Non, le gouvernement ne doit pas aider les agriculteurs

Publié Par Emmanuel Bourgerie, le dans Agriculture

Par Emmanuel Bourgerie.

agriculture matthias ripp(CC BY 2.0)

agriculture matthias ripp(CC BY 2.0)

Les agriculteurs demandent une fois de plus de l’aide du gouvernement, dans la grande tradition du patronat français qui court pleurer dans les jupes de Maman-État à chaque fois qu’il a un problème. Et passons sur le fait que les agriculteurs ont bien compris que c’est en étant les plus insupportables possible auprès du public qu’ils auront gain de cause (merci les taxis pour avoir montré l’exemple).

Autant je peux sympathiser avec la situation économique difficile de nombreux d’entre eux, autant il faut reconnaitre que leurs méthodes sont inacceptables et leurs demandes irrecevables, et ce pour trois raisons :

1) La classe politique ne cesse de nous rabâcher la nécessité de développer un sentiment européen et fédéraliste, mais dans le même temps cultive la nécessité de maintenir une « souveraineté nationale » en matière agricole. Que je sache, les États-Unis n’ont pas de quotas agricoles entre leurs États pour s’assurer de la souveraineté de chacun. Certains États produisent (beaucoup) plus que d’autres, et personne ne s’en plaint. De même au sein de nos départements. Il me semble que Paris est nette importatrice de produits alimentaires, mais pour autant ne cherche pas à se protéger de l’influence néfaste de la viande bretonne.

Pourtant il faudrait que la France se protège du mouton irlandais et des carottes espagnoles ? Pardonnez-moi, mais j’ai un peu de mal à suivre le raisonnement. On ne peut pas dans le même temps célébrer le maintien de la Grèce dans l’euro comme étant une victoire européenne, et entretenir le fantasme d’une guerre mondiale avec nos partenaires économiques pour justifier une agriculture indépendante.

2) Aider les agriculteurs irait à l’encontre des règles économiques de base. Je sais qu’il est commun d’admettre dans les diners mondains que l’économie est une chose froide et insensible à la souffrance humaine, et que le politique est le Saint Juste censé contrecarrer cette austérité néolibérale thatchérienne reptilienne.

Malheureusement, l’économie c’est aussi expliquer qu’un repas gratuit n’existe pas, et qu’aider financièrement les agriculteurs coûtera forcément à quelqu’un d’autre.

Si les agriculteurs sont moins compétitifs que leurs concurrents (encore une fois, nous ne sommes nullement en train de les comparer à des pays émergents, mais à des partenaires comme le Royaume Uni, l’Espagne ou les États-Unis), alors il est dans l’intérêt général des Français et dans l’intérêt général des pays exportateurs que les agriculteurs français cèdent du terrain face à la concurrence étrangère.

Tel est  l’enseignement de Ricardo et des avantages comparatifs. Si l’Espagne est fondamentalement plus compétitive que nous sur l’agriculture, elle sera plus riche en s’y spécialisant et en augmentant sa production, et nous serons nous aussi plus riches en important, puisque les prix plus bas dont nous profitons représentent des ressources que nous pouvons utiliser à d’autres fins.

Aider les agriculteurs français (surtout au nom de l’emploi) est un non-sens complet, puisque toute aide financière proviendra forcément d’une taxe, donc l’impact sera de détruire ou d’empêcher la création d’emplois dans d’autres secteurs.

L’économie de la redistribution est un jeu à somme nulle, et l’accumulation des crédits d’impôts et aides d’État pour les entreprises, qu’il faut bien financer par des prélèvements, est devenue un tel frein qu’elle explique en partie la faiblesse de l’économie actuelle. Taxer les secteurs sains pour financer les secteurs en difficulté n’est rien d’autre qu’une prime à la médiocrité, ce qui n’est pas réellement un modèle de croissance durable.

Par ailleurs, un pays riche n’est pas un pays qui produit tout sur son propre sol, c’est un pays capable de produire de la valeur ajoutée. Importer un objet pour 1 euro et le transformer en quelque chose vendu pour 5 euros contribuera bien plus à la richesse du pays que de tout produire localement, et donc se retrouver avec des prix plus élevés. L’iPhone en est un exemple parfait : les pièces sont assemblées dans divers pays asiatiques pour 200$, mais le produit final sera revendu 650$. Le « Made in China » n’a aucun sens ici, puisque plus des deux tiers de la valeur sont ajoutés aux États-Unis.

3) Et enfin, une nuance sur les deux points précédents est importante à apporter. Ils partent tous deux du principe que l’agriculture française est fondamentalement moins compétitive que ses concurrents, ce qui pourrait ne pas être le cas. Il est vrai que dans cette hypothèse il serait préférable de réduire notre voilure et de préférer importer nos produits agricoles, mais nous pourrions aussi nous interroger sur les raisons de ces écarts de compétitivité.

On retrouve ici une situation étrangement similaire au reste de l’économie française, dont il est difficile de ne pas ressentir un très fort déjà-vu. Les entrepreneurs français souffrent d’un mal bien singulier : ils se plaignent d’être moins compétitifs que leurs voisins et demandent des aides pour y remédier.

La réalité est que l’appareil d’État et européen œuvre massivement afin de tordre le marché agricole pour qu’il se conforme à leurs rêves humides dirigistes, et que l’accumulation de normes en tous genres peuvent potentiellement poser problème. Dans quelle mesure ? C’est une question à laquelle je ne saurais répondre, mais il est cependant nécessaire de se poser la question : peut-on réellement se plaindre d’une agriculture sous-performante quand nos politiques ont créé un cadre législatif extrêmement contraignant ?

Et si le politique doit être mis en face de ses responsabilités, que dire des agriculteurs eux-mêmes ? Ne sont-ils pas ceux qui ont constamment pesté contre les évolutions du marché agricole et n’ont eu comme réflexe que d’aller pleurer dans les jupes de leur député local, qui aura promis monts et merveilles ?

Eux aussi doivent se remettre en question, et ne pourront pas échapper aux lois de l’offre et de la demande. Qui, rappelons-le, sont in fine dictées par les consommateurs eux-mêmes, et non pas les illuminatis monétaristes. Ceux qui acceptent de se conformer à ce que les clients demandent et qui se remettent proprement en question pourront prospérer, mais il faudra accepter que le visage de l’agriculture a changé depuis le 19ème siècle, et que le fantasme de l’agriculture paysanne est derrière nous.

Sur le web

  1. On en doit pas aider nos agriculteurs …..ni leur mettre des bâtons dans les roues du tracteur pour des raisons politiques( enfin , du capitalisme de connivence)..et c’est pour cela qu’on les aide a ne pas mourir trop vite , il ne faut pas que cela se sache, l’électeur doit rester un ignorant !.
    Et c’est valable pour toutes les entreprises françaises agricoles ou pas .

