Quand la Belgique veut sur-réglementer les foodtech

Publié Par Olivier Laurent, le dans Économie générale

Par Olivier Laurent, depuis la Belgique.

Cuisine (Crédits : Stijn Nieuwendijk, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Cuisine (Crédits : Stijn Nieuwendijk, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

L’AFSCA, une autorité sanitaire belge, publie sur son site internet une page listant les lourdes contraintes réglementaires auxquelles sont exposés les acteurs de la nouvelle économie collaborative dans le secteur de la restauration.

Une opportunité de croissance pour l’économie

L’économie collaborative est la seule partie de l’économie actuellement en croissance. Le reste de l’économie belge ressemble à un désert, entre autres à cause des effets pervers d’une réglementation excessive.

Un courant d’ubérisation de l’économie a vu le jour. Cette nouvelle façon de travailler permet à des personnes de retrouver une activité et de participer activement à notre société. C’est on ne peut plus admirable. Il est vain de vouloir lutter contre cette évolution de notre société.

Une économie solidaire

Dans ce cas-ci, une solidarité nouvelle peut naître entre voisins : une voisine sans une minute pour elle peut ainsi commander des petits repas chauds chez son voisin fin bec. Ou le contraire.

Cela recrée des liens sociaux mais aussi une activité économique locale, pérenne, des liens d’amitiés se créent, une confiance s’installe, le voisin n’est plus un inconnu.

Quand l’administration utilise la peur

Pour les administrations comme l’AFSCA, c’est un cauchemar : ces administrations veulent se mettre entre ces deux voisins. Elle cherche à distiller une peur d’empoisonnement et donc installer la légitimité de leur action qu’elle va entreprendre sur le producteur de petits repas.

Il n’est plus ce gentil voisin, mais un prédateur sans conscience prêt à prendre tous les risques pour se faire quelques euros. Seul un contrôle strict permet de s’assurer que cet être sans morale ne nuise pas.

Choisissons la confiance, pas la défiance

Toute la société a été lentement contaminé par cette peur. On est plus innocent jusqu’à preuve du contraire, on est une menace, tout le monde est une menace. Sans l’AFSCA nous nous entretuerions.

N’est ce pas tout le contraire de ce que devrait être l’évolution ? Au lieu d’avoir toujours plus de contrôle, une société vraiment civilisée ne devrait pas en nécessiter moins qu’une société arriérée ? Ne sont ils pas en train de nous traîner dans la décadence ?

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  1. Bonjour

    Il faut arrêter d’être naïf… Dans l’économie du partage il y a en effet des particuliers qui offre un repas contre rétribution une fois de temps en temps mais il y a aussi des entreprises qui profite de l’économie du partage pour éviter de payer des taxes ou éviter de respecter des normes sanitaires

    Je pense qu’il est plus que temps de légiférer pour mettre des règles clair qui différencie le particulier qui partage et l’entreprise qui fraude la société

    Prenons l’exemple de l’afsca… Si demain je souhaite faire des frites pour mon voisin qui n’aime pas l’odeur et qu’il me donne 5€ dois je pour autant subir un contrôle de l’afsca pour vérifier que mon huile est saine ? Raisonnablement non

    Si par contre je fabrique autant si pas plus de frites qu’un restaurant spécialisé et donc que mon volume est très important Dois-je subir un contrôle pour assurer à mez clients que les produits que je vend ne contient pas germes ou que mon huile est bien saine et que je n’ai pas tenter de faire des économies en achetant une huile frelatée… Raisonnablement oui…

    Tout est une question de volume et de classification de mon activité Aujourd’hui ce n’est pas clair et il faut que le législateur fasse sont travail Il s’agit d’une question de santé publique dans le cas dont vous parler

    1. Oui, vous avez raison!

      D’autant plus que la vente de frites, sur assiette, fait la différence entre « la petite alimentation » qui est permise à la vente dans les cafés belges (chips; saucisse; portion de fromage …) ou chez les vendeurs de sandwiches n’autorise pas la vente de frites, critère qui fait changer l’établissement de catégorie (on parle d’établissements commerciaux ouverts au public, pas de particuliers ni, d’ailleurs, de « clubs » avec accès restreint aux membres) et donc d’obligations légales et sanitaires supplémentaires: c’est donc dans la logique du système.

      Pour le reste, ne vous en faites pas trop pour les Belges … à qui, que je sache, aucun politicien socialiste n’a osé dire que c’était un « honneur » de payer ses impôts, un devoir, passe encore!

