Interdiction du billet de 500€ : devenez un hors-la-loi ! [Replay]

Publié Par Bill Bonner, le dans Monnaie et finance

Alors que la BCE vient de mettre fin aux impressions de billets de 500€, il faut bien se souvenir de ce qui s’est passé à Chypre.

Par Bill Bonner

Alexaander Baxevanis-No cash no problem(CC BY 2.0)

Alexaander Baxevanis-No cash no problem(CC BY 2.0)

 

L’économiste Larry Summers est une source fiable de sottises. Et un porte-parole régulier du Deep State — l’État de l’ombre.

Un petit rappel pour les nouveaux lecteurs : les électeurs n’ont pas leur mot à dire sur qui régit un pays. C’est plutôt un « gouvernement de l’ombre », constitué de l’élite, de compères, de lobbyistes, de bureaucrates, de politiciens — c’est-à-dire le Deep State — qui est en permanence au pouvoir.

Dit plus simplement, peu importe le parti au pouvoir ; c’est le Deep State qui règne.

Et à quoi est-il occupé en ce moment ? Larry Summers le sait. « Il est temps de tuer le billet de 100$ », écrit-il dans le Washington Post (une autre source fiable de sottises).

Contrôler, taxer, confisquer

Le Deep State veut que vous utilisiez de l’argent qu’il peut facilement contrôler, taxer et confisquer. Or la devise papier contrarie ses plans…

La France a déjà interdit les transactions en liquide de plus de 1 000 euros. Les plus grandes banques de Suède et de Norvège militent pour l’abolition pure et simple du cash. Il y a des plans aux plus hauts niveaux du gouvernement en Israël, en Inde et en Chine pour supprimer le cash de la circulation. Le PDG de la Deutsche Bank, John Cryan, prédit que le cash n’existera probablement plus d’ici 10 ans.

Et voici M. Summers dans le Washington Post :

« Les activités illicites sont facilitées lorsqu’un million de dollars pèse 1,1 kg, comme dans le cas des billets de 500 euros, plutôt que 25 kg ou plus comme ce serait le cas si le billet de 20 $ était la dénomination la plus élevée ».

Il propose « un accord mondial pour cesser d’émettre des billets valant plus de 50 $ ou 100 $, par exemple. Un tel accord serait aussi significatif que tout ce que le G7 ou le G20 a fait depuis des années ».

Qu’est-ce qui fait croire à M. Summers qu’interdire ces billets serait une bonne chose ? Un article de recherche présenté par Peter Sands, ancien PDG de la banque britannique Standard Chartered, et publié pour la Harvard Kennedy School of Government.

Des idées idiotes

La publication dit :

« Les billets à dénomination élevée ne jouent pas un grand rôle dans le fonctionnement de l’économie légitime, mais un rôle crucial pour l’économie souterraine ».

M. Sands sait sans doute de quoi il parle : lorsqu’il était PDG, le plus grand régulateur financier de New York a menacé de retirer sa licence bancaire à Standard Chartered. Selon l’organisation, la banque avait conspiré avec le gouvernement iranien pour dissimuler au moins 60 000 transactions illégales — représentant au moins 250 milliards de dollars.

À la Chronique Agora, nous ne prétendons pas savoir comment améliorer le monde. Nous savons simplement ce que nous aimons. Et nous n’aimons pas que d’autres nous disent quoi faire.
Les gens qui insistent pour appliquer leurs idées au monde entier sont généralement les gens dont les idées sont idiotes.

« Il faut toujours faire le contraire de ce qu’on vous dit de faire », nous a conseillé un ami en France dont le père était maire d’une petite ville durant la Deuxième guerre mondiale. Il continua :

« Il y avait eu un ‘incident’. Je crois que la Résistance avait tué un soldat allemand dans la région. C’était vers la fin de la guerre, quand les nazis menaient des actions de représailles contre les civils. Ils dirent donc à mon père de rassembler toute la population sur la place du village.
Au lieu de ça, mon père dit à tout le monde d’aller se cacher dans les bois environnants, ce qu’ils firent. Ils ont eu de la chance — ils ont survécu à la guerre ».