  2. Le problème, c’est qu’il s’agit là d’une part de bon sens, et d’autre part de déplaire à court terme à une nuée de personnes qui ont une capacité de nuisance. Donc le résultat est plié : les robinets à pognon (qu’on n’a pas mais c’est pas grave) vont s’ouvrir en grand, ça va calmer les choses pendant quelques temps (idéalement jusqu’en 2018), et ça repartira de plus belle. Ça fait 40 ans que ça dure, pourquoi voulez-vous que ça s’arrête ?

  3. Par contre si le gouvernement pouvait cesser de leur pourrir la vie !

  4. 100% d’accord avec l’article, et ça fait du bien.

    Et en plus les aides sont toujours accordées aux plus violents et gênants. La police et la justice ont ils encore une utilité au-delà des PV ?

  5. Excellent. Mais en fait, nos agricultures sont des serpents qui se bouffent la queue. Ecrasés de lois sociales, nos fermiers ont dû se séparer de tout leur personnel salarié, et le remplacer par de méga machines achetées à crédit,
    L’interventionnisme étatique a un coût, et comme toujours, les premiers pénalisés sont ceux qu’on prétendait aider.
    Supprimons les quotas, les subsides, les mesures incitantes, et autres fantaisies électoralistes, et rendons à ceux qui en ont la peine la pleine liberté de leurs décisions.
    La compétitivité reviendra vite, et au bénéffice de toute la société.

    1.  » nos fermiers ont dû se séparer de tout leur personnel salarié, et le remplacer par de méga machines achetées à crédit »
      Je vous rassure les agriculteurs n’ont pas les moyens non plus de s’acheter les méga machines, cela fait longtemps qu’ils se sont organisé en CUMA , leur permettant de partager un grand nombre de machines et donc de partager les frais.
      Je vous rassure aussi car en réalité le problème de l’élevage en France n’en est pas vraiment un :
      – L’élevage est l’une des professions les plus victimes au suicide mais aussi l’une des profession avec le moins de nouvelle vocation, d’ici quelques années il n’y aura plus de problème car il n’y aura plus d’éleveurs.

      Les éleveurs français génèrent près de 470.000 emplois indirects, ce n’est pas la fin de petites exploitations dont il est question mais de 470 000 emplois.

  6. Voila l’archetype d’article debile qui n’a rien a faire sur contrepoint et qui nuit a l’image de ce site.

    Il est plus que grand temps que les agriculteurs reclament des compte a l’Etat et ce pour plusieurs raisons.
    Le fait que l’on entende repeter que les demandes les plus stupides et les plus ubusques et de voir un auteur en conclure a la lecture des résumés transmits aux journalistes par la FNSEA fait malheureusement parti de manipulation auquels journalistes, media et politiques se prêtent involontairement par simple incapacité a l’effort: se renseigner par eux-mêmes.
    Alors pour la multitude d’incultes suffisament pretencieux pour avoir un avis sur un secteur d’activité qu’ils ignorent totalement, voici quelques elements de reflexions:
    Les Etats europeens imposent a leurs agriculteurs un marche commun et uniquement un marché: des prix identifiques et des produits en concurences en apparence dans tout les pays…
    Oui maos voila, chaqu’un de ces Etats providences pourri jusqu’a la trogne garde bien precieusement sa souveraineté sur tout le reste!
    Maintenant, aller expliquer a un agriculteur francais qu’il doit se battrent contre des espagnols a la MO moitié moins chère, contre des Italiens ou des Allemand avec une reglementation phytosanitaires qui leurs autorise 10 fois plus de produits que chez nous ( et dont les produits gazés sont par contre en vente libre en France: on protege aucun consommateurd mais on flinge les producteurs!) Ou encre avec des exploitations de tailles moyenne au 1/3 des concurents europeens a force de politique condtructivite ( SAFER …).
    Bref, 100% des problemes des agriculteurs viennent des politiques debiles et demago de l’Etat, alors s’ il y a bien un acteur a qui s’ en prendre et qui devrait comprendre rapidement s’ il ne veux pas une revolution ultra-violente, c’est l’Etat. L’Europe vu des champs, c’est tous les inconvenients du marche unique additionner de tous les barrieres economique et sanitaires nationales.
    Regretable de constater combien dans les villes les gens semble avoir oublier le role fondamentale des agriculteurs dans l’economie, la santé et l’amenagement du territoire! Nous sommes entourer de bobo abreuver de journaux vides qui s’ imagine que les agriculteurs sont les vilains empoisonneurs qui poluent leurs cours d’eau…

    1. heureusement que vous êtes la pour mettre le doigt sur les problèmes car outre les problèmes phyto et autres normes les charges et les impôts font que plus rien ne pousse en France ni agriculture ni industries sauf les impôts; les chômeurs et les fonctionnaires ceci est tellement vrai que le 29 juillet sera la fête nationale de notre libération du carcan de l’état 57% de prélèvements

      1. La Coupe Est Pleine

        Je pense que si l’on considère bien tous les prélèvements, on est un peu au-dessus de 65% de ponction étatique.

      2. @ « JOHN CRUDIN » et @ « La Coupe Est Pleine »

        Ces chiffres devraient s’afficher sur le tableau de bord de chaque ministre: En fait, si je n’ai pas idées des « prélèvements » que l’état se réserve sur les revenus (que met-on dans « les prélèvements », à part la fiscalité directe et indirecte, les cotisations sociales …?), par contre le rapport de 57 ou 58% de PIB qui correspond au dépenses du secteur public est officiel (contre 45% pour l’Allemagne. Clairement les 2 chiffres devraient être liés.
        C’est en cela qu’on peut voir une faiblesse de l’article: si le ministre garde son idée d’augmenter de 31 à 34 cents le prix du litre de lait à la ferme, il est clair que la hausse (+ TVA!) sera répercutée sur le consommateur. C’est donc bien la « gourmandise » du secteur public qui commande aux consommateurs de payer plus, en prélevant la différence de TVA, au passage: c’est bien la preuve que la « redistribution » n’est pas une opération « blanche »!

    2. La Coupe Est Pleine

      On nous impose plus qu’un « marché commun », on nous impose de vendre nos productions aux cours mondiaux, tout en nous imposant de n’acheter nos fourniture qu’à des fournisseurs Français !
      Impossible d’acheter un sac de semences en Espagne même si le produit est identique et certifié en France !
      Faut pas froisser les coops et négoces voyons !
      En plus ces derniers collectent des taxes soumises à la TVA sur nos phytos, semences, engrais. Comprenez que l’état ne va pas nuire à ses propres gabellous.