      Mais les gens de ce pays acceptent « l’optimisation fiscale légale » (qu’ils pratiquent aussi, quand ils le peuvent) et ont bien dû accepter qu’EDF transfère à Paris 2,5 milliards de « dividende exceptionnel » , somme « collectée » en Belgique, alors que les centrales nucléaires (d’origine française) ont montré qu’elles ne pouvaient être prolongées de 30 à 40 ans sans risque ni travaux coûteux, à cause, entre autres, de « micro-fissures » dans l’acier des cuves, problème qui, à mon grand étonnement, n’a jamais été même évoqué en France.

      Il est heureux que, dès la construction de ces centrales, une sécurité supplémentaire ait été prévue avec la « double cloche », couramment appliquée actuellement.

      Quant à la phrase: « Le reste de l’économie belge ressemble à un désert, entre autres à cause des effets pervers d’une réglementation excessive », c’est vraiment une information un peu surprenante sur un site français, plutôt éloignée de la réalité! Même si l’administration reste manifestement trop lourde.

  2. Avant de s’intéresser aux contrôles que veut imposer l’état dans ce type d’économie collaborative il faudrait s’interroger sur la pertinence des contrôles de l’état dans l’économie en général et pour faire raccord avec le sujet ici, dans celui de la restauration.

    Pourquoi chaque restaurateur ne pourrait-il pas faire lui-même le choix du prestataire qu’il va choisir pour ces contrôles si tant est qu’il souhaite s’en prévaloir ? Il afficherait en vitrine le nom de son prestataire. Son assurance pourrait en tenir compte pour le paiement de ses primes. Et ça ne coûterait rien en dépenses publiques. Le nom de l’assureur pourrait même être lui aussi affiché en vitrine et une appli permettrait de savoir rapidement en flashant un QR code que le prestataire est à jour de ses cotisations.

    Dans l’industrie ça fonctionne très bien : l’état ne vient pas vérifier les soudures du chaudronnier, Il y a même des métiers où il n’y a pas de contrôle : mécanicien auto par exemple, et pourtant les clients sont des consommateurs finaux et il n’y a pas de morts à la pelle qui défraient la chronique.

    1. Le principe est le rôle « régalien » de l’état, qui, dans un pays démocratique, est responsable de la préservation de la santé des citoyens.

      Mais rien ne dit que l’état intervienne dans la vie économique pour concurrencer le privé et rien n’interdit que l’état sous-traite à des agences privées (avec appel d’offre et adjudication) rendues fiables car conformes à la législation (votée par les représentants du peuple) et forcément a-priori co-responsables de tout incident aux origines non découvertes.

      Oui, la fiabilité des agences techniques d’expertise prouve que c’est possible. Il y a la carotte et il y a le bâton: bien sûr ces agences auront intérêt à travailler mais elles s’engagent à des résultats sérieux et fiables, sous peine de sanctions, civiles et pénales.

      Comme on sait, bien plus que l’Espéranto, la corruption reste LE langage universel, compris partout dans le monde. Il faut donc légiférer moins mais soigner les cahiers des charges et la fonction de contrôle et de justice.

      1. La sécurité alimentaire dans le domaine régalien, MDR. A ce tarif il faut aussi mettre la vérification de l’épaisseur des enduits au titre de la sécurité énergétique et pourquoi pas aussi la capacité d’absorption des couches culotte ou légiférer sur ce qu’est une viande halal !
        Le régalien c’est uniquement la sécurité intérieur et la justice.

        Vous n’avez strictement rien compris au principe qui prévaut dans l’industrie et qui pourrait s’appliquer dans la consommation. C’est le client qui impose des qualités de soudure et le fournisseur s’en remet volontairement à des systèmes de qualification des opérateurs et à des procédures. Le système qualité est lui aussi évalué et l’état n’intervient pas dans ce processus. Le client n’a même pas à être technicien dans le métier de son fournisseur, il s’en remet juste à l’évaluation qui a été faite par des professionnels et à l’attestation d’assurance en responsabilité.
        Pourquoi vouloir faire intervenir l’état ? Pourquoi s’en remettre à un standard défini par l’état ?
        Faire sous-traiter des exigences de l’état : vous ne faites que déplacer le problème.

        Vous parlez de corruption : mais il vous a échappé que ce sont les assurances qui paieraient les pots cassés. C’est bien pour cela que les assurances sont les mieux placées pour évaluer les risques et procéder aux contrôles puisque ce sont elles qui dédommageront les clients.
        Corrompre qui ? L’assurance ? C’est comme si vous disiez à votre créancier que vous alliez le payer en faux billets !

  3. La Belgique c’est un peu la France mais généralement plus modérée et un peu plus intelligente, mais pas de beaucoup.

    1. La grande différence entre Français et Belges, c’est le « poids du verbe »: un beau discours peut électriser des Français et provoquer la méfiance en Belgique! Par contre un acte y a une valeur clairement plus grande. Ben oui! Concrets et réalistes; il en va de même pour « les Grands Auteurs »: ce qu’ils ont « pondu » n’a pas le même poids face une expérience personnelle!

