Les dangereuses métastases de la loi Gayssot

Publié Par Matthieu Vasseur, le dans Libertés publiques

Par Matthieu Vasseur.

imgscan contrepoints 2013-2570 loi gayssotAu commencement était Gayssot. Non, attendez : au commencement était l’« Holocauste ». Par le choix, popularisé dans les années 70, d’un terme issu de l’Ancien Testament pour désigner l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce génocide était investi d’une signification religieuse. Fait historique, oui, mais aussi Sacré de substitution dans un Occident déchristianisé. Toute l’ambigüité réside dans cette double dimension. La loi Gayssot , en 1990, interdit la négation de l’Holocauste. Consciente que cette innovation juridique entre en conflit avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui consacre la liberté d’expression, et avec la devise même de la République, la classe politique (députés et sénateurs quasi-unanimes, Président de la République, Président de l’Assemblée Nationale, Président du Sénat) décide de ne pas transmettre cette loi au Conseil Constitutionnel, de crainte qu’il ne soit contraint de la censurer. En 2010, la Cour de Cassation, saisie au titre de la nouvelle procédure de la « Question Prioritaire de Constitutionnalité », entérine ce déni de droit en refusant à son tour de transmettre la loi au Conseil Constitutionnel, au motif qu’elle n’aurait pas de « caractère sérieux ». On peut reprocher beaucoup de choses à la loi Gayssot, mais certainement pas de ne pas avoir de « caractère sérieux ».

Cependant, le crime de déni de réalité historique n’est pas la seule nouveauté de la loi Gayssot.  Très rapidement, la jurisprudence réintroduit également dans le droit français le délit de blasphème, qui avait été supprimé en 1791 par la Révolution : ce n’est pas le seul déni de l’Holocauste qui est sanctionné, c’est aussi désormais l’irrévérence à son égard. Jean-Marie Le Pen en fait les frais avec son calembour scabreux sur « Durafour crématoire ». Vérité et sacré, Histoire et blasphème se retrouvent donc inextricablement mêlés, cocktail explosif dans un pays laïc. Ce n’était d’ailleurs pas la passion de la vérité historique qui animait M. Gayssot : apparatchik de longue date du Parti Communiste, il en avait fidèlement épousé toutes les justifications alambiquées des crimes de l’URSS (le Goulag ? Quel Goulag ?).

Mais une société qui élève l’irrévérence en absolu, « ni Dieu ni Maître », où un animateur de télévision est applaudi pour avoir demandé à un ancien Premier ministre si « sucer, c‘est tromper », où un crucifix noyé dans l’urine de l’ « artiste » (« Piss Christ ») est présenté dans les musées publics s’accommode mal du retour du délit de blasphème. Le 20 décembre dernier, les Femen ont mimé « l’avortement de Jésus » puis uriné sur l’autel de la Madeleine. Le gouvernement, qui a choisi il y a quelques mois une leader Femen ukrainienne comme nouvelle Marianne (ce dont elle s’est réjouie par un tweet – en anglais, puisque Marianne ne parle pas français – par lequel elle se félicitait de ce que « les homophobes, les extrémistes et les fascistes devront désormais lui lécher le cul lorsqu’ils enverront une lettre »), le gouvernement donc n’a pas jugé utile d’exprimer la moindre réprobation. On ne peut pas approuver le sacrilège ici et le réprimer là sans mettre en jeu sa crédibilité.

Immanquablement se développe, surtout parmi les « exclus », les « rejetés du système », la tentation de bafouer ce qu’un gouvernement et des institutions délégitimés érigent comme dogme impératif. Ces provocations que l’on tolère avec indulgence de la part des artistes et des Femen, pourquoi les interdire aux jeunes des banlieues ? Parce que l’Holocauste est « plus sacré » que le christianisme ? Parce que la « quenelle » est « pire » que pisser sur l’autel d’une église ? Pire que des caricatures de Mahomet ? Qui en décide, au nom de quoi ? S’enclenche la spirale infernale de la révolte d’un côté, nourrie par le sentiment d’injustice, et d’une répression toujours plus folle de l’autre. Deux lycéens se font exclure de leur lycée, un animateur social « des quartiers » perd son emploi, tout cela pour avoir fait la fameuse « quenelle ». Le gouvernement, avec la complicité servile du Conseil d’État, rétablit la censure préalable, faisant ainsi un grand bond vers la démocratie à la russe. Plus rien, ni le Droit, ni même le simple bon sens, ne semble pouvoir freiner cette hystérie de Vertu répressive.

