Allemagne : la transition énergétique démolit le secteur

Publié Par Auteur invité, le dans Énergie et matières premières

Par Pierre Gosselin
Un article de No Tricks Zone

Schwarzerkater-Photovoltaic-Freiburg Germany(CC BY-ND 2.0)

Schwarzerkater-Photovoltaic-Freiburg Germany(CC BY-ND 2.0)

 

E.ON, un des plus grands producteurs d’énergie en Europe, a perdu 7 milliards d’euros en 2015. L’année précédente, il avait perdu 3,2 milliards d’euros.

Le géant allemand de l’électricité a souffert non seulement des prix bas sur les marchés de l’électricité, mais les pertes étaient aussi dues à des charges de dépréciations massives, puisque la société a réduit la valeur comptable de ses actifs de génération conventionnels au gaz et au charbon.

Ce genre de choses survient quand une société énergétique est forcée par la loi d’acheter à des prix exorbitants de l’énergie solaire et éolienne aléatoire et génératrice de pertes, et de la revendre à perte sur les marchés de l’électricité. Il n’y a pas de retournement en vue.

Nous assistons à l’effondrement de l’industrie de la production d’électricité allemande, grâce à la « Energiewende » ou transition énergétique.

Le PDG d’E.ON, Joannes Teyssen, a parlé de temps difficiles lors d’une conférence de presse mercredi matin. Les deux dernières années, sa société, basée à Essen, a perdu plus de 10 milliards d’euros.

Comme Bloomberg le rapporte ici :

« L’environnement économique général et la situation dans notre industrie se sont significativement détériorés, a dit mercredi à des journalistes le PDG Johannes Teyssen, à Essen. »

Sans surprises, les pertes massives proviennent en grande partie du secteur production d’électricité, où les ventes ont chuté de 34%. L’opération des centrales au gaz n’est plus rentable du fait des prix bas sur les marchés de l’électricité.

Pire encore, les bas prix causés par la production excessive ne trouvent même pas le chemin des consommateurs. Bien que l’électricité produite soit vendue à bas prix sur les marchés à cause du surplus de productions éolienne et solaire, les consommateurs n’en tirent aucun avantage. Les Allemands paient désormais des prix quasiment records (environ 29 cents par kilowatt heure). Souvent, même les centrales au charbon sont mises à l’arrêt. Des experts ont averti que la transition énergétique pourrait coûter 1000 milliards d’euros aux Allemands.

Les actions d’E.ON ont aussi terriblement souffert. En 2008, le prix de l’action avoisinait 50 euros. Aujourd’hui elle cote un misérable 8 euros.

Le Spiegel qualifie les pertes d’E.ON de dramatiques.

Déjà en 2013, The Economist avait averti d’un désastre imminent dans le secteur énergétique allemand.

Traduction par Contrepoints de « Energiewende » Shattering German Power Sector : Europe’s Largest Power Company, E.on, Loses Whopping 10.2 Billion Euros !

  1. Combien de catastrophes faut-il pour que les politiciens comprennent qu’on ne s’affranchit pas impunément des lois du marché? A moins d’être très riche pour assumer les pertes…

  2. « la transition énergétique pourrait coûter 1000 milliards d’euros »

    C’est pas grave, c’est l’état qui paye …

    Je n’ai rien contre le principe du suicide économique collectif. Question de démocratie et de réalisme social, et advienne que pourra – le pire n’étant de toutes manières jamais certain. En revanche ce qui me gêne est que cela soit voulu, orchestré, dissimulé par une minorité d’activistes et imposé au reste de la population.

    1. Il est honorable de vouloir diminuer la pollution et le gaspillage de richesses naturelles mais est-ce bien la voie que l’on nous fait emprunter !?
      Il semble que les politiques de tous bords se soient laissés bercer de douces illusions avec des solutions douteuses pour effectuer notre transition énergétique et que dépassés par les événements ils mettent la tête dans le sable, espérant que le vent la leur fera sortir !

      1. Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Ce qu’on voit, c’est que la centrale à charbon fait le la fumée – de même que la centrale nucléaire même si dans ce cas là c’est de la vapeur d’eau. Ce qu’on voit c’est que l’éolienne tourne et ne fait pas de fumée. C’est joli, donc promouvoir la 2e pour remplacer les premières ça fait bien dans le discours.
        Ce qu’on ne voit pas, c’est que l’éolienne nécessite des terres rares, un gros travail de génie civil, ont une durée de vie limitée et font tourner l’industrie chinoise, pas nécessairement connue pour son respect des normes environnementales (bien que là bas aussi les choses soient en-train de changer). Mais comme ça ne se voit pas, le politique n’a aucune raison d’y penser.

  3. En plus ils se permettent d’être le 6ème producteur mondial de CO2.
    Et en France, les véreux veulent suivre leur voie, dénucléarisation, éoliennisation, cornofulgure, photovoltaïsation etc, etc . . .
    Des fois que l’on pourrait faire mieux que l’Allemagne, hein !

