Venezuela : le naufrage en direct du socialisme

Publié Par Auteur invité, le dans Amérique latine

Par Philippe David.

Lorsque le mur de Berlin a finalement chuté et levé le voile sur toutes les aberrations du socialisme, on aurait pu croire que ce système allait être totalement discrédité. Tous ceux qui sont assez âgés pour avoir suivi l’actualité de l’époque ont pu constater l’état dans lequel se sont retrouvés l’URSS et ses satellites d’Europe de l’Est après plus de 70 ans de gouvernance socialiste marxiste ; parce que oui, dans URSS, n’oublions pas le mot socialistes (Union des Républiques Soviétiques Socialistes). Cet effondrement était pourtant prévisible et inscrit dans les faits, il avait été prédit par l’économiste Ludwig von Mises dans son livre Le Socialisme, publié en 1920 alors que l’URSS venait à peine de se débarrasser du régime tsariste.

Déjà à cette époque, Mises avait déterminé que la gestion d’un État propriétaire des moyens de production sape la base de production, à tel point qu’elle rend impossible tout calcul économique permettant de déterminer ce qui doit être produit, et en quelles quantités, afin de satisfaire la demande des consommateurs ; car c’est bien là le but premier d’une économie.

Malheureusement, les socialistes ne comprennent toujours pas que lorsque l’État gère l’économie, les décisions économiques prises ne le sont pas en fonction des désirs des consommateurs, mais en fonction des désirs de l’État, et de sa clique dirigeante. Voyez-vous, en URSS, comme un peu partout ailleurs, les élites ont toujours été déconnectées de la population ; et c’est identique au Québec, en France, etc. Les élites en URSS avaient même des boutiques qui leur étaient réservées exclusivement. Le fait que leurs concitoyens devaient quotidiennement faire la queue pendant des heures pour une miche de pain était le cadet de leurs soucis. Eux ne manquaient de rien, les désirs des petits citoyens ne figurant pas parmi leurs priorités ; et même lorsqu’il y avait coïncidence, les dirigeants ne disposaient pas des informations nécessaires pour guider la production, conduisant à des pénuries, ou des surplus, de certains produits.

La grande faille du socialisme

Socialisme (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, CC-BY 2.0)La faille du socialisme est de n’avoir jamais rien compris au système de prix, pourtant au cœur du système productif et des échanges commerciaux. Plus particulièrement, le socialisme consiste à refuser obstinément de comprendre que ce système de prix comporte des signaux permettant aux producteurs de déterminer ce qui doit être produit, en quelle quantité et de la façon la plus efficace. Le niveau des prix de tous les facteurs de production, qu’il s’agisse des matières premières, des machines, des terrains, de la main d’œuvre, etc., comporte des informations sur la rareté ou l’abondance relative de ces facteurs ; informations utiles à l’entrepreneur qui sait alors quelles combinaisons de ces facteurs lui donnera ce qu’il veut produire au plus bas coût possible.

Parallèlement, les profits récoltés lors de la vente des divers produits finis et services informent le producteur de ce que les consommateurs recherchent et lui indiquent quels sont leurs besoins. Le processus de détermination du niveau de production nécessaire pour satisfaire les besoins des consommateurs est ce qu’on appelle le calcul économique. Or, le socialisme cherche justement à contrôler, ou carrément anéantir ces signaux et rend les besoins de production incalculables. Voilà comment le résultat inévitable du socialisme a toujours été la distribution égale de la misère.

Vers un socialisme du 21e siècle…

Faisons un petit saut rapide à l’orée du 21e siècle. Nous avons pu observer, expériences après expériences, les effets désastreux du socialisme. Des dizaines de millions de personnes sont mortes de faim en Chine sous Mao, et en URSS sous Staline et Lénine. L’URSS et ses États satellites se sont effondrés sous leur propre poids. Les Cubains vivent avec des cartes de rationnement depuis leur révolution. En Corée du Nord, la famine pousse certains parents à manger leurs propres enfants.

On aurait pu espérer qu’après toutes ces horreurs, le monde allait être guéri des lubies socialistes. Mais non ! Nous n’avons apparemment rien compris. En 1998, les Vénézuéliens élisent Hugo Chavez qui les embarque dans une révolution bolivarienne qu’il nomme socialisme du 21e siècle, sous les « Oooh ! », « Aaah ! » et autres acclamations des gauchistes du monde. Chavez allait-il réussir là où les autres ont échoué ?

