« Laissez-nous soigner ! » : les médecins se rebiffent

Publié Par Patrick de Casanove, le dans Social

Par Patrick de Casanove.

stethoscope By: Rosmarie VoegtliCC BY 2.0

 

Ce que demande Jérôme Marty dans l’article Foutez-nous la paix ! n’est rien d’autre que la fin de la Sécurité sociale telle que créée par les ordonnances de 1945. C’est probablement involontaire si l’on se réfère à ses précédents articles http://www.ufml-asso.org/.

« Foutez-nous la paix ! Laissez-nous soigner ! » est le titre et le leitmotiv de son papier. Cela revient à « Laissez faire, laissez passer, le monde va de lui-même » qui était le crédo des Physiocrates au XVIIIème siècle. Les physiocrates sont les premiers à s’être appelés « économistes ». Ils sont considérés comme faisant partie des précurseurs des Libéraux tels que Frédéric Bastiat qui écrivait « Je dis : Laissez faire, en d’autres termes, respectez la liberté, l’initiative humaine… » (Responsabilité chapitre XX Harmonies économiques).

Si les gouvernants, touchés par la grâce, foutaient la paix aux médecins il faudrait aussi qu’ils foutent la paix aux patients donc aux Français en général. « Foutez-nous la paix ! Laissez-nous soigner ! » équivaut donc à réclamer la liberté économique. Un individu est économiquement libre quand il peut disposer librement de sa propriété telle que Bastiat la définit. « L’homme est propriétaire de lui-même, par conséquent de ses facultés, et, par suite, du produit de ses facultés. »

Baccalauréat et socialisme. C’est-à-dire utiliser comme il l’entend le fruit de son travail. Les individus sont libres de travailler, produire, consommer et investir de n’importe quelle manière qui leur plaît, sans intervention de l’État, et cette liberté est protégée par l’État. La protection des libertés individuelles concerne aussi bien les atteintes que pourraient se porter les individus entre eux, que les atteintes que les États pourraient porter aux individus. Cela met fin à l’arbitraire d’où qu’il vienne. Donc cela va au-delà de l’autonomie matérielle de l’individu. D’une plus grande liberté sort une plus grande justice et ce n’est pas accidentel.

C’est un changement complet de paradigme. Cela implique la fin de la Sécu, le libre choix du prestataire de santé, le libre choix du prestataire de retraites, etc. Cela implique la fin des multiples codes et règlements qui étouffent la société et nuisent aux relations entre les personnes. Cela impose que les Français puissent choisir, échanger des services et contracter librement. Pour ce faire il faut leur rendre les moyens de gérer leur vie comme ils l’entendent. Cela passe par la restitution aux salariés de leur salaire complet c’est-à-dire le salaire net avec lequel ils ont l’habitude de vivre, majoré des charges prétendument patronales et de tous les autres prélèvements qui grèvent leur rémunération. Pour les non-salariés c’est le chiffre d’affaires diminué des frais nécessaires à l’exercice de leur profession. Bien entendu il ne faut pas que les gouvernants reprennent d’une main, avec les prélèvements obligatoires, ce qu’ils ont donné de l’autre. Il y aurait donc simplement « Une contribution unique, proportionnelle à la propriété réalisée, prélevée en famille » (Justice et Fraternité). Il n’y aurait donc qu’un seul et unique impôt, qui ne serait bien évidemment pas prélevé à la source, et qui aujourd’hui  s’appellerait la flat-tax.

Mettre fin à la Sécu revient à mettre fin à la spoliation légale qui conduit notre pays à la ruine. C’est faire œuvre salutaire. Cela dit, ne nous berçons pas d’illusions. Les négociations conventionnelles entre les médecins et la Sécu sont en cours. Aucun syndicat ne réclame la fin de la Sécu. Ce n’est peut-être pas le cadre.

Les présidentielles de 2017 seront-elles le moment où jamais de mettre la France sur les rails ? Malheureusement tous les candidats sont adeptes de la spoliation légale et le système de l’élection est verrouillé.

La plupart des Français ne voient « que la main douce de l’État, cette bonne main qui donne et qui répand, sera fort occupée sous le gouvernement des Montagnards. Vous croyez peut-être qu’il en sera de même de la main rude, de cette main qui pénètre et puise dans nos poches ? » Ils sont persuadés que la France ne pourrait vivre sans spoliation légale.

Ce n’est pas demain qu’il y aura quelqu’un en lice pour défendre et proposer le « Foutez-nous la paix ! »

  1. A voir: le comparateur des candidats de l’Ifrap, montrant clairement que certains candidats sont quand même plus libéraux, au moins sur le plan économique, que d’autres.

  2. Le probleme c’est que la majorité des médecins sont opposés à la privatisation de la santé, car cela sous-entendrait que les gens réfléchirait a 2 fois avant d’aller les voir, vu que leurs assurances ne les rembourseraient pas pour une simple visite de « j’ai mal au pied, je me suis cogné contre la table ».

    1. Oui, et la féminisation du personnel tend à transformer ce beau métier en une grande administration.

      1. quel rapport ?

  3. Pourtant , dans cette Sécurité Sociale hyper étatisée , les médecins , qui sont , à priori des libéraux , ont une solution bien réelle pour ne plus être sous le joug du moloch étatico socialiste : se déconventionner totalement et passer en secteur 3…cad que le patient qui paie plein pot sa Sécu et est remboursé comme l’on sait , paiera une centaine d’€ sa consultation chez un généraliste ( comme aux States ) et n’aura que quelques € de remboursés par dame Sécu …

    Bref , les clients pourront de moins en moins consulter ( mais le feront pour des motifs valables et non comme aller au supermarché ) ( trop cher ) , les toubibs vivront mieux et soigneront mieux ( ils pourront faire de la vraie médecine et effectuer un diagnostic plus fin …) et dame Sécu sera menacée d’ arrêt respiratoire …

    1. Bonjour volna

      Travailler hors convention est suicidaire, les clients paieront deux fois.
      Une fois avec la CSG, on n’y coupe pas
      Une seconde fois avec le paiement de la consultation non remboursée.

  4. le problème ç est que le choix du deconventionnement est voué à l’échec. les gens payent la sécu très cher, leur mutuelle très cher, il est assez normal qu’ils trouvent injuste de payer une troisième fois… tant que le despotisme de la nôtre pseudo démocratie ne sera pas mis à terre, les médecins comme leur patient resteront esclaves de l’ état tout puissant…

    1. Sauf qu’à ce moment-là, ce sont les patients qui feront pression pour ne plus payer la sécu ou que la sécu rembourse le SIII

      1. Nice olivier,

        Vous avez parfaitement compris où je voulais en venir (
        Sauf qu’à ce moment-là, ce sont les patients qui feront pression pour ne plus payer la sécu ou que la sécu rembourse le SIII).

  5. patrick
    je partage toujours vos analyses mais pourquo n écrivez vous pas un plaidoyer sur la suppression du numerus clausus des médecins
    quand et par qui a t’il été institué d’ailleurs ?

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