Otage de cette course à l’abîme, la communauté juive de France, devenue, complice ou à son corps défendant, le symbole de cette oppression d’État. En la désignant comme caste sacrée, la loi Gayssot en a fait une cible. En lui attribuant un statut « à part », elle en fait un bouc émissaire de toutes les frustrations de la France « d’en bas ». La répression qu’elle instaure suscite l’anti-sémitisme, qui à son tour justifie un nouveau tour de vis répressif, qui à son tour…

Comment sortir de cette course folle ? Alors que nous nous apprêtons à commémorer le centenaire de la Première Guerre Mondiale, que l’intervention décisive des États-Unis nous permit de gagner, tournons nous une fois de plus vers l’Amérique :

Premier Amendement de la Constitution : « Le Congrès ne fera aucune loi pour conférer un statut institutionnel à une religion, (aucune loi) qui interdise le libre exercice d’une religion, (aucune loi) qui restreigne la liberté d’expression, ni la liberté de la presse (…) ».

  1. Attention à ne pas confondre : l’Holocauste est une réalité historique, un crime contre l’humanité. Nier l’Holocauste, c’est comme nier la gravité.

    Peut-on comparer l’Holocauste avec le christianisme ? Non, cela n’a rien à voir. Comparons le Christianisme avec le judaïsme. On oublie souvent que si les juifs ont principalement et très majoritairement été les victimes de ce génocide, d’autres population ont vécu aussi ce drame. N’oublions pas que les nazis étaient surtout des antilibéraux farouches, et ne supportaient pas ceux qui pensaient et étaient différents. Ainsi des tziganes, roms, libéraux allemands ont aussi été victimes en parallèle de la Shoah.

    Cependant, si nier la gravité n’est aujourd’hui pas punissable, il ne faut pas oublier que certains sont morts pour avoir affirmer que la terre était ronde. Peut-on empêcher un individu de nier la gravité ? Surement pas, mais la vérité s’impose à lui et en public il passera pour un imbécile. Il en est de même pour tous les crimes contre l’humanité. Les lois mémorielles sont stupides car elles sont sélectives et dans le sens où il faudrait aussi faire des lois pour tous ceux qui nient les sciences, et notamment les lois de l’économie… suivez mon regard, en France nous aurions pratiquement 95% de la population qui serait condamné !

    Ce n’est pas l’expression qu’il faut condamner mais tout ce qui tourne autour de la notion d’agression physique sur autrui. L’ironie ou la dérision n’a jamais tué personne. Si on met des sentiments dans les lois, c’est le monde de la surenchère et le système de pouvoir qui met en place une telle législation finit toujours dans le totalitarisme.

    Aussi, sur cette précision, je ne peut-être que d’accord avec la conclusion.

    1. Non l’auteur a raison sur le point que tu évoques : l’Holocauste n’est pas principalement un fait mais un mythe. Si tu le considères comme un fait tu ne peux pas y comprendre grand chose.

      Si, comme tu le suggères, on fait l’exercice de remplacer « Holocauste » par « gravité », on ne comprend pas grand chose à l’hystérie qu’il y a autour de l’Holocauste. Pourquoi interdire de nier un fait ? Pourquoi interdire jusque l’irrévérence face à un fait ?

      Inversement, si on remplace « Holocauste » par « Prophète », on voit bien que l’Holocauste n’est pas loin d’être aux juifs ce que le Prophète est aux musulmans. Mieux vaut l’admettre que de le nier.