En 2015, après 17 ans de chavisme, la proportion de Vénézuéliens vivant sous le seuil de pauvreté est passée à 76% (alors qu’elle était de 60,94% avant l’élection de Chavez). Des enfants de 5 ans sont admis à l’hôpital, ne pesant que 11 livres (à peine 5 kg). La famine au Venezuela est telle que les gens se sont mis à manger les animaux du zoo de Caracas et chassent les chiens et les chats dans les rues.

Voyez-vous, Chavez et son successeur, Nicolas Maduro, ont commis toutes les erreurs des autres régimes socialistes. Ils ont saisi et nationalisé des grands pans de l’économie et institué des contrôles de prix. Constatant les résultats pourtant prévisibles de ces politiques, Maduro fait de la surenchère plutôt que de faire marche arrière, et impose des contrôles plus sévères encore, comme obliger des Vénézuéliens à travailler dans les fermes ; il démontre avec évidence que les socialistes ne comprennent toujours rien à l’économie et persistent dans l’erreur. Le temps nécessaire à cette prise de conscience est encore un mystère.

J’ai toujours souri au constat que des économistes de gauche puissent faire l’éloge des politiques de Chavez. Des économistes qui, de toute évidence, n’ont jamais lu von Mises. Pourtant, les résultats que nous observons aujourd’hui au Venezuela étaient prévisibles et ne devraient pas surprendre les personnes familières du système de prix et des effets néfastes de la gestion publique de l’économie. Essayons donc d’apprendre de ces erreurs et méfions-nous des politiciens qui prônent le même genre de politiques. S’il est possible d’ignorer les lois de l’économie, il ne faut pas oublier que l’économie, elle, ne nous ignorera pas.


Sur le web

  1. C’est dramatique contrepoints perd des lecteurs.
    Voici trois ans encore, des hordes de bébés communistes venaient chanter victoire à chaque article qui prédisait un avenir sombre au Venezuela.

    Où sont passés nos mini Staline amis d’antan ?

    1. Rien d’étonnant : ils commentaient depuis leur paradis rouge mais n’ont plus d’électricité ni de temps pour continuer (bhen oui le boulot d’esclave a la ferme d’Etat est très chronophage 😉).

      A moins qu’ils se soient faits manger par leurs voisin…

  2. Article intéressant. Dommage qu’il soit rédigé dans un français « négligé », proche de l’oral (ou bien est-ce une ébauche de traduction qui n’aurait pas été jusqu’à ton terme ?). La prochaine fois, envoyez-moi l’article pour une mise en forme rigoureuse. Je vous promets le retour de la copie dans les 12 heures.

    1. intéressante remarque, mais qui suppose qu’un article doit respecter une forme particulière…parce que… Un article n’a t il pas pour but de communiquer une information et on peut ajouter le plus efficacement possible?
      Je suis plus ennuyé de l’usage d’anecdotes que de la forme.
      L’article est fort simple, et la critique du socialisme assez évidente, vous pourriez vous poser la question de la séduction du socialisme chez beaucoup de lettrés et de l’attraction sinon la fascination d’un discours vide de sens mais grammaticalement structuré et riche en vocabulaire abscons.

    2. Je soupçonne également un québécois, vu la remarque « C’est pareil au Québec, en France, etc. ».

      1. oui, enfin, je ne suis pas sûr qu’on puisse considèrer la tournure : « ’il rendrait impossible tout calcul économique permettant de déterminer qu’est-ce qui devrait être produit et en quelles quantités afin de satisfaire  » comme correcte, même au Québec. Je rejoins Traderidera, une relecture basique permettrait d’éviter des erreurs si faciles à corriger.

        1. certes mais compréhensible…moi dire le fond prime la forme.

  3. Il est amusant de faire passer les socialistes pour des incultes ou des abrutis incapables de comprendre un concept aussi basique que le système des prix, mais comme seule explication de ces nouvelles tentatives après les échecs successifs, ça paraît un peu léger, non ?

    1. certes l’article répète l’absence de compréhension mais ce que pense les autres relève du procès d’intention, ce qui importe
      est la mise en pratique de la théorie …on peut être pape et ne pas croire en dieu..
      tiens on va encadrer les loyers..je suis bien certain que ceux qui mettent cela en place comprenne le mécanisme des prix mais……l’attrait du pouvoir est si grand…
      Dans le meilleur des cas , c’est une théorie du parasitisme jusqu’à quel point peut on sucer le sang de la bête?

