Réduction du nucléaire : un coup deux fois perdant

Publié Par Michel Gay, le dans Énergie et matières premières

Par Michel Gay et Gérard Petit.

Réduction du nucléaire : un coup deux fois perdant

Centrale nucléaire Vogtle USA-Blatant World(CC BY 2.0)

L’opinion, trompée par un discours mensonger, croit que le développement des énergies renouvelables est associé à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Or, en France, il se substitue au nucléaire non émetteur de CO2. Ce paradoxe est évidemment escamoté, toute occasion de réduire la part du nucléaire étant saisie.

Cela reviendrait à confier la compensation de l’intermittence des éoliennes et des panneaux photovoltaïques à des centrales à gaz ou à charbon, avec inéluctablement un accroissement des émissions de GES par rapport à la situation actuelle. Cette orientation serait contraire à l’engagement pris au cours de la COP 21 en décembre 2015 à Paris.

La réduction du nucléaire aurait donc pour effet d’augmenter nos importations de combustibles fossiles et nos émissions de GES : un coup deux fois perdant.

Parce que la France n’a pas de pétrole

Pour répondre à la crise pétrolière, le plan Messmer de 1974 avait judicieusement choisi l’électricité pour diminuer la consommation de pétrole alors dominante dans la production électrique. Un cahier des charges exigeant, clair et cohérent avait été présenté comme un défi à l’absence d’alternative : « La France n’a pas de pétrole, la France n’a pas le choix ! ».

L’objectif a été méthodiquement atteint grâce au programme électronucléaire, au prix d’un effort industriel gigantesque à l’échelle de notre pays. Contrairement à certaines allégations, il n’y a pas eu de contribution financière de la puissance publique et donc de l’impôt. Le financement sur fonds propres et par recours à l’emprunt a été supporté en totalité par EDF et par ses clients. Ces derniers peuvent légitimement regimber lorsqu’on s’avise de mettre au rebut, avec tant d’inconséquence, des réacteurs conservant un fort potentiel de production d’électricité à un faible coût.

Suite au Grenelle de l’Environnement en 2007, la dernière réglementation thermique (RT 2012) favorise surtout le gaz par un énorme artifice de calcul des émissions de GES. L’effet a été immédiat. La part du gaz, pourtant importé et générateur de GES, a bondi.

Sur l’ensemble du parc de logements domestiques (neuf et ancien), la part du chauffage au gaz est aujourd’hui de 44%, et celle de l’électricité de 18% seulement. Cet écart, déjà conséquent, devrait donc croître encore. Ces ordres de grandeur montrent aussi le caractère idéologique de la cabale contre le chauffage électrique malgré ses avantages économiques et écologiques pour notre pays.

Mais qu’importe ! Les sectateurs anti-nucléaires courent après deux lièvres à la fois et ils manqueront les deux cibles que sont les réductions des GES et de la consommation d’énergies fossiles.

En effet, avec des ressources forcément limitées, les sommes astronomiques dépensées dans le développement des substituts au nucléaire, sans aucun gain possible en matière de réduction des GES, ne pourront plus être mises au service de cette cause.

Cette situation devrait désoler profondément les « Verts », mais la cause antinucléaire restant, pour eux, primordiale et même identitaire, ils restent évidemment silencieux. Pire, ils continuent à soutenir le développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques inutiles et ruineux.

Une forme supérieure de l’inaction a été inventée par les militants écologistes : l’action stérile et dispendieuse.

  1. quel acharnement , non , le nucléaire actuel n’est pas l’avenir , trop de déchets dont on sait pas quoi faire, alors oui , il faut limiter ou stopper la construction de centrales..jusqu’à ce qu’un nucléaire propre arrive…demain. en attendant ce nucléaire les renouvelables aideront a patienter .

    1. Le nucléaire produit beaucoup moins de déchets que les autres sources d’énergie. Il est aussi plus sur. Donc oui c’est une énergie d’avenir. Les soit-disant renouvelables ne font que détourner des ressources pour une contribution dérisoire (en énergie) et ruineuse (en finances)

      1. ce n’est pas la quantité de déchets qui compte mais la difficulté de stockage, enfin pas vraiment mais nous sommes en démocratie !

