André Brahic : « Nous courons à la catastrophe si nous négligeons la Science » – Première partie

Publié Par Contrepoints, le dans Sciences et technologies

Qui n’a jamais lu, entendu ou vu André Brahic ? Un des astrophysiciens français les plus connus, découvreur des anneaux de Neptune, André Brahic, bientôt 70 ans, a l’énergie et la vivacité d’esprit d’un jeune homme qui commence ses études. Ce passionné devant l’éternel défend avec vigueur, entre deux conférences et trois réunions de recherche, l’utilité de la recherche fondamentale, et se désole de constater le peu d’engouement du monde médiatique et politique pour elle. Pendant la campagne présidentielle, il a publié « La Science : une ambition pour la France ». Il y exhortait les candidats à mettre la Science au cœur de leur projet. Mais au fait, à quoi sert-elle, la Science ? Est-il vraiment utile d’envoyer des robots sur Mars, des sondes à l’assaut de nos planètes voisines ? Le monde actuel de la recherche n’est-il pas terriblement sclérosé ? Tentative de réponses.

Seconde partie ici

 

André Brahic, à côté d’une photo de Saturne          
 

Contrepoints (CP) : Comment avez-vous décidé de devenir chercheur ?

André Brahic (AB) : Enfant, j’étais fasciné par les étoiles et les planètes. Mais dans mon entourage, personne ne  connaissait ce domaine. Comme souvent dans la vie, tout peut changer à la suite d’une rencontre. Celle de deux chercheurs exceptionnels m’a permis de réaliser ce qui n’était alors qu’un rêve. Le premier, Évry Schatzman, a fondé l’astrophysique en France. Brillant élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm au moment de l’invasion nazi, il a été profondément marqué par l’assassinat de son père à Auschwitz. Il a œuvré toute sa vie pour un monde meilleur et il était convaincu que la science pouvait jouer un rôle important dans la lutte contre l’obscurantisme et contre la violence. Il a consacré beaucoup d’énergie à la diffusion des connaissances et à la promotion de la culture scientifique. Il m’a transmis le virus de la science et il m’a fait comprendre le primat de la raison. Le second, Michel Hénon, est l’un des meilleurs scientifiques de la fin du 20è siècle. Sa logique implacable, sa rigueur mathématique et sa culture m’ont particulièrement impressionné. J’ai eu la chance de travailler de nombreuses années avec lui et je considère qu’il m’a appris le métier. Le charisme et la puissance intellectuelle de ces deux maîtres m’ont rendu amoureux de la recherche scientifique.

CP : À quoi sert la science ?

AB : La science a pour ambition de comprendre le monde. Ceci repose sur deux postulats : le monde obéit à des lois et nous pouvons les découvrir. Notre seul outil est notre cerveau. Est-il capable de tout comprendre ? À vrai dire, je ne sais pas. Mais, le progrès des connaissances depuis plusieurs millénaires ne peut que nous encourager à continuer tout en faisant preuve de beaucoup de modestie et d’humilité. Il faut se méfier des certitudes qui mènent souvent au fanatisme et à des attitudes irrationnelles. Je rejette tout autant le fanatisme religieux que le scientisme qui baignent tous deux dans l’intolérance. Contrairement aux scientistes, je n’affirmerai pas que la science a réponse à tout et peut résoudre tous les problèmes, mais je suis persuadé que nous courons à la catastrophe si nous négligeons la science.

CP : Faut-il continuer à dépenser autant de crédits dans la recherche fondamentale, en particulier en ces temps de crise ?

AB : En fait, il faut augmenter l’effort si nous voulons sortir de cette crise. Il ne faut pas confondre la science et la technologie ni la recherche fondamentale et la recherche appliquée. La première n’a a priori aucun but pratique, elle est mue par la seule soif de connaissance. La seconde exploite les résultats de la première pour trouver des solutions à nos problèmes domestiques, sociaux, économiques, industriels et médicaux et inventer des outils et des machines utiles à l’homme. Ces deux activités sont complémentaires. L’une ne peut pas exister sans l’autre.  Ne faire que de la recherche appliquée et négliger la recherche fondamentale reviendrait à construire une maison sur du sable. Ne faire que de la recherche fondamentale sans jamais l’appliquer serait une fantastique perte d’énergie. En temps de crise, la SEULE solution est de donner la priorité à la recherche.

