Nicolas Doucerain : « chaque décision nuit un peu plus à l’emploi »

Publié Par Pierre-Louis Gourdoux, le dans Entreprise et management

Nicolas Doucerain a créé sa première entreprise à 11 ans. Aujourd’hui, à 37 ans, il a décidé de créer son propre mouvement, « entreprendre pour la France », afin de proposer un programme de renouveau pour la France, « libéral pour l’entreprise, social pour l »homme ». Contrepoints l’a rencontré pour essayer de comprendre sa vision, ses motivations et la finalité de son mouvement.

Pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

Mon parcours est très atypique. J’ai créé ma première « entreprise » à 11 ans, de livraison de petits déjeuners en banlieue ouest parisienne. Cette idée très basique m’a appris les principes de base de toute entreprise : il faut déterminer une stratégie, sélectionner des produits de qualité, démarcher des clients et apporter un service.

A 16 ans, j’ai arrêté les études et je suis rentré dans le secteur automobile par passion. J’ai débuté comme simple commercial. Élu meilleur commercial de France à 19 ans, je suis devenu à la suite Directeur Commercial de la concession. En 1996, j’ai décidé de rejoindre mon père pour reprendre la filiale Solic Carrières, cabinet de conseil en recrutement. A l’époque, nous étions juste avant le passage à l’euro, au moment où l’an 2000 laissait présager une révolution dans les systèmes d’information. La croissance a été très rapide, près de 40% chaque année pendant dix ans. Au plus haut nous étions 92 collaborateurs dans une dizaine de villes en France et à l’étranger (Suisse et Algérie), c’est à dire l’un des plus gros cabinets de conseil indépendant.

Puis la crise est survenue, le 15 septembre 2008, avec la faillite de Lehman Brothers. Le secteur a été très sévèrement touché, et en 10 mois seulement Solic s’est retrouvée en redressement judiciaire, malgré trois plans sociaux successifs. Nous n’avions statistiquement que 2.5% de chances de survivre. Mais avec les collaborateurs restants nous nous sommes démenés et nous avons réussi à redresser la barre. Le juge qui a statué sur notre dossier a opté pour la continuation de l’activité. Aujourd’hui Solic est de nouveau une entreprise rentable, ce qui lui permet de faire face aux échéances de sa dette et de reprendre son développement.

Justement, comment réagissez-vous face au fait que ce soit à un juge de statuer sur la reprise ou non de votre activité ?

Sur l’instant, j’ai vécu cette situation comme injuste, incompréhensible. J’avais le sentiment d’être un truand, d’arriver quasiment les menottes aux mains, attendant le coup de guillotine.

Avec le recul, je dois dire que si nous en étions arrivés là c’est qu’il y avait bien une raison. Quand vous êtes en cessation de paiement, que vous ne pouvez plus payer vos fournisseurs et vos salariés, passer devant un tribunal de commerce vous permet, si c’est possible, de rebondir.

N’oublions pas aussi qu’il ne s’agit pas de juges non compétents en la matière. Les dossiers sont minutieusement étudiés au préalable, et les juges en question sont pour la plupart d’anciens cadres et/ou chefs d’entreprises, qui ont donc une réelle connaissance du monde de l’entreprise.

Quels sont la nature et le but du mouvement « Entreprendre pour la France » que vous venez de créer ?

Il s’agit d’une association d’intérêt général, un mouvement d’idées, qui a pour finalité et vocation d’élaborer un projet de renouveau pour la France.

L’idée a émergé il y a plusieurs années. Elle est fondée sur un principe simple : le refus de la fatalité. A 37 ans, j’arrive à un stade où je suis fatigué de voir nos hommes politiques alterner depuis 30 ans sans la moindre ambition ni projet viable. Ils génèrent toujours plus de déficits et d’impôts, ce qui donne l’impression de sans cesse payer sans savoir vraiment pourquoi, comme si l’on alimentait sans réfléchir un puits sans fond.

Face à cette situation, j’ai décidé d’agir et de partir au combat pour proposer une alternative. Je n’ai pas voulu intégrer un parti politique existant, constatant leur état de délabrement. Mon idée est donc de partir de zéro pour créer un mouvement issu de la société civile, regroupant des personnes de tous horizons, de toutes sensibilités, à même d’apporter leur connaissance et leur expérience du terrain.

 

L’Europe souffre de nombreux blocages, notamment sur la fiscalité

 

Vous dites que « les hommes politiques sont rivés sur le court terme ». L’étape politique apparait pourtant comme incontournable pour changer les règles d’une société. Comment aborderez-vous cette étape ?