      2. Rappelez-moi les déchets du gaz mentionné dans cet article déjà ?

    2. Les éoliennes ne sont pas l’avenir non plus : c’est chère et ça produit une électricité de très mauvaise qualité difficile à distribuer du fait de son intermittence.
      L’énergie marémotrice me semble beaucoup plus prometteuse grâce à sa prévisibilité mais ça ne plait pas aux écologistes non plus car ça perturbe les petits poissons.

    3. Bonjour,
      L’exutoire pour les déchets nucléaires est connu, seul le choix politique n’est pas connu.

    4. Le stockage profond des déchets ne pose pas de problème technique. Il ne pose qu’un problème d’acceptation de la part d’un certain public.
      Les panneaux solaires usés présentent par contre un problème de retraitement coûteux et non totalement résolu. Les métaux lourds très toxiques extraits à grand prix devront être stockés aussi en stockage profond comme les déchets nucléaires. Il est même question de demander un peu de place dans le stockage profond radioactif. Quant aux pays pauvres à qui on interdit de se développer comme tout le monde à cause du sacro-saint CO2, ils pourront opportunément se transformer en immenses parcs à déchets de panneaux usés, avec à la clé une pollution des nappes phréatiques ad vitam aeternam, les métaux lourds ayant la malencontreuse idée de ne pas avoir de décroissance radioactive. Merci pour ces pays et pour leurs ressortissants qui vont continuer d’émigrer messieurs les écolos irresponsables (ou complices des multinationales mangeuses de charbon et de pétrole ou fabricantes de panneaux).

  2. perdant pour qui?
    il y a des arguments en faveur du nucleaire …MAIS… ils faut clarifier au préalable le débat sur la production électrique, et on peut commencer par abandonner le concept d’une espèce d’intérêt commun qui conduit toujours à privilégier telle ou telle filière pour des raisons somme toute idéologiques et à élaborer des usines à gaz à base de taxes et distorsion de marché..
    Il suffit de voir ce qu’il y a en opposition, il y a des gens qui pensent qu’il est essentiel d’abandonner le nucleaire et donc toute argumentation ne sert à rien…

    Vous vous placez toujours dans une situation où les consommateur et les producteurs ne sont plus « définis »… a priori le point de vue du consommateur est simple, avoir du jus quand je veux pour le moins cher possible…. et sur avec le moins de danger possible… il n’y alors rien de tranché…allez mettre en balance tout ça…

  3. Uzbek
    Bonjour
    Le répétition régulière des articles de Michel Gay en faveur du nucléaire m’interpelle. Bien qu’étant moi-même pour le nucléaire en France, par réalisme, je pense que la répétition de ces articles par un « citoyen ordinaire » peut être contre-productive, parce que trop voyante.

    1. tout à fait d’accord à se demander si Michel Guy existe vraiment et n’est pas une « petite main » du service de communication d’EDF.
      Après tant d’années à travailler dans ce secteur et à tenter de limiter l’impact des décisions absurdes d’EDF, j’ai une vision nettement plus nuancée :
      – la tarification du kWh est obsolete car elle minore la part fixe (en kVA) alors que le secteur électrique est une industrie de capitaux (production transport distribution). ce qui coute cher c’est de permettre à chacun de consommer quand il veut comme il veut
      – le profilage utilisé en France (pour faire simple à partir d’un chiffre sur la consommation des 6 mois, ERDF reconstitue un profil de consommation par demi heure) revient à faire subventionner le chauffage électrique de certains clients par les autres clients qui eux n’ont pas de chauffage électrique. Pour faire simple un foyer sans chauffage électrique aura une consommation profilée dépendant de la température ….. tout client résidentiel a donc du chauffage électrique …. parfois totalement virtuel
      – le nucléaire, malgré certains problèmes non encore résolus, est le moyen le plus approprié pour faire de la base mais c’est à dire pas plus de 50-60% de la demande
      – pour réduire l’impact sur les foyers les plus pauvres de la précarité énergétique, il faut investir dans l’amélioration des performances énergétiques des batiments surtout existants … c’est la seule solution pour faire baisser la dépense énergétique indépendamment de la source énergétique utilisée (gaz naturel, électricité, GO)

      1. « c’est la seule solution pour faire baisser la dépense énergétique indépendamment de la source énergétique utilisée (gaz naturel, électricité, GO) »
        et pourquoi donc devrait on baisser notre consommation énergétique alors que nous sommes tous demandeur de PLUS , on n’a aucune raison de créer arbitrairement une pénurie …sauf pour augmenter les prix et là c’est surtout les couts de production qui flambent !

