Brexit : il faudra deux années de négociation

Publié Par Jacques Garello, le dans Europe

Par Jacques Garello.

Un article de l’Aleps.

On s’aperçoit maintenant que le fameux article 50 du traité de Lisbonne, qui tient lieu de constitution de l’Union Européenne, n’enregistre la sécession d’un pays membre de l’Union qu’à partir du moment où ce pays en fait la demande officielle. On prête à la duplicité de David Cameron de retarder cette démarche, puisqu’il est opposé au divorce. De son côté, Jean Claude Junker a l’élégance de déclarer qu’« il n’y aura pas de divorce à l’amiable ». En réalité, organiser la séparation de l’Angleterre requiert de revoir quelque 80 traités et accords différents. Par ailleurs, George Osborne, chancelier de l’Échiquier, dont la politique a éliminé le chômage (4,5% de la population active) et soutenu la croissance à un niveau supérieur à celui de la zone euro (2,8 % contre 1,5 % dans la zone euro), estime que l’économie anglaise peut soutenir n’importe quel choix, y compris celui d’une dévaluation de la livre ; dans cette conjoncture favorable, mieux vaut ne pas brusquer les choses. Il y a donc des raisons techniques (complexité) autant qu’économiques (santé du Royaume-Uni) à ne pas se presser.

Comparativement les Français sont pris d’une fièvre constructiviste, et, de façon irresponsable, veulent accélérer la réforme de l’Union ; mais les 27 pays restants n’ont pas le désir de sauter dans le vide ; certains voudraient même museler Bruxelles et freiner les ardeurs européistes.

Le graphique qui suit donne une idée de la complexité de ce qu’on appelle globalement la construction européenne, qui ressemble davantage à un labyrinthe qu’à une cathédrale. C’est un graphique d’Euler dû à Gilles de Seyne, que l’on trouve dans Wikipedia/AELE.

Construction Européenne

Le graphique donne une idée de la complexité des liens intra et extra-européens. Apparaît clairement que l’Angleterre n’appartient ni à la zone euro ni à l’espace Schengen. Or ce sont les deux points stratégiques sur lesquels un accord est a priori difficile : la politique monétaire et budgétaire d’une part, l’immigration d’autre part.

Enfin, en dehors de l’aspect juridique et constitutionnel, la réalité économique s’imposera aux parties en présence : 43 ans d’échanges commerciaux et financiers ne s’effacent pas en un tour de main. On verra les effets de détournement ou au contraire d’intégration que le Brexit entraînera. On ne pourra pas non plus ignorer que le traité de libre échange transatlantique est en négociation. Anglais et Américains y ont des intérêts communs, qui pourraient s’exprimer au détriment… des pays de l’Union Européenne.

Sur le web

  1. David Cameron a lancé cette idée de référendum en 2013 je crois.
    Peut-on penser que durant tout le temps écoulé les accords en question on d’ores et déjà été renégocié entre Londres et l’UE, et que publiquement il ne restera qu’un jeu de façade et de calendrier pour acter tout ce travail dans les faits ?

    1. Par définition on peut penser ce que l’on veut. C’est d’ailleurs pour cela que certains chérissent leur ignorance car cela leur donne la possibilité de croire ce qu’il veulent, d’élaborer des hypothèses ne tenant que sur du vent. A partir du moment où on sait on est plus si libre… 🙂

      1. A partir du moment où on sait on est plus si libre…
        Ou bien :
        A partir du moment où on l’on pense savoir on est plus si libre…

        1. Effectivement vous avez raison mais c’est l’aporie du sceptique qui si il établit qu’il n’y a que des croyances (penser savoir) ne peut plus rien affirmer.
          Je suis d’accord avec vous que l’on ne « sais » jamais avec certitude mais que néanmoins on est bien obliger de faire comme si… le scepticisme ne devant rester qu’un aiguillon utilisé à bon escient.

  2. Il suffit d’avoir étudier de près ET avoir pratiqué la DYNAMIQUE DES ORGANISATIONS (celles privées versus publiques) pour se rendre compte que tous les gesticulateurs inquiets (nos politicards continentaux, leurs bureaucrates carriéristes ET même des retraités de l’U.E.) PLUS une myriade « d’intéressés et collatéraux » resteront INCAPABLES de réformer le magma U.E. … au-delà du niveau de leurs seuls discours lénifiants et textes d’un flou juridique à nul autre pareil !
    Ah oui, ils vont mettre en place des « comités d’experts » et doctes académiques pour distiller un nouveau cru dans l’alambic communautaire. Entre-temps, comme le font Juncker & Co en crachant sur le « partenaire R-U » de naguère ?? Heureux que quelques autres élites aient elles compris; encore faut-il qu’elles puissent peser dans la balance des 27 …

    Comptez encore sur ceux-là et sur 3.000 journaleux spécialisés pour nous massacrer d’articles de presse et de thèses relatives à une « vision » sur laquelle ils n’eurent RIEN d’efficace à élaborer jusqu’à présent. Et cela dure depuis l’époque qualifiée « mémorable » du Père Delors ! Seuls valent à leurs yeux les ronrons nimbés d’idéologies et slogans dont ils nous gavent depuis des lustres ! Rien dans ce monde n’est parfait, mais nos « masses » et leurs Z-élites n’ont produit que de l’enfumage. Le reste du monde nous observe et « rigole jaune » sur tous nos manquements et gesticulations moralisatrice !

    Que de contrastes et de ratés depuis l’époque de nos Pères fondateurs, eux ayant cru à un nouvel idéal millénariste !

  3. Verra-t-on un BrUSin prochainement ❓ that is the question 🙂

  4. 2 ans de négociations ,c’est-à-dire que rie n’est prévu .les anglais seront donc libres de refuser les conditions demandées par l UE
    2 ans c’est théorique , mais ça peut durer beaucoup plus longtemps
    En fin de compte « le brexit n’aura pas lieu » .

Les commentaires sont fermés.