Hayek avait raison : on trouve les pires au sommet

Publié Par Foundation for Economic Education, le dans Économie générale

Par Lawrence W. Reed.

Hayek avait raison : on trouve les pires au sommet

By: jyc1CC BY 2.0

Alors que la liberté progresse de façon remarquable dans le monde ces dernières années — depuis la chute de l’empire soviétique jusqu’à la montée des privatisations —, nous ne sommes toujours pas en manque d’étatistes aux desseins stupides et destructeurs. La meilleure explication sur les motivations de telles personnes à accéder au pouvoir passe par la lecture du chapitre 10 La sélection par en bas (« Why the Worst Get on Top » en version originale) extrait du chef d’œuvre de Friedrich Hayek, La route de la servitude.

Quand Hayek a écrit son livre le plus connu en 1944, le monde était captivé par la notion de planification centrale socialiste. Tandis que chacun en Europe et en Amérique dénonçait la violence du nazisme, du fascisme et du communisme, l’opinion publique était conditionnée par une intelligentsia étatique qui considérait que ces « excès » de socialisme étaient des exceptions évitables. Si seulement nous étions sûrs que les bonnes personnes étaient aux commandes, disaient-ils, la main de fer se fondra en gant en velours.

Ceux qui pensent que, pour reprendre les termes de Hayek, « nous ne devons pas craindre le système mais le risque qu’il soit géré par de mauvaises personnes » sont des utopistes naïfs qui seront éternellement déçus par le socialisme. En effet, c’est toute l’histoire de l’étatisme du XXe siècle : la quête sans fin d’un monde où le rêve pourrait effectivement se concrétiser, camper sur une position jusqu’à rendre la catastrophe trop gênante et évidente, puis s’en prendre aux personnes plutôt qu’au système, et enfin passer au prochain inévitable sujet de déception.

Peut-être qu’un jour, le dictionnaire définira un étatiste comme une « personne qui n’apprend rien de la nature humaine, de l’économie, de l’expérience, et qui répète les même erreurs encore et encore sans se soucier du sort de ceux et celles qu’elle écrase de ses bonnes intentions ».

Hayek expose que même les pires caractéristiques de l’étatisme « n’en sont pas des sous-produits accidentels » mais des phénomènes qui lui sont inhérents. Il soutient avec perspicacité que « les peu scrupuleux et désinvoltes ont plus de chances de réussir » dans toute société où l’État est considéré comme la réponse à tous les problèmes. Ce sont précisément ce genre de personnes qui promeuvent le pouvoir sur la persuasion, la force sur la coopération.

Les États, ayant par définition un monopole légal et politique de l’usage de la force, les attirent comme les excréments attirent les mouches. Ce sont les mécanismes gouvernementaux qui leur permettent in fine de causer des ravages parmi nous. Un demi-siècle après Hayek, il ne se passe pas un jour sans que les journaux n’en fournissent de nouveaux représentants, et des pires, qui parviennent au sommet. Deux personnalités récentes, de part et d’autre du globe, vont me permettre d’illustrer la sagesse de Hayek.

Lionel Jospin et Mahathir bin Mohamad

En France, le 10 octobre 1997, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin soumet une loi qui réduit d’autorité la durée de la semaine de travail. Dès l’année 2000, les employeurs doivent la réduire, de 39 à 35 heures, sans réduction de salaire. Par démagogie, Jospin a promis aux Français que cette loi créerait beaucoup d’emplois. Bien sûr, il ne s’est pas agi d’une sollicitation cordiale du gouvernement aux employeurs de la nation, mais d’une exigence, sous peine d’amende, d’incarcération, voire les deux, pour ceux qui ne s’organiseraient pas avec leurs salariés. Le Premier ministre a omis de préciser que l’État-providence le plus réglementé et le plus cher d’Europe s’était chargé d’évincer la main d’œuvre de nombreux marchés et avait généré le chômage élevé qu’il prétendait vouloir réduire.

