Comment la révolution blockchain va vous changer la vie

Publié Par Anne Harald, le dans Technologies

Par Anne Harald.

 

Blockchain, c’est un peu le nouveau mot à la mode, la promesse de miracles technologiques. Un terme qui deviendrait presque fourre-tout. Mais, la réalité qui se cache derrière n’est pas toujours claire…

Au départ, la blockchain (ou registre distribué) est un système d’enregistrement informatique de données, plus exactement de transactions réalisées avec la crypto-monnaie bitcoin. Désormais, le terme blockchain est utilisé de manière plus générique, pour évoquer ces systèmes d’enregistrement de données et de transactions sous forme de blocs, qui permettent des échanges décentralisés. Il ne cesse donc de naître de nouvelles blockchains, pour une utilisation publique, comme la blockchain d’origine, ou pour des utilisations privées, au service d’organisations ou d’entreprises.

Ce qui est certain, c’est que leurs possibilités attisent les convoitises de tous les grands acteurs de l’économie mondiale : sociétés, États, régulateurs, organisations…

Alors, si tout le monde se met à la blockchain, qu’est-ce que ça va changer pour nous, particuliers ? Voici deux secteurs que ce protocole informatique de stockage pourrait révolutionner.

Des démarches administratives facilitées

L’avantage de la blockchain est qu’elle offre un système décentralisé, automatique et sécurisé, qui permet tout à la fois d’effectuer des transactions et de les enregistrer de façon irréversible. Le dispositif peut également enregistrer, outre des transactions financières, d’autres types de données.

Or, l’enregistrement et la conservation des documents officiels étaient jusqu’ici l’apanage des États et des notaires. Des monopoles que la blockchain pourrait bien remettre en cause. C’est d’ailleurs déjà le cas dans un État : l’Estonie.

Ce pays propose aux étrangers de devenir des e-résidents. Cela n’accorde pas les mêmes droits qu’un résident au sens traditionnel du terme, mais offre de nombreuses possibilités qui facilitent la vie quand on traite avec le pays. En bref, vous devenez e-résident estonien et votre nationalité vous sert sur la plateforme nommée Bitnation, c’est-à-dire la nation numérique qui correspond à l’Estonie.

Ce que cela signifie concrètement ?

Vous pouvez, par exemple, enregistrer sur la plateforme de la Bitnation les contrats commerciaux signés avec vos partenaires locaux. Cela a une valeur légale, en cas de conflit devant un tribunal, dans toute l’Union européenne !

Le service fonctionne aussi pour les actes notariés qui émaillent la vie quotidienne. Il est possible d’enregistrer directement sur la plateforme de la Bitnation son contrat de mariage, les certificats de naissance de ses enfants… En revanche, il faudra attendre encore un peu pour que ces actes soient reconnus par l’État estonien — au sens classique du terme cette fois.

Le système devrait continuer à se développer. En se créant une identité sécurisée de e-résident, les utilisateurs pourraient, à terme, être capables de voter, de payer des impôts, de gérer leurs comptes en banque… Avec un tel panel de services simples d’utilisation et accessibles partout dans le monde, l’Estonie espère attirer jusqu’à 10 millions d’e-résidents d’ici 2025. Soit autant d’investisseurs étrangers potentiels.

De manière plus générale, la blockchain pourrait remplacer les traditionnels bulletins papiers et urnes utilisés pour voter. Le comptage des votes serait plus fiable que le dépouillement manuel et permettrait d’éviter des contestations de résultats. Cela pourrait également contribuer à rehausser le taux de participation, en permettant de voter depuis chez soi, en ligne. Bill Clinton lui-même avait commandé un projet de recherche intitulé « National Workshop on Internet Voting ».

Une nouvelle façon d’investir

Le crowdfunding ou financement participatif, vous vous y êtes déjà mis. C’est bien, mais la révolution ne s’arrête pas là. La volonté du ministre de l’Économie et des Finances, Emmanuel Macron, ainsi que de nombreuses banques, dont BNP Paribas, est d’introduire la blockchain dans l’investissement.

BNP Paribas va ainsi utiliser la blockchain pour procéder à des levées de fonds finançant les entreprises non cotées. L’outil permet de suivre le transfert des fonds et d’apporter une preuve de la tenue des opérations. Un nouveau système qui, s’il fait ses preuves, pourrait aussi être utilisé avec les entreprises cotées.

Les entreprises ont beaucoup à gagner des chaînes de blocs. Elles pourraient ainsi y entrer leurs comptes, certifier leur solvabilité et donc rassurer les investisseurs sur le marché. Autre possibilité, automatiser l’émission des actions et le versement des dividendes. Ils arriveraient automatiquement sur le compte des actionnaires. Pratique !