Par ailleurs, beaucoup d’esprits chagrins parlent de crise. J’aimerais relativiser et prendre un peu de recul. Notre époque est merveilleuse, comparée à celles de nos ancêtres. Nous n’avons jamais vécu aussi vieux et en aussi bonne santé. Nous n’avons jamais fait autant de découvertes. Je fais partie de la première génération depuis des millénaires qui n’a pas connu la guerre. Pendant des siècles, chaque mauvaise récolte entrainait des famines et des dizaines de milliers de morts. Chaque épidémie décimait une grande partie de la population. Quand ma grand-mère est née, la voiture et l’avion n’avaient pas encore été inventés. Quand elle est décédée, les hommes posaient le pied sur la Lune.

Ce que certains appellent crise est en fait une crise essentiellement financière. Il est important de comprendre que c’est d’une certaine manière l’absence de pensée scientifique qui a mené à cette crise. En physique, on apprend que l’énergie se conserve et qu’on ne peut pas créer quelque chose à partir de rien. Certains ont cru qu’on pouvait faire fortune à partir de rien. En clair, on crée un monde virtuel qui est celui de la finance, ce monde virtuel rapporte de l’argent au début, mais dès que le monde virtuel rencontre le monde réel, la situation est fortement instable et tout se termine en crise. C’est donc une approche irrationnelle du monde qui entraîne une crise financière. Davantage de science, c’est moins d’irrationnel, donc moins de risque de «crise» comme celle que nous connaissons.

CP : On pourrait vous faire remarquer que les traders auxquels vous faites référence sortent généralement d’école comme Polytechnique où ils étudient beaucoup de matières scientifiques.

AB : Vous touchez là un point essentiel relatif à l’éducation. Si on ne vous enseigne que des techniques ou des « recettes de cuisine » sans vous faire réfléchir sur leur utilité et leur rôle, vous n’avez pas de recul. Trop souvent l’enseignement est celui de la répétition de la parole du maître. On n’apprend pas assez aux élèves comment raisonner. Les polytechniciens que vous citez sont des gens brillants qui ont très bien compris la technique, ce qui est différent d’avoir une véritable culture scientifique. Ils n’ont jamais fait de recherche. Ils créent des modèles, cherchent celui qui sera le plus efficace, qui entraînera le maximum de gain, mais sans vraiment se poser la question du pourquoi. Quand je présente nos enseignements de troisième cycle aux jeunes polytechniciens, je leur dis qu’il n’était pas nécessaire qu’ils se fatiguent à passer le concours pour finalement devenir un simple trader. Ils gagneront beaucoup d’argent dans la finance, mais il n’est pas certain qu’ils y trouvent le bonheur. Beaucoup seront las à l’âge de 40 ans alors qu’ils se seraient beaucoup plus épanouis dans la recherche.

CP : Venons-en à votre livre, « la Science, une ambition pour la France ». Pourquoi l’avoir écrit ?

AB : C’est un véritable cri du cœur. Au moment de la campagne présidentielle, j’ai voulu lancer un appel.  Ce livre est en fait un plaidoyer pour la culture scientifique. Notre vie de tous les jours est bercée par la science et conditionnée par des découvertes récentes. Nous bénéficions de moyens que n’avaient pas nos parents pour chacun de nos actes pour nous déplacer, communiquer, nous faire soigner, etc. Il est paradoxal de constater que les scientifiques sont absents des cercles de décision. Prenez les présidents, les ministres, les députés, les sénateurs, les directeurs des journaux, des chaînes de radio et de télévision, les grands capitaines d’industrie : aucun n’a fréquenté le monde de la recherche ! Des écoles prestigieuses comme Sciences-Po, H.E.C., l’E.N.A. sont éloignés du monde des laboratoires. Nombre d’hommes politiques en sont issus. Des scientifiques de haut niveau fréquentaient la cour de Louis XIV. Le grand astronome François Arago fut un ministre important de la 2è République. Le mathématicien Paul Painlevé et le physicien et prix Nobel Jean Perrin furent ministre de la 3è République. L’époque moderne fourmille d’anecdotes sur l’ignorance des ministres de la recherche. L’un d’entre eux, juriste de formation, est venu un jour nous voir à Saclay. Alors qu’on lui présentait le dernier satellite produit par nos équipes, celui-ci s’est demandé si les satellites volaient au-dessus ou en-dessous des nuages… Je peux comprendre qu’un citoyen non intéressé l’ignore. Mais nous pouvons nous poser des questions sur la qualité des décisions d’un tel ministre. Il n’avait aucune connaissance de la chose scientifique en général. La ministre de la recherche d’un récent gouvernement de S. Berlusconi s’est illustrée en croyant que l’Italie avait financé la construction d’un tunnel de 730 kilomètres de long empruntés par des neutrinos, particules qui traversent sans difficulté toute forme de matière. Un vice-président des États-Unis croyait que nous allions sur Mars pour photographier les martiens…

CP : Votre livre ne visait-il que le monde politique ?