Le changement ne se fera pas par les partis actuels. Le système est verrouillé. Les hommes qui y sont présents sont piégés par ce système. On est dans une surenchère, où chaque projet se surajoute aux précédents. L’Assemblée et le Sénat, totalement sclérosés, sont devenus des usines à fabriquer des lois incompréhensibles par le plus grand nombre et même les spécialistes.

Avec « Entreprendre pour la France », nous voulons créer un mouvement qui permettra de renouveler le système en profondeur, et sortir de la cosmétique habituelle. Ce mouvement regroupe d’ailleurs des français résidents à l’étranger, afin qu’ils s’enrichisse des modèles des autres pays, et ne pas rester franco-centré.

Cela étant, votre mouvement reste focalisé sur le système politique français. N’est-ce pas insuffisant, dans la mesure où plus de la moitié de nos lois sont des transpositions de droit européen ?

En premier lieu, « Entreprendre pour la France » est un mouvement qui s’inscrit dans l’Europe. Nous sommes très critiques, non de l’idée européenne en soi, mais de ce que les politiques en ont fait.

Elle souffre de nombreux blocages, notamment sur la fiscalité. Il s’agit d’une matière qui reste encore décidée à l’unanimité au Conseil de l’Union Européenne, et non à la majorité qualifiée, ce qui entraine de nombreuses lourdeurs et un manque d’harmonisation fiscale. En outre, comme on l’a vu il y a quelques années avec la TVA sur la restauration et les travaux publics, la France doit attendre l’accord de l’ensemble de ses partenaires pour faire évoluer une partie de sa fiscalité. Or tout passe  à un moment ou un autre par la modification des prélèvements obligatoires.

Ces blocages entrainent la création de millions de chômeurs, et font de l’UE une zone de stagnation alors que d’autres grandes puissances (Chine, Inde, Brésil…)  avancent à grande vitesse. Pour que l’Europe devienne forte, il faut un renouveau du modèle franco-allemand. La France doit retrouver ses racines pour proposer un nouvel avenir.

Pourtant, les libéraux sont parfois eurosceptiques. Face aux blocages ils réclament moins d’Europe, alors que vous semblez proposer davantage d’intégration européenne…

N’oublions pas d’abord le legs principal de l’Europe : la paix. Grâce à l’Europe, la France et l’Allemagne ont cessé de faire la guerre. Guerre qui, je le rappelle, a contribué à détruire par trois fois nos économies, sans compter les dizaines de millions de morts.

Sur ce point, certains pourraient vous rétorquer que ce n’est pas la paix qui a fait l’Europe, mais l’inverse…

Le bilan de l’Histoire me semble jouer dans le sens de plus d’intégration européenne. Il faut ajouter à son crédit de très beaux projets, tels Airbus, Ariane-Espace, qui ont été créés par des montages il est vrai parfois compliqués mais qui révèlent la force de la coopération des États-Membres. Avec à la clef, de très belles réussites technologiques qui ont essaimé dans l’ensemble des secteurs économiques.

Par ailleurs, la France possède de nombreux atouts. Regardez le CAC 40 : nous avons un grand groupe Français dans le top 5 mondial  dans pratiquement tous les grands secteurs économiques : Air liquide, LVMH, Véolia, Michelin, Essilor, Areva, EDF, Renault, Publicis, Total alors même que nous n’avons pas de pétrole en France, etc. Ne manquent que l’informatique et le digital, alors même que nous avions initié ce mouvement dès les années 1970.

Comment expliquer alors l’attrait de milliers de jeunes français pour d’autres pays comme le Royaume-Uni ?

Je considère que les français réagissent parfois en « enfants gâtés ». Nous sommes assis sur une pépite, nous disposons d’atouts incroyables et d’un système de protection sociale particulièrement généreux, mais nous ne sommes pas conscients de notre chance.

Il suffit pourtant de voyager à l’étranger pour s’en rendre compte. Lorsque je compare la qualité de nos réseaux et nos infrastructures (ferroviaires, électriques, etc.) à ceux de nos voisins, je suis heureux d’être français ! Pensez qu’aux États-Unis, première puissance mondiale, le réseau électrique est totalement obsolète et il se produit de nombreuses pannes longues à réparer.