    3. La Coupe Est Pleine

      « Voila l’archetype d’article débile qui n’a rien a faire sur contrepoint et qui nuit a l’image de ce site. »
      Je trouve que vous y allez un peu fort, de plus comprenez que l’auteur est un « ancien Pirate et EELV », donc il y a des circonstances atténuantes ! Et notez que par rapport à la production qu’il avait sorti l’an dernier on voit qu’il a fait des efforts.
      D’ailleurs il parle aussi du « carcan étatique » dont soufre l’agriculture.
      Pour ma part je pense que La FNSEA elle aussi a longtemps surfé sur la mendicité des aides pour avoir de quoi protéger « le bon vivre Français ».
      Il y a aussi un autre phénomène en agriculture, la « CONfédération Paysanne ». En fait ces gens sont en luttes perpétuelles contre l’agri-business. Ils rêvent de montrer qu’une petite ferme peut être tout aussi viable. Faut juste pas être trop exigeant.
      Mais comme ils tardent à démontrer leurs théories ils sont près à mettre des bâtons dans les roues du reste de l’agriculture « productiviste ».
      En fait l’agriculture c’est comme le reste de la population Française, une partie veut bosser et progresser, une autre voudrait ne rien foutre ou pas grand chose, tout en étant jaloux du « pognon » de ceux qui parviennent à un résultat. Au final tout le monde braille et c’est la cacophonie, donc l’état plâtre le tout avec de l’argent public pour avoir la paix.

      1. +1
        « Et notez que par rapport à la production qu’il avait sorti l’an dernier on voit qu’il a fait des efforts. » +2 😀

      2. +3
        la libre circulation des produits n’existe pas dans l’UE.

    4. « 100% des problemes des agriculteurs viennent des politiques »

      Vous avez en partie raison, mais a-t-on entendu les agriculteurs, du moins les violents qui passaient à la TV, réclamer le recul de l’Etat dans ces domaines ? Qui donc a saccagé les installations de la ferme des 1000 vaches, ferme également victime d’un harcèlement bureaucratique insensé ? Qui donc s’attaque à Lactalis, histoire de racketter cette entreprise, au lieu de dénoncer l’Etat obèse ? Les Martiens peut-être ? Quand donc les syndicalistes violents comprendront-ils que leur modèle de production collectiviste est périmé et déjà condamné ?

      Donc, si l’Etat porte l’essentiel de la responsabilité de la situation, certains agriculteurs ultra-politisés sont aussi responsables des difficultés de la profession. Pourquoi devrions-nous financer des patrons-agriculteurs qui refusent de s’organiser raisonnablement pour devenir rentables, alors que des solutions existent en dehors de toute subvention ? Pourquoi devrions-nous accepter d’être les otages, et bientôt les victimes d’une rapine supplémentaire, dans une affaire de mauvaise gestion qui ne nous regarde pas ?

      La situation européenne que vous décrivez, cela s’appelle la concurrence fiscale et réglementaire. Dans cette affaire, l’Obèse franchouillard est l’idiot buté du village européen qui refuse toute réforme. A la longue, sa position est de moins en moins tenable. Ceci dit, même sans le marché commun, les Etats devraient quand même adapter leurs taxes et leurs normes à la réalité de la concurrence internationale pour que leurs producteurs respectifs survivent. L’intérêt du marché commun est seulement de fixer une règle du jeu commune au lieu de faire cohabiter autant de règles qu’il existe de relations bilatérale.

      1. L’État et les syndicats représentatifs et donc autorisés à participer à la réunionite légale , c’est pas la même « chose » ?

    5. La France est un pays fertile, on y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts.—Georges CLÉMENCEAU

    6. Fallait refuser le pognon donné par l’Etat.

      1. +1
        Et qu’on ne me dise pas que ce n’est pas possible, que ci, que ça… les Néo-Zélandais l’ont bien fait et s’en portent d’ailleurs très bien.

  7. La Coupe Est Pleine

    « l’agriculture a changé depuis le 19ème siècle, et que le fantasme de l’agriculture paysanne est derrière nous. »
    Le problème est bien là, en effet. Mais que voulez-vous, la France est torturée entre cultiver une image d’épinal, ce qui fonctionne très bien pour son tourisme, et laisser vivre le reste de la population.
    En plus nous avons un autre phénomène, l’ultra-gauche peinte en vert qui elle rêve de nous renvoyer au moyen-âge pour certains et au paléolithique pour d’autres.
    Faire la synthèse de tout ça est forcément assez erratique.

  8. Et respecter RICARDO svp parce que vous le citer en dehors du contexte, la theorie des avantages comparatifs ne tiens pas compte des embaques d’origine purement politique: les agriculteurs Francais ne sont pas en libre concurence avec leur voisins: vous etes juste ridicule.
    Vous devriez prendre plus de distance, se sont les paysans qui font les revolutions, pas les enseignants…

    1. Mouais ben les paysans ils commencent à nous les briser menues. Qu’ils aillent bloquer les rues autour de l’Elysée ou de l’AN… puisque c’est de là que viennent leurs problèmes.
      Et merci de faire un effort dans votre texte… relisez-vous svp.

    2. Comme si Ricardo avait instauré des conditions strictement égales entre les zones économiques pour sa théorie des AC…
      Vous croyez que les conditions entre les diverses régions françaises sont exactement les mêmes ?

      Viiiite, rétablissons l’octroi !!!

    3. Hum.
      Les paysans suivent les révolutions, les enseignants les font.

      Sur un marché tout le monde est en situation différente, ça n’empêche pas l’allocation optimale des ressources : si pour des raisons x ou y les paysans français sont structurellement incapables de faire aussi bien que les paysans d’autres pays, il faut qu’il se mettent à autre chose. Enseignants, peut-être ? Ils sont bien payés, foutent rien, parlent de ce qu’ils ne connaissent pas, toussa, toussa.

      Bref, si les paysans étaient moins idiots (ou drogués à la subvention) ils feraient autre chose et vendraient tout. Et s’il est réellement utile pour le pays, le gouvernement ou je ne sais qui qu’il y a plus de paysans en France, les contraintes qui les rendaient non compétitif sauteront.

      Bref, Ricardo a quand même raison (et donc l’auteur, même si… ), faut juste le comprendre un peu mieux et observer la situation de façon un poil plus neutre.