La révolution blockchain devrait également être mise à l’honneur dans le crowdfunding, afin de faciliter le financement d’entreprises et d’offrir l’opportunité de transactions sécurisées, pour les investisseurs comme pour les sociétés.

À travers ces deux secteurs emblématiques, que sont les prérogatives de l’État et la finance, on devine les divers usages qui vont naître de la blockchain.

D’autres usages pour la révolution blockchain

D’une part, elle est appelée à prendre la place de tiers intermédiaires, comme l’État, les notaires ou les banques. Elle fluidifiera ainsi les échanges et promet également de sécuriser l’information.

En outre, la révolution blockchain devrait donner naissance à ce qui a d’ores et déjà été nommé des smart contracts (littéralement « contrats intelligents »). En clair, des contrats ou des opérations qui s’exécutent seuls, sans l’intervention d’un être humain. Avec, comme objectif, de limiter les erreurs, de faire gagner du temps et de faire baisser les coûts.

De nombreuses promesses donc, mais dont la tenue est intimement liée à des enjeux de sécurité. À l’heure où deux camps s’affrontent sur les évolutions à apporter à la blockchain, qui approche de la saturation tant les transactions en bitcoin augmentent, les innovations devraient encore s’accélérer.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

  1. Pour l’Estonie on peut déjà tout faire électroniquement : j’y habite et je confirme. Banque, Impôts, Votes, Signature de contrats ou autres documents administratifs… Et pas besoin d’attendre 10 mois pour avoir une réponse… dans la journée on a sa réponse !

    Par contre si on perd sa carte d’identité, qui contient la puce électronique, on est un peu exclu du monde…

    1. Normale, votre puce contient votre clé qui permet de signer vos transactions.

      En revanche, pour le vote institutionnel, pour moi, en l’état actuel des connaissances : j’oppose mon veto immédiat, je refuse de voter par voie électronique. D’une ce n’est pas la blockchain (mot à la mode comme dit l’auteur de l’artcicle, surtout chez ceux qui n’y connaissent rien en informatique) qui contient la solution des problèmes de sécurité inhérents au vote électronique, et ces problèmes ne sont toujours pas résolus : les bonnes propriétés du vote électronique.

      Sur la sécurité du protocole bitcoin :

      « La résistance du protocole Bitcoin est encourageante et prometteuse. Cependant, peu d’analyses de sécurité ont été menées, et on ne peut, à l’heure actuelle, que spéculer sur l’absence de failles dans ce protocole. » (plus de détails)

      1. Oui c’est vrai que le système de vote actuel est irréprochable… et que je peux le prouver très facilement en montrant que mon bulletin a bien été pris en compte… oh wait !

        Oui c’est vrai que les analyses de sécurité ont été menées et il n’y a pas de failles dans le système de vote actuel.

        1. Homme de paille : je n’ai jamais dit que le système actuelle était sans faille; vous lisez les articles en lien avant de répondre ? Mais truquer un vote électronique est bien plus simple et incontrolable qu’un vote papier ?

          Dîtes, avez-vous avez déjà participé à l’organisation d’un vote dans votre bureau ? Vous savez ce système avec urne transparente, dans laquelle je suis certain d’avoir mis mon bulletin, que je peux contrôler tout au long de la journée de l’élection, et même participer au dépouillement à la fermeture du bureau.

          Tout système à le même niveau de sécurité que celui de son maillon le plus faible; pour le vote électronique : le nombre de possesseurs des clés privées de l’urne est un de ces maillons (ils sont les garants de l’intégrité du scrutin sous l’hypothèse qu’ils ne font pas de coalition pour le truquer). À comparer aux nombres de citoyens qu’il faudrait soudoyer pour mettre à mal le système par une urne publique transparente. 😉

          Une autre propriété que doit posséder un système de vote : tout électeur devrait en comprendre le principe de fonctionnement pour pouvoir y accorder sa confiance. Et il est bien vrai que la totalité des citoyens sont de grands spécialistes en cryptographie. Comme vous en faîtes ?

          Mais pour des attaques possibles sur le vote papier : l’attaque à l’italienne.

          On sent que vous avez longuement réfléchi sur la question, et que vous savez de quoi vous parlez.

      2. C’est vrai que « le monde », c’est une source d’information irréprochable…

        Plus sérieusement, le reseau bitcoin représente à l’heure actuelle une valorisation de presque 10 Milliard de dollars. Je suis certains que tous les hacker du monde serait content de trouver la moindre faille. Et depuis 6 ans, avec un code source lisible par tout le monde, toujours rien.