 

Non, tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur

 

Notez que le point commun de toutes les entreprises que vous citez, c’est qu’elles ont toutes dépendu et/ou dépendent encore de commandes et d’interventions publiques massives. En tant que chef d’entreprise, n’êtes-vous pas gêné par le fait que tous nos champions nationaux ou presque sont le fruit de l’intervention de l’État ? Cela ne révèle-t-il pas une grande dépendance de l’économie vis-à-vis du politique ?

C’est vrai, et c’est dû à notre histoire propre. Depuis Louis XIV jusqu’au Général de Gaulle, en passant par Napoléon, nous avons pris l’habitude d’être dirigés par un pouvoir politique fort, structurant et centralisateur. A force nous avons pris l’habitude de tout attendre de l’État. Ce n’est pas une bonne chose en soi, mais tout n’est pas noir. L’État n’a pas fait que des erreurs. Il a aussi permis l’émergence de grands groupes mondiaux, qui ont traversé les décennies.

En revanche nous avons un gros point faible : ces leaders, aussi importants soient-ils, ne compensent pas l’absence très handicapante d’Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI). Notre tissu économique est très bipolaire, car nous avons beaucoup de difficultés en France à passer de la petite entreprise à la moyenne. Or il s’agit de celles qui sont les plus innovantes et créatrices d’emplois.

Quel est d’après vous le premier obstacle à la création / au développement des entreprises en France ?

En ce qui concerne la création, nous sommes sans doute l’un des pays où l’on peut le plus facilement créer une entreprise, en 24 à 48h. Les équipes de Jean-Pierre Raffarin ont beaucoup œuvré à cela. En revanche, je tiens à mettre fin à une idée reçue : non, tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur. Il faut des aptitudes, des qualités spécifiques, une forte motivation. De la même façon que tout le monde ne peut pas devenir boulanger, informaticien ou sportif de haut niveau.

La question est de savoir quels mécanismes mettre en place pour que les entreprises aient les moyens techniques et financiers de leurs ambitions. Le premier obstacle, c’est le droit social. A force d’avoir empilé les mécanismes incohérents, on a atteint un stade où chaque décision nuit un peu plus à l’emploi. A trop vouloir protéger le salarié, on produit les effets inverses, et de nombreux travailleurs qui auraient les aptitudes nécessaires se retrouvent en marge du marché du travail. Nous sommes le seul pays au monde où plus l’on crée de l’emploi, plus l’on paie en pourcentage et en valeur absolue des charges sociales. C’est totalement absurde.

Justement, à propos de la complexité des fiches de paie et du droit social en général : êtes-vous favorable au principe du salaire complet ?

Je ne veux pas trop m’avancer car je ne connais pas précisément ce mécanisme. Mais il est clair que nous gagnerions énormément à simplifier ce système. Celui-ci a totalement déresponsabilisé l’ensemble des acteurs.

En ce qui concerne le chômage, prenons d’abord l’exemple de la convention de reclassement personnalisée (CRP). Cette dernière permet aux salariés visés par une procédure de licenciement économique de bénéficier d’un ensemble de mesures et notamment d’une indemnité correspondante à 80% du dernier salaire brut durant 12 mois, soit 102% du net. Ce qui signifie qu’il n’existe pas d’incitation forte au retour à l’emploi.

Un autre exemple, celui de l’assurance-maladie. Prenez le cas des lunettes. Certains opticiens incitent les assurés à faire passer des lunettes de soleil de marque pour des lunettes de vue, ce qui coûte extrêmement cher aux mutuelles. Tout cet argent ne sert pas à d’autres fonctions socialement plus utiles. Ce sont des milliards d’euros perdus pour rien. Notre système mutualiste donne l’impression d’une fausse gratuité, alimentée par la facilité d’utilisation permise par la carte vitale. Nous n’avons plus aucune notion du coût des soins. Ce qui était une avancée sociale devient un dû.

A titre de comparaison, en 1968, il y avait 5.8% de charges sur le salaire brut, environ 23% aujourd’hui, et 28% sur la part patronale et entre 44% à 50% pour un contrat cadre. Patron depuis 17 ans, je vois que les charges ont considérablement augmentées, malgré les déficits qui se sont creusés. Nous en payons quotidiennement les conséquences. On essaie de récupérer 1 milliard par ci, 1 milliard par là mais nous ne stoppons pas l’hémorragie.