Monnaie électronique

Aujourd’hui, les autorités en général et M. Summers en particulier veulent que nous rassemblions notre cash sur la place du village. Au lieu de billets, ils veulent nous forcer à utiliser des notations électroniques fidèlement enregistrées dans une banque réglementée par le gouvernement. Avez-vous déjà vu un de ces « billets électroniques », cher lecteur ? Nous non. Nous ne savons pas de quoi ils ont l’air. Et nous nous méfions profondément de toute cette histoire.

La Banque centrale européenne et la Banque du Japon — tout comme les banques centrales du Danemark, de la Suède et de la Suisse — ont déjà imposé une « taxe » sous forme de taux d’intérêt négatifs sur les comptes que leurs confient les banques commerciales. Ces banques centrales espèrent que les banques commerciales répercuteront cette nouvelle taxe à leurs clients. C’est déjà arrivé en Suisse…

Selon notre collègue Chris Lowe, Alternative Bank Schweiz (ABS) commencera à facturer des taux négatifs sur les dépôts de ses clients cette année. ABS prélèvera une pénalité annuelle de 0,125% sur les dépôts de moins de 100 000 francs suisses et une pénalité annuelle de 0,75% sur les dépôts de plus de 100 000 francs suisses. Dans les faits, ABS fait payer ses clients pour déposer leur argent chez elle.

Si on met un million d’euros en banque, avec un taux négatif de 0,75%, on revient un an plus tard et il reste 992 500 euros. La banque a confisqué les 7 500 euros manquants. À un taux négatif de 3%, disons, vous payez 30 000 euros par an juste pour laisser votre argent en banque. Voilà qui ressemble à une escroquerie.

Les gouvernements abolissent le cash. Vous n’avez pas d’autre choix que de laisser votre épargne en banque. Et vous êtes forcé de payer la banque pour stocker votre argent.

Le cash hors la loi

Mais attendez… Les banques ne stockent pas du tout « votre » argent. Un dépôt bancaire, c’est une reconnaissance de dette de la part de votre banque. Il n’y a pas de billets dans un coffre-fort… juste des 1 et des 0 dans une banque de données quelque part. Si la banque décide de ne pas vous rendre « votre » argent, pas de chance.

C’est comme si quelqu’un vous proposait de garder votre tarte aux cerises. Il mange ensuite la tarte, en promettant de vous en rendre une identique quand vous le voudrez. Et il a le culot de vous demander de l’argent chaque mois pour le « stockage » de la tarte. Et puis le jour où vous la voulez… il n’est pas en mesure de vous la donner. « Je n’ai plus de farine. Il faudra revenir demain », dit-il.
Ou bien : « je suis désolé, mais le gouvernement a déclaré que les cerises sont une espèce en danger. Il m’est interdit de vous rendre votre tarte. Elle était très bonne, ceci dit ».

Combien vaut cette tarte électronique, de toute façon, s’il faut payer quelqu’un pour la manger à votre place ?

Imaginez avoir une automobile… et devoir payer des gens pour la conduire. Ou un appartement… et devoir payer des gens pour qu’ils veuillent bien y vivre. Quand on doit payer quelqu’un pour se débarrasser de quelque chose, vous imaginez combien votre argent vaut vraiment.

Et quand votre banque — ou le Deep Statevoudra confisquer votre argent, qui l’en empêchera ?  Au moins, si vous possédez votre argent en espèces sonnantes et trébuchantes, ils doivent venir s’en emparer physiquement. Lorsqu’il est à la banque — n’existant sous aucune autre forme que des soldes bancaires électroniques — tout ce qu’ils ont à faire, c’est appuyer sur un bouton.

C’est ce qui est arrivé à Chypre. Les banques allaient dans le mur, et les dépôts ont été confisqués pour les remettre à flot. Qui empêchera que la même chose se produise ailleurs ? Les juges nommés par l’État ? La police payée par l’État ? Les politiciens achetés par l’État ?

Lorsque le cash sera hors-la-loi, seuls les hors-la-loi auront du cash. Et nous avons l’intention d’en faire partie.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

  1. Voila qui renchérira l’or et l’argent physique; a suivre donc

  2. On a dissocié le cash de l’or dans le but de relancer une croissance, ça a abouti à des bulles de plus en plus grandes, et des crises de plus en plus grosses. Comme ça ne fonctionne plus, on va donc dissocier la monnaie-data du cash…

  3. Avec ces pratiques les citoyens feront de moins en moins confiance au système financier mais l’être humain a la capacité à s’adapter ( troc, sur endettement, fuite….). Dans ces conditions pourquoi travailler dur , épargner et mettre son argent à la banque? La baisse de l’épargne entraînera une baisse des investissements et donc de l’emploi. Après une embellie conjoncturelle ( autant dépenser ce qui a été épargné avant le vol ) il y aura un effondrement. L’état et les banques ne pourront donc pas profiter éternellement de ces pratiques de voyou. Ce sont des cigales et non des fourmis.