  9. Encore un article à l’appui de la thèse selon laquelle les agriculteurs préféreraient aides et prêts bonifiés à la liberté de cultiver et d’élever sans une avalanche de normes et de contraintes ! La liberté de vendre en Russie, ou sans passer par la chaîne de connivence des intermédiaires.
    Les agriculteurs l’ont répété ces derniers jours sur tous les tons dans les médias : ils ne veulent plus d’aides et de cautions pour que l’état rembourse la banque à leur place une fois qu’ils auront fait faillite, ils veulent un cadre stable et libre où ils pourront exercer honnêtement leur activité. Je ne soutiens pas leur mode d’action, mais comment ne pas comprendre leur irritation et leur colère quand on voit de quelle manière leur message est déformé et retourné par les articles de presse ?

    Donc, oui, le gouvernement ne doit pas subventionner les agriculteurs, mais il doit immédiatement cesser de les contraindre. Pourquoi faut-il une autorisation pour augmenter le nombre de porcs, de poulets, de vaches de son exploitation ? Comment peut-on être condamné en justice pour avoir plus de vaches qu’autorisé par le soviet suprême ? Et comment se fait-il que quand le porc est acheté à 1.35 à l’éleveur, il soit revendu à 10 au consommateur sans que quiconque ait la permission de monter un circuit de distribution concurrent de celui des amis du pouvoir ?

    1. MichelO le message des agriculteurs entendu nuit et jour avec violence à l’appui et lâcher de cochons dans les rayons et déversement de lisiers devant les entrées de supermarchés c’est que ce sont les distributeurs qui sont trop méchants et qui font des marges énormes.
      Votre réflexion me rappelle celles des fonctionnaires qui se mettent en grève pour défendre le service public mais qui négocient par derrière leurs avantages acquis et à acquérir.

      1. C’est peut-être le message que vous entendez, mais celui que moi j’entends est qu’il est interdit de se mettre centrale d’achat à la place de la centrale d’achat. Les distributeurs ont un monopole, entretenu par les réglementations, et ceci avec l’accord de l’état. Les paysans ont aussi brûlé des centres des impôts et de la MSA. Il n’y a rien de libre marché dans la manière dont les prix leurs sont imposés : ils livrent leur lait ou leur viande, et reçoivent un paiement à la discrétion de l’acheteur. S’ils ne veulent pas du prix, ils restent avec leur marchandise, le lait UHT et la viande congelée, ça se stocke très bien, le distributeur peut jouer la montre, pas le porc sur pied…

        1. MichelO
          Les agriculteurs ont échoué dans toutes leurs tentatives pour créer des circuits de distribution parallèles. Ça a commencé avec les coopératives qui opèrent un nivellement de la qualité par le bas.
          La vente directe itou. Il n’est pas possible de lisser une offre et une demande tributaire de conditions externes au producteur avec seulement 50 ou 100 clients.
          De là 2 solutions :
          – soit vous imposez un panier sans rapport avec les besoins ou demandes des consommateurs et vous leur livrez cher ce qui est bon marché car abondant,
          – soit vous ne satisfaisait mas la demande et vous prenez vos pertes pour le surplus.

          Dans les 2 cas vous avez des consommateurs insatisfaits.

          Les agriculteurs et éleveurs veulent le beurre et l’argent du beurre. Les taux de bénéfice net des enseignes de distribution sont de 2% environ. Où sont les mega-marge ?
          Vous propagez comme tous les médias que le porc acheté à 1.35E se retrouve à 10E à l’étal. Ce qui est faux : d’une part le prix d’achat concerne un porc sur pied (carcasse et abats compris) et le prix dont vous parlez ne concerne que le filet mignon, et encore. Un petit tour hier à Carrefour sur du porc français filière qualité à la découpe: rôti filet 4.5E/kg, rôti échine 3.5E, cotes : 4.5E, filet mignon 9.5E. Je sais bien que dans le cochon tout est bon mais il y a force abats dont les prix ne dépassent pas 1 ou 2E/kg ou d’autres morceaux dont la préparation fait que le prix de vente est presque uniquement de la façon : fromage de tête, boudin, andouillettes… abats qui ne valent rien sans ce travail mais qui même avec cette prestation ne dépassent guère 4 ou 5E/kg. Même le jambon tranché et emballé flirte seulement avec les 10E/kg.
          M’étant propulsé vers le boucher présent sur les lieux il m’a indiqué que le prix moyen du porc à la découpe vendu sur son rayon -pondéré par les poids- était de 5.5E pour un prix de carcasse sans jambon ni épaule de 2.25E/kg. Wah la marge !
          J’en ai autant pour les producteurs de fruits. Les producteurs de légumes à l’image d’une certaine coopérative bretonne sont mieux organisés, mais la fraîcheur n’y est pas : achetez une tomate chez Métro et une en grande distribution et faites la différence, et après une semaine c’est flagrant.

  10. Le mal Français

    Ex gérant de ma SARL :
    Cotisations Sociales : 52 %
    Tva : 20 %
    Impôt sur les Sté : 15 %
    Taxe CFE (ex taxe professionnelle) : 5 %
    49%+20%+15%+ 5 %=89 % (a peu prés)
    Sans compté les frais énergétiques (Tel, électricité etc )
    Donc quand je gagne 100 euros, il ne m’ en reste que 11 €.
    Si les agriculteurs ont les même charges..Vous comprenez pourquoi la France n’est plus viable.
    Depuis je cherche a me délocaliser en Espagne
    A oui l’ Espagne :
    Charge sociales du gérant : agriculteur ou non : 248 € /mois, cotisation fixe, quelque soit votre salaire.
    A réfléchir…. .

    1. Avec votre total de %, vous additionnez les torchons et les serviettes.

  11. Je trouve l’auteur de l’article très dur et je pense qu’il se trompe de cible en désignant uniquement ces professionnels comme responsables.
    Les agriculteurs sont menottés par l’état et leur seul salut est de libérer le secteur et la plupart sont pour (pas ceux qui sont politisés évidemment). Toutes ces professions corporatistes sont malheureusement dirigées par des syndicats ultra politisés qui nuisent totalement à chaque profession.

    D’autre part, je vous trouve aussi très léger sur la concurrence européenne.

    Ce pays ira mieux lorsque la dépense publique chutera sous les 40% du PIB et par conséquent la fiscalité chutera.

    1. Sous les 25%, voire 20% ça serait mieux. Et une dépense qui ne serait que Justice, Police, Défense/Diplomatie, avec, peut-être de l’entretien des routes et des espaces verts.

      ET qu’il supprime les lois, règlements et autres contraintes, parce que la part de l’Etat dans la vie des gens n’est pas mesurée que par les impots et la dépense. Je préfèrerai 60% de dépense publique et pas de règles débiles partout à 40% de dépense et plein de règles idiots. Bref, le Danemark est moins pire que la France même d’il y a 10 ans.