En Malaisie, pendant cette même semaine d’octobre, le Premier ministre Mahathir bin Mohamad fustigeait les « voyous », « crétins » et « néo-colonialistes », auxquels il reprochait la chute de la valeur du ringgit, la monnaie malaisienne. Nostalgique des détraqués acharnés d’hier, il a même suggéré que les difficultés économiques de la Malaisie étaient le résultat du « programme des Juifs ». Il n’a pas demandé la fin de la politique gouvernementale de production de ringgits pour des projets futiles comme le gratte-ciel le plus haut du monde, mais plutôt la proscription des échanges de devises « inutiles, improductives et immorales ».

La conviction de Jospin que l’instauration des 35 heures hebdomadaires obligatoires, à revenu égal et moindre production, serait source de création d’emploi est évidemment absurde, car vouée dès le départ à produire davantage de chômage, chaque employé étant devenu plus coûteux pour son employeur.

La tentative de Mahathir d’imputer la faute à n’importe qui sauf à lui-même est tout aussi absurde. Peut-être se rêve-t-il en nouveau roi Knut le Grand, ordonnant la fin des vagues d’échanges de devises, solution à tous ses problèmes. Bien évidemment, elles parviendront toujours à Mahathir, mais il aura l’occasion de trancher quelques têtes au passage.

L’analyse de Hayek

Ces deux ignares représentants de la scène politique internationale ne le savent pas, mais ils jouent le scénario de Hayek. Dans son chapitre sur le nivellement par le bas, il qualifie les planificateurs centraux de dictateurs en puissance, qui « obtiennent l’adhésion des gens dociles et crédules qui n’ont pas de convictions personnelles bien définies et acceptent tout système de valeurs à condition qu’on leur répète des slogans appropriés assez fort et avec suffisamment d’insistance ». Aux dernières nouvelles, Jospin et Mahathir ont reçu l’assentiment des dociles et des crédules.

Le démagogue étatiste, observe Hayek, a recours à « la haine d’un ennemi » et « la jalousie des mieux nantis » afin de gagner « la fidélité sans réserve des masses ». Pour Jospin, c’est la cupidité des employeurs privés ; pour Mahathir, ce sont les Juifs. Les plus mauvais adorent user du fanatisme pour récupérer des voix sur la route du pouvoir.

Hayek considère que « l’homme moderne a de plus en plus tendance à se juger moral simplement parce qu’il satisfait ses vices par l’intermédiaire de groupes toujours plus importants » et note que « le fait d’agir pour le compte d’un groupe semble libérer les hommes de maintes entraves morales qui interviendraient s’ils agissaient d’une façon individuelle, à l’intérieur du groupe ». Peut-être que nos deux Premiers ministres s’opposeraient personnellement à quiconque contraindrait leurs patrons sous la menace d’une arme, ou à celui qui lyncherait publiquement un négociant de devises, mais ils ne voient aucun inconvénient à faire de ces activités des orientations politiques nationales.

Donnez beaucoup de pouvoir à l’État et des personnes stupides sans aucune tolérance pour l’altérité feront la queue pour y travailler. Ceux qui respectent les autres, les laissent tranquilles et attendent la même chose pour eux-mêmes, cherchent ailleurs un emploi productif dans le secteur privé. Plus l’État grossit, plus les plus mauvais se hissent à son sommet, comme Hayek nous l’avait prédit en 1944.

Les Français et les Malaisiens font partie de ceux qui, en ce moment, à la lecture du chapitre 10 de La route de la servitude, trouveront que F.A. Hayek décrit précisément cette misérable route qu’ils ont choisi d’emprunter.

Traduction d’Antoine Dornstetter pour Contrepoints de Hayek Was Right: The Worst Do Get to the Top de la Foundation for Economic Education.

  1. Le problème que me pose ces analyses ce n’est pas leur véracité car je pense effectivement que les phénomènes que dévoile Hayek existent; non c’est tout simplement qu’il n’ y a rien au delà de cette analyse…

    C’est comme si je critiquais le caractère humide de la météo écossaise, certes elle l’est mais qu’y puis-je sinon sortir l’imper’ et le pébroc.

