Réglementation : agriculteurs et vous, un même combat !

Publié Par Guillaume Nicoulaud, le dans Économie générale

Par Guillaume Nicoulaud

Paperasse administration inflation législative réglementation (Crédits net_efekt, licence Creative Commons)

Paperasse administration inflation législative réglementation (Crédits net_efekt, licence Creative Commons)

« C’est facile de taper sur les agriculteurs mais si tu savais à quoi nous sommes confrontés en permanence notamment en ce qui concerne les normes en tout genre, il y a de quoi devenir fou. »

C’est ainsi que Jean-Baptiste Galloo, éleveur laitier à Rambouillet, perçoit l’environnement dans lequel travaillent les agriculteurs et, comme tout un chacun, il est manifestement convaincu que ce régime infernal est réservé à sa profession tandis que toutes les autres, naturellement, sont sauvagement dérégulées.

C’est assez amusant parce qu’il y a deux semaines c’est exactement le discours que me tenait le patron de mon syndic de copropriété. Il ne parlait pas des agriculteurs, bien sûr, mais de sa propre profession qui, figurez-vous, croule littéralement sous les normes et législations imbéciles. Évidemment, le pauvre homme ne pouvait pas se douter qu’un ami, agent immobilier de son état, me tenait lui aussi des propos tout à fait similaires sur sa profession ; lesquels propos, d’ailleurs, faisaient écho à ceux tenus quelques jours plus tôt par un autre ami — cardiologue celui-là.

Vous surprendrais-je, Ô lecteurs, si je vous disais que même dans la finance dérégulée (en plus d’être apatride et mondialisée), nous souffrons exactement des mêmes maux ? Réglementations aussi incompréhensibles que pléthoriques qui changent tous les ans ? Normes qui semblent avoir été édictées par des gens qui ignorent absolument tout de nos métiers (et nous considèrent tous comme des criminels en puissance) ? Administrations pointilleuses qui imposent une mise en œuvre à la lettre de textes qu’elles ne maîtrisent manifestement pas ? J’en passe…

La réalité, Ô lecteurs, c’est qu’on est tous dans le même bateau. Dites-vous bien que le monstre administratif que vous subissez tous les jours, nous le subissons tous et rien ne vous permet, a priori, de penser que vous êtes plus à plaindre que les autres. Faites donc le tour de vos voisins, des commerçants du quartier, de vos fournisseurs, clients ou lointaines connaissances et c’est la seule conclusion à laquelle vous parviendrez.

Sur le web

  1. patrons , entrepreneurs , auto entrepreneurs……littéralement submergés de réformes , lois , législations ….on leur prend la tête avec tout ce fatras et pendant ce temps ils n’ont pas le temps de penser à autre chose ; et puis ça donne du travail aux fonctionnaires , nombreux et pas toujours utiles …..

    1. Et en tant que salariés, nous faisons face à cette même hyper-réglementation qui nous empêche de travailler, de nous former comme on le voudrait… Mais ILS savent tellement mieux que nous ce qui est bon pour nous…
      Et ils sont nombreux à réclamer à l’État le beurre et l’argent du beurre…

  2. Cette tendance a l’hyper administration se retrouve aussi dans le privé et c’est le résultat de l’angoisse des dirigeants face à l’extrême complexité du monde . Cela les rassure car cela leur donne le sentiment de contrôler et surtout cela légitime leur pouvoir et les gros salaires qu’ils s’octroient. L’individualisme joue aussi un rôle : le but n’est plus de maximiser la performance de son organisation ( ce qui inciterait à responsabiliser les salariés et a désadministrer ) mais à s’occuper de soi même. Les méga fusions se sont faites dans une optique purement financière mais elles ont produit des monstres bien difficiles à gérer.il y aura sans doute des cycles inverses dans le futur pour redonner de la souplesse et de l’efficacité.

    1. « c’est le résultat de l’angoisse des dirigeants face à l’extrême complexité du monde »
      +1
      excellente remarque.
      L’angoisse et l’anxiété, la terreur devant l’idée qu’il pourrait arriver une chose qu’ils n’ont pas décider, c’est ce qui semble la caractéristique essentiels des « chefs »‘
      Ce qui conduit par exemple à cette idée absurde qu’il faut tout normalisé, tout unifier dans un régime unique capable de couvrir toutes les situations : une seule assurance santé, une seule assurance retraite, un seul pays ou, à la rigueur, 12 régions (pas 26, c’est déjà trop) fonctionnant toutes sous le même régime légal etc.