        1. la précarité énergétique n’est pas une idée de bobo parisien mais une réalité
          en étant réducteur il y a deux catégories de consommateurs : ceux qui n’ont aucune idée de leur facture énergétique et ceux pour qui la facture énergétique devient un problème croissant.
          visiblement vous faites partie de la première catégorie …..

          La question : si se déplacer se chauffer avoir accès à l’électricité deviennent de plus en plus chers, quel sera le poste de dépenses qui pourra être réduit sachant que les revenus de la « base » n’augmentent plus ?

          si les Français pouvaient consommer plus …. ils le feraient et le taux de croissance ne serait pas aussi bas (si on raisonne en croissance de PIB par habitant on est quasiment en récession depuis 8 ans)

          1. Si l’accès à l’électricité devenait plus cher (hors taxes et choix stratégiques écolos)…
            Si les revenus de base n’augmentaient plus (sachant qu’il n’ a jamais eu autant de gens à sortir de la misère)…

    2. Je pense que les différents articles, émissions de télé, radio et autres médias concernant le lobby anti-nucléaire sont bien plus nombreux et les quelques articles de Michel GAY ne sont qu’un tout petit pas vers une début d’équilibre entre les pro et les antis.
      Donc continuez cher Michel qui, à ma connaissance, n’a jamais été proche d’EDF… Monsieur PONGO.

      1. Tant qu’il reste dans le bas a sable, il ne nuit pas vraiment… Et puis ici, il a l’air d’avoir trouvé son public et ses militants… 🙂

    3. A l évidence et même si je ne doute pas de ses convictions, l’auteur n est pas un simple citoyen. Il serait honnête que Contrepoints révèle ses relations avec des entreprises du secteur énergétique.

      1. @ Christial

        1) « A l’évidence » vous avez tort : je n’ai jamais eu de relations avec une entreprise du secteur énergétique (ou une autre…)
        2) Quand bien même j’aurais travaillé pour le nucléaire ou une entreprise du secteur énergétique, j’en serais fier. Est-ce que cela me disqualifierait pour écrire sur les énergies en tant que citoyen ? Je pense même que ces gens là sont plus qualifiés que les autres. Peut-être est-ce la raison qui pousse certains « écolos » à vouloir les disqualifier en les soupçonnant par avance de défendre leur prés carré (le fameux lobby nucléaire, parce que le lobby écolo n’existe pas…).

        En ce qui me concerne, je pense vraiment, comme simple citoyen, que les écolos anti-nucléaires nous conduisent dans le caniveau. Est-ce si gênant ?

        1. Dont acte en vous présentant mes excuses.

        2. Vous êtes surtout quelque peu déformé par la structure centralisée à laquelle vous avez appartenu des années durant.
          Les ordres viennent d’en haut, ils sont bons, et on le les discute pas… Démocratie = 0 dans ce genre d’organisation 🙂

        3. Cela révèle surtout que le reflexe « téunvendualasoldedeslobbies » est devenu quasi-pavlovien chez les ecolos, qui semblent considérer qu’il s’agit d’un argument en soi.
          Ca dispense de réflechir sur le fond. Seul le cerveau reptilien est actif (reptilien… Coincidence ? Je ne crois pas…)

          Quand au commentaire de Jean Beguin, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, les tendances politiques vertes ayant maintes fois démontré leur mepris total de la democratie quand elle ne va pas dans leur sens (ils se sont encore assis dessus il y a 1 mois et demi à Notre Dame des Landes).
          On rappelera aussi les efforts de certains pour faire taire les climato-sceptiques, empêcher la publications de certains travaux scientifiques dont les conclusions ne se conforment pas au dogme… La liste est longue.

        4. ayant travaillé pendant plusieurs décennies dans le secteur nucléaire je n’en suis pas fier …. car l’addition que nos enfants ou petits-enfants vont devoir payer sera monstrueuse
          le plus gros reproche est cette vénération quasi mystique pour la réussite du nucléaire français
          oser mettre en avant les anomalies de gestion, les cadavres dans les placards, etc. et vous êtes automatiquement accusé d’être à la solde des écolos bobos gauchos etc. etc. Résultat il n’y a quasiment plus que des zélotes qui travaillent dans le nucléaire en France à l’exception heureusement de l’ASN