    1. La banque aura tous les droits de jouer avec votre argent mais vous aurez perdu le privilège de sa propriété.

      Tant qu’un seul pays, mais, de préférence plusieurs, cette monnaie-là risque de devenir la D.T.S. internationale, tant la demande sera importante, il y aura aussi le bitcoin qui échappera à l’autorité d’une banque centrale.

      Je n’ai jamais eu confiance en M.Draghi, ancien de Goldman-Sachs, qui ne POUVAIT pas ne pas rouler pour autre chose que cette finance internationale des vrais plus riches qui pourront dicter leur volonté aux politiciens, partout dans le monde.

      Politiciens comme grand financiers sont des « psychopathes »: les uns n’ont jamais assez de pouvoir, les autres, jamais assez d’argent.

      Si on sait que déjà aux U.S.A., pouvoir = « money », la boucle est bouclée!

      Il m’étonnerait fort, pourtant, que comme toute « règle », celle-là n’engendre pas très rapidement une ou plusieurs ripostes pour la contourner.

  4. cela va encore beaucoup plus loin que cela

    démonétiser c’est permettre de controler le moindre de vos geste; c’est vous supprimer toute vie privée, tant vis a vis de l’etat que vis a vis de tiers

    sur vos déplacements: démonétiser permet de vous localiser chaque fois que vous faites une transaction;

    vous avez acheté du pain a 8h24mn 32 seconde a la boulangerie du 124 av de la republique

    vous avez pris un café au comptoir a 8h 27 45

    etc etc

    sur votre vie; a travers vos achats on sait tout de vos gouts et de votre vie ; vous aimez le chocolat et les haricots verts ( tous vos achats en détails sont conservé en mémoire par l’ordinateur de la grande surface; avec les références de votre carte bleue)

    alors malheur a vous si vous achetez une revue « douteuse », un article anormal etc

    alors pour ma part je me fais un devoir de payer le maximum de choses en liquide parce que la liberté ne s’use que si on ne s’en sert pas

    et je vous engage a faire de même

    1. Je partage votre écrit +++++++++++

    2. J’imagine que vous n’avez pas de portable… Ou que vous ne l’allumez que lorsque vous souhaitez vous en servir…

      J’imagine que vous ne passez jamais devant les caméras de surveillance urbaine ou de circulation disséminées un peu partout.

      On peut le déplorer…c’est un combat perdu d’avance.

      Exigeons plutôt la proprieté des données individuelles collectées… ( douce utopie)

      1. Il est clair qu’il ne fait plus bon d’être Français, actuellement! Votre pouvoir exécutif étant à la manoeuvre, actuellement, sans aucun des contrôles constitutionnels (et avec une prolongation supplémentaire votée prochainement « démocratiquement »!).

        Et sous prétexte de « sécurité anti-terroriste », Bercy doit s’en donner à coeur joie de cette occasion de profiter de cette « N.S.A. » à la française qui doit lui permettre d’aller trifouiller dans toutes vos transactions pour trouvez ces € dont les autorités se nourrissent avec un appétit féroce et de plus en plus gourmand.

        C’est mal barré! Et il n’y a qu’à espérer qu’un « courageux » soit élu en 2017 qui vous promette « du sang et des larmes » tant le redressement français risque fort de déplaire aux victimes inconscientes de la « redistribution » tous azimuts (fonctionnaires compris) devenue déraisonnable et au-dessus des moyens de votre économie nationale que votre taux de chômage vous interdit d’handicaper!

      2. Il est vrai aussi que plus le système fait confiance aux outils, plus il est facile de le tromper sans qu’il puisse s’apercevoir de quoi que ce soit. Alors que ce serait plus difficile avec les humains, mais ça coûte plus cher.