  3. le pire dans tout cela, c’est que les normes prises séparément répondent le plus souvent à une nécessité, une utilité… une demande des intéressés eux mêmes… et surtout un outil protectioniste

    Il a une solution à tout cela, c’est de transformer toutes les contraintes, obligations, normes corporatistes, urbanistiques, etc en RECOMMANDATIONS.

    Bien entendu, déroger se ferait sous la responsabilité de l’entreprise ou du citoyen, avec un incontournable sur la santé et la sécurité des clients, salariés, riverains.

    Je fais construire une maison qui sort du périmètre constructible… quelle importance si cela ne cause aucun préjudice à mon voisin… cela m’obligera juste à avoir son accord dument signé… et s’il ne veut pas.. et bien je reste dans la recommandation qu’il ne peut contester….

    je monte mon entreprise, et bien je ne m’inscrit pas à la ch des métiers, ou de commerce… je ne vois pas très bien à quoi ils servent… et je fais l’économie d’un impot ( racket plutot)… Par la satisfaction de mes clients, le bouche à oreille, je creuse mon trou… et si je suis mauvais, et bien je coule… si je coupe les cheveux de travers, je rembourse et indemnise le client… si le mur que je monte, sans garantie décennale ..; et bien le client le savait… et si je lui ai menti… je vais au tribunal…

    1. +1, ça simplifierait énormément de choses.
      Je me faisais cette réflexion sur les restaurants, en voyant venir une « ubérisation » de ce secteur, avec des fournisseurs historiques qui, du fait de devoir respecter des normes draconiennes, ne pourraient pas s’aligner avec un particulier qui cuisine chez lui.

  4. ce qui est rigolo dans la finance, c’est en plus les lois qui entrent en application alors que les décrets et modalités d’application n’ont pas été définis – voir à ce sujet la mise en place de Dodd-Frank aux Etats-Unis, ou pire EMIR en Europe, où le législateur imposait un reporting aux acteurs. Sans se demander de quoi, ni à qui… détails !

  5. j’ai fait le tour depuis longtemps et c’est une catastrophe absolue.
    Tout ceci est néanmoins à relativiser, parce que le même (agriculteur/agent immobilier/financier, etc) sera très énervé si les autres lui vendent des produits ou proposent des services qui ne sont pas totalement garantis parfaits et sans défaut et sans malfaçon et respectant l’environnement, etc et il réclamera des règles et des normes pour les autres. Si par exemple il se comporte stupidement avec ce qu’il a acquis, il ne se remettra pas en cause, il rejettera la faute sur le fournisseur qui n’avait pas prévu la totalité des cas.
    Je dis ça, je ne dis rien.

  6. Le commerçant qui doit laver son sol en bois brut chaque jour et cocher un formulaire ❗
    Les scieries qui doivent adopter les normes de l’état, alors qu’avant elles fonctionnaient très bien : étaient-elles débiles pour se débrouiller sans ❓

  7. Cela procède de deux choses: Le refus de tout un chacun de prendre ses responsabilités et donc le désir de sa cacher derrière des formulaires durement remplis, et la mesquinerie suffisante du mépris des fonctionnaires qui pensent que vous êtes tous des crétins immatures voyous stupides et vous expliquent donc comment faire votre travail. Ahh oui, il y a aussi les mamans en colère (qui peuvent être des hommes) qui veulent que l’Etat se mêle de tout pour protéger les enfants et tous les gens qu’elles aiment traiter comme des enfants pour se donner de l’importance: tout le monde.

    1. « des fonctionnaires qui pensent que vous … »

      Les fonctionnaires sont ce qu’ils sont. Peu efficaces chez nous et rendant insuffisamment de comptes, corrompus dans la plupart des pays pauvres, peu démocratiques ou à la morale élastique.

      Ceci étant, tant qu’on n’a pas inventé le fonctionnaire 2.0 qui corrige les bugs de l’ancien, on a tout à gagner à réduire leur nombre (et pas seulement pour une question de budget). Hollande en a créé combien en 4 ans ?

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