    Il faut envisager que le système « étatiste » soit dans l’état actuel de l’histoire humaine le système stable; je veux dire par là le système de plus faible énergie dans une société constitué d’hommes et non d’anges.
    Certes une société libérale serait meilleure mais personne n’arrive à présenter de système alternatif crédible. Oh le mot « système » va déplaire cela fait constructiviste… disons cadre conceptuel.

    Que veux-je dire par « cadre conceptuel crédible » ? tout simplement comment une société humaine libérale peut se construire et perdurer alors qu’elle ne comprend pas QUE des parangons libéraux ?

    Le doute m’assaille lorsque j’étudie l’histoire américaine avec ces colons épris de liberté en route vers « la frontière » et qui au final engendre un bon gros état fédéral…

    Il y a la position en définitive confortable de celui qui critique (même avec intelligence et véracité) qui la démocratie, qui l’étatisme et qui dégaine évidemment le mot utopie. Effectivement les maux et défaut sont là sous nos yeux, ils existent mais l’inconfort s’installe quand il s’agit de penser l’alternative non pas personnelle mais sociétale.
    Des libéraux avec qui je converse botte en touche aisément en affirmant qu’il suffit d’abattre les structures étatiques et laisser « les gens » faire société sans entrave. Sauf qu’ils ne veulent pas imaginer un instant que « les gens » la première chose qu’ils feraient … c’est de recréer l’État. Du moins historiquement c’est le cas… en fait le malheur c’est qu’il suffit d’un noyau d’individu qui ont une parfaite idée de ce qu’il faut faire pour que cela tourne mieux (si ce sont des « gentils » pour la société, si ce sont des salauds pour eux même) et hop la mécanique embraye… et ces personnes elles existeront toujours.

    Bon d’aucun diront que je suis pessimiste et ils auront sans doute raison.

    1. La Coupe Est Pleine

      Votre remarque est très pertinente, d’ailleurs je partage votre point de vue, il est fréquent de relever l’absence de solution concrète pour une anarchie fonctionnelle.
      Mais n’oubliez pas que le paradigme Français est encore TRES loin de l’idéologie anarcap’ !
      En fait nous avons une énorme latitude d’action pour restreindre l’état dans ce pays et ne serait-ce que tendre vers la moyenne pratiquée sur le globe, serait déjà une énorme avancée !

      1. Vous avez raisons entre l’usage français et une anarchie il y a de l’espace !! 🙂

        Néanmoins pour revenir sur l’article on peut dire que le Royaume-Unis est un système sociétal et politique plus libéral que le français, néanmoins avons nous vu lors de l’épisode Brexit des hommes politiques de plus grande ampleur que Jospin avec Cameron, big Boris, Jeremy Corbyn ?

    2. J’aime donner des invariants de la nature humaine pour ces questions.
      – il existe une proportion de ~20% d’individus qui préfèrent taper dans la gamelle du voisin plutôt que de faire fructifier leurs talents. (cf les « rats plongeurs »).
      – les mafias existeront toujours. On doit payer pour celui qui vous « protège » (l’Etat et ses hommes sont une mafia qui a réussi)

      Maintenant si vous cumulez ces deux invariants vous arrivez à la conclusion que l’Etat sera toujours là pour satisfaire les premiers par le monopole de la violence. Je paye, donc. Je refuse juste qu’on me dise que c’est pour la « justice sociale ».

  2. il y a beaucoup trop de copinage dans ce millieu ;on place des ministres à des postes ou ils ne connaissent strictement rien , on embauche la famille , les copains de la famille dans le seul but de les placer quelque part , histoire de leur faire profitter des ors de la république quand bien même ils sont incompétents , et même les malhonnêtes retrouvent un poste bien payé , agnes saal en étant le dernier exemple ; ceux qui gouvernent sont assez orgueilleux pour s’imaginer plus intélligents que ceux qui les élisent …..enfin bref , faut pas réver , avec des troupes pareilles , on n’est pas sorti du sable ….

  3. Je ne sais pas qui sont les pires :
    Ceux qui suivent les « ignares » (Lionel Jospin) comme vous dites ou ceux qui arrivent à se faire suivre par des milliers de personnes malgré des idées parfois incongrus ?
    Qui sont les pires ici ?

