une forme de tradition contestatrice chez les communistes qui in fine peut finir par avoir du bon » le plus souvent, cela mène à la faillite, à force de tjs contester et de ne pas vouloir dialoguer et de ne pas proposer des solutions réalistes on nuit plus aux travailleurs qu’autre chose. Un syndicat qui fait passer l’idéologie avant le pragmatisme est tjs un désastre (la CGT est l’exemple le plus flagrant).
      En plus, la contestation de la CGT est deux vitesses car ce syndicat participe au système (qu’il critique) et en plus, il est le premier à magouiller et à se comporter comme le pire des capitalistes. La plupart des dirigeants de la CGT critiquent le capitalisme mais ils ont un train de vie digne des plus riches capitalistes. La contestation de la CGT a perdu toute crédibilité. La CGT n’est ni plus ni moins qu’une organisation mafieuse
      Il y a deux choses que l’on peut reprocher à l’intervenant: un, quand il parle de Pétain (qui selon lui défend le patronat), il ne connait pas grand chose à l’histoire. Il devrait lire « L’héritage de Vichy: Ces 100 mesures toujours en vigueur « de l’historienne Cécile Desprairies. les acquis sociaux (que défend la CGT) viennent en grande partie du régime de Pétain. Alors pq s’offusquer que Valls s’inspire du code de déantologie du régime de vichy alors qu’on est soi même l’un des plus ardent défenseur de l’héritage du pétainisme ? D’aillleurs, plusieurs membres du gouvernement de Vichy venaient de la CGT. Bcp de dirigeants de la CGT ont été des collabos. Sur ce sujet, je vous conseille de lire Un paradoxe français, Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance de simon epstein. En france, 80 % des colllabos venaient de la gauche.
      deux, quand il parle des syndicats, il fait bien attention de ne pas critiquer la CGT. Or, ce syndicat dans la police ne vaut pas mieux que les autres syndicats policiers (la principale différence c’est qu’il est minoritaire dans la police donc dans la police, il a « une part du gateau » bcp plus petite mais dans bcp d’autres secteurs, c’est lui qui a la plus grosse part du gateau). En plus, je trouve assez ironique d’un membre de la CGT de critiquer de telles pratiques de la part des syndicats car la CGT est de loin le pire des syndicats

    3. Une représentante de CGT-énergie invitée de CDA il y a quelques temps a dit (de mémoire) :

      « si c’est pour mettre de l’argent de l’Etat dans Alstom pour faire face aux dépenses courantes pour se retrouver exactement dans la même situation dans un an, mieux veut déposer le bilan maintenant »

      Le discours des syndicalistes n’est pas toujours « des sous! des sous! »

  5. Merci de consacrer un article a ce sujet qui en mériterait beaucoup plus.
    Il est notoire que la France est un enfer perdu dans une jungle de lois plus débiles les unes que les autres.
    Alors qu’il faudrait en faire respecter fort peu, les essentiels. Genre, les aggressions sexuelles en plein metro en heure de pointe. Avec le soutien de la population. Sinon, mission impossible.
    Le boulot de la police est de faire respecter les lois et règlements. Bon courage a eux.
    Connaitre sa police, connaitre son point de vue, et savoir qu’elle n’est ni responsable ni caution de bien des derives actuelles, cela me semble pour le moins une saine occupation.
    Entièrement d’accord avec le constat que tout est fait aujourd’hui pour séparer la population de sa force de police. Par extension, c’est vraiment le moment de mieux les connaitre, de faire l’effort, de ne pas caricaturer. Bien des policiers ont le potentiel actuellement d’être de vrais libéraux. Ils sont aux premieres loges depuis 40 ans, et savent très bien, bien mieux que nous, que ce pays, sans reformes de fond, est foutu.

  6. Merci mille fois pour cet article et surtout de m’avoir fait connaitre « thinkerview »
    L’interview de monsieur Langlois est édifiante sur la conception de nos édiles politiques du mot « LIBERTE »

  7. Question : quand les services de police, instruments de l’état et de pouvoir par excellence, ont été au service des citoyens ? La CGT ne dénonce qu’une charge de travail supplémentaire.

  8. Les chiffres de la police. Une petite idée de comment cela peut se passer… https://www.youtube.com/watch?v=R7lFNCSVqig

  9. Un petit retour de 45 ans vers 1970 j’ étais verbalisé pour avoir roulé en mobylette sur la N1 aux limites de Noisy le sec alors qu » il y avait une piste cyclable je ne l’ avais pas vu
    Amade qui était préfet de police et parolier de Gilbert Bécaud intervenait par une lettre pour faire annuler sa contravention
    Rien ne vaut les relations ! y compris pour d’ autres petits conflits j’ en ait fait l’ expérience plus tard
    C’ est comme ça la République la vraie pas celle des livres d’école