    2. Je suis assez d’accord avec vous.

      Les socialistes sont relativement rationnels.
      Ils utilisent le biais de la démocratie telle qu’elle existe pour se rassembler a 51% ou plus, et ainsi pouvoir spolier de façon légale les 49 autres pour-cents.
      C’est parfaitement rationnel. C’est la théorie des jeux.

      La subtilité est de voir qu’a court et moyen terme, ils y gagnent, mais y perdent a long terme.
      Dur de résister a un bon déjeuner « gratuit », même si l’on sait que l’on devra rembourser ds 40 ans.

      1. « Dur de résister a un bon déjeuner « gratuit », même si l’on sait que l’on devra rembourser ds 40 ans »

        Not to worry friend ! In the long run we’re all dead !

      2. Ce serait plutôt d’avoir à le rembourser pendant 40ans…

    3. Vous ne devez pas souvent converser avec des Français sur le sujet de la science économique, je pense. Qualifier la connaissance générale du sujet de « abyssale » est un euphémisme. J’ai tenté l’exercice le mois dernier encore, et la totalité du savoir économique de mon interlocuteur se résumait à quelques phrases, glânées ici et là, du type « les robots vont nous prendre tout le travail », « le SMIC ça empêche l’esclavage », « Personne ne devrait gagner plus de 2 millions d’euros par mois » ou encore « il faut plus d’impôts sur les riches ».

      1. Il ya deux types d’individus qui permettent à des Maduro d’obtenir le pouvoir : les gogos à qui ont peut faire gober les plus grosses âneries en leur servant une bonne plâtrée de sophismes et les envieux qui ne rêves que d’une chose se la couler douce avec l’argent des autres. malheureusement il n’est pas difficile de trouver plus de 50% de votant en cumulant ces deux populations…

    4. La preuve que oui. Einstein disait que la seule notion que l’on ait de l’infini est la bêtise humaine. La gauche en fournit la preuve tous les jours. Ce qui semble inconcevable à une personne censée!

    5. Les socialistes ne veulent pas voir la réalité, ils veulent juste voir ce qui les arrangent. Je donne de plus ample explication sur ce qui s’est passé au Venezuela en dessous. Chavez a été l’icône de la gauche même des gens de gauche modérée ont fait son éloge Tous les économistes hétérodoxes de gauche ont vu dans le Venezuela chaviste leur modèle économique. En vérité, les réussistes à court terme du venezuela venaient du pétrole. Chavez a basé l’économie vénézuélienne sur les ressources naturelles ce qui a donné l’illusion à certains que c’était une réussite économique mais ce n’était pas du tout le cas. Si le contrôle de prix a en grande partie détruit l’économie, il ne faut pas oublié le rôle joué dans les nationalisations. Les nationalisations ont détruit la productivité des entreprises alors que dans le même temps elles ont vu leurs effectifs augmentées. La soi disante politique sociale de chavez n’était ni plus ni moins que de l’achat de vote. C’était du clientélisme.
      Le Venezuela chaviste montre à quel point les économistes hétérodoxes (mis à part ceux de l’école autrichienne) sont des charlatans.
      Marrant, la gauche a souvent considéré que l’amérique latine (pas seulement le venezuela) comme montrant que la gauche peut réussir économiquement. En vérité, tous les pays d’amérique latine considérés comme modèle de la gauche (Brésil, Venezuela, Equateur, Bolivie,..) avaient comme point commun d’avoir basé l’économie sur les ressources naturelles. La soi disante croissance économique venait des ressources naturelles. Dès que les prix ont baissés, c’est fini. Tous ces pays sont en difficulté économique. Par exemple, Correa un modèle pour la gauche anti américaine a dû faire appel au FMI.
      Pour le Brésil, ce pays n’a pas prospéré grâce à Lula mais grâce Cardoso (son prédécesseur) qui a permis au Brésil de décoller économiquement (d’abord comme Ministre des Finances et ensuite comme Président du Brésil). Lula a eu l’intelligence de ne pas toucher aux réformes menés par Cardoso. Il a mené une politique de rigueur sauf en fin de second mandat pour faire élire sa protégée.
      Lula a surtout eu de la chance de profiter de facteurs extérieurs qui ont permis le boom de l’Amérique latine pendant les années 2000 et de la politique mené par Cardoso.
      Le problème s’est qu’il fallait continuer les réformes, l’économie brésilienne ne pouvait plus continuer comme avant (et ce de l’avis de tous les économistes de droite comme de gauche). Ce que n’a pas fait Rousseff. Rousseff a mené une politique immobiliste, elle n’a pas réformée le Brésil qui en avait grand besoin. On peut reprocher la même chose à Lula: ne pas avoir assez réformer le Brésil. Lula a promis de lutter contre la corruption. Pourtant, il est lui même corrompu. Dans ce pays, rien d’étonnant à qu’un dirigeant soit corrompu mais il aurait pu avoir la décence de ne pas se faire un chantre de la lutte contre la corruption.i au lieu de faire preuve d’immobilisme, Rousseff avait entrepris des réformes structurelles, le Brésil aurait évité la crise (même si bien sûr, il aurait souffert de la chute des prix des ressources naturelles et du manque de croissance chinoise). Au plus, on attends pour entreprendre des réformes structurelles, au plus ce sera dur. Le modèle économique du Brésil n’est pas tenable, il a besoin de réformes.