  4. si on crée des réglementations celle ci doivent s’appliquer a tout le monde pour que la concurrence ne soit pas faussée et éviter des conflits à n’en plus finir..si mon voisin me vend un service de restauration il n’est pas différent du resto du coin avec ses plats à emporter !
    l’économie collaborative… bullshit , ce n’est que du travail au noir avec toutes ses perversions..mais pourquoi pas si cela s’applique à tous

    1. Toute les idées ne se valent pas… Ce qui est en question c’est la distinction entre vie privée et vie publique. Cette distinction très marquéee dans l’antiquité lorsque le pater familia tel un capitaine de bateau avait toute autorité dans sa villa, a été évacuée avec l’idée de la nation moderne. Le totalitarisme étant sa négation la plus absolue. Mais Hannah Arendt en fait même le reproche aux libéaux. Le fait de se focaliser sur « l’économie » est déjà une notion d’ordre privé. Le privé a envahit la sphère publique d’où la confusion. La distinction est encore présente et appliquée traditionnellement dans de nombreux articles de loi intéressants cependant (je pense aux lois sur la diffamation) … mais elle manque de consistance.

      1. À lire votre post, on a du mal à comprendre: on a quand même l’impression qu’en France, « l’autorité » intervient de plus en plus, à chaque instant, dans la vie privée des citoyens!

        Virage totalitaire? L' »état d’urgence » va dans ce sens, indéniablement. Pour lutter contre le terrorisme (peut-être), pour augmenter le pouvoir de l’état (certainement). (La France n’est sans doute plus tout à fait une démocratie depuis 1958, si jamais elle le fut.)

        Oui, l’économie est en partie, privée et discrète (cette part privée, Bercy veut y avoir accès aussi, c’est clair!).

        Oui, encore, même sur Contrepoints, on a l’impression désagréable que le « Marché » y a une telle importance exagérée, cachant à la fois la responsabilité liée à la liberté ainsi que l’exigence de ne pas nuire à autrui, rarement évoquée: ce libéralisme-là, amputé de ses « contrepoids », devient totalement débridé et trouve là, sa traduction pervertie en « néo-libéralisme », « hyper-libéralisme » ou le terme qu’on choisira pour qualifier ce fait, incarné à tort ou à raison, par le groupe Goldman-Sachs, qui n’a pour objectif qu’un maximum de profit en un minimum de temps, quitte à, pour y arriver, manipuler ce « sacré marché », utiliser des machines jouant à des vitesses prodigieuses, à la hausse ou à la baisse, même avec le premier ou le second chiffre après la virgule, ou, pire encore, « acheter » la politique (et les politiciens) qui feront leurs gains de demain!

        Ce « tout est permis » risque bien de faire de trop nombreux « adeptes au libéralisme » qui ont fait tant de tort à l’acception « essentielle » du terme.

        Ces « libéraux-là » ne le sont évidemment pas: ils n’investissent dans aucune entreprise et ne créent que leur « propre »(?) richesse, en « plumant » tous ceux qui ne jouissent pas des mêmes armes, soit les « petits porteurs » qui se sont égarés sur ce « Marché sacré » manipulé qui détruit l’économie avant de laisser payer les nations, donc les « pigeons », pour redresser la barque de leurs plus grosses entreprises (exemple GM aux U.S.A.)

        À votre avis, qui va payer pour Areva, si ce n’est le citoyen français, d’une part, et le client imbécile de la prochaine EPR qu’il attendra 10 OU 15 ans de plus que la date prévue de livraison et payera 5 fois le prix de départ?

        Hier encore, un intervenant a cité des propos de G.Soros, l’homme qui a convaincu des « amis » très riches de « jouer » avec lui, à l’aide de « droits de vente à terme », de la £, en tablant sur l’épuisement de la réserve de devises détenues par la Banque Nationale Britannique, afin de faire sortir ce pays du S.M.E.

        Mission réussie et encaissement record!

        Si c’est encore du libéralisme, alors je crois encore bien plus à l’avenir de l’ €, seule monnaie représentant un marché suffisamment grand et riche pour résister au coup prévu par le groupe G-S, et probablement préparé dès la falsification des chiffres grecs mais qui a été assez habile pour faire « cracher  » par les pays européens (donc par leur citoyens), les sommes qu’eux ont pu accumuler impunément.

        Faut-il rappeler que M.Draghi, M.Monti et une très large demi-douzaine d’autres personnalités européennes sont des anciens de G-S? Très curieux hasard?