          Deux questions pour commencer
          – avez vous comparé les performances du nucléaire français par rapport au standard international ? Si c’était le cas, vous auriez compris la destruction de valeur liée à une surcapacité durable et à une dégradation significative des performances d’exploitation
          – avez vous étudié la question du démantèlement (je ne parle pas des déchets car aucun pays n’ayant résolu le problème on ne peut pas comparer les performances françaises) ? si c’était le cas vous auriez compris que EDF minore d’un facteur 3 à 6 (voire plus) le cout prévisionnel de démantèlement ce qui lui permet de ne pas provisionner les sommes nécessaires (et continuer à verser jusqu’à cette année des sommes substantielles à l’Etat et à la CGT … pardon au comité d’entreprise mais c’est quasiment la même chose)

          La France adore les mythes ….. comme la ligne Maginot
          Mais à chaque fois les mythes finissent toujours pas s’écrouler et les conséquences s’avèrent toujours particulièrement douloureuses

          Le pire c’est que je partage votre souci de défendre le nucléaire par rapport à certaines idées loufoques …. mais le nucléaire aurait tout à gagner d’un langage de vérité plutôt qu’un fixisme doctrinal destructeur de valeur

          Un seul exemple: la thermosensibilité particulièrement élevée en France nécessite dès que la température baisse, l’utilisation de centrales fossiles avec un rendement in fine de 30 à 50%. Une chaudière gaz installée dans un logement a un rendement de 95%. Chauffage électrique et nucléaire sont antinomiques tout simplement parce qu’un réacteur nucléaire pour être rentable doit fonctionner 7500-8000 heures par an et que les besoins en chauffage ne dépassent pas 1000-2000 heures suivant la région climatique
          De toute façon comme EDF ferme de façon systématique les centrales thermiques avec le secret espoir de faire monter les prix .. au deuxième blackout en hiver et le chauffage électrique sera interdit (comme c’était le cas dans les années 60)

          1. J’ai pas lu. De toute façon vous n’êtes qu’un vendu à la solde du lobbie éolien, je vois pas pourquoi je me fatiguerait à lire vos sornettes.

            C’est irritant, hein ?

            Plus sérieusement, je ne défends absolument pas le modèle français, mais c’est bien ma technologie qui est attaquée, pas le modèle éco.

            D’ailleurs les conneries renouvelables sont basees sur le même modèle: subventions et taxes à tous les étages, plus flicage de la consommation.
            Si vous êtes contre le nuke français pour des raisons « economiquo-industrielles », les mêmes raisons devraient vous pousser à vous opposer encore plus violemment au renouvelable subventionné par nos petits-enfants (à qui on n’a pas encore annoncé la douloureuse..)

            CQFD.

            1. *La technologie évidemment. Je ne suis pas détenteur d’un quelconque brevet sur la technologie nucléaire. À mon grand dam.

  4. Il faut être conscient que le nucléaire d’avenir, disons la IVème génération (la fusion semblant encore bien éloignée, même si les dernières avancées sont stupéfiantes) ne viendra pas sans des investissements autrement plus importants que ceux accordés au projet « ASTRID ». Les moyens étant limités, ce qui est perdu dans les EnR n’est pas disponible pour l’évolution de l’exploitation de l’énergie de la matière, source d’énergie la plus dense (concept fondamental que celui de densité d’énergie). En fait les écolos ont gagné leur politique de décroissance, l’abandon de superphénix en 1997 a porté un coup fatal entraînant une perte rédhibitoire de compétences rares, ASTRID a été relancé 15 ans plus tard, on peut parler d’un crime contre la France. La Chine, la Russie l’Inde la Corée les USA nous ont dépassé et leurs projets fleurissent pendant que la France s’étiole, c’est la décroissance programmée.

    1. +1 MICHEL LEBRUN
      Commentaire éclairé !

    2. Tout à fait OK, avec la précision suivante.
      La fusion dans un réacteur type confinement magnétique entraîne beaucoup de déchets radioactifs, contrairement à la propagande simpliste. S’il n’y a pas de produit de fission par définition, il y a de grosses masses de tritium en jeu (rejets normaux * + risque de fuite incidentelle) et une grosse masse de produits d’activation hautement radioactifs constitués par les couvertures du circuit primaire soumises à une irradiation énorme du plasma, à telle enseigne qu’il est possible d’avoir à les changer tous les ans peut-être!
      * A ITER les rejets normaux de H3 seront de l’ordre du triple de l’autorisation existante du centre de Cadarache.
      De ce point de vue, la fusion par laser (bêtement abandonnée par la France, mais pas par les US) est plus prometteuse.