      La situation du venezuela est différente car ce pays a mené une politique très socialiste. Là où les autres pays cités restent des pays capitalistes. Au Venezuela, la chute du prix du pétrole a accéléré le désastre économique et l’a empiré mais ce n’est pas la cause. La situation du Venezuela (pénuries, hyper inflation, état en quasi faillite, famine, explosion de la pauvreté, mortalité et criminalité,…) ne peut pas être expliqué seulement par la dépendance du Venezuela au pétrole car déjà, avant, Chavez, il y avait un problème de dépendance du pétrole (qui était quand même bcp moins prononcé qu’aujourd’hui) et la situation n’a jamais été aussi désastreuse qu’aujourd’hui (alors que le prix du pétrole reste bien plus haut que dans les années 90). Les autres pays cités ont de graves difficultés économiques mais cela n’a rien à voir avec le Venezuela. A côté du Venezuela, ces pays sont des paradis.
      Si on doit comparer le Venezuela à un autre pays, l’exemple qui me vient en tête c’est le Zimbabwe ainsi que l’Erythrée. Ces deux pays d’Afrique sont dirigés par des dictateurs marxistes qui ont totalement ruiné leurs pays. Ces deux pays sont parmi les plus pauvres d’Afrique. Bientôt, personne ne parle jamais de ce qui se passe en Erythrée et au Zimbabwe. Ces deux pays illustrent encore une fois l’échec du socialisme.

      Ce qui est intéressant c’est que si le socialisme échoue toujours, les gauchistes trouvent toujours des excuses pour expliquer leur échec. Certains d’extrême gauche parleront de complot formenté par les méchants américano sionistes et autres capitalistes. D’autres diront que l’on a pas assez pratiqué de socialisme. Ici, je pense pas tellement au Venezuela mais plutôt à un pays comme le Brésil. Pour le Venezuela, on explique que la situation est causée soit par l’incompétence de Maduro soit par la chute du prix du pétrole. Or, c’est faux (voir mon commentaire en bas). pendant des années, j’ai dit que l’économie du Venezuela était uniquement basée sur les ressources naturelles et que la situation économique était mauvaise. Tous les gauchistes s’en offusquaient et me traitaient de menteur voir de propagandiste. Aujourd’hui, comme on ne peut plus nier la situation économique du Venezuela, les gauchistes trouvent des excuses. Les gauchistes font semblant de voir aujourd’hui le caractère autoritaire du régime qui existait depuis des années. Certes, il devient de plus en plus autoritaire mais déjà, à l’époque de Chavez, le venezuela n’était pas une démocratie.
      Une chose qui est assez incohérente chez nos gauchistes, ils critiquent le nationalisme européen mais soutiennent le chavisme. Or, le chavisme est un mélange de socialisme, de populisme et de nationalisme. Les chavistes sont clairement antisémites. http://www.crif.org/fr/tribune/Hugo-Chavez-est-il-antisemite-6265
      Et cela n’a jamais eu l’air de déranger les gauchistes.
      Conclusion: les gauchistes sont prêt à soutenir un régime autoritaire ruinant un pays si ce régime est socialiste. C’est seulement quand la vérité ne peut plus être nié que ce soit le caractère autoritaire du régime ou bien le désastre économique provoqué par le régime qu’ils arrêteront de soutenir le régime. Bien sûr, jamais ils n’éprouveront le moindre remords et ne s’excuseront pour leur soutien. Souvent, ils chercheront des excuses au régime en question. Ils trouvent toujours une explication autre que le socialisme concernant le désastre économique. Mieux vaut être un dictateur socialiste qu’un dictateur de droite.