En cela, le principe du salaire complet me plait car il remédie directement à la déresponsabilisation que j’évoquais. Même sans aller jusque-là, il est clair qu’une feuille de paie réduite à sa plus simple expression permettrait de faire comprendre aux salariés le montant réel des charges qu’ils paient et surtout d’en préciser l’origine (retraite, santé, assurance chômage). A l’heure actuelle, elle est incompréhensible, même les chefs d’entreprise, en général plus au fait de ces subtilités, ont perdu la signification des différents prélèvements. Il faut absolument mettre fin à cette confusion.

Cette déresponsabilisation touche-t-elle également votre entreprise ?

Oui et je vais vous donner un exemple concret. Chaque année une entreprise reçoit un bilan de ses mutuelles, ce qu’elle a perçu et ce qu’elle a cotisé. En moyenne en France, un salarié est arrêté 13 jours (chiffres évoqués par l’assurance maladie en 2010). Chez Solic, c’est seulement 3 jours par an. Pourtant, pendant deux ans nous nous sommes retrouvés avec un déficit de 55.000 euros sur l’ensemble de l’année. Après recherche, il est apparu que notre mutuelle remboursait plus de 35.000 euros par an et notamment sur les lunettes… Résultat, nous avons perdu la couverture de cette mutuelle qui était pourtant très avantageuse pour les salariés. Cela arrive aussi dans les grands groupes mais les mutuelles ferment les yeux car ne peuvent pas se permettre de perdre ces gros clients.

En conséquence nous avons vu nos frais de mutuelles augmenter de 7.5% deux années de suite, augmentations réparties à 60/40 entre l’entreprise et les salariés. Chacun y a donc perdu.

 

Il faut supprimer presque toutes les niches fiscales

 

Quelles premières propositions concrètes mettez-vous en avant pour refondre le système ?

Le mouvement est encore récent, la plateforme web collaborative est en cours de création mais il y a déjà plusieurs pistes qui émergent.

Tout d’abord, il faut simplifier notre système et réduire très fortement le nombre de niches fiscales (environ 468 niches fiscales représentant entre 50 et 73 milliards d’euros de dépenses  par an pour l’état). Même le Crédit Impôt Recherche (CIR), qui semble efficace, bénéficie en priorité aux grands groupes qui ne sont pas toujours les plus innovants. En plus, ils pratiquent l’optimisation fiscale à plein régime mais de l’autre côté ne se privent pas pour demander le plus de subventions possibles. Or l’économie Française repose essentiellement sur les TPE/PME et ETI. Il serait donc plus juste d’affecter 2/3 du CIR à ces entreprises qui sont les seules à créer de l’emploi même durant la crise économique.

Par ailleurs, l’obtention du CIR est très difficile, et seules les grandes entreprises ont véritablement assez de moyens humains pour s’en préoccuper. C’est d’ailleurs là que l’on voit une des dérives de notre système : lorsque des entreprises se créent et dont le rôle est de faciliter l’obtention de subventions tout en se rémunérant sur cette activité pour d’autres entreprises, c’est que le degré de complexité est atteint et dépasse les limites du bon sens.

Simplifier les aides aurait notamment deux conséquences : d’une part cela mettrait fin aux stratégies d’optimisation fiscale, chronophages et non créatrices d’emploi. D’autre part cela libérerait du temps pour les chefs d’entreprise qui se concentreraient sur les tâches les plus efficaces. L’économie engendrée pourrait être affectée de 60% environ à la réduction du coefficient de charges sociales sur les salaires et de 40% à la réduction du déficit budgétaire de l’état. Au final nous rendrions le système plus simple, plus lisible, moins coûteux, donc plus efficace.

Vos propositions vont-elles au-delà du monde de l’entreprise ?

Absolument. En tant que chef d’entreprise, il est vrai que j’accorde de l’importance au monde de l’entreprise mais notre mouvement s’intéresse également à la jeunesse, la sécurité nationale, l’Europe… Sur le chômage par exemple, je note de grandes carences dans l’accompagnement des chômeurs. Les cas ne sont pas rares où, pendant six mois, un chômeur ne rencontre pas le moindre conseiller de pôle-emploi. Finalement, ils perdent leur employabilité, et tombent sans s’en rendre compte dans le chômage de longue durée. Actuellement, plus de 40% des chômeurs sont en chômage de longue durée, ce qui est bien plus que nos voisins. De même, le nombre de chômeurs inscrits depuis plus de 3 ans est passé de 278 000 en 2008 à près de 520 000 en 2012 ce qui signifie qu’il a pratiquement doublé (source Pôle Emploi).