    1. Garbage in – Garbage out…le problème c’est que le Garbage out finit – via son emprise sur l’éducation des futures forces vives – par transformer ces dernières en Garbage in…un cercle vicieux en somme…

  4. Hayek avait raison… et une multitudes d’autres auteurs qui ont pensé le problème en termes psychiatriques. (La liste serait trop longue, mais il serait temps de s’en rendre compte. Par ex. : « Lorsque tout va bien, les fous sont dans les asiles, en temps de crise ils nous gouvernent », Carl Gustav Jung sur la Seconde Guerre mondiale).

  5. oui tout à fait et c’est aussi ce qu’il se passe dans les entreprises

  6. +1 Montaudran.
    La question n’est pas de faire le diagnostic, il est de faire avec, gérer les fous furieux proposant n’importe quoi sous les meilleurs prétextes, et les abrutis qui les soutiennent.
    Est-ce que Hayek propose quelque chose, au delà du vœu pieu ?

    1. et bien oui, ce que justement nous dit ce bon Frédéric, c’est, en substance, que ce sont les pires qui vont gouverner, que plus il y a à gouverner, plus les pires feront des ravages et donc que moins il y a à gouverner, moins il y aura de dégât.

      les Libéraux ne sont pas de doux rêveurs pensant un « cadre conceptuel » paradisiaque mais hors de portée (ça ce sont les communistes) : bien au contraire, ce sont des pragmatiques qui connaissent la nature et les travers humaines et, partant de ce constat, souhaitent que le moins de zones de responsabilités possibles soient laissés dans les mains des « pires ».

      1. Il est vrai que les libéraux (dont je partage les idées sinon je ne traînerai pas ici) se targuent d’être pragmatique et accusent les communistes d’utopistes.
        Mais vous l’écrivez vous même « les libéraux […] pragmatiques […] souhaitent que le moins de zones de responsabilités possibles soient laissés dans les mains des « pires » ».
        C’est fort bon personnellement je « souhaite » aussi plein de choses mais est-il si pragmatique de juste souhaiter ? N’est ce pas commode de ne pas penser le « cadre conceptuel » sinon paradisiaque du moins libéral et juste se dire que cela va venir, car je le souhaite ?

        1. le cadre conceptuel est bien évidemment pensé, c’est celui d’un état, car il en faut un, qui se limite à la gestion, forte et correctement assumée, des domaines dits régaliens que sont la sécurité, la justice et la défense. Pour le reste, ce n’est pas du ressort de l’état.

          1. C’est le minarchisme que vous présentez là, très bien. Mais la question est comment se tenir à cet état minimal mais fort.

            Pour revenir à l’exemple des USA, l’Etat fédéral s’est renforcé du fait de la guerre civile puis des guerres mondiales, en France même c’est la première guerre mondiale qui a permis l’instauration de l’impôt sur le revenu. On le voit l’état minimal suite à un évènement important peut très vite grossir.
            Car ce que j’appelai le cadre conceptuel n’est pas le but (état minimal ou même anarchisme) mais les mécanismes institutionnels qui font que votre état minimal résiste aux évènement et/ou aux désirs d’une partie de la population de plus d’état.

        2. le Libéralisme est en France, depuis disons 75 ans, affublé de tous les maux et par une propagande étatiste à tous niveaux, rejeté par beaucoup.
          dans ce cas, que faire ?

          1. proposer, éduquer, et espérer un jour influencer puis gagner des élections,
          2. faire un putsch,
          3. attendre que l’étatisme meurt de sa belle mort.