  10. Cet interview oublie de parler de quelque chose de primordial: la mauvaise utilisation que l’on fait la police. Ce que je veux dire c’est qu’aujourd’hui, la police s’occupe de choses dont elle ne devrait pas ou en tout cas, elle devrait s’occuper bcp moins. Je pense à la sécurité routière, regardez le nombre de policiers qui sont utilisés pour s’occuper des infractions à la sécurité routière (le but n’est pas de faire baisser le nombre de morts sur le route mais de rapporter de l’argent à l’état) alors qu’il n’y a pas assez de policiers pour s’occuper de la vraie délinquance. Pour moi, la lutte contre les infractions routières pourrait très bien être confié à des entreprises privées. Perso, je suis pas d’accord avec la personne interviewé quand elle parle de pédagogie concernant les infractions au code de la route, je ne vois pas où il y a la moindre pédagogie là dedans. La lutte contre les infractions au code de la route ont surtout pour but de rapporter du fric, voilà pourquoi l’état pourrait très bien sous traiter cela.
    Pour avoir une police efficace, il est important de réduire les missions de la police. Aujourd’hui, la police a trop de missions « inutiles », de missions dont elles ne devraient pas s’occuper, de missions dont d’autres entités pourraient s’en charger.
    En Belgique, il y a des gardiens de la paix qui contrairement en France ne se sont pas des policiers. En général, ils dépendent des communes et sont chargés par exemple de constater des petites infractions sans gravité (incivilités,…) et de donner des amendes. Pour moi, un gardien de la paix (dans le sens belge du terme) n’a pas besoin d’être protégé par un statut spéciale, il n’a pas besoin d’avoir un statut de la fonction publique. Alors qu’un policier (comme certains autres fonctionnaires comme les magistrats, les militaires,…) a besoin d’un statut spécial pour le protéger.
    Autre exemple de la mauvaise utilisation de la police en France: Uber, on a chargé plus de 200 policiers d’enquêter sur Uber et de lui nuire (tout cela pour faire plaisir aux taxis), c’est juste scandaleux, ces policiers auraient été plus utile dans d’autres affaires. Je veux bien qu’on enquête sur Uber si celle ci viole la loi mais avoir autant de policiers pour enquêter c’est exagéré.
    J’ai l’impression que particulièrement sous ce gouvernement (même si c’était déja vrai avant mais cela était moins fort), on utilise la police à des fins gouvernementales, on utilise la police pour servir les intérêts du gouvernement. Ce qui est tout simplement scandaleux. Voilà pourquoi il est important de dépolitiser la police. Je suis aussi pour la suppression de la police municipale (chaque municipalité pourrait avoir des gardiens de la paix dans le sens belge du terme à la place d’une police). Je trouve cela scandaleux q’un maire (qui est un politicien ) puisse être chef d’une police. Il ne doit avoir qu’une seule police nationale qui bien sûr a des ramifications locales.
    Réduire le champ pénal est quelque chose de nécessaire, cela va de pair avec le fait de réduire les missions de police. Aujourd’hui, il est trop élargi ce qui nuit à l’efficacité de la justice (et de la police) et à l’effectivité des peines prononcées par la justice (ce qui donne un sentiment d’impunité aux criminels qui les pousse à commettre de nouveaux délits).

    1. autre chose que l’on oublie: en France, trop souvent, l’individu ne joue aucun rôle dans la sécurité (au contraire, d’un certain nombre de pays (en général anglosaxon)). En France, il y a une forme de devoir de soumission à l’autorité de l’État, on considère que l’individu n’a pas à s’occuper de la sécurité.Qu’il soit clair, je ne remets pas en cause, le monopole de la violence légitime de l’état, je ne préconise pas l’autojustice.
      Sur le sujet, il faut lire: Self-sécurité : le retour de l’individu dans la sécurité de Pierre-Olivier Drai.
      Intervenir ne veut pas dire se faire justice. L’aboutissement de l’action est de prévenir le danger et, le cas échéant, faire appel à la puissance publique en dernier ressort, c’est-à-dire, à sa juste place, celle de la justice.
      En France, le fait de laisser les individus jouer un rôle dans la sécurité passe d’abord par l’élargissement de la notion de la légitime défense qui est bcp trop restrictive (en France, si vous vous défendez vous risquez d’être poursuivi), il ne s’agit pas de donner un permis pour se faire justice soi même juste pour permettre aux gens de se défendre.
      Laisser les individus jouer un role dans la sécurité est très avantageux pour l’état et pour la police car cela ne leur coûte rien et cela permet de lutter contre la criminalité sans aucun coût.

  11. Bravo jeune homme.
    Vous défendez votre profession sans dogmatisme. Et pourtant, je n’éprouvais pas jusqu’à vous écouter de sympathie pour la CGT.
    En résumé, ce que disaient les soldats allemands des francais en 1914 s’applique toujours : « des lions commandes par des ânes ».

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