    6. Le socialisme s’est comme une religion. Les socialistes ne voient que ce qu’ils les arrangent. Par exemple, pour montrer la réussite de certains pays, les socialistes n’hésitent pas à sortir les chiffres du gouvernement du pays en question alors que tout le monde sait que ces chiffres sont largement truqués. l’exemple qui me vient en tête c’est l’Argentine de Kirchner . Il y a pas une personne sérieux qui croit en la réalité des chiffres du gouvernement à l’époque de Kirchner. Tout le monde savait que les chiffres (inflation, taux de pauvreté,…) étaient truqués. Comme à l’époque communiste, les pays communistes truquaient leurs chiffres. Pourtant, il y avait des gens à gauche pour dire que le communisme était un succès en se basant sur les chiffres truqués.
      On attends toujours les explications de Mélenchon sur le Venezuela. Et après, cela se dit démocrate et humaniste.

    7. Que suggérez-vous comme explication complémentaire et/où différente???

  4. les rayons se remplissent , mais les prix explosent ; le revenu minimum au vénézuéla est de 65000 bolivards , environ 100 dollards ; le litre d’huile est vendu 17 dollards ; même les aliments de bases sont hors de prix ;les moins aisés n’ont pas finis d’avoir le ventre creux , contrairement au gouvernement de ce pays qui sont gras comme des moines ;

    1. C’est quoi les « dollards » ? Et les « bolivards » ?

      1. Ce sont les eurods de là-bas.

  5. Ma première réaction consistait à dire que l’éducation du peuple devrait pouvoir écarter des débats les populiste du type Chavez et Maduro.
    Mais regardez chez nous ; une classe politique, incapable, cédant au populisme même à droite (ex. Giscard distribuant largement les indemnités chômage contre-productives, favorisant le regroupement familial, etc.) et encore aujourd’hui entretenue par le vote imperturbable de la population française, qui reste toujours aussi sensible aux promesse de lendemains qui chantent…

    1. Justement, continuons comme ça : ce n’est que lorsque le pays sera dans l’état que connaît le Venezuela que certaines personnes commenceront a se poser des questions.

      Et peut-être réaliseront-ils alors toute la chienlit provoquée par cette classe politique, du style BPI ou tout autre fiasco dont ce cher H16 nous fait part dans ses billets.

      Mais si vous voulez éduquer le peuple, il faudrait être ministre de l’éducation et faire lire aux collégiens / lycéens Hayek, Rand, Mise et plus seulement Marx et Keynes (ou encore Rawls).

  6. Petite correction :
    « ont commis toutes les erreurs des autres régimes socialistes ».
    Ils n’ont pas commis d’erreur. Ils ont bien appliqué la doxa socialiste. C’est le socialisme qui est une erreur.

    Ce genre de phrase laisse entendre que si ont applique bien le socialisme, ce sera un paradis sur Terre. Comme quand on entend que l’URSS n’était pas communiste.

    Mais ce n’est qu’une petite remarque, car pour le reste, tout l’article montre bien que le socialisme est la voie royale vers la pénurie. Royale, vous avez dit Royale 😉

    1. Et oui le communisme est parfait. Il n’a simplement jamais été « bien » appliqué. Le fait que le communisme crée systématiquement des dictatures n’est qu’un inconvénient mineur. Regardez la Chine : il suffit que le pouvoir communiste, dans sa grande sagesse, autorise une économie capitaliste pour que tout aille mieux.