      1. Merci de poser cette précision, tout en prenant note l’objet du commentaire qui est la fission.
        Tout en prenant note des conséquences de la gestion électoraliste de programmes qui ne devraient pas y être soumis.

  5. A noter, les renouvelables (eoliens et solaires) produisent des dechets pour lesquels il n\existe pas de filiere de traitement (meme pas de recyclage) car cela reviendrait trop cher. Par ailleurs les fermes eoliennes en mer vont degager environ 160 kilos de produits polluants par jour (!) dans l’eau, ceci etant du a la facon dont sont constituees ces becannes.

    1. vous vous rendez compte de ce que vous dites ? 160 kg par jour !!! a ce rythme votre eolienne aura fondu (ou se sera dissout) en moins d un an …
      en plus je me demande comment c est possible car en mer vous ne devez pas tellement avoir plus que pour une plateforme petroliere

  6. Ça m’étonne toujours de voir dénigrer le chauffage électrique. D’une part, parce que les sources de production d’électricité peuvent être variées, le nucléaire ayant évidemlent une place de choix. D’autre part, parce que le discours sur le prix me semble faussé: pour un logement bien isolé, équipé de radiareurs performants ou plancher chauffant basse température, ce n’est pas plus cher de chauffer à l’électricité quand on compte toutes les dépenses, c’est-à-dire les coûts de remplacement et d’entretien des chaudières. Je l’ai vérifié pour des logements équivalents malgré l’abondance des taxes qui frappent l’énergie électrique. On peut dire que les coûts vont évoluer, c’est vrai, mais ceux du gaz ou du fioul aussi…

    1. Je serais intéressé à voir le détail de ces calculs. Il me semble que pour rendre l’utilisation de l’électricité pour produire de la chaleur rentable, il faudrait un système « intelligent » de tarification heures creuses, et encore !

    2. ce que vous dites est certainement vrai sur le pourtour méditerranéen, c’est à dire là où il n’y a pas besoin de chauffage : par exemple, à nice, il n’y a que 3 mois dans l’année où la température moyenne journalière est inférieure à 10°, de décembre à février, sans jamais descendre en moyenne en dessous de 8°.
      http://fr.climate-data.org/location/714782/
      il ne faut effectivement pas investir dans un chauffage central à nice, des convecteurs électriques branchés dans les prises de courant suffisent.
      dans les zones froides de l’est, de montagne, c’est autre chose. chez moi, la saison de chauffe dure 7 mois au lieu de 3, d’octobre à avril, pour avoir le même confort que dans l’exemple niçois, et la température moyenne journalière descend jusqu’à -1°.
      http://fr.climate-data.org/location/8254/
      si le coût du chauffage à nice est de 3×2 = 6, pour le même degré de confort, il est chez moi de 7×11 = 77, soit 13 fois supérieur.
      pour mes besoins de chauffage, y compris eau chaude sanitaire, j’ai besoin de 2 500 litres de mazout, c’est à dire 25 000 kwh.
      à nice, il faudrait 1 900 kwh. à 15 centimes le kwh, on s’en tire avec 285 euros.
      chez moi, en électrique, ce serait 3 750 euros.
      choisir le gaz, avec le kwh à 5 centimes, ça revient à 1 250 euros, économie 2 500 euros par an, la chaudière et l’installation de chauffage central s’amortissent très vite, croyez moi.

  7. La solution « de bon sens » pour la production d’énergie en général, et de l’électricité en particulier est le « mix » énergétique.
    Mix adapté aux conditions « géographiques » (par exemple, quasi 100% de l’électricité provenant de l’hydro en Norvège), « techniques » (la France a, enfin avait une certaine avance dans, entre autres, le domaine nucléaire), et « économiques » (effectivement ne pas « amortir » au maximum, dans les règles de sécurité/sûreté le parc nucléaire français est une aberration).
    Ainsi, que des pays largement ensoleillés « produisent » presque toute leur eau chaude par le solaire est logique et « raisonnable ».
    Que les polonais, les chinois ou les indiens continuent d’installer et d’exploiter des centrales à charbon est justifié, surtout avec les dernières technologies « presque propres » (je parle des fumées et des particules, pas du CO2).
    Les USA ont raison d’exploiter le gaz de schiste… à condition d’avoir des installations « sûres » (si, si ça existe, mais ça coûte plus cher !).
    etc, etc
    Enfin, pour le nucléaire, il est dommage que la filière thorium n’ait pas été développé plus et plus tôt, car sans être la panée, elle est beaucoup )lus intéressante à de nombreux points de vue (dispo du minerai thorium, pas ou peu de déchets « longs », pas de risque de prolifération, et je dois en oublier).
    Ah, bien sûr quand le nuke civil n’est que le dérivé du nuke militaire, c’est l »uranium et le plutonium qui sont les combustibles !