    3. Et surtout, si à un moment, nos maîtres considèrent que vous passez trop de temps sur Contrepoints, et que vous êtes en train de devenir un « ennemi du peuple », alors il très facile de vous punir en bloquant l’accès à votre compte bancaire !

      Et là, il ne vous sera plus possible de prendre du pain ou un café au comptoir. Abolir le cash, c’est foncer tout droit vers la prophétie de « 1984 ».

    4. +++ pour @ bouchon

      Avant, il fallait se méfier des garagistes qui vous vous disait avoir remplacé (inutilement) des pièces, lors de la révision du véhicule, ou vous vendait un véhicule d’occasion avec une marge imméritée mais moins importante si payée en cash.

      Ce temps-là est révolu (en tout cas, ici).

      Par contre, je ne vois plus une banque qui soit digne, maintenant, de ma confiance: jamais plus je ne demanderai un conseil à mon banquier qui ne travaille d’ailleurs plus pour ses clients mais bien pour garder sa place en arnaquant ses clients non pas dans les chiffres, que tout le monde, à peu près, peut suivre par informatique, mais en nous « fourguant la camelote » de sa maison-mère, du moins, celle qui leur rapporte le plus.

      Endettez-vous inutilement (en pouvant pourtant rembourser), achetez des « valeurs sûres et concrètes » en grands vins de bonnes années, en bijoux de valeur, en tableaux ou sculptures qui vous plaisent et dont les auteurs « grimpent » en notoriété ou simplement en terrains ou « dans la pierre »: votre € n’a qu’une valeur « conventionnelle » qui s’est doucement dégradée vis-à-vis du $: le magot sous le matelas n’est toujours pas un bon système!

  5. C’est une analyse que j’ai faite depuis longtemps.
    Conséquences je retire le maximum de cash chaque mois ne laissant sur le compte que ce qui est nécessaire aux paiements, avec une réserve de sécurité.
    Que l’argent soit chez moi ou à la banque il ne rapporte plus rien et chez moi il est en sécurité et le banquier ne peux pas en profiter pour le voler ou pour aller spéculer avec au Bahamas, San Marin îles vierges ou ailleurs.
    C.Q.F.D.

  6. Curieusement, depuis un certain temps, je règle de plus en plus mes achats en cash!

  7. Ne vous inquiétez pas pour les gangsters, terroristes et Etats. La disparition du cash accroîtra leurs pouvoirs.
    Ils disposeront toujours de la force et de la terreur pour se procurer les richesses et services dont ils ont besoin. Contrairement aux individus désarmés et devenus sans autres ressources immédiatement disponibles que le clientélisme et l’esclavage.

    1. bien sur que si; je mêne une vie normale

      mais ça n’est pas parce que je ne peux éviter certains espions inévitable de ma vie privée que je dois participer

  8. Pour résumer: Abolition du cash=abolition de la thésaurisation et donc obligation d’épargne bancaire. Donc Oligopole protégé, donc cartel, donc spoliation des clients au profit du duo Banque-Etat. Et le seul pays qui refusera de rentrer dans ce système pourra inonder le monde entier de son cash. je ne vous raconte pas le prix du bit coin si une telle loi passe…

  9. Vous voulez rire ?
    Le cash c’est la garantie des banques dans leurs coffres. Ils empruntent des billets à la banque centrale qu’il placent dans leurs coffres. Et bien, si ces billets ne peuvent plus circuler, leur garantie ne vaut plus rien.

    La conclusion, c’est que les banques centrales ne servent à rien et qu’on pourrait les supprimer sans que nous nous en rendions compte.
    Autrefois, ces billets avaient de l’or en contrepartie. Maintenant, c’est l’inverse, la vrai contrepartie des billets, c’est la monnaie scripturale garantie par la qualité des prêts que font les banques en échange de la création monétaire. Et lorsque les banques font des prêts sans en contrôler la qualité, c’est tout le système qui risque de s’effondrer. Et si les banques contrôlent la qualité des prêts, c’est leur chiffre d’affaire qui s’effondre.
    On nous raconte que les banques centrales régulent la quantité de monnaie en circulation. Il n’y a rien de plus faux que cette assertion. Les QE nous ont montré qu’en émettant plus de monnaie, celle-ci ne va pas dans l’économie parce que toutes les possibilités de faire des prêts ont déjà été prises par les banques et aller plus loin, c’est diminuer encore la qualité de ces prêts. Les réserves fractionnaires, c’est bidon. Aucune banque ne vérifie le niveau de ses réserves au moment de faire un prêt. Cette vérification a lieu la nuit lors des opérations de compensation. Et si les réserves sont insuffisantes, la banque à 15 jours pour corriger ou demander plus de billet à la banque centrale. Dans les faits, la banque centrale accepte toujours d’imprimer plus de billets par peur d’un « credit crunch ».