  7. Vos chiffres sur la pauvreté ont besoin d’être actualisé. Une nouvelle étude montre que la pauvreté atteinds maintenant 81 % de la population tandis que 87 % de la population souffre de faim :
    http://www.talcualdigital.com/Nota/124720/la-pobreza-alcanza-ya-a-81-de-los-venezolanos?platform=hootsuite
    En 1999, lorsque Chávez s’empara du pouvoir, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, la PDVSA, avait 51 000 employés et produisait 63 barils de pétrole brut par jour et par employé. Quinze ans plus tard, la PDVSA compte 140 000 employés et produit 20 barils de pétrole brut par jour et par employé. Aujourd’hui, d’exportateur, le Venezuela est devenu importateur de pétrole. http://af.reuters.com/article/algeriaNews/idAFL5N0R33EC20140902
    La dette de PDVSA approcherait 114 milliards de dollars (105 milliards d’euros). Il faut bien comprendre que PDVSA est le bras armé du clientélisme chaviste. PDVSA mène de nombreux » programmes sociaux » (c’est surtout de l’achat de votes ) au détriment de ses investissements pétroliers.

    Chavez est arrivé au pouvoir en 99. De 91 à 99, le baril de brent était sous les 20$. Il est même tombé à 9,80$ en Décembre 1998. Chavez était au pouvoir de 99 à 2013. Sur cette période, le baril est passé de 10,20$ (au moment de son accession en février 1999) à 108$. Oui, une multiplication par 10 ! Encore, aujourd’hui (2016), le prix du pétrole tourne autour de 40-50 dollars soit plus du double du prix du pétrole dans les années 90. Or, la situation économique était bien meilleure dans les années 90 qu’aujourd’hui. Preuve que la chute du pétrole ne peut pas expliquer à elle seule la situation désastrueuse du Venezuela

    Le pétrole représente sous Chavez 95% des exportations au Venezuela et 2/3 recettes de l’Etat ! C’était moins avant Chavez mais ça représentait déjà une part conséquente. Le succès de Chavez, c’est d’être arrivé à la meilleure période. Quand Chavez nationalise des entreprises en 2007, c’est que PDVSA commencait à devenir un très mauvais payeur vis à vis de ses sous-traitants car suite aux grèves de 2002 et au licenciement de l’ensemble des grévistes de PDVSA (pour les remplacer par des chavistes). la gestion de PDVSA s’est fortement dégradée (malgré 1/3 d’effectif en plus) et la production a diminué de plus de 20% faute d’entretien. râce à l’argent du pétrole, Chavez a bien lancé des « Misión que ce soit pour la construction de logements, l’alphabétisation, médecins,agriculture. Il a surtout subventionné massivement des produits de 1ère nécessité (farine de maïs, riz, lait, poulet, essence…).
    sur le papier, c’était très bien. La conséquence, c’est que la dernière usine de farine de maïs a fermée il y a quelques années pour être réouverte juste de l’autre cotée de la frontière colombienne. Fixation prix a totalement détruit certaines industries du Vénézuela. aujourd’hui, l’ensemble de ces produits subventionnés/ et ou prix fixés sont importés. (le Vénézuela était exportateur de farine de maïs)
    Il y a donc eu des nationalisations. Bilan : entreprises nationalisées ont vu leur productivité baisser de 20 à 50% malgré hausse effectifs
    la réforme agraire ? Ce que le Venezuela exportait, il l’importe aujourd’hui.
    Les investissements publics ? Le Venezuela est confrontée à des pénuries de production d’électricité, des ponts qui s’effondrent à cause d’un manque d’investissements chroniques sous Chavez.Plutôt que de développer la formation locale, il importait des médecins de Cuba. Mais une fois que l’argent a commencé à manquer, les médecins sont repartis…Les hôpitaux publics ? Enormes pénuries de médicaments et matériels médicaux. Les écoles ? Ne sont plus entretenues depuis des années. Les supermarchés publics ? Vides et à chaque arrivée de produits, des files d’attente énormes. Le plein emploi ? En prenant en compte l’emploi informel qui représentait 1/3 des emplois dans les années 80 contre 60% aujourd’hui. L’accès au logement ? Des années 70 à 2013, c’est sous Chavez que l’on a produit de moins de logements/an. Jusqu’à 2 fois moins que sous Pérez. En matière d’aménagement du territoire. Quelques pauvres ont eu le droit à des logements neufs dans des quartiers totalement isolés. Et un logement neuf c’est ça ! Impossible pour les habitants de trouver un emploi à proximité de leur quartier. Et concernant « l’Etat moderne ». corruption à tous les étages, une cour suprême dépendante du président et qui ne respecte pas Constitution. Lors des Panama papers et Swiss Leaks, le pays qui a été le plus souvent été cité, ou qui avait caché le plus d’argent était le Venezuela et à chaque fois, il s’agissait de proches de Chavez. Mais c’est vrai, Chavez faisait de beaux discours à l’ONU pour dénoncer l’impérialisme américain.Même si la majorité des revenus du Venezuela venaient des USA (PDVSA est par exmple propriétaire d’une chaine de stations service aux USA) et qu’après avoir nationalisé les puits pétroliers de l’orénoque, le Vénézuela a passé de nombreux contrats avec Chevron