Un sondage de l’institut Think mené pour l’APCE et CERFRANCE indique que 30% des français seraient prêts à créer ou reprendre un jour une entreprise, contre 40% qui affirment qu’ils ne le feront jamais. Comment expliquer ces 40% ? Pourrait-on réduire ce chiffre ?

Je trouve déjà que 30% c’est beaucoup et c’est encourageant. Cela montre que les mentalités ont évolué sur ce sujet.  Pour le reste, je comprends tout à fait que certains n’aient pas envie de créer une entreprise. De même que tout le monde n’a pas la capacité de créer une entreprise.  Encore une fois, créer une entreprise c’est savoir prendre des risques pour soi, sa famille, ses investisseurs et je comprends tout à fait que certains aspirent à d’autres choix. Pour rappel une entreprise est composée d’un chef d’entreprise mais aussi de ses salariés !

En nommant votre mouvement « Entreprendre pour la France », ne risquez-vous pas de passer à côté d’une partie de vos potentiels soutiens, du fait que le terme entreprendre et peut-être connoté ?

C’est vrai et je l’assume. C’est pour cela que nous devons faire beaucoup de pédagogie. En choisissant comme ligne directrice « social pour l’homme, libéral pour l’entreprise», nous avons pour ambition d’adapter, de moderniser et de préserver notre modèle social et d’être en mesure de le transmettre aux générations futures. Bien évidemment, pour financer notre modèle social, nous souhaitons être « libéral pour l’entreprise » en simplifiant drastiquement le code du travail, en réformant le marché de l’emploi et en mettant tout en œuvre pour augmenter les fonds propres de nos entreprises et ainsi assurer le développement en France et à l’international. Bref, notre ambition est de permettre aux chefs d’entreprises de consacrer 99% de leur temps à la stratégie, au développement et au management des hommes. Ce que nous voulons promouvoir c’est « l’esprit d’entreprendre » au sens général. Y compris entreprendre pour soi, pour sa vie, pour une cause, pour une association. Que chacun puisse se poser la question librement de savoir ce qu’il veut, ce pour quoi il est le mieux fait. Pour cela il faut parvenir à s’extraire de notre histoire, de notre carcan actuel, et proposer un nouveau futur, un nouvel imaginaire collectif, où chacun pourra et devra trouver sa place.

Envisagez-vous de vous présenter à une élection ?

NON, nous ne sommes pas un Parti Politique ! Ne brûlons pas les étapes. Nous avons tout d’abord l’ambition de bâtir un grand projet réformateur pour la France que nous souhaitons finaliser pour Juin 2016. Ce qui nous laisse 3 ans pour nous structurer, recruter des adhérents, mettre en place la communication et des comités de projets en collaboration avec la société civile. Si nous obtenons l’adhésion du plus grand nombre, nous prendrons alors toutes nos responsabilités et nous pourrions prendre la décision de créer une nouvelle force politique. D’ici novembre 2013, nous devons finaliser la plateforme web collaborative, constituer le comité d’orientation stratégique, les comités projets et bien sûr continuer notre déploiement territorial dans les 22 régions françaises, l’outre-mer et les cinq continents via les Français sans frontières. J’insiste, nous allons travailler tant sur le fond que sur la méthode pour l’intérêt de la France et des Français.

Pour terminer : quel message aimeriez-vous livrer à tous ceux susceptibles de vous rejoindre ?

Il n’existe aucune fatalité, il n’existe aucune  autre solution concrète pour changer le système actuel. Entreprendre Pour la France est un mouvement d’idées innovant, revitalisant, issu de la société civile pour co-construire ensemble notre avenir. La France et les Français ne sont pas un problème face à la crise actuelle, ils en sont la solution. Il est temps de passer à l’action, rejoignez-nous maintenant !

Nous allons lancer un observatoire sociétal à la rentrée pour faire émerger toutes les idées nouvelles. J’ajoute que nous sommes déjà rejoints par des adhérents de tous bords. Des personnes de sensibilité de droite, de gauche, du centre, des syndicalistes, des fonctionnaires, des non cadres, des cadres, des chefs d’entreprises, des retraités, preuve que notre mouvement est transversal.

Prochaine réunion publique du mouvement le 21 juin à Sophia Antipolis à Nice.

 

Plus d’information sur :

www.entreprendrepourlafrance.fr

Page facebook : https://www.facebook.com/entreprendrepourlafrance

Page Twitter :  @EPF_Officiel

 


Entretien réalisé par PLG pour Contrepoints.