AB : Évidemment, non. Tout le monde est concerné : l’école, les journaux, la télévision, le citoyen, etc. Au lieu d’acheter des documentaires américains ou japonais, la télévision pourraient produire d’excellentes émissions scientifiques ludiques et de qualité et les diffuser à des heures de grande écoute. Les jeunes lycéens pourraient apprendre quelle est la nature de la démarche scientifique. Les journaux pourraient annoncer les bonnes nouvelles scientifiques au lieu de s’appesantir sur des scandales sans intérêt ou de mettre en avant des faits divers anecdotiques. Plus généralement, je suis persuadé que la solution à de nombreux problèmes actuels (violence, chômage, etc.) sera trouvée grâce à la science.

Au-delà du manque de culture scientifique, notre pays manque de considération pour ses chercheurs. Alors que notre avenir dépend des chercheurs les plus brillants, leurs salaires sont médiocres surtout si on les compare à ceux des jeux du cirque. Quant aux jeunes chercheurs, recrutés après des concours difficiles une dizaine d’années après le baccalauréat, ils sont payés à peine plus que le S.M.I.C. alors que d’autres pays comme les États-Unis les accueillent à bras ouverts, avec des salaires à la hauteur de leurs mérites et de leurs capacités. La France dépense des sommes non négligeables pour éduquer des jeunes chercheurs qui, une fois formés, vont renforcer les laboratoires américains. Tout se passe comme si la France finançait la recherche des États-Unis. Plus généralement, les rémunérations des chercheurs dépendent peu du mérite. Entre ceux qui y consacrent toute leur vie et ceux qui ont perdu la passion, les différences de salaires sont faibles. C’est au point où un membre d’une commission de recrutement du C.N.R.S. a déclaré un jour d’élection : « Aujourd’hui nous allons nommer des rentiers ! ».

Un Ministre de la recherche nous a demandé si les satellites volaient au-dessous des nuages…

CP : Dans votre livre vous dénoncez plusieurs fois l’obscurantisme de notre siècle. N’est-il pas la conséquence d’une certaine arrogance scientifique, qui considère que la science peut tout expliquer et qu’il est un peu « stupide » de croire en Dieu ?

AB : Ah ! Ne confondons pas science et religion ! Certains de mes collègues sont croyants et d’autres athées. Ces deux activités n’ont rien en commun. La science a l’ambition d’expliquer le comment. La religion voudrait expliquer le pourquoi.

Il est vrai que l’histoire nous enseigne que la science et la religion n’ont pas fait bon ménage dans le passé. Les progrès scientifiques de la Grèce Antique ont eu lieu aux époques où la religion était peu pesante. Ce n’est pas à l’honneur de l’Église catholique d’avoir brûlé vif Giordano Bruno le 17 février 1600, d’avoir condamné Galilée en 1633 ou d’avoir rejeté Darwin au 19è siècle. Lorsqu’il a essayé de déchiffrer la Pierre de Rosette, Champollion s’est heurté à une forte opposition de l’église catholique qui craignait que l’on ne découvrit des sociétés plus anciennes que ce que ne le prévoyait la Bible. Les fondamentalistes musulmans ou protestants du 20è siècle refusent les progrès scientifiques et imposent un enseignement obscurantiste là où ils sévissent. En fait, à certaines époques, les religions  ont fait preuve de beaucoup d’intolérance, ce qui a conduit à d’épouvantables massacres et à des millions de victimes bien au-delà du monde scientifique.

Je n’ai pas traité dans mon livre les rapports entre la science et la religion. On peut simplement remarquer ici que la notion de dieu recouvre bien des attitudes différentes. Il y a ceux qui sont simplement superstitieux. Ce sont les plus nombreux, mais leur attitude est critiquée aussi bien par les scientifiques que par les théologiens (à voix plus basse). Il y a aussi ceux qui pensent que la religion est liée à la morale et que les hommes se comportent mieux dans la crainte de l’enfer. Mais je n’ai pas le sentiment que les athées massacrent leurs voisins. Il y a enfin la dimension métaphysique : ce que certains appellent « dieu » est appelé « la Nature » par d’autres. Je me contenterai de rappeler la réponse de Laplace à Napoléon après lui avoir présenté sa nouvelle théorie sur la formation des planètes. « Monsieur le marquis, je ne vois pas beaucoup Dieu dans votre théorie » lui dit l’empereur. « Sire, c’est une hypothèse dont je n’ai pas eu besoin » lui répondit Laplace. En ce domaine, la qualité la plus importante est la tolérance.

CP : Plus prosaïquement, vous critiquez le système de notation des chercheurs, très peu méritocratique. Comment améliorer ce système ?