  8. Oui ce serait rigolo, renvoyer dans la tronche des écolos la lutte contre les GES pour justifier le maintien du nucléaire et l’abandon des ENR !

  9. il faut quand meme se demander pourquoi a part la france aucun pays developpe a developpe l energie nucleaire et que tous maintennat y tourne le dos. Soit nous sommes de genies (et les autres tous des cons) soit il y a un probleme chez nous. Le nucleaire pose pas mal de problemes:
    – securite (cf fukushima ou techernobyl et je parle pas si un jour un djihadiste reussit a faire exploser une centrale)
    – dechets (on sait pas quoi en faire et en plus c est dangeureux pendant des centaines de milliers d annees (imaginez qu on doive gerer les dehcet toxiques des dinosaures)
    – cher (vu qu une centrale c est dangeureux, ca coute cher a construire (cf flammanville), cher a raccorder au reseau (au lieu d avoir plein d epoints de production on en a un gros et on doit dispatcher l eclectrice partout) cher a demanteler (ca on a encore jamais fait)
    – ca a une production constante. pas de chance, il y a peu de consommation la nuit et des pics dans la journee. impossible a gerer avec du nucleaire seul

    Le seul avantage du nucleaire, c est que ca permet de reserver le petrole pour autre chose dont on a pas d alternative (ex avion) et d etre moins dependant des emirs (auquel nos politiciens vont lecher le babouches . cf Sarkozy au quatar)

    1. En Chine, il y a 22 réacteurs en construction pour 33 en production. Le nucléaire a eu la plus forte croissance en 2015 de toutes les sources d’énergie. Mais c’est vrai que les dirigeants craignent plus les citoyens furieux des coupures de courant que les électeurs des bobos quartiers…
      Pour les autres aspects,
      – sûreté : pourquoi un djihadiste se fatiguerait-il quand les écologistes et les incompétents nommés par copinage au gouvernement et à l’administration suffisent à saboter le travail ?
      – déchets : très simples à gérer si des hurluberlus ne se mêlent pas d’imposer l’avis supposé de nos descendants à la 2 millionième génération (l’extinction des dinosaures a été provoquée par la secte qui les obligeait à se retenir de déféquer par respect du principe de précaution, non ?).
      – cher : avec les taxes, les règlements idiots changés à tout instant, les superviseurs choisis par népotisme et les contractants par connivence, sans doute. Dans des conditions normales, certainement pas.
      – peu modulable : on s’en est très bien accommodés pendant des décennies, et ça n’est certainement pas l’évolution prévue qui va arranger les choses.

    2. non, tous les pays ne tournent pas le dos au nucléaire. même le japon y revient et relance ses centrales nucléaires suite à l’arrêt à cause du tsunami.
      si, on sait comment faire avec les déchets : il faut les vitrifier et les enfouir dans le sous sol argileux, et ce n’est pas dangereux, une piscine de 10 mètres d’eau arrête toutes les radiations.
      ce n’est pas cher, le coût de production revient en gros à 5 centimes. les surcoûts ne sont liés qu’à une surqualité inutile et mal comprise, surqualité imposée par des normes mises au point par des gens qui veulent en réalité arrêter la production nucléaire. on n’a pas 1 gros points de production, il y a 19 sites de production en france. outre que le démantèlement a été provisionné, je ne vois pas pourquoi il faudrait démanteler un outil industriel encore en pleine capacité de production pendant des décennies. et même dans 50 ans, si la production de tel site s’arrête, pourquoi démanteler ? a t’on démantelé tous les châteaux forts devenus obsolètes au xxème siècle quand les techniques militaires ont évolué ? on peut soit les laisser en l’état, soit en faire des musées.
      pourtant, la nuit en hiver, la consommation reste importante, pour les besoins de chauffage. on peut aussi produire en base pour l’exportation vers l’europe une électricité fiable et bon marché, on peut recharger les barrages hydrauliques la nuit qui eux font la production de pointe, il faut effectivement un mix nucléaire/hydraulique.