        Ensuite, peut importe qu’il y ait une faille ou pas, c’est n’est PAS important. C’est un réseau de confiance avant d’être un réseau technique. En cas de grosse faille, le réseau pourrait s’auto réguler pour ignorer la faille (ou pas) suivant ce que le réseau décide de ce qui est bon pour lui.

  2. Hacker une blockchain avec de la puissance informatique brute

    http://www.scilogs.fr/complexites/lattaque-goldfinder-dune-blockchain/

    1. Effectivement, je l’avais oublié. Ce n’est pas un attaque à la portée du premier venue, mais pas hors de portée de puissants acteurs.

    2. N’importe quelle blockchain est attaquable.
      Pour ce qui est du réseau bitcoin, il faudrait une puissance du ressort d’un état pour pouvoir l’attaquer, ca se verrai…

  3. Les exemples présentés ne sont par vraiment pertinents.

    Pour le premier c’est de l’archivage légale et on a tout ce qu’il faut pour signer et garantir l’authenticité d’un document, blockchain n’apporte rien de nouveau.
    Investir, idem on a tous les mécanismes avec les clefs asymétriques (RSA) pour pouvoir échanger des données et signer électroniquement des contrats sans que les personnes physiques n’aient besoin de s’être un jour rencontré physiquement.
    Pour ce qui est du vote, le problème n’a rein a voir avec le blockchain et est bien plus subtile, on n’a aucune solution aussi fiable que le mécanisme manuel actuel (les machines de vote c’est un farce sauf à renoncer au secret du vote, enfin bon un autre sujet donc).

    Ce que peut faire le blockchain en fait, c’est de garantir une chaîne de signature. Si on retire le mécanisme bitcoin qui en fait crée la rareté et de fait peut être assimilé à l’or avec ses défauts liés à sa rareté intrinsèque, on retombe alors sur le mécanisme de la chaîne de reconnaissance de dettes. ^_^ Coucou Bercy, c’est de la création monétaire totalement décentralisée ça, c’est pas cool hein!

    Pour ceux qui ont du mal avec la création monétaire, ce mécanisme peut être utilisé de façon similaire à ce l’on faisait avant avec la contre-signature de chèques. En gros, je suis une personne ou une entreprise reconnue, je paie 100 euro en créant 10 fichiers qui sont comme 10 chèques libellés de 10 euro et je les « signes » avec blockchain. Je donne ensuite ces fichiers + fichier blockchain associé en paiement et la personne qui les reçois va les accepter car j’ai bonne réputation. Cette personne va alors contre-signer à son tour avec blockchain un des fichiers pour garantir qu’elle a elle aussi bien confiance dans la chaîne des émetteurs de cette dette et ainsi remettre en payement ce fichier + fichier blockchain. On va continuer à payer ainsi de suite en cascade jusqu’à ce que quelqu’un retourne à l’émetteur pour avoir la contre valeur sous une autres forme, euro, or, etc. et le fichier blockchain permet de garantir la non-répudiation, le fichier blockchain offre la preuve qu’il est bien le premier signataire donc l’émetteur de cette dette.

    Ce qui est nouveau en termes techniques, c’est que blockchain permet de garantir la génération de la chaîne de signatures de manière efficace, c’est à dire que le temps de calcul pour générer une nouvelle signature et l’ajouter à la chaîne est de tête constant et du moins raisonnable comparé à l’effort estimé pour la casser, c’est à dire retrouver à partir d’une des signatures le secret (« mot de passe ») qui garantie l’identité du signataire.

    Comme le mécanisme cryptographique protégeant la chaîne de signatures est plus fiable que le papier, on rend caduc l’argument du monopole d’état pour garantir la qualité de la monnaie et on peut envisager, à cours termes une violente uberisation des états pour l’émission de monnaie. A plus long termes une mise en concurrence des états par des entreprise ou particuliers pour l’émission de dettes avec des arbitrages en cas de doutes sur la qualité de la gestion de chacun.

    Les points fort, plus fiable que la monnaie fiduciaire actuelle, dématérialisée donc on peut rapidement arbitrer ou exiger la contre partie sous une autre forme de valeur.
    Ce qui bloque aujourd’hui, c’est le « porte monnaie » où comment arriver à avoir un moyen efficace d’échanger ces fichiers et de les « matérialiser » car on a besoin de pouvoir manipuler et compter cette valeur, en particulier pour les petite coupure et il y aura bien sûr nos grands amis qui nous veulent du bien.

    Cf la spécification du mécanisme:
    https://bitcoin.org/bitcoin.pdf

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