          1. Attention je ne me place uniquement dans le cadre de la France, ce serait mettre des œillères.
            Le fait est que si les libéraux aiment affubler les idéaux communistes du terme d’utopie il s’avère que ce même qualificatif peut aussi qualifier les idéaux libéraux car en définitive il n’existe nulle part sur terre un système politique véritablement libéral (plus ou moins, oui; véritablement non). Le système libéral est donc en devenir, sans que l’on puisse affirmer qu’il est humainement viable c’est donc bien une utopie.
            Le communisme possède cet avantage énorme qu’il nous a prouvé indubitablement qu’il s’est planté…

      2. vous ne faites que répéter le diagnostic et le vœu pieu : « moins il y a à gouverner, moins il y aura de dégât. » Fort bien, mais nous sommes toujours gros Jean comme devant, nous n’avons toujours pas de solution pratique pour gérer les fous furieux proposant n’importe quoi [à commencer par augmenter les pouvoirs de l’Etat, l’édictions de règles et de normes, l’embauche de toujours plus de contrôleur et régulateurs bien traités, etc.] sous les meilleurs prétextes, et les abrutis qui les soutiennent

  7. Je pense qu’il faudrait citer in extenso le passage concerné du bouquin de Hayek, ça parle tout seul :
    ____________

    Un groupe suffisamment nombreux, présentant des opinions suffisamment homogènes a plus de chances d’être formé par les pires que par les meilleurs éléments de la société, et ceci pour trois raisons principales.
    Premièrement, plus on cultive l’intelligence et plus on développe l’instruction, plus les opinions et les goûts des individus se différencient. Plus nous recherchons l’uni‑formité, le parallélisme parfait des vues personnelles, plus il nous faut descendre vers les régions d’un climat moral et intellectuel primitif, où les instincts et les goûts « ordinaires » dominent. Ceci ne signifie pas que la majorité du peuple ait un niveau moral inférieur. Nous voulons simplement dire que le groupe le plus important ayant des conceptions analogues est composé de gens d’un niveau moral assez bas.

    Deuxièmement, puisque ce groupe ne suffirait pas pour l’exécution des desseins du dictateur futur, il sera obligé de convertir d’autres personnes au même credo. Il devra obtenir l’adhésion des gens dociles et faciles à duper qui n’ont pas de convictions personnelles bien définies et acceptent tout système de valeurs à condition qu’on leur répète des slogans appropriés assez fort et avec suffisamment d’insistance. Leurs idées vagues et confuses se laissent facilement influencer, leurs passions et leurs émotions s’ébranlent aisément; ainsi iront‑ils les premiers grossir les rangs du parti totalitaire.

    Troisièmement, pour créer un corps cohérent de fanatiques, l’habile démagogue devra exploiter une faiblesse humaine commune. Des gens tombent plus facilement d’accord sur un programme négatif — la haine de l’ennemi, l’envie des plus favorisés — que sur des buts positifs. La formule de l’oppo‑sition entre « nous » et « eux » est toujours employée pour obtenir l’obéissance totale des grandes masses. L’ennemi peut être choisi à l’intérieur, comme le « juif » en Allemagne ou le « koulak » en Russie, ou à l’extérieur. Dans tous les cas, cette technique a l’avantage de laisser au chef une plus grande liberté d’action que n’importe quel programme positif.
    _____________

  8. L’entrônement (éphémère) de ces moins compétents et des plus nocifs semble être une conséquence naturelle de ce que les mêmes appellent « leur démocratie ».
    Au-delà des cas tristement français (dont l’actuel, si criant d’horreurs), une projection peut se trouver parmi ceux portés à la tête de l’U.E., sinon encore dans nombre d’institutions « supra » là où ils n’accèdent – après de savants calculs et intrigues – qu’en un irrespect du concept de légitimité représentative !
    Qui là-bas tire les ficelles ?
    Nul ne sait plus trop bien : la démocratie cède la place à un magma de pouvoirs diffus (et d’irresponsabilités)!

  9. « Une autre raison réside dans le caractère inversé de la hiérarchie sociale. Dans une société non communiste, les élites socialement reconnues recouvrent, malgré de très nombreuses exceptions, les élites naturelles, ce qui fait que la hiérarchie est fragile et combattue par la majorité. Dans la société communiste, les élites sociales sont composées de ceux qui sont adaptés au communisme, qui savent mentir, flatter, dénoncer, jouer du coude, écraser les subordonnés, faire trébucher les compétiteurs. Mais ce ne sont jamais et pour cause les plus intelligents, les plus instruits, les nobles. D’où l’accumulation, à la tête des sociétés communistes, de savants ignorants, de médecins nuls, d’artistes sans talent, d’administrateurs pagailleurs. Tous
    savent que dans une société non communiste, Us retomberaient dans les sphères inférieures. Tous ont donc une affection pour un régime aussi bienveillant, doux et tolérant à leur endroit. D’autre part, les masses incultes, ignorantes, sans talent se reconnaissent dans de tels chefs. Après tout, Lénine n’avait-il pas écrit que « les cuisinières devaient apprendre à gouverner l’Etat ? » Les cuisiniers le gouvernent, sans même avoir eu à apprendre. D’une certaine façon l’égalité socialiste est réalisée. Le plus profond, le plus envieux, le plus âpre des égalitarismes, celui qui en veut à la supériorité morale et intellectuelle, est enfin pleinement satisfait. »