  1. « … nos hommes politiques alterner depuis 30 ans sans la moindre ambition ni projet viable »

    Pas d’accord sur ça. Le projet est parfaitement concret, réel, et parfaitement bien tracé: détourner les fonctions de l’Etat dans l’intérêt personnel de la classe politique. Toutes les décisions sont cohérentes, ambitieuses et répondent à ce dessein.

  2. Dans les énergies renouvelables, on peut créer des entreprises sans risque, entreprises dont le Chiffre d’Affaire est constitué pour la plus grosse partie de l’argent versé par les consommateurs au titre de la compensation du tarif d’achat obligatoire.
    Dans les énergies renouvelables, l’on peut aussi investir pour défisaliser.
    Dans les énergies renouvelables, comme les chiffres d’affaires sont dynamisés par les compensations, on peut trouver facilement une collectivité locale qui vous accueille car vous présentez la garantie d’une rentrée fiscale.
    Dans les énergies renouvelables, le risque d’impayé est dilué car il y a des millions de consommateurs qui contribuent à la CSPE et si parmi les 8 millions de précaires énergétiques, il en est qui ne peuvent payer, les solvables le font à leur place grâce à la CSPE.
    Donc si l’on veut développer les entreprises, il faut conseiller aux gens le secteur des énergies renouvelables…

    1. @A P On voit bien que vous n’avez jamais tenter de monter une entreprise dans les énergies renouvelables. C’est, au contraire, extrêmement compliqué car vous oubliez les multiples haies, fossés, murs, chausses trappes, etc. érigés par les fonctionnaires pour vous empêcher de réussir. Pendant que vous montez des dossiers tous les jours un peu plus lourds et chers à réaliser, le compteur tourne, vous devez payer vos employés avec zéro de chiffre d’affaire.
      Résultat: une majorité de ceux qui ont, comme vous, pensé que ce serait facile ont fait faillite.
      Ne suivez donc pas les conseilleurs qui ne sont pas les payeurs. Pour se lancer dans cette activité, il faut avoir les reins très solides; comptez en moyenne 7 ans, je dis bien sept ans, avant d’émettre la première facture, si vous avez obternu les autorisations nécessaires. Sinon, il vous reste vos yeux pour pleurer.

  3. Il nous faut surtout une monnaie saine fondée sur l’or et l’argent et des lois simples et concises…En plus d’une fiscalité saine et stable et d’une lutte sans merci contre les rentes légales dont bénéficient indument toutes une série de professions!

  4. « Le bilan de l’Histoire me semble jouer dans le sens de plus d’intégration européenne. Il faut ajouter à son crédit de très beaux projets, tels Airbus, Ariane-Espace, qui ont été créés par des montages il est vrai parfois compliqués mais qui révèlent la force de la coopération des États-Membres. Avec à la clef, de très belles réussites technologiques qui ont essaimé dans l’ensemble des secteurs économiques.
    Par ailleurs, la France possède de nombreux atouts. Regardez le CAC 40 : nous avons un grand groupe Français dans le top 5 mondial dans pratiquement tous les grands secteurs économiques : Air liquide, LVMH, Véolia, Michelin, Essilor, Areva, EDF, Renault, Publicis, Total alors même que nous n’avons pas de pétrole en France, etc. Ne manquent que l’informatique et le digital, alors même que nous avions initié ce mouvement dès les années 1970. »

    Je ne comprend pas ce discourt. Ou plutôt je le comprend trop bien. C’est encore un appel du pied pour l’état agisse toujours plus dans l’économie. c’est un blanc sein au capitalisme de connivence. En effet toutes les « fabuleuse réalisations » ne sont issu que de logique étatistes obtenu par la spoliation de tous en faveur de quelque uns. Les « champions nationaux » du CAC 40 ne sont que les résidus nauséabonds d’ancien monopoles d’état ou de montage autoritaire organisés par les politiques là encore en spoliant le plus grand nombre au profits de quelques « amis ».
    Nous avons là une ressucer du discours du MEDEF incluant systématiquement l’intervention de l’état pour organiser et protéger l’activité économique.

    1. Bonjour Laurent,
      Personnellement, je ne suis pas pour un État ultra-puissant et dont la volonté et de tout gérer, tout organiser et notamment dans le domaine de l’économie. Mais il faut aussi reconnaître que notre « vieille Europe » réalise parfois quelques beaux projets…
      Nicolas DOUCERAIN.

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