Politique

100 000€ de dégats au Champ-de-Mars : Bertrand Delanoë se défend de toute visée politique

Publié le 17/01/2013

Accusé de mener un combat politique pour avoir adressé la facture des réparations à effectuer sur le Champ-de-Mars après la "Manif pour tous", Bertrand Delanoë s'en défend.

Par Alexis Vintray.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a déclenché la polémique cette semaine après l'envoi d'une facture de 100 000 € au ministère de l'Intérieur pour les dégradations des pelouses du Champ-de-Mars lors de la Manif pour tous, opposée au mariage gay et qui a rassemblé entre 340 000 et 1 million de personnes.

Il avait été accusé immédiatement à droite de le faire pour des raisons purement politiques, lui même étant un fervent défenseur du mariage gay pour lequel il avait manifesté en décembre 2012. Les organisateurs de la manifestation avaient quant à eux annoncé qu'ils ne comptaient pas payer la facture, d'autant plus qu'ils n'en avaient pas les moyens. Selon Frigide Barjot : "on appelle les manifestants à venir replanter, mais les 100.000 euros, on n'a pas les moyens !".

Dans un communiqué de presse, le maire de Paris se défend des accusations. Il explique en particulier avoir averti des coûts à choisir le Champ-de-Mars comme point de rassemblement final : "Lorsque la Préfecture de Police et les organisateurs réfléchissaient aux tracés, j’ai prévenu que les pelouses du Champ-de-Mars ne supporteraient pas une telle affluence. J’ai donc suggéré qu'un autre point d'arrivée soit recherché : je rappelle que lors de la manifestation de 1984 sur l'école privée, le cortège a défilé par exemple jusqu'à la place de la Bastille."

Surtout, Bertrand Delanoë soutient qu'il ne s'agit pas d'une question de sujet de la manifestation : "Je n’ai ainsi fait qu'appliquer les règles qui ont toujours prévalu – envoi d'une facture liée au piétinement des pelouses – comme ce fut le cas par exemple lors du concert de Johnny Hallyday en 2009 ou de SOS racisme en 2011." Et de conclure : "Les raisons qui m’ont conduit à mettre en garde la Préfecture de Police la semaine dernière m’avaient amené il y a un peu plus d’un an à refuser à François Hollande, alors candidat, son utilisation pour un meeting. Il est dès lors malvenu d’imaginer qu’une manœuvre politique ait présidé à une demande normale et légitime d’indemnisation au profit des Parisiens."

Indépendamment de toute question politique, on ne peut que se réjouir du principe, qui veut que les organisateurs d'une manifestation doivent en assumer les conséquences financières en termes de dégradation du patrimoine public, volontaire ou involontaire.

Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=111656

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