Brexit, attentats, crises : quel impact sur les marchés ?

Publié Par Régis Yancovici, le dans Bourse et investissements

Par Régis Yancovici.

La publication d’un résultat d’entreprise, d’une variable macro-économique sont des éléments dont il est facile de traduire l’impact sur une valeur, un secteur ou un indice boursier. Même un événement aussi imprévu qu’un tremblement de terre peut être traduit financièrement, mais le degré d’incertitude est plus élevé. Dans le cas de la situation géopolitique européenne, cela est plus compliqué. Comment mesurer l’impact du Brexit, de la guerre contre l’islamisme et de son corollaire – les attentats -, de la montée des partis « anti-système » ?

L’impact de l’actualité sur les marchés

Cela est impossible. Soit les marchés réagissent avec excès, et il convient d’en profiter, soit ils semblent demeurer insensibles. Pour les adeptes de la « Théorie moderne du portefeuille », et les investisseurs qui s’appuient sur la lecture des cours (chartistes), cela revient à considérer que l’information est intégrée ou que rien ne s’est passé. À nos yeux, il s’agit là d’une erreur.

Ce n’est pas parce qu’un sujet ne fait plus la Une qu’il n’existe plus et que son impact sur le marché a disparu. Le monde est en mouvement. Les tendances les plus lourdes sont les plus lentes et souvent celles dont la presse parle le moins avant qu’elles ne soient patentes. Difficile de gagner de l’argent avec ce que tout le monde sait.

Les difficultés de la Grande-Bretagne ne doivent pas être minimisées. Mais le pays a au cours de son histoire fait preuve d’une résilience notoire. Restant le cœur de la finance européenne, avec une devise affaiblie et sans doute une pression à la baisse des rémunérations, le pays retrouvera le chemin de la croissance, probablement plus rapidement que prévu – l’achat de Livre sterling dans les mois à venir pourrait constituer une opportunité unique -.

Le risque de désagrégation de l’Europe

C’est là que le risque de désagrégation de l’Europe sera le plus élevé. D’ici là, les élections majeures américaines, françaises et allemandes seront derrière nous. Quelle que soit la couleur des partis dirigeants, et surtout en cas de victoire d’un parti extrémiste, leur politique sera teintée de populisme. Qu’il s’agisse de maintenir la cohésion européenne ou de sortir du club européen, cela passera par des programmes de baisses d’impôts, des dépenses d’infrastructures… Bref, de la dette.

Celle-ci sera sans doute moins tabou en Europe si Mme Merkel n’est pas reconduite dans ses actuelles fonctions, hypothèse qui gagne en crédibilité. Après 30 ans de politique libérale, de capitalisme, de mondialisation, les économies développées cherchent à amender leur modèle.

La globalisation recule depuis 2 ans. Ce contexte est propice à une résurgence de l’inflation, voire de la stagflation, tant la dynamique de croissance parait affaiblie. Les marchés ne sont vraiment pas préparés à ce panorama.

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