    Maintenant, je n’ai plus envie de rire.

  10. Bonjour,

    j’avoue humblement ne pas avoir les connaissances théoriques de certains ici, mais je trouve que l’article mélange des choses n’ayant que peu de liens, voire aucun liens entre elles.

    Le titre parle de la suppression du billet de 500 euros, tandis que la première partie de l’article parle de la suppression du billet de 100 dollars aux USA.

    Mis à part le fait qu’il ne s’agit pas des mêmes dirigeants, ni des mêmes instances, j’aimerais quand même pointer que les montants ne sont pas du tout les mêmes !

    Pour le billet de 100 dollars, je peux admettre que ce soit critiquable et regrettable (je ne connais pas suffisamment les USA pour savoir si ce billet est très utilisé), mais pour le billet de 500 euros, il ne faudrait peut-être pas exagérer et comparer ce qui est comparable : ce billet est rarissime, y compris dans les enseignes faisant de la conservation des billets leur métier : allez dans des grandes banques sur Paris, et allez demander de retirer 500 euros en un seul billet. Taux de disponibilité ?

    D’autre part, ces billets de 500 euros ne sont pas réellement supprimés, mais ne sont juste plus réimprimés : les billets que vous deteniez auparavant restent valables.

    Et je trouve franchement désolant que votre argumentation dans cette partie se limite à un point Godwin ; autant des fois l’usage systématique de ce concept peut m’agacer, autant les recours exagérés au nazisme sont typiques d’un manque d’argument.

    Pour la deuxième partie, je serais vigoureusement contre la suppression totale du liquide, mais là j’ai l’impression de ne lire que des élucubrations et autres rumeurs complotistes… avez-vous des sources venant des sites d’institutions bancaires ou suprabancaires (BCE…), gouvernementales ou supragouvernementales (UE…), enfin bref quelque chose de fiable ?

    1. Bonjour,
      Le billet de 500€ est loin d’être rare, ils constitue même l’essentiel des réserves des banques, mais il est vrai qu’il ne circule déjà plus. Les banques doivent l’emprunter à la banque centrale pour maintenir un niveau de réserves obligatoires. Et tant qu’à payer pour l’obtenir, autant profiter de l’effet de levier qui est possible lorsqu’il reste dans les réserves. Dans ce cas, la banque peut créer plusieurs fois ce montant en prêts avec comme limitation les accords de Bâle III et cette fois, c’est le client qui paye. Les banques ont donc tout intérêt à ce qu’il n’y ait que la monnaie scripturale qui circule pour garder les billets dans les coffres. Pour chaque Euro de monnaie scripturale qui circule, il y a presque toujours un prêt du même montant qui rapporte des intérêts, alors que les clients des banques ne payent rien à faire circuler les billets que la banque a empruntés à la banque centrale.
      La question qui vient ensuite, c’est « A quoi servent les réserves des banques si personne n’accepte plus ces billets ? »

      Pour les connaissances théoriques, je vous rassure, même dans les banques, on a pas une grande idée du fonctionnement de la monnaie. J’ai déjà testé auprès de la direction de la recherche d’une grande banque française. Dans les universités européennes, y compris sciences-Po ou l’ENA, on parle un peu de la neutralité de la monnaie qui est une idée fausse, mais c’est surtout pour évacuer le sujet. L’économiste australien Steve Keen en parle dans son livre « l’imposture économique », surtout pour souligner le rapport entre la variation de la dette et le chômage de masse et montrer l’aspect cyclique des crises financières. Pour le reste, il faut aller voir un peu partout sur le Net, aller regarder comment fonctionne la banque Wir en Suisse, les monnaies locales, les anciennes expériences de création monétaire (pendant la guerre civile américaine, les soldats du Nord était payés avec des bons sur les terres à conquérir), étudier le rapport entre les niveaux de dette globale et la quantité de monnaie en circulation…

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