    2. Personne ne te mettra en prison si tu nie la gravité.

    3. @Patrick AUBIN

      « Attention à ne pas confondre : l’Holocauste est une réalité historique, un crime contre l’humanité. Nier l’Holocauste, c’est comme nier la gravité. »

      si l’holocauste est une realite historique pourquoi est il interdit de l’etudier?

      l’histoire est une science, certe molle, semble t il et la science est sujette a revision.

      or les revisionnistes de l’histoire de l’holocauste sont mis en prison en france

      par ailleurs votre comparaison entre l’holocauste et la gravite est absurde; en effet la gravite est reelle car elle est actuelle et permanente, verifiable a tout moment

      donc a moins de considerer que l’holocauste est actuel, permanent et verifiable a tout moment, celui-ci est une chose passee qui merite d’etre questionnee comme tout fait historique: chose interdite en france

      alors je pose la question: est ce cela donc, l’holocauste actuel et permanent, de maniere eternelle si j’ose dire ?

      l’eternite etant un concept metaphysique, religieux, il s’agit donc bien de religion de l’holocauste que l’on essaye de faire rentrer dans la tete, recalcitrante, du monde en general et des francais en particulier

      il s’agit la d’idolatrie et vous noterez qu’un grand nombre de juifs orthodoxe l’ont identifie comme telle

    4. Je suis d’accord avec vous. Si l’on commence à sortir de l’objectif pour légiférer sur le subjectif (comme par exemple l’atteinte à la dignité humaine qui implique des émotions) on s’engage sur la voie de tous les abus.

    5. Donc on peut insulter n’importe qui?
      On peut accuser n’importe qui de n’importe quoi?

  2. La loi Gayssot est d’une stupidité majuscule à l’image de son promoteur, particulièrement gratinée en Bitterois.
    Elle retire du champ polémique un segment historique qu’elle jette dans la clandestinité où il va prospérer. Ce faisant, les assertions nauséabondes ou simplement erronées ne peuvent être combattues pied à pied puisqu’elles disparaissent de la surface et parce que leur évocation est au seuil du déclenchement de la répression.
    En prime, la loi Gayssot nourrit le complotisme, un poison parfois violent pour une société malade comme la nôtre.
    Elle est par contre très difficile à rapporter car elle est le carburant des ligues morales et d’une foultitude de lobbies incrustés dans la république.

  3. Merci et merci
    J’apprends , enfin, la triste vérité sur le silence coupable de notre classe politique lors du vote de cette loi scélérate !
    Décidément qui se lèvera pour enseigner notre peuple sur le communisme ?

  4. La loi Gayssot a été examinée par le Conseil constitutionnel dans sa séance du 28 février 2012 où siégeaient : M. Jean-Louis DEBRÉ, président, M. Jacques BARROT, Mme Claire BAZY MALAURIE, MM. Guy CANIVET, Michel CHARASSE, Renaud DENOIX de SAINT MARC, Valéry GISCARD d’ESTAING et Pierre STEINMETZ. et a été déclarée contraire a la constitution voir:
    Décision n° 2012-647 DC du 28 février 2012 – NOR: CSCL1206318S sur le site suivant:
    http://www.legifrance.gouv.fr
    a l’adresse suivante:
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=75A35844F85E2E9B7B65721A0C118BCC.tpdjo03v_3?cidTexte=JORFTEXT000025422722&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

    Si le Conseil constitutionnel estime la disposition inconstitutionnelle, celle-ci est écartée pour le litige en cours et abrogée (contrairement à l’annulation qui est rétroactive, l’abrogation vaut uniquement pour l’avenir) dès la publication de la décision du Conseil constitutionnel sauf si celui-ci en décide autrement en fixant un délai ou une date d’abrogation.

    La loi Gayssot est donc abrogée et de ce fait ne peut être invoquée par un tribunal ou alors nous ne sommes plus dans un état de droit.

    1. Il ne s’agit pas de la loi Gayssot.

      1. Effectivement, il s’agissait de la loi sur la negation du genocide armenien. Celle-ci a ete abrogee, car inconstitutionnelle, mais la loi Gayssot reste protegee par la « barrage » de la Cour de Cassation contre la saisine par le Conseil Constitutionnel.

  5. La loi Fabius-Gayssot n’est là que pour protéger une version de l’histoire.Elle n’a rien à voir avec la morale ou
    l’anti-racisme.Cela crève tellement les yeux que cette loi est non seulement inique mais aussi absurde qu’elle
    ne pourra pas tenir.Elle tombera je ne sais comment mais les travaux et les recherches des courageux révisionnistes ont ouvert une brèche qu’il est maintenant impossible de refermer.Ce n’est pas en aliénant des enfants dès la maternelle avec la shoa que cela y changera quelque chose.Bien au contraire la réaction sera d’autant plus violente. On voudrait créer de l’antisémitisme que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

    1. Bien sûr. Car le ressentiment éprouvé par les gens que l’on prive de la liberté de s’exprimer ne peut que grandir et se tourner vers les personnes qui sont censées être protégées par l’interdiction.