  12. Pour répondre au 3ème point, il est indéniable que les normes ultra protectionnisme environnementales ont rendu l’agriculture française non compétitive :
    diminution drastique des produits phyto disponible, limitation des apports d’engrais pour limiter les nitrates dans l’eau (qui sont aujourd’hui plutot bon pour la santé), taxe sur les phytos, surcoût énergétique lié aux énérgies renouvelables, coût de la main d’oeuvre élevé, norme de sécurité de plus en plus drastique, utilisation du GNR, nouveau moteur pour les tracteurs avec ADBLUE obligatoire, peu de possibilité de regrouper les unités de productions sans avoir de nouvelles normes et contraintes, limitation de l’irrigation dans les nappes ou pas de possibilités de créer des retenues d’eau, pas accès aux nouveaux matériaux génétiques (OGM), les nouvelles technologies ne sont pas encore homologués dans la gestion de l’azote, des conditions de mise en culture stupides sans se préoccuper des particularités géographiques de petites régions, des règles d’applications des produits phytos de plus en plus complexes (parfois stupide) qui nécessitent obligatoirement l’utilisation de logiciel… La liste est loin d’être exhaustive mais la baisse de compétitivité est dramatique. Pas besoin d’aide, juste de nous laisser faire notre métier.

  13. Etant agriculteur (éleveur), je suis tombé par hasard sur le titre de votre article, et, étant curieux, j’ai lu cet article avec comme objectif de déceler vos connaissances sur le monde agricole!
    Et il en ressort 2 finallités : non seulement vous n’y connaissez rien en agriculture mais pas plus en économie!
    Je me dit donc que vous êtes sans doute militant d’extrême gauche avec vos idées arrêtées et en remontant l’article, je vois votre encadré vous présentant comme militant EELV!
    Et là, je me bidonne devant l’écran depuis 5 minutes! Oser dire que les paysans ont des manières de revendiquer innacceptables!!!Ahahah! Votre mémoire est sélective, voudriez vous me rappeler qui a tout cassé à Notre dame des Landes, au barrage de Sivens pour les violences les plus connus! Ou à la ferme des milles vaches? Qui détruit les champs D’ogm en France (même si je suis pas pour, on pourrait laisser faire les chercheurs faire leur travail non)? De quel bord politique vient José Bové, personnage reconnu coupable de violences à maintes reprises??
    Vous êtes un rigolo monsieur qui n’avez aucune idée des difficultés rencontrées par nous agriculteurs et autres petits patrons d’entreprise!!
    Vous ne connaissez pas la pression que l’on nous impose, que ce soit en amont ou en aval, les contrôles subies, notre dépendance à l’Etat et à Bruxelles!
    Comme beaucoup de personnes , vous vous permettez de critiquer à tort et à travers! Mais sachez que pendant que vous gagnez sans doute entre 2000 et 2500 euros par mois (si ce n’est plus), pour 35 heures travaillées et avec 5 semaines de vacances (sans compter les RTT évidemment), nous gagnons à peine le SMIC pour 60 heures de travail et 1 semaine de vacances!
    Avant également de comparer les aides du gouvernement (qui pour 500 millions sur les 600 sont des reports d’échéance à payer quoiqu’il arrive), sachez que l’agriculture avec les emplois directs et indirects est l’un des plus gros fournisseurs d’emploi en France!!!
    Pour info également, puisque vous critiquez les aides agricoles et que vous avez l’air d’adouber l’économie US : sachez que les aides aux exploitations US coûtent 520 dollar par habitant, et qu’en Europe, cela nous coûte 280 euros par habitant!

    Note de la modération : critiquez les articles autant que vous voulez, mais merci d’éviter impérativement les attaques ad hominem contre les auteurs.

    1. Vous et vos copains me volez donc 280 et vous trouvez que ce n’est pas assez ?

      1. Un peu de math ne peut pas nuire! la dette française est de 2000 Mds €! Par habitant, cela représente 30 800 €. Excusez nous de vous « voler » même pas 1 % de ce montant! Sachez monsieur, qu’un agriculteur français fournit un travail à 5 personnes.
        Excusez nous de réclamer un salaire décent (on ne demande pas la lune non plus, juste de vivre convenablement).
        Pour info, les allocations chômage représentent 34,3 Mds € par an soit à peu près 500 € par hab, et pourtant, je n’ai pas votre culot d’oser dire que les chômeurs me volent 500 euros!!!

        1. Il faudrait moins d’état, moins de blocages, de monopoles…

        2. Les allocations chômage, c’est pas en échange de cotisations ?
          Les manifestations avec destruction de routes et autres biens payés par l’impôt « des autres » ça commence à bien faire.
          Attaquez vous aux vrais responsables…aux « regulateurs » publics et para publics qui vivent de votre travail …. Ils sont trop nombreux , s’infiltrent partout et tous les secteurs non de localisables sont ou vont être concernés .

          1. La Coupe Est Pleine

            « Attaquez vous aux vrais responsables…aux « regulateurs » publics et para publics  »

            Il y a eu un centre des impôts assiégé et 4 bureau de MSA incendiés. C’est peu, mais que voulez-vous malgré une grosse démonstration de moyens, il reste très difficiles de s’en prendre aux symboles de l’état dans un pays communiste …

            De plus critiquez pas trop les syndicats agris, parce que depuis le temps que je lis Contrepoints, je pense que pour vous aussi les cibles sont bien identifiées …. Et j’attends encore le premier début de révolte Libertarienne ….

    2. sachez que pendant que vous gagnez sans doute entre 2000 et 2500 euros par mois (si ce n’est plus), pour 35 heures travaillées et avec 5 semaines de vacances (sans compter les RTT évidemment), nous gagnons à peine le SMIC pour 60 heures de travail et 1 semaine de vacances!

      Et bien soyez logique. Tirez-en les conclusions pour vous, revendez tout et devenez vous aussi un gus à 2000 ou 2500€ par mois pour 35h de travail. Laissez les idiots bosser 60h par semaine pour un salaire de misère.

      La démarche contraire, constater qu’après les décisions que vous et d’autres avez fait dans le passé, vous êtes moins bien loti que les autres et en conclure qu’il faut que les autres financent vos choix, c’est du fascisme ou du stalinisme, au choix. Pas glorieux en tout cas.

  14. « L’économie de la redistribution est un jeu à somme nulle »

    Non, non et non !

    Il faut payer quelqu’un pour collecter les fonds ($), quelqu’un pour les distribuer ($).

    Mais aussi, celui qui est ponctionné dépensera pour être un peu moins ponctionné ($ expert fiscaliste).

    Celui qui qui recevra dépensera pour recevoir plus ($ temps passé à monter des dossiers de demandes de subventions).

    L’économie de distribution est très chère, et donc très appauvrissante car les dépenses sus-nommées ($$$$) ne sont pas productrices de richesse et sont à fonds perdus.

