Fiscal cliff : accord in extremis ?

Publié Par Institut Coppet, le dans Amérique du Nord

Le Sénat vient d’entériner un accord pour éviter les coupes automatiques. La Chambre des représentants, à majorité républicaine, pourrait le suivre dès aujourd’hui.

Par Emmanuel Arthault.
Publié en collaboration avec Le Bulletin d’Amérique.

L’Amérique est officiellement entrée dans « le mur » hier matin, à 5h. Mais les Républicains et la Maison Blanche sont néanmoins parvenus à un accord pour éviter les coupes automatiques : le vice-président démocrate Joe Biden et le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, ont conclu un compromis prévoyant une hausse des taux d’imposition pour les foyers aux revenus supérieurs à 450.000$ par an et une extension de l’assurance-chômage. Le Sénat l’a immédiatement entériné dans la nuit à 89 voix contre 8.

Faire accepter de telles hausses d’impôts par les républicains de la Chambre pourrait toutefois s’avérer difficile, car ils ont déjà rejeté avant Noël l’idée d’imposer davantage les revenus supérieurs à un million de dollars.

Grover Norquist, Directeur du groupe de pression Americans for Tax Reforms, qui a instauré le très influent « serment anti-impôts » destiné aux élus du Congrès, a ainsi soutenu le nouveau consensus : « je n’ai pas lu l’accord en entier, je ne peux pas l’endosser. Mais, tel qu’il nous est expliqué, il ne viole pas le serment (…) Nous devons nous assurer que les réductions d’impôts sont rendues permanentes pour tout le monde, mais ceci est un combat pour les semaines et les mois à venir. [L'accord] est un progrès: il rend 84% des coupes d’impôts de George W. Bush permanentes. »

Les coupes budgétaires automatiques censées entrer en vigueur le 2 janvier sont donc repoussées de deux mois. Néanmoins, l’affrontement autour du relèvement du plafond légal de la dette, atteint officiellement lundi, n’a toujours pas trouvé d’issue.


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  1. « Les coupes budgétaires automatiques censées entrer en vigueur le 2 janvier sont donc repoussées de deux mois. »

    Il n’y aura pas de coupes budgétaires, car les républicains dans leur majorité sont tout aussi étatistes et collectivistes que les lib-dem.

    Un vrai courage républiacin aurait consisté à aller jusqu’au bout du refus de compromis, ce qui aurait obligé l’administartion amériacine à des coupes budgétaires automatiques.
    Accepter un relèvement des impôts sans contreparties budgétaires est exactement ce que voulaient les démocrates.

    Les USA ( que je connais plutôt bien) filent un très mauvais coton

    1. « Un vrai courage républiacin aurait consisté à aller jusqu’au bout du refus de compromis »

      … et accepter la fin automatique des réductions d’impôt Bush.

      Vous ne connaissez pas bien les USA, désolé.

        1. Ne déviez pas.

          Je vous expliquai pour quelle raison les républicains étaient piégés : c’était soit une petite augmentation d’impôts, soit une grosse augmentation d’impôts…

          Ils ont choisi la petite.

  2. « Grover Norquist, Directeur du groupe de pression Americans for Tax Reforms, qui a instauré le très influent « serment anti-impôts » destiné aux élus du Congrès, a ainsi soutenu le nouveau consensus »

    Les impôts augmentent. Norquist a perdu et il essaie à mon avis de sauver les apparences… Tous les parlementaires qui ont signé son « pledge » savent qu’il ne mordra pas si les impôts augmentent encore.