AB : Vous posez là un problème majeur dans la recherche actuelle : le problème de l’évaluation. De nos jours, j’ai l’impression que les bureaucrates ont pris le pouvoir et passent leur temps à demander de lourds dossiers aux chercheurs afin de les faire évaluer. Le nombre de comités a cru de façon déraisonnable au point où sont apparus des critères de sélection ridicules comme le nombre d’articles publiés. Il est évident que le seul jugement possible doit être fait après la lecture des articles du chercheur évalué. Or les bureaucrates en sont arrivé à simplement compter le nombre d’articles quelle que soit leur qualité ou le nombre de citations même si elles ne sont qu’un relevé d’erreurs.

Au cours de ma carrière, j’ai connu trois systèmes

  • Le mandarinat, système dans lequel la décision est prise par une seule personne, le grand professeur. S’il est un grand chercheur honnête et éclairé, tout va bien. Mais s’il est incompétent ou malhonnête, cela conduit à des abus et des dérives regrettables. Les événements de mai 1968 eurent lieu en grande partie en réaction aux excès de ce système.
  • L’assemblée générale. Au mois de mai 1968, beaucoup eurent l’illusion romantique de retrouver la démocratie grecque à l’époque où on réunissait le peuple sur l’agora. En fait, on y retrouve soit un parfait chaos soit la prise de pouvoir de démagogues qui se sont emparé du micro.
  • Le comité. Ce système qui paraît a priori raisonnable présente en fait de multiples défauts. Aucun membre ne se sent réellement responsable et les décisions sont souvent décevantes à force de compromis. Mon patron de thèse avait coutume de dire « Si vous demandez à un comité de dessiner un cheval, à force de compromis, il représentera un animal avec une trompe d’éléphant, une queue de girafe et une bosse de chameau ! » C’est un système qui dilue totalement les responsabilités individuelles. Ainsi lorsqu’un jeune candidat est débouté, et vient voir l’un après l’autre les membres du jury, chacun rejette la cause du rejet sur les autres. De plus, ce système attire les professionnels de la réunionnite qui ont perdu la passion pour l’enseignement ou la recherche.

Il me semble que la solution repose sur le choix d’une seule personne responsable et nommée pour une période limitée. Elle peut s’appuyer sur l’avis uniquement consultatif d’un comité d’experts.

CP : Quid de la sélection de ces chercheurs ?

AB : Le système actuel est à bout de souffle. Il décourage les plus brillants et il ne permet pas la sélection des meilleurs. Aucune compagnie privée ne survivrait si elle recrutait ses employés de manière aussi lourde, aussi bureaucratique et aussi éloigné de ses besoins.

Je préconise de ne pas hésiter à faire des paris et à favoriser l’originalité et les qualités d’imagination. Faire quelques erreurs n’est pas grave si on peut attirer un Galilée ou un Darwin. Actuellement, on a tendance à recruter des jeunes du même profil et qui ont appris les mêmes choses de la même façon.

Il me semble qu’il devrait y avoir plus de passerelles entre les différents organismes de recherche. Par exemple, il serait bon d’accéder au C.N.R.S. pour quelques années seulement, le temps d’y mener des recherches d’importance. Seuls les très grands chercheurs pourraient rester plus de dix ans. La nomination à vie contribue à ankyloser les chercheurs. Chacun devrait avoir l’occasion au cours de sa carrière d’enseigner devant des étudiants de tous les niveaux.

 CP : Vous critiquez également la « bureaucratisation » de la recherche. Pouvez-vous expliquer à quoi vous faites référence ?

AB : Le monde de la recherche souffre en effet d’une incroyable bureaucratisation. Je dis toujours en plaisantant que si j’étais ministre, j’interdirais à tous les chercheurs de remplir le moindre papier. Actuellement, les chercheurs passent pratiquement les trois quarts de leur temps à remplir des rapports quand ils ne sont pas membres d’un comité de sélection. Ce n’est pas leur métier. C’est un temps considérable de recherche qui est perdu. Les chercheurs devraient se concentrer sur la publication de leurs résultats dans des revues spécialisées en évitant de multiplier les articles superficiels pour simplement faire gonfler artificiellement leur liste de publication. Ils devraient aussi être très disponibles pour l’animation de leur laboratoire et l’accueil des jeunes étudiants.

Tout d’abord, j’en profite pour dénoncer à nouveau la politique du chiffre

CP : Pensez-vous que la recherche doive forcément s’accompagner de l’enseignement ?

AB : Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre. Un enseignant qui n’est pas un chercheur actif est déconnecté du monde réel et risque la sclérose en se contenant de répéter ce qu’on lui a appris il y a de nombreuses années. À l’inverse, un chercheur qui n’enseigne pas risque de se couper du monde et de ne plus être capable de communiquer. En caricaturant au maximum, nous risquerions d’avoir des chercheurs autistes et des enseignants incompétents si les deux mondes n’étaient pas étroitement liés.