  15. Pourquoi est ce que le pourcentage de « gratte-papier » a explosé en 100ans? La seule raison c’est qu’il y a de moins en moins de monde à la production et beaucoup plus dans les bureaux. Bref journalistes et autres fonctionnaires ne créent aucune richesse et encore moins de quoi nourrir leur famille. Alors supprimons le peu qui reste de productivité en France au profit d’autres pays comme la chine, on aura ainsi une dépendance totale envers ces systèmes économique que l’on envie tant.
    Aucun journaliste n’a le droit de critiquer quelqu’un qui produit, quelqu’un qui lui permet de s’exprimer, qui lui permet de vivre dans un pays libre et encore en partie indépendant. Et je rappel que la seule chose que demande les agriculteurs c’est de vivre de leur travail ni plus ni moins. Le SMIC n’a jamais été instauré chez les agriculteurs et quand l’état vous encourage à vous endetter pour produire plus et qu’après il ne fait rien pour maintenir un prix des matières premières convenable, il faut pas s’étonner de voir du monde dans la rue

    1. Sauf que si il suffisait de décider tout seul de produire un truc pour que les autres l’achètent ça se saurait. Et pour diverses raisons , l’agriculteur ne se pose pas assez la question de savoir ce qu’il doit produire et comment..

      zut alors ce ne sont pas des chinois qui nous vendent du cochon ou du lait mais les allemands et les hollandais…je vis à la campagne je suis fils de petit paysans , j’ai eu cette conversations avec des producteurs …
      Normalement quand on ne vit plus de son travail on en change ou on change de méthode.
      On peut dénoncer la bureaucratie mais pas la peine de dire des contre vérités.

  16. Après avoir autant découragé les gens à manger de la viande, on se demande pourquoi les éleveurs sont en faillite…

  17. ce genre d’article pose problème , un peu comme pour les taxis… soit comment sortir de ce merdier sans faire payer aux individus une responsabilité qui ne leur incombent qu’en partie?
    il est facile de montrer la destination mais il est plus important de savoir comment y aller…

    Les agriculteurs qui ont investi leur argent et leur travail dans les fermes ont du composer avec des tas de lois et règlements parfois ubuesques ou absurdes, bien entendu certaines de ces règles ont été mises en place avec l’assentiment des syndicats agricoles, tirer un trait de plume ma dessus c’est ruiner des types qui n’y sont pour rien…

    l’étatisme est un cancer en somme comment en guérir sans tuer le malade? Et comme par dessus le marché c’est une addiction française…

    il ne faut pas oublier que le fatras d’entraves de règlements a été mis en place avec d »excellentes raisons » ‘ essentiellement le protectionnisme et la défense de l’emploi mais aussi une idée d’indépendance nationale ( et donc, l’autre cet ennemi) et que c’est d’abord et avant tout ces raisons ou ces sophismes qu’il faut combattre ou débattre…

    Existe il un seul cas ou il est judicieux de « sauver » des emplois par la loi?
    Le protectionnisme est il parfois bénéfique? etc…

    1. J’aime bien quand on parle d’investissement dans les fermes ….. En Belgique un culto se plaignait de devoir rembourser 500k euros pour un système automatisé de traite des vaches, qu’il avait acheté pour gagner 3 heures de travail par jour…. mais pendant ces3 heures il fout rien d’autre, donc il investit mais sans dégager une plus-value quand à l’investissement et après il pleure parce qu’il est dans le « fumier » … alors que si il utilisaient ces heures pour une nouvelle activité lui rapportant disons 25 euros de bénéfice par heures il lui faudrait que 2000 heures pour rembourser son investissement …. en trois ans c’est fait et il s’est gardé une heure pour lui ….

      1. Vite, l’adresse de l’activité qui rapporte 25 euros net de l’heure!

      2. « pendant ces 3 heures il fout rien d’autre »
        En effet, il a réduit sa journée de travail de 15 à 12 heures. Vous n’avez vu de vaches de près, pour penser que l’équipement en machines permet de glander…

        1. La Coupe Est Pleine

          +1

        2. MichelO
          Vous nous avez habitué à des commentaires moins bêtes… puisqu’on parle d’élevage. 😀
          En premier lieu le calcul de gduchateau comporte une erreur d’un coefficient 10 : 25×2000=50kE et non 500 !
          Mais il est vrai qu’un investissement s’envisage avec un retour d’investissement.
          Dans mon entreprise on ne me permet pas d’investir si le retour d’investissement est supérieur à 2 ans… car dans plus de 2 ans on n’a aucune projection sur ce que sera le marché et ce raisonnement est assez général.
          Dans le cas présent, pour 3 heures de travail peu qualifié par jour il eut été préférable de mettre un employé à la place de la machine.
          3 heures par jour pendant 3 ans charges comprises ça fait 60kE et on est loin de 500kE.
          A noter que les robots de traite, beaucoup en sont revenus.

          1. Bien d’accord avec vous, sauf qu’un certain nombre de règles font que le choix n’est pas entre un demi-ouvrier agricole (deux ou trois demis, d’ailleurs, car il faut traire les vaches 365 jours par an, même si ça ne prend qu’une heure et demie le matin et autant le soir, sans compter que personne ne veut faire employé agricole) et l’investissement, mais entre l’investissement et la clé sous la porte.
            En toute logique, le gouvernement aurait du faire le raisonnement économique que vous défendez et admettre, voire encourager, la reconversion de l’agriculture française en parcs de loisirs, quitte à importer toute la consommation domestique. A ceci près que quand on regarde à l’étranger, on se rend compte que l’agriculture prometteuse d’il y a 20 ans n’a périclité que par la contrainte étatique à une évolution décidée dans un déjeuner bruxellois entre un professeur finlandais et un écolo urbain allemand, avec le soutien des énarques français ravis de disposer de leviers de commande extraordinaires. Aujourd’hui encore, le gouvernement propose aux agriculteurs de continuer à investir dans une voie actuellement non rentable en leur consentant des reports de remboursements et des cautions !
            Certes, vous avez aussi raison sur le fait que les distributeurs sont des boucs émissaires commodes, mais c’est à eux que les règles actuelles donnent droit de vie et de mort sur les agriculteurs. Il est humain que, faute de pouvoir se retourner contre l’état, les agriculteurs s’en prennent à eux. Les agriculteurs doivent se battre contre les conditions climatiques et sanitaires, et pour trouver des débouchés. L’état les y envoie un bras attaché dans le dos, un boulet aux pieds et en changeant les règles à tout instant, ce qu’il appelle « aider le secteur ». Finalement, les agriculteurs ont toujours montré une grande capacité à surmonter mauvais temps et maladies, mais face à l’état ça ne suffit pas. Quoi qu’en dise l’article, je suis sûr qu’ils pourraient redevenir compétitifs, pour la grande majorité, si on voulait bien les laisser faire dans un cadre législatif normal et un marché libre et transparent…

            1. Oui laissez faire. Laissez de grandes exploitations se développer par regroupement. Cela pourrait même être générateurs d’emploi plus qualifiés et donc attirer les salariés, selon le principe que la taille plus importante des exploitations permet de rentabiliser la mécanisation des tâches pénibles et de valoriser les plus techniques.