  8. La chute du prix du pétrole a accéléré le désastre économique et l’a empiré mais ce n’est pas la cause Il est aussi important de souligner que déjà quand Chavez était au pouvoir la situation économique était mauvaise. Alors, cela ne sert à rien d’accuser Maduro d’être le responsable. Maduro mène la même politique que Chavez. La différence entre les deux hommes c’est que Chavez était charismatique. Là où Maduro n’avait aucun charisme. Il est intéressant de voir que les médias internationaux après avoir longtemps passé sous silence le désastre économique qu’était le venezuela (et vanter la politique de Chavez), ils sont obligés d’aujourd’hui de reconnaitre la situation du Venezuela tellement la vérité est devenue impossible à cacher. Mais au lieu de désigner les vrais responsables, ils préfèrent soit accuser l’incompétence de Maduro soit la chute du pétrole d’être responsable des problèmes du Venezuela alors que c’est Chavez. Certains médias (genre les sites de propagande russe) vont jusqu’à reprendre l’argumentaire des chavistes: c’est la bourgeoisie anti chaviste qui a créé la crise ou c’est un complot de la CIA. La bourgeoisie anti chaviste est soit parti du Venezuela depuis très longtemps (elle vit par exemple à Miami) soit est totalement ruiné et est devenue pauvre. La seule bourgeoisie existant aujourd’hui au Venezuela c’est la bourgeoisie chaviste.

    Quelques petits exemples pour montre que la situation économique était déjà mauvaise du temps de Chavez (même si les médias internationaux n’en parlaient pas ou en tout cas très peu).
    « Depuis 1998, le Venezuela est gouverné par Hugo Chavez, un président populiste qui dénonce régulièrement les élites économiques de la nation et adopte des mesures favorisant les pauvres et les classes ouvrières. Parmi ces mesures figuraient les contrôles de prix des biens alimentaires de base comme les haricots, le sucre, le boeuf, et le poulet, destinés à contenir le coût de la vie. Ces mesures entraînèrent des pénuries sporadiques à partir de 2003, mais ces pénuries devinrent bien plus graves en 2006. D’un côté, des mesures gouvernementales généreuses entraînèrent des dépenses plus élevées des consommateurs et des augmentations des prix importantes pour les biens qui n’étaient pas soumis au contrôle des prix. Le résultat fut une augmentation très importante de la demande des biens dont les prix étaient contrôlés. D’un Autre côté, une baisse importante de la monnaie du Venezuela entraîna une diminution des importations de biens étrangers. Le résultat fut des rayons vides dans les magasins alimentaires du pays.
    Le gouvernement réagit en accusant les producteurs de biens alimentaires, les distributeurs et les petits commerçants de profiter de la situation, menaçant de prendre le contrôle des supermarchés s’ils ne fournissaient pas davantage de nourriture. Mais même Mercal, une chaîne de magasins publics, avait des rayons vides.
    Le gouvernement imposa également des rationnements, restreignant les achats de sucre notamment. De manière prévisible, un marché noir du sucre se développa avec des vendeurs de rue.
    Finalement les pénuries alimentaires au Venezuela offrent un cas d’école: pourquoi les gouvernements pensent parfois que les prix plafond sont une bonne idée, et pourquoi ils se trompent généralement. »
    Ce texte, est disponible dans le livre « Microéconomie » de Paul R. Krugman (l’un des économistes préférés de la gauche) et Robin Wells pages 231 et 232)
    https://books.google.fr/books?id=A_CVjVouaigC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    Pourtant en 2003 (début des pénuries) le cour du pétrole était de 31$ le baril. En 2006 (les pénuries s’aggravent), le cour du pétrole était à 66$ le baril.
    Étrange de voir que le doublement du prix de vente de la principale ressource d’exportation ne suffise pas à remplir les rayons des magasins???