  10. Il est dommage que la co-génération électricité/chaleur n’ait pas été envisagé à la conception des centrales.
    L’ambition du départ a été de fabriqué de l’électricité bon marché, pas d’économiser du pétrole.

    1. A commencer par la chaleur des centrales qu’on « aère » dans l’atmosphère et qui représente deux fois ce qu’elles nous fournissent en électricité, au lieu d’en transférer les calories vers les réseaux urbains… là on aurait vraiment des grands travaux a mettre en oeuvre… et on économiserait une bonne partie des centrales…

      1. Techniquement, le stockage et le transport collectifs de la chaleur ne sont rentables que dans des cas particuliers très limités.

          1. Ah ? J’ai cherché en vain le terme $ ou Euro dans la présentation, qui se contente de parler de coûts « à évaluer ». Quant aux risques… Comment gérez-vous une grosse fuite du tuyau, en pleine vague de froid et blizzard ? Vous allez dépenser combien pour dégeler les logements sociaux après 3 jours de panne ?

            1. Ha. Je vois que MichelO est de retour de week-end a son QG de communication, il peut reprendre son travail de sape systématique… Même quand ça vient de son propre camp 🙂
              Normal, c’est un document de professionnels du nucléaire, jamais besoin de chiffre chez ces gens là, le pouvoir suffit… Allez leur expliquer que ce sont des charlots… ou bien cherchez une autre étude contraire, ca vous facilitera la tache d’intox…

              1. Sans aller jusque là, je pense que Michel0 m’a simplement classé dans la case de ses « vilains méchants ennemis », donc n’a pas envie d’accepter une idée quelconque, ne fut-elle pas de moi… Ca lui passera… Et je ne vais pas m’éterniser sur ces sujets qui ont l’air trop épidermiques chez certains…

      2. On imagine sans mal la réaction des khmers pastèques à une telle idée, la boîte de Pandore ouverte pour les innombrables prophètes de malheur. (Le moindre n’étant pas l’inspiration de nouveaux thèmes de campagne pour Duflot & Co qui s’empresseraient d’expliquer au beauf moyen qu’on le chauffe avec l’eau de refroidissement des réacteurs)

        Sinon l’idée n’est pas mauvaise. Dommage que ce pays soit peuplé d’abrutis…

        1. Il y a encore un certain nombre de beaufs urbains qui ignorent qu’ils sont chauffés avec les ordures ménagères, et qui le découvrent soudain quand la grève des éboueurs s’éternise. Ca n’est sans doute pas une raison étrangère au fait que les éboueurs se mettent toujours en grève l’été plutôt que l’hiver…

    2. Franchement, la cogénération électricité/chaleur est sans intérêt pour le nucléaire. Si vous voulez générer de l’électricité, vous devez utiliser la différence de température entre une source chaude et une source froide pour la convertir en travail que vous envoyez dans un générateur électrique. Plus votre source chaude et votre source froide seront à des températures (absolues) dans un rapport élevé et stable, plus votre génération sera efficace. Aller mettre la source froide dans les radiateurs de chauffage collectif d’un immeuble à 80 km vous oblige à perdre énormément sur le rendement maximum (cycle de Carnot) de la génération et sur le contrôle de la source froide qui vous échappe.
      Bien entendu, si votre but est d’incinérer des déchets, ou si vous avez le contrôle de votre utilisation de la chaleur (p.ex. dessalement de l’eau de mer), ou si la génération d’électricité n’est pas votre objectif principal, vous pouvez trouver des compromis satisfaisants. Mais pas si votre but premier est la génération d’énergie électrique.
      Quant à opposer l’électricité bon marché et l’économie de pétrole, ça me paraît un étrange raisonnement. A moins de se référer implicitement à l’épuisement des réserves d’hydrocarbures, qu’on nous promettait pour les années 2010 quand j’étais étudiant, et qui devra attendre les 200 ans de réserves de gaz naturel probables aujourd’hui…

      1. Et pourquoi donc perdrait-on du rendement en échangeant avec un réseau collectif au lieu de l’aérogénérateur ?
        La perte du transport longue distance est de l’ordre d’1° par kilomètre. L’aller retour amènerait donc l’eau de retour du circuit a une température similaire a ce qui sort d’un aéroréfrigérant, tout en ayant rendu assez de calories pour chauffer une ville entière…

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