  18. Ben si le gouvernement doit aider les agriculteurs, je crois que personne ne comprendrait une réaction du style : « il n’y a pas de problèmes : circulez » et je pense pas non plus que ce genre d’attitude ne ferait autre chose que de mettre de l’huile sur le feu.

    Maintenant il y a aider et aider …

    Et c’est clairement là qu’il devrait y avoir un peu plus de jus de cerveau que le « consensus » qui n’arrange personne.

    C’est typique de la France : tout le monde tourne autour du pot en se bloquant sur des détails et refaisant le match : j’entendais une agricultrice à la radio qui terminait son exposé des milliers de problèmes liés selon elle à la grande distribution etc .. Par  » et comment vous que je puisse payer mes cotisations sociales avec tout ça ?  »

    Il devient vraiment urgent de proposer des solutions !

    Et l’article n’échappe pas à cette critique : analyser les problèmes, en faire une synthèse, chercher des références … Super, mais ça ne nourrit personne.

    Même une aide de 1 centime d’euro à chaque agriculteur aurait plus de valeur que des incantations de principe : au moins ça fait penser aux gens que l’on pense à eux, que l’on s’occupe de leurs problèmes ou au moins qu’on les comprend.

    L’Etat doit absolument aider les agriculteurs : réduire la pression fiscale, reduire les charges, leur montrer que la concurrence peut être bénéfique, expliquer pourquoi les agriculteurs Français sont moins compétitifs que les agriculteurs espagnols, supprimer les normes débiles et les rendre intelligentes et non partisanes …. Il y a des milliers de choses que l’Etat peut faire pour aider les agriculteurs, et une qu’il ne doit surtout pas faire : acheter la paix au frais du contribuable (Français ou Européen)

  19. Il ne faut pas aider les agriculteurs, mais il faut qu’il aient des conditions de travail équivalentes aux autres pays, en ce qui concerne les charges et les règlements. Nous étions les meilleurs il y a une vingtaine d’années et les charges, les 35 heures et les contraintes de toutes sortes nous ont fait perdre notre compétitivité. Mais si on achète à l’étranger moins cher, on ne va pas augmenter notre pouvoir d’achat, car il faudra payer plus d’impôts pour indemniser les chômeurs. Je préfère payer 10 % plus cher un produit français plutôt que de payer 15 % de plus d’impôts. Achetons français. Ce sont les centrales d’achat des grandes surfaces qui créent le plus de chômeurs.

  20. Je vais être provocateur, mais les agriculteurs ne représentent-ils pas la catégorie française la plus facile à convertir au libéralisme ? Ils sont les plus remontés contre le socialisme, contre l’interventionnisme, contre les khmers verts, et contre la connivence. Les gouvernements tentent de les calmer à coups de subventions, on voit bien que ça ne marche pas. Eux me paraissent prêts à écouter des propositions libérales, pourquoi ne pas leur en faire, nous ?

    1. +1 c’est vrai

    2. La Coupe Est Pleine

      C’est probablement la catégorie qui devrait le mieux le comprendre en effet. Mais on n’est que 450.000, c’est pas énorme pour asseoir une élection présidentielle !
      De plus il y a bien la coordination rurale qui est un syndicat aux propositions plus concertées et réfléchies. Mais elle peine à prendre pied parce que la FNSEA que voulez-vous, c’est tout un réseau qui dépasse l’agriculture.

  21. Pourtant il faudrait que la France se protège du mouton irlandais et des carottes espagnoles ?

    Non pas la France mais simplement les Français

    1. Pourquoi se protéger ? Quel risque ? L’agneau neo-zélandais est au pré et goutu et non subventionné.

  22. Deux choses: ayant des copains agriculteurs bretons, se voir donner des leçons par un informaticien émigré en Irlande, c’est comme lorsque la presse subventionnée bobo- parisienne (pléonasme)explique comment résoudre le chômage et autres problèmes.
    Deuxio: visiblement, les problèmes stratégiques échappent aux commentateurs: si, à la rigueur, vous pouvez vivre cul-nu, vous êtes toujours obligés de vous nourrir. Au-delà des positions libérales-économiques, il y a la nécessité pour un pays de se suffire dans les domaines vitaux. Israël a sa propre industrie d’armements pour cette raison, l’Egypte est obligée de se rabattre sur les Rafale parce que Obama lui interdit d’utiliser ses F16 à sa guise (Libye et autres). La France est incapable d’assurer seule ses interventions extérieures sans la logistique américaine… La France a la chance d’avoir de bonnes terres qu’elle a su mettre en valeur au fil des siècles. Le fait que , dès la III ème République, l’Etat a toujours voulu maîtriser les masses paysannes majoritaires en les transformant en assistés-fonctionnaires ne doit pas faire oublier la nécessité d’avoir une production autonome. Ensuite, on peut discuter des forme libérales pour y arriver.

    1.  » Israël a sa propre industrie d’armements pour cette raison, »
      La France aussi et les pays dans cette situation se comptent sur les doigt d’une main.

    2. Absolument, ce « libéralisme » a des airs de discussions de salon et de politiquement correct qui sont sérieusement déconnectées de la réalité.

    3. Oui René mais ce qui est discuté ici dans les commentaires c’est la résolution des problèmes avec des aides. D’autre part je doute de la nécessité d’être autonomes dans le monde actuel ni même de la possibilité : l’huile de friture pour faire tourner les tracteurs n’y suffirait pas (idem pour les engrais et les produits phytosanitaires).
      Et même dans l’armement c’est une douce utopie, on n’a plus de fabricants de composants électroniques par exemple.
      Et à moins d’être en guerre contre le monde entier… dans tel cas nos chances sont bien minces…

      1. Sauf que là on est carrément dans le paradoxe inverse : la France a largement la surface cultivable pour être exportatrice, ce qu’elle a toujours été.

        Franchement l’article sonne un peu du genre : laissez crever les agriculteurs et n’apporte aucune piste de solutions à part vaguement le principe de création destruction que personne n’est prêt à entendre.

        La question qui me taraude est : ils font comment les autres pays ?