        (N.B. Je ne crois pas au « complot mondial », évidemment! Par contre, je ne peux qu’observer la concentration de plus en plus de richesses en des mains (à la propreté douteuse) trop souvent identiques! Je puis vous assurer que si le libéralisme est bien aussi respectable que je le pense, ces « mains-là » n’en ont pas vu les exigences!)

        Tout cela n’a rien de libéral!

        Car quoiqu’on dise, le « marché » n’est ni totalement libre et ouvert, dans la réalité d’aujourd’hui (le blocus économique de la Fédération de Russie, « allié » objectif de la France et des U.S.A. en Syrie, en est un signe clair) ni sans influence sur la législation des pays, même dit-démocratiques, ni équitablement ouvert à tout individu isolé qui ne se soit pas d’abord soumis à de modernes « fourches caudines » administratives, technocratiques, etc … qui lui font payer son accès au marché, avant de vendre quoi que ce soit, fût-ce sa force de travail.

        En conclusion, il y a encore loin, me semble-t-il, entre la réalité et le « Libéralisme » théorique, « pacifique » vis-à-vis des autres et prêt à assumer, non seulement en justice mais en réalité, ses « responsabilités ».

        Et, depuis J.B.Colbert, je ne suis pas sûr que la France sot un bon terroir pour la croissance du libéralisme.

  5. Dans le paragraphe  » L’administration utilise la peur  » il est écrit  » cet être sans moral « , si en plus de ne pas respecter les règles d’hygiène ce voisin est dépressif, c’est sur qu’il y a de quoi avoir peur! :p
    La « morale  » de cette histoire, ne faites confiance à personne, empoisonnez vous tout seul!

  6. Et quand on paie le dîner avec un bouquet de fleurs et une boite de chocolats, y a-t-il une réglementation concernant ces fleurs et ces chocolats ?

  7. Ca en devient etonnant que l’AFSCA n’ait pas encore decider d’interdire l’installation de cuisine chez les particuliers. C’est tellement dangeureux de cuisiner si on n’a pas le diplome, si on n’est pas controle sur l’hygiene, les lois sociales, les normes incendies… Et si on ne paie pas de taxe sur le travail que cela represente.

    A mon avis, c’est le lobby des cuisinistes qui empeche cela

    😉

    1. Il y a un embryon de réponse et d’explication dans votre commentaire: en suivant l’exemple français, il est possible que des syndicalistes (2 « couleurs » prépondérantes en Belgique: vert = centre gauche et rouge = socialiste « bon teint ») aient piloté l’administration pour proposer un texte qui a évidemment peu de chances de passer (sauf échange malsain de concessions entre gouvernement fédéral de centre droit, très « droit » et syndicats, alliés objectifs des partis de même couleur, dans l’opposition).

      Ce serait donc une sorte de « banderilles » « pour la protection de la population », bien sûr mais surtout pour la justification des effectifs de « l’AFSCA », qui comme tout syndicat de l’administration, tient à maintenir en place et justifier ses effectifs, alors que la réductions du nombre de fonctionnaires « statutaires » est à l’ordre du jour! Hypothèse aussi intéressante que possible!

  8. A en croire les représentants de l’afsca, la mort par empoisonnement alimentaire provoquerait une Shoah tous les jours, on devrait mourir d’un empoisonnement foudroyant parce qu’on ne s’est pas lavé les mains ou parce qu’on a dépassé la date de péremption…
    L’Afsca est composée de cinglés paranoïaques.

  9. J’ai plutôt l’impression qu’on est de plus en plus tare en Belgique!

    1. C’est compréhensible si vous lisez ce que des Français en disent en France.

      Mais venez plutôt voir, pour comprendre: les 3/4 des Belges n’ont quasi aucun intérêt pour ce genre de problème: ils continueront comme d’habitude, en vendant des frites ou pas.

      Ces gens ne sont pas sensibles aux discours!

      Contrairement aux Français, les discours les laissent souvent de marbre, seuls des actes concrets les convainquent, comme la cuisson optimale des frites.

      Cela les a sauvés de bien des délires comme de se prendre pour « Charlie », de pleurer devant l’écran mettant en scène F.Mitterrand avec sa rose au panthéon en 1981, de voir un président de république découcher en scooter et autres bêtises du même tonneau.

      Ils voient simplement le taux de croissance remonter et vont parfois acheter en France ce qui est moins cher que chez eux, tant que l’essence est bon marché!

  10. Tout ça fait penser à l’évaluation par l’état d’un manque à gagner potentiel et d’une partie de l’économie qui n’est pas aujourd’hui contrôlable et taxable alors allons-y dans le mensonge et indiquons qu’il s’agit de raisons sanitaires…et commençons à se positionner discrètement !

    Si pour une fois l’état pouvait laisser un peu faire en créant, une fois n’est pas coutume, une commission chargée d’ observer les pratiques avant de légiférer !

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