  4. C’est à ce genre d’aberration que se mesure le taux de communisme d’une société … la mauvaise nouvelle : le patient européen est salement atteint .

    1. Le bon vieux temps de la chasse aux sorcières. Hahaha

  5. La Coupe Est Pleine

    On peut aussi ajouter à leur char et te déjà bien pleine, que la subvention à haute dose du bio gaz agricole, a complètement explosé les marchés du lait et de la viande rouge.
    En Allemagne certaines fermes de bio gaz, envoient directement l’ensilage de maïs dans le digesteur. …. C’est super génial pour l’environnement et en plus ça semble super moral.

    1. Nous sommes au final punis avec cette transition, punis car nous acquittons la CSPE qui n’en finit plus de grossir, punis car le kWh augmentera malgré l’écroulement du marché de gros de l’électricité, punis car nous avons à recapitaliser EDF avec des aides de l’Etat donc avec nos impôts…
      Les productions industrielles de lait et céréales sont à l’image des énergies produites par les panoplies de méthaniseurs, panneaux photovoltaïques et autres éoliennes, c’est çà dire de qualité médiocre.

      Un petit aperçu des dégats collatéraux…

      http://www.contre-info.com/une-pomme-de-1950-equivaut-a-100-pommes-daujourdhui

      Fer : la viande en contient deux fois moins
      Au début de la chaîne, il y a la céréale. Blé, maïs et soja sont aujourd’hui plus pauvres en zinc, en cuivre et en fer qu’il y a cinquante ans. Appauvries par des décennies d’agriculture intensive et de sélections variétales, ces céréales réapparaissent dans l’auge de nos bêtes, qui, par répercussion, se trouvent moins bien nourries que leurs ancêtres.
      En bout de chaîne, l’animal devenu steak apportera moins de micronutriments dans nos assiettes. Tel est l’effet domino identifié par le chercheur américain David Thomas. Dans son étude publiée dans la revue Nutrition & Health, il constate qu’à poids égal, un même morceau de viande apporte deux fois moins de fer qu’un demi-siècle auparavant.
      Autre dommage collatéral : le lait « a perdu ses acides gras essentiels », déplore Philippe Desbrosses. Des acides essentiels à nos membranes cellulaires, notre système nerveux et notre cerveau. Naturellement présents dans l’organisme en très petite quantité, ils doivent nous être apportés par l’alimentation.
      Calcium : quatre fois moins dans le brocoli
      Mauvaise nouvelle. Si le brocoli figure sur la liste de ces légumes que vous ne consentez à avaler qu’en pensant à votre santé, vous n’avez pas fini de grimacer. Alors que ce chou venu du sud de l’Italie contenait 12,9 mg de calcium – allié de la construction osseuse et de la coagulation du sang – par gramme en 1950, ils n’en renfermait plus que 4,4 en 2003, selon une étude de l’université du Texas, soit quatre fois moins.
      Si vous comptiez sur lui pour compenser la carence en fer de votre steak, c’est également loupé. Il vous faudrait en mettre six fois plus dans la soupe pour obtenir les mêmes bienfaits que par le passé. Sur les 25 légumes étudiés par l’équipe de recherche canadienne, 80% ont vu leur teneur en calcium et en fer décliner.

  6. Je pense qu’il est grand temps d’arrêter les écologistes dans leurs délires! Jamais ni l’éolien ni les panneaux solaires ne pourront rivaliser avec les avantages du nucléaire, au moins dans nos pays du nord!

    1. C’est la dure réalité qui arrêtera les écologistes. Probablement le prochain président qu’il soit UMP, FN ou PS, quant il sera confronté à la situation économique laissée par Hollande. (Ce sera d’autant plus drôle si Hollande parvient à se faire réélire).

      1. En France, la transition énergétique a été mise en place par Sarkozy, pas Hollande.

        1. T’as raison Charles, c’est de la faute à Sarkozy !
          T’as bien fait d’intervenir, ouf ! Tu fais vachement avancer le débat.
          Sans toi ce qu’on aurait loupé là. Oh la la !

  7. patience , une fois EDF/Areva mis a genoux , ils redeviendront des champions et nous absorberons leurs surplus sans broncher et au prix fort

  8. Pierre Kirool (futur émigré)

    Comme quoi le socialisme est toujours un remède mille fois pire que le mal qu’il prétend guérir.

  9. L’énergie nucléaire est elle-aussi produite à perte. Les coûts réels ont toujours été cachés.

    1. Voudriez vous expliciter vos dires assez gratuits ? Merci par avance !

  10. Sur ce sujet, la Fondation pour l’innovation politique vous invite à lire la note de Albert Bressand « Transition énergétique européenne: bonnes intentions et mauvais calculs » (https://lc.cx/4WqX)

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