        1. Je ne vois pas l’intérêt des aides à l’agriculture. A quoi ça sert de prendre 20mds en impôts pour les redistribuer à quelques milliers d’agriculteurs ?
          On a bien vu l’effet des politiques appliquées qui est complètement nulle et contreproductive:
          Dans le cas du lait et avec les quotas elles ont empêché les exploitations viables de se développer pour améliorer leur rentabilité et faire face a la concurrence et elles ont subventionné des exploitations vouées à disparaître maintenant une fois les aides éteintes comme depuis mars 2015. On se retrouve avec des éclopées des deux cotés.
          Et je ne parle même pas des effets des aides pour le lait depuis 40 ans : aide à l’abattage, aide au veau allaitant etc…
          Vous recherchez dans l’article des solutions mais il n’y en a pas besoin. Les aides ne sont que de la redistribution sauf que celle-ci croit encore avoir un effet sur les prix alors qu’il n’en ait rien puisque les prix sont ceux du marché mondial. Ces aides sont destinées à permettre à certains agriculteurs de combler leur prix de revient c’est idiot puisqu’ainsi elles empêchent le marché de s’assainir, les exploitations d’atteindre une taille critique par regroupement et d’innover. L’agriculture est une industrie comme une autre. Il faut en finir avec cette croyance que les paysans nourrissent la France. Ce n’est pas plus vrai que si on disait que Renault ou Peugeot nous permettent de nous déplacer.
          Et cette industrie a exactement les mêmes problèmes de marge que toutes les autres industries en France à cause du coût du travail induit par la réglementation.

          1. Diminuer les charges sociales serait la première aide à envisager …

            Mon point est juste que plutôt que d’avoir une approche conflictuelle et négative, un message positif, constructif et donnant de l’espoir serait largement plus utile et efficace.

    4. Le problème n’est pas là, le problème est : peut on avoir une agriculture sans aides de l’Etat ?

      La réponse est OUI. Ca demanderait simplement et certainement de revoir nos méthodes: fermes plus grandes/industrielles, moins de fermes familiales etc …

  23. La question de base serait davantage : quel choix d’agriculture fait-on ? Selon vous, tout semble basé sur l’économie, mais il me semble qu’on en oublie l’essentiel : la qualité de ce qu’on met dans nos assiettes et par répercussion notre qualité de vie aussi.
    Nos chers députés de l’UE nous imposent des normes qui (en plus de dégrader la qualité de nos mets) développent l’utilisation des produits phyto, rendent nos sols moins (voir plus du tout) fertiles, polluent les rivières, les nappes, etc.
    En plus du côté écolo franchement pas reluisant, ces normes sont contraignantes et coûtent chères aux agriculteurs. Bref, ça n’amène rien de bon.
    Plutôt que de réclamer de nouvelles aides, il serait temps de remettre en cause la vision de l’agriculture que défendent nos députés de l’UE, et d’arrêter de mettre la simple plus-value économique au centre de tout.

    1. C’est de la magie : avec la qualité actuelle de l’alimentation on vit plus longtemps et plus personne ne meurt de faim.
      Vous confondez qualité dans le sens d’hygiène, sécurité,aptitude à subvenir aux besoins d’une part et qualité gustative d’autre part. Pour beaucoup l’important est de manger à leur faim. Pour le reste vous avez actuellement le choix si vous y mettez le prix et c’est votre problème.

    2. Pour les sols moins fertiles, vous avez des éléments?

      Pour la pollution, vous pouvez détailler?

  24. La Coupe Est Pleine

    Certains veulent du concret ?
    Et bien si les gouvernements veulent des « normes qui lavent plus blanc » pour notre production, il faut que le même niveau d’exigence soit imposé aux importations.
    Libre circulation ne veut pas dire faire tout ce que l’on veut !
    Nous avons des demandes précises pour le « bien-être animal » de nos élevages ?
    Nos agriculteurs veulent que la même exigence soit appliquée aux produits importés sur le territoire.

    Où est-ce que vous trouvez quelque chose de compliqué ?

    Par contre si on joue à ce jeu, … Commencez tout de suite à cultiver un bout de jardin, les rayons des GMS vont vite se vider !

    1. Oui mais c’est les autres qui vont se mettre à notre niveau puisqu’on est le phare de la civilisation. 😀 Nan ?

  25.  » Importer un objet pour 1 euro et le transformer en quelque chose vendu pour 5 euros contribuera bien plus à la richesse du pays que de tout produire localement, et donc se retrouver avec des prix plus élevés. L’iPhone en est un exemple parfait : les pièces sont assemblées dans divers pays asiatiques pour 200$, mais le produit final sera revendu 650$.  »

    De quelle valeur ajoutée s’agit il ? Marketing Com Commercialisation.

    Dans ces conditions , privilégiant pourtant le made in France , je préfère carrément acheter HUAWEI ou LENOVO.

    1. Oui Jacques ça s’appelle la spécialisation. C’est une perte de temps, d’énergie et de moyens de faire ce que d’autres savent faire mieux que nous. Il vaut mieux pratiquer des échanges : faire le soft, soustraiter le hard… sinon vous ne vendrez aucun des 2.

      1. Ca coûte la peau du cul de vouloir vivre comme Varg Vikernes.

  26. Je pense qu’il est inutile de se battre, encore une fois, on en vient tous à la même conclusion, le problème c’est l’Etat.

    Et plus que l’Etat, le problème vient des femmes et des hommes qui l’ont composé et le composent, qui ont voté ces lois/normes. Mais plus loin que l’Etat, ses femmes et ses hommes, le problème vient de ce peuple qui a voté pour cet Etat et ce depuis que le suffrage universel direct existe.

    Donc le coupable est le même qui gémit: le Peuple.

  27. C’est bizarre, je me fournis avec plusieurs agriculteur de ma région, le problème est le choix de l’industrie qu’on choisit. pourquoi produire un produit qui n’est pas vendable, je comprend pas ca me dépasse, ah mais oui , les régles sont pipés la production est dépendantes des taxes qu’on y applique ah oui tiens bizarre.

    Les agriculteurs se sont fait berné sur des marchés mono-client, cette industrie va mourir et vous mangerez du produit brésilien …. d’origine CE.

    Tous ce que touche l’état touche meurt donc c’est juste une question de temps.

    Solution: reconversion,

    un chef B.T.P fait faillite, l’état ne lui accorde aucune aide pourquoi les agriculteurs alors que celui ci travaille aussi sur des prix imposé par l’état ….

    bienvenue au pays des soviets…

  28. Le secteur n’est pas tant victime d’une concurrence déloyale que de son impréparation et de son manque d’investissement.
    http://www.slate.fr/story/105661/elevage-le-mur-est-dans-le-pre

Les commentaires sont fermés.