Le système actuel manque totalement de souplesse. Les enseignants chercheurs ont trop d’heures de cours et les chercheurs pas assez. De plus, les passerelles entre l’Université et les centres de recherche sont trop étroites. Le meilleur moyen de dominer un sujet est de l’enseigner. L’effort pédagogique pour être compris de tous et pour passionner son auditoire a de multiples vertus. Je suis convaincu que si les chercheurs faisaient davantage de pédagogie, le grand public serait plus attiré par le monde de la recherche, qu’il ressent à tort comme aride. Par contre, les jeunes enseignants chercheurs devraient être soulagés au maximum afin de pouvoir consacrer beaucoup de temps à leur activité de recherche à un âge où ils ont tout à apprendre et où la suite de leur carrière se décide. Plus généralement, on ne devrait pas accepter que des enseignants aient abandonné la recherche sans augmenter leurs heures de cours. Les enseignants des classes préparatoires aux concours des grandes écoles, là où sont les meilleurs étudiants, devraient être des chercheurs actifs, ce qui n’est pas le cas actuellement.

CP : Que pensez-vous du système de publication scientifique, très oligopolistique, et qui coûte une petite fortune à la fois aux lecteurs et aux auteurs ?

AB : Bien entendu, tout ceci devrait être amélioré. Tout d’abord, j’en profite pour dénoncer à nouveau la politique du chiffre. Le système pousse les jeunes chercheurs à publier un maximum d’articles (« publish or perish ! »). J’ai connu une expérience totalement opposée. Un jour, mon maître, Michel Hénon, avait fait un travail extraordinaire sur la dynamique des astéroïdes. Après plusieurs années de travail intensif, il avait rédigé un brouillon d’une centaine de pages. Après en avoir discuté avec lui, je suis parti à une réunion aux États-Unis. J’y ai découvert le travail d’un collègue américain qui avait fait la moitié du chemin parcouru par Michel Hénon. De retour en France, je me suis précipité pour le prévenir et lui dire : « Dépêche toi de publier, la concurrence avance ! ». La réponse de Michel a été : « Quelle bonne nouvelle ! Tu m’annonces que j’ai eu le plaisir de faire cette recherche et qu’un autre aura la peine de rédiger les résultats ! ». Cette expérience a été très profitable pour moi. J’ai compris combien le travail en profondeur et le plaisir étaient importants, en totale opposition avec une recherche bâclée pour alimenter son curriculum vitae.

Quant aux revues scientifiques, la République française pourrait créer une revue scientifique gratuite et de très haut niveau. Cela permettrait aux découvertes les plus importantes de ne pas passer par un filtre très anglo-saxon comme celui des revues telles que Nature ou Science qui privilégient trop souvent le spectaculaire au détriment de l’important. Dans de nombreuses revues scientifiques, les chercheurs, une fois leur travail achevé, doivent écrire eux-mêmes leurs rapports au format précis demandé par les revues scientifiques. Ils font ce qui devrait être le travail de l’éditeur. En plus, ils payent de leur poche pour pouvoir être éventuellement publiés

Par ailleurs, il faut se méfier de ces sites Internet qui permettent soi-disant un accès libre, même si en réalité il faut là encore payer pour soumettre un article. Certains de ces sites n’ont pas le sérieux nécessaire et profitent du système pour gagner beaucoup d’argent sur le dos de chercheurs qui voient là une occasion de gonfler artificiellement leur liste de publications. Ils participent à l’inflation déraisonnable des publications.

CP : Que pensez-vous de nouvelles initiatives comme « ArXiv.org », qui sont totalement gratuites ?

AB : Je n’ai a priori rien contre ces initiatives, mais il faut faire très attention à avoir des lecteurs de grande qualité pour juger les articles. Dans notre jargon, nous les appelons des « referees ». Or, relire des papiers de recherche et les juger demande de solides compétences, beaucoup de temps et une éthique solide. Cela explique pourquoi cela ne peut pas vraiment être fait gratuitement et rapidement.

Extraits de la suite :

– Réchauffement climatique : « Beaucoup crient d’autant plus fort qu’ils sont incompétents »

– « J’ai beaucoup de sympathie pour le mouvement écologiste mais je me désole de la présence en leur sein d’obscurantistes qui déconsidèrent une cause noble. »

– « Tel Christophe Colomb à l’avant de sa Caravelle, nous découvrions de nouveaux mondes.  »

 

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Entretien réalisé par PLG et Benjamin Guyot, pour Contrepoints.