  6. La loi Gayssot est une loi inique et anticonstitutionnelle, qui effectivement ne peut qu’aggraver le sentiment d’inégalité de traitement entre communautés. Cela ne peut que générer du ressentiment et à l’extrême de l’antisémitisme pour tous ceux qui considèrent au départ que le judaisme est une religion respectable, comme les autres, mais pas plus.

  7. Messieurs, il faudrait arrêter d’employer le terme d’antisémitisme qui est un néologisme utilisée par le pouvoir des élites juives, qui dictent ce que doit être la langue française alors qu’ils n’occupent aucune place à l’académie française. Si on prend au vrai sens du terme, antisémitisme voudrait dire être contre la communautalite de language entre les différents peuples sémites, caractérisée par des phonétiques et sens communs du language. De même antisémite veut dire quoi ! Anti assyro babylonien ? Anti chaldéen ? Anti arabe ? Anti éthiopien ? Anti araméens ? Bref toutes les ethnies qui ont peuplé cette région du moyen orient…
    Alors la prochaine fois qu’un juif mal élevé vous profere ces insultes préfabriqués, rétorquez lui qu’il revoit son dictionnaire ou que peut être sa mauvaise connaissance de la langue française vient de son refus de s’intégrer à notre culture..

  8. Dire que le FN est le parti le plus democrate…..ne sera qu’evident sous peu..

  9. il y a un point commun entre la tentative de génocide des juifs d’Europe ( holocauste?) et la gravité, c’est que justement c’est le point central gravitationnel du monde moderne.
    Ce mensonge permanent est un gouffre dans lequel l’Histoire humaine vient s’abimer.

  10. l’auteur de cette article est profondément russophobe . en 1 , la Russie de poutine n’est pas une dictature à la boris eltsine , et depuis la chute du bloc soviétique en 91 , le communisme stalinien n’ existe plus . en 2 , ce n’est pas l’armée américaine qui a délivré l’europe de l’envahisseur nazi , mais bien l’armée soviétique de staline . une dictature contre une autre , l’ouest contre l’est . l’armée yankee sont arrivés en fin de combat comme il savent si bien faire , avec des moyen militaires a faire pâlir les grosses productions hollywoodienne . dresde en est l’exemple parfait . voyant l’avancé impitoyable des soviétiques sur Berlin , les yankee et leur cousin britannique ont envoyés leur armada aérienne sur la ville , afin de ( faire peur ) à l’armée rouge , et aussi afin de lancer un message du genre ( ne vous frottez pas a nous ) . l’armée américaine est une armée de guignols pourris gâtés a qui ont offrent tout les jouets les plus high tech pour faire la guerre . la France doit tout a la Russie et rien a l’amerique et encore moins a la communauté juive d’Europe et la colonie d’apartheid israélienne . pour le reste de l’article rien a redire , dommage que ce matthieu vasseur soit un pro américain et collabo du systeme capitaliste meurtrier occidental . dernière chose la Shoah est un fait historique , israel en ont fait un fait politique afin de pouvoir agir en totale impunité contre la Palestine , en violant la déclaration universelle des droit de l’homme de 1789 . le pire c’est que la France ferme les yeux , pays justement des droit de l’homme . la france est soumise au sionisme , tout comme l’amerique , et le sionisme est né du massacre programmé de juif , le sionisme est le problème majeur a abattre , tout comme l’était le nazisme allemand en 39 – 45 . la seul différence c’est que le sionisme israélien est protégé militairement par la machine de destruction américaine . en attaquant israel pour ces crimes ont s’attaque de faite aux état unis . qui dirige l’es USA , surement pas obama , mais plutôt bulle financière et industriel des puissante banques et multinationales . et qui dirige ces puissante banques et multinationales ……. des juifs sionistes ou affiliés pour la majorité . la boucle est bouclée . l’holocauste n’est que le prétexte a la création d’israel de 48 , et en tant que ( peuple juif ) persécuté , il ne fut pas les persécuter davantage sinon nous sommes taxés d’antisémites dont cette loi gayssot en est le juge .

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