    En 2010, le pétrole est à 80$ du baril, et Chavez dévalue le Bolivar pour stimuler les exportations de pétrole et surtout financer ses dépenses publiques:
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/11/venezuela-pour-financer-ses-depenses-publiques-hugo-chavez-devalue-le-bolivar_1290107_3234.html

    2003: Pénuries: 31$, 2006: Pénuries: 66$, 2008: Pénuries: 99$, 2009: Pénuries: 61$, 2010: Pénuries: 80$
    Même en 2012 et 2013, avec un pétrole tutoyant les 120$ du baril, nous avons quoi? Des pénuries alimentaires!!
    http://www.directmatin.fr/monde/2013-10-24/venezuela-importation-massive-daliments-contre-les-penuries-591719
    article datant de 2013: http://www.economist.com/news/americas/21571445-cost-postponing-inevitable-devaluation-out-stock

  9. Pardonnez moi de vous qualifier d’optimiste invétéré!
    En effet vous semblez croire que vous parlez à des gens rationnels; c’est vrai pour un petit nombre, et pour une minorité seulement. N’oubliez pas la grande sagesse du « socialiste » Georges Frèche, disant ceci:
    Si je m’adresse aux gens intelligents, qui sont environ 10%, j’en convaincrai la moitié; au mieux et j’aurai 5% des voix. Je préfère m’adresser aux cons, et là je fais le plein des voix. . .
    Regardez le résultat d’un récent sondage: il en ressort que la majorité des Français sont favorables au maintien de l’ISF. La même majorité sera favorable en temps et lieu, au « loyer fictif » des propriétaires occupants. Quoi d’étonnant? Ils sont dès la maternelle pilonnés par la propagande marxiste des profs, puis des médias, tous disciples de Gramsci. On cultive chez eux cette pulsion malsaine qu’est l’Envie, dont la feuille de vigne de respectabilité est nommée « égalité » ou « justice sociale ».
    Il est évident qu’à partir du moment où la réussite est vilipendée et son bien spolié, sauf pour les saltimbanques qui amusent le peuple pendant qu’il mange son pain gratuit distribué par l’État, le socialisme devient la règle. Personne n’a intérêt à produire, se démener, inventer, travailler. Tous parasites et pas de jaloux. . . Sauf que comme l’a montré Georges Orwell, il y en a des « plus égaux que les autres » dans les régimes socialistes, mais ça ils ne veulent pas le savoir. . .

  10. On pourrait aussi parler de l’explosion de la criminalité. En 1998 3.000 morts. En 2016 +33.000 morts
    Rappelons aux gauchistes que plus de 200.000 morts ont votés Maduro http://www.eleconomistaamerica.com/latinoamerica/noticias/4890924/06/13/La-oposicion-identifica-a-200000-muertos-en-el-censo-electoral-de-Venezuela.html Alors venez pas dire que le Venezuela est une démocratie.
    293 entreprises alimentaires nationalisées cela a entrainé la famine. http://www.el-nacional.com/economia/Gobierno-empresas-alimentos-podido-escasez_0_662334004.html
    En 2015, plus de 100.000 entreprises ont fermées = plus de 800.000 emplois perdus http://www.elcorreodelorinoco.com/crisis-economica-mas-101-mil-empresas-privadas-cerrado-desde-2015/
    Le Venezuela est confronté à une pénurie de médicaments. Les gens meurent faute de médicaments. Le socialisme tue. http://www.itele.fr/monde/video/le-venezuela-confronte-a-une-penurie-historique-de-medicaments-151375 On espère des excuses de tous les gauchistes ayant vanté la politique de Chavez.
    Un très bon article: https://www.hrw.org/fr/news/2016/10/24/venezuela-le-gouvernement-sen-prend-ses-detracteurs-tandis-que-la-crise-saggrave

  11. Un témoignage intéressant: http://www.rts.ch/info/monde/8113803-le-venezuela-au-bord-de-l-asphyxie.html

    L’auteur de cet article oublie de parler de la statistique la plus édifiante: la mortalité infantile du Venezuela dépasse celle de la Syrie http://www.latribune.fr/economie/international/venezuela-la-mortalite-infantile-depasse-celle-de-la-syrie-608801.html

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