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  1. Les propos de Brahic sont parfois incohérents. Il déclare d’abord que les scientifiques devenus financiers « créent des modèles, cherchent celui qui sera le plus efficace, qui entraînera le maximum de gain, mais sans vraiment se poser la question du pourquoi » puis « la science a l’ambition d’expliquer le comment. La religion voudrait expliquer le pourquoi ».

    La « crise est en fait une crise essentiellement financière » : discours qui montre que chacun, selon ses compétences, ferait mieux de rester à sa place et éviter de se mêler de ce qu’il ne comprend pas.

    1. Brahic n étant pas économiste sa phrase n a pas la même signification que pour nous.
      Ce qu’il veut dire par financier c est que d une certaine manière elle est partie de là, par opposition aux crises naturelles comme la famine, etc.

      1. Puisqu’il n’est pas économiste, qu’il n’en parle pas, surtout pour se complaire dans des fariboles telles que l’opposition imaginaire entre économie virtuelle et économie réelle ! La crise n’a pas une origine financière mais étatique. Brahic se trompe (ou ment) et, parce qu’il a une voix qui compte, parce qu’il sert de référent intellectuel pour de nombreuses personnes, participe à l’approfondissement de la crise et au malheur de ses compatriotes.

        Quant aux famines, elles n’ont plus rien de naturel depuis longtemps. Elles résultent de choix politiques parfaitement conscients et assumés. Les famines sont provoquées volontairement.

        1. Non Brahic ne « ment » pas.

          Le fond de son propos, que l’on peut contester, est que c’est le manque d’esprit scientifique, du « trop » technique, qui a entraîné cette crise.
          Il ne se pose pas la question purement économique du trop ou pas assez d’Etat.

          1. Je veux bien lui laisser le bénéfice du doute : dont acte, il ne ment pas. Mais alors, qu’il fasse preuve d’un peu plus d’humilité et évite de se perdre dans un domaine qu’il ne maîtrise visiblement pas ! C’est d’autant plus nécessaire que sa parole a une influence non négligeable.

          2. Voila. Ce n’est pas son domaine et il ne maîtrise pas. Il a une intuition juste sur une finance virtuelle, et en même temps, personne ne lui a jamais soumis les faits qui montrent que cet aspect virtuel est le fruit de l’action des banques centrales et des Etats (les premières étant des composantes des deuxièmes).

            Deuxième point : il a tort de penser qu’il ne peut y avoir de mécanismes privés pour financer la recherche fondamentale. Nul besoin de coercition.

        2. Je trouve qu’au contraire, si l’on se contente d’employer le langage courant et qu’on observe la crise d’un point de vue général, il s’agit bien d’une crise financière. Non pas au sens où ce serait la finance apatride qui en serait responsable, mais au contraire au sens où c’est un problème de monnaie (un meilleur terme serait « monétaire ») Et il a aussi raison quand il dit qu’une partie du probléme se trouve dans le côté virtuel de cette finance. Quand la Fed et la BCE fabriquent de la fausse monnaie sur leurs ordinateurs, sans ausune correlation avec le vrai monde, c’est bien du virtuel. Et c’est quand on retrouve cette fausse valeur sur le marché que frappe l’inflation, par exemple. Le scandale du MERS est également un bon exemple des problèmes liés au virtuel.
          Cela dit, c’est très incomplet, mais il ne s’agissait pas d’une étude approfondie, juste d’un petit paragraphe à l’appui d’une autre thèse.

          1. L’utilisation des adjectifs « virtuel » et « réel » pour stigmatiser la méchante finance par opposition à la vertueuse économie est un argument sans fondement. En reprenant des concepts de café du commerce qu’il ne maîtrise pas, Brahic ne peut pas avoir raison. Il se décrédibilise.

            « Il s’agit bien d’une crise financière » : c’est un point de vue erroné, du moins si votre but est de tenter de qualifier la crise pour ce qu’elle est vraiment. Les problèmes financiers sont accessoires : ils ne sont que des conséquences de choix politiques et économiques bien plus cruciaux. Renoncer à qualifier correctement cette crise est la certitude de la voir perdurer.

            Mais revenons plutôt au premier sujet : Brahic se prend les pieds dans le tapis lorsqu’il prétend « poser la question du pourquoi ». Son incohérence s’explique par son obsession farouche et revendiquée d’évacuer toute religion de la science. Dans ces conditions, il peut chercher longtemps le « pourquoi » : il ne le trouvera pas.