    Alain Besançon, La normalité du communisme selon Zinoviev

    1. Dans ce texte on a l’impression que ce n’est pas la population qui fait la société mais la société non communiste qui pré-existe dans lesquelles les « élites naturelles nobles » émergent comme par magie.
      Parce qu’Alain Besançon est très fort pour montrer comme les élites communistes émergent (mensonge, flatterie, tricherie) par contre dans la société non communiste c’est naturel vous dis-je ! circulez il n’y a rien à voir… Bon il y a bien de « très nombreuses exceptions » mais cela n’obère pas l’idée, vous pensez !

      Un tel niveau de naïveté c’est mignon on se demande juste si il parle d’humain…

      1. Quand on voit ce que sont devenues les villes du proche orient avec la gestion socialiste, la remarque de Besançon est pertinente.

        1. Vous m’avez mal lu (mais quand on ne veut pas comprendre…) Je suis persuadé que la gestion socialiste peut apporter des malheurs pas, besoin de regarder le proche orient.

          Ce que je dis quitte à me répéter, c’est que Besançon est super fortiche pour critiquer l’élite communistes (mensonge, flatterie, tricherie) mais affuble à des mythiques élites NON communistes une naturelle noblesse; sauf qu’il y a de nombreuses exception dit-il mais passons, regardons ailleurs, jamais ces élites ne s’abaisseraient à mentir, flatter, tricher…

          1. « la gestion socialiste peut apporter des malheurs »

            Pourquoi peut ? Le socialisme apporte partout et toujours la mort et la ruine. On ne fait pas de l’or avec de la merde.

            1. Vous voyez c’est magique, vous persistez à montrer les échecs des autres utopies idéologiques mais surtout jamais vous questionner sur l’utopie libérale.

              Vous êtes tel le magicien qui montre une main pour cacher ce que fait l’autre main.
              NE RE-GAR-DEZ PAS MA MAIN, NE QUES-TIO-NNEZ PAS L’U-TO-PIE LI-BE-RALE…

              Oui le socialisme apporte partout et toujours la mort et la ruine ne m’embêtez plus avec çà, on le dit à longueur d’articles sur ce site, mais on retombe sur ce qui a motivé mes commentaires, la grande et facile force de la critique mais fort peu de solution concrète pour un monde d’humains qui ne sont pas tous libéraux.

              1. Le libéralisme n’est pas une idéologie ni une utopie ni l’inverse du socialisme, même pas dans les rêves les plus humides des socialistes.

                Des solutions, il y en a une très simple : interdire constitutionnellement le social-clientélisme.

                1. MouAhAh !!! Ce doit être sympa de penser que l’idéologie ce n’est que les autres et que vous avez la pensée droite… Ceci dit vous définissez le Libéralisme en négatif, ce n’est pas […] ni […].

                  Oh ! et la grande idée; interdire constitutionnellement le social-clientélisme !! Vous le ferez tout seul avec vos petits bras ? Profitez en pour mettre dans la constitution le fait qu’il ne pleuvent que la nuit, que les voleurs arrête de voler et que les Rubiks cube soient facile à refaire…

                  C’est pathétique ce façon « facile » de voir le monde.

                  1. Si vous n’êtes pas capable de différencier une doctrine politique d’une idéologie, eh bien, mon pauvre, vous êtes mal barré.

                    Quant à la « grande idée », elle était appliquée à peu-près partout il y a un siècle.

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