          2. @Bubulle : sur ce point à vrai dire la première version était plus ambiguë : il ne cherche pas à tout prix à rejeter la religion, d’après lui Science et religion sont complémentaires, dans sa troisième acception de la religion. Mais pour les besoins de concision, il a un peu raccourci sa réponse. Ce qui est sûr c’est que la seule chose qu’il cherche à évacuer, ce n’est pas tellement la religion, mais plutôt la superstition.

          3. A vrai dire, je n’ai pas suivi les positions récentes de Brahic vis-à-vis de la religion qui ont sans doute évolué avec l’âge. J’en étais resté à des positions plutôt définitives et immatures de sa part sur ce sujet, mais s’il a évolué, tant mieux pour lui. Bref, comme nous tous, Brahic est libre et se trouve à devoir choisir entre le bien et le mal. Entendons-nous bien : Brahic est un grand scientifique et ses erreurs dans un domaine qu’il ne maîtrise pas ne remettent pas en cause ses qualités scientifiques. IL prend simplement le risque de se décrédibiliser. Peut-être s’est-il fait piéger par un désir de notoriété un peu trop envahissant ? Le syndrome du gros micro mou, comme dirait h16 : ça fonctionne aussi bien avec les politiciens qu’avec les scientifiques. Tout ce que je souhaite à Brahic est de trouver son équilibre personnel en la matière.

        3. Effectivement, depuis très très longtemps les famines ne sont plus naturel, j’avais lu un très intéressant article qui décortiquait les ogirins de la peste noir au moyen age et tout concordait à montrer que les ravages de la peste étaient du à la malnutrition et celle ci à l’emprise de l’état de l’époque qui (déjà) écrasait les populations d’impôts et de réglementations abusives. donc oui depuis très longtemps, les famines et autre épidémie ont pour origine l’oppression étatiques.

          1. Merci d’avance si vous avez un lien sur cet article. Je ne sais pas si on peut faire le parallèle entre les famines récentes que je visais dans le précédent message et la grande peste. Il convient de rester prudent : pandémie et famine sont des situations très différentes, bien que l’une puisse être l’origine de l’autre.

          2. Possible… L’interventionnisme effréné réduit le potentiel d’adaptation et de défense des populations mais cela reste différent des famines provoquées. Les causes des pandémies ou facteurs aggravants non naturels méritent sûrement d’être étudiées, si ce n’est pas déjà fait.

  2. Un très bon article, qui pose bien les problèmes de la recherche d’aujourd’hui tout en appuyant sur l’importance fondamentale de ce domaine pour aller de l’avant et sortir de la crise actuelle.

    Il faudrait que nos décideurs prennent conscience de ce type de discours, pour comprendre, que quitte à s’endetter, autant que ce soit pour de vraies dépenses d’investissement, en recherche fondamentale et appliquées.

    1. Il faut quand même voir que les trucs étatiques comme le CNRS, ça coute un bras et c’est pas franchement efficace.

      Des dettes dans la recherche, il y en a beaucoup, comme le « grand emprunt », mais vu la gestion des fonds et des services de recherche, autant ce payer des putes et des petits fours à l’Élisée.

      Beaucoup de fonds sont détournés de la recherche privée par des dispositifs comme le crédit impôt recherche et les partenariats public/privé.

      Il faudrait surtout que nos décideurs admettent leur incompétence généralisée et qu’ils ne touchent à rien.

    2. Malheureusement, on ne peut pas dire « quitte à s’endetter » car les dettes publiques sont mauvaises par nature. Ce n’est donc pas la finalité des dettes publiques qui pourraient contribuer à les rendre vertueuses.

  3. M. Brahic est un homme passionnant, honnête et de bonne foi.
    Mais pourquoi ne dit il pas plus clairement dans ses publications que le dogme de gauche de la recherche publique, forcément publique et la bureaucratie impuissante qu’il engendre prive la recherche française des ressources qui sont confisquées par ses bureaucrates ?

  4. La seule réponse aux « salaires médiocres » dans la recherche est la vérité des prix, et donc la libre concurrence entre les centres de recherche, les universités. Et surtout un appui plus systématique sur les structures de type fondation.

  5. Comme ça a été dit, sur les religions, la finance, mais aussi sur la développitude durable et le catastrophisme climatique, Brahic n’est qu’un idiot utile. Etant donné son absence totale d’esprit critique et ses acquiessements envers la pseudo-science réchauffiste, il y a de quoi s’inquiéter s’il devait représenter ce que devrait être un scientifique.
    Pour moi, il n’est qu’un chercheur fonctionnaire accroché aux mamelles de gouvernemaman et prêt à suivre le troupeau.

    1. MiniTAX, avez-vous vraiment lu l’article, ou bien postez-vous en aveugle ? Vous allez sans doute être surpris par les positions de Brahic sur la climatologie, je pense. Plutôt que de le taxer d’idiot à la moindre divergence, on pourrait lui laisser le bénéfice du doute, en remarquant qu’au contraire de nombreux chercheurs (et de la plupart des gens), il a été capable de revenir sur ses positions quand on lui a apporté les preuves que ses conclusions étaient fausses. C’est une vertu trop rare pour être négligée.

      1. @Benjamin,
        Brahic a été pendant des années un souteneur de l’arnaque du réchauffement climatique, renseignez-vous donc ! C’est même un sbire du CEA, l’instigateur principal de l’hystérie climatique en France, pour vous dire à quel point son opportunisme est à vomir.

        S’il a changé d’avis maintenant (et je demande à voir dans quels termes vu que le reste de l’interview n’est pas encore publié), seulement quand les rats commencent à quitter le Climatitanic, ce serait juste un résistant de la 25e heure et ça ne change rien à ce que j’avais dit.
        Avec la pseudo science du réchauffisme, il avait une occasion en or pour défendre la science au lieu de faire des appels du pied à toujours plus d’étatisme. OU ETAIT-IL ???

        1. Je pense que vous allez un peu vite en le mettant dans le même panier.

          Encore une fois, attendez de lire la seconde partie publiée d ici une heure.

          Et puis detendez vous hein, on peut être rechauffiste et avoir le droit de vivre quandmême !

        2. Ce qui est formidable avec vous miniTax c’est la minimalité de votre ouverture d’esprit et de votre capacité de débattre. C’est formidable, les gens doivent être catalogués, et surtout ne peuvent pas avoir de propos sensés s’ils ne sont pas d’accord avec vous… A pleurer de stupidité et d’arrogance !

          Je serai curieux de savoir d’où viennent vos certitudes sur tout… nullement d’une formation scientifique, j’imagine, où rigueur, curiosité et perpétuelle remise en question sont à la base du raisonnement et de la progression….

          Si vous trouvez mon jugement personnel et sans valeur, sachez, il l’est au moins tout autant que celui dont vous qualifiez André Brahic qui « n’est qu’un idiot utile » selon vous…

          1. VinsK : « …votre capacité de débattre »
            ———————————
            Débat, quel débat ???
            Vous niez que Brahic est un sbire du CEA ? Qu’il a été pendant des années un souteneur de l’arnaque du réchauffement climatique (et du catastrophisme en général) et dans ce sens, il a été un idiot utile de l’écologisme radical ?

            Ce que je dis là sont des FAITS, concrets, précis et facilement vérifiables par tout un chacun, contrairement à vos opinions et vos ad-hominem à deux balles. Les faits sont les faits, ce que Brahic peut avancer maintenant comme prétexte pour justifier sa duplicité ne change rien aux faits.

            @plg,
            oui, on a le droit d’être réchauffiste et avoir le droit de vivre.
            Et… quel rapport avec la chouchroute ?

  6. Brahic affirme que « la recherche appliquée n' »existerait pas sans la recherche fondamentale ». Cette phrase est un mythe étatiste auquel il faut tordre le cou. En effet, chaque entreprise améliore sa gestion et ses procédés de fabrication, de production. Ces efforts annuels font baisser de 3% en moyenne les coûts de production. Oui, les prix réels baissent de 3% par an, même si l’inflation de la monnaie étatique nous le cache.

    cette recherche continue de procédés est la véritable recherche appliquée des entreprises. C’est elle qui permet le progrès du bien-être et de la croissance. Elle ne doit rien à la recherche fondamentale.

    1. Publique ou privée, on ne peut pas comparer la recherche appliquée qui consiste à améliorer des procédés de fabrication ou inventer de nouveaux produits, et la recherche fondamentale qui apporte de nouveaux cadres entiers d innovations.

      Schumpeter faisait lui même la distinction entre les deux et ne faisait pas des entreprises la source de l innovation fondamentale je crois.

      En gros ce que dit brahic c est que sans le principe de la machine à vapeur, il n y pas la machine à vapeur. Ce qui en soi est du simple bon sens en fait.

      1. La recherche appliquée est souvent une astuce pour améliorer qq chose. On sait rapidement si on se fourvoie ou non. Il en est de même en recherche dite « fondamentale ». Et avec des hommes ayant des compétences semblables et des budgets semblables.

        La recherche dite « fondamentale » sert surtout à faire reluire le prestige intellectuel de l’Etat. Elle traite de sujets qui vont rêver à un lointain avenir meilleur. La recherche quotidienne des entreprises est celle qui améliore les ventes qui améliore donc la satisfaction des clients.

        La « recherche fondamentale » est une illusion étatique pour nous faire croire que l’Etat serait nécessaire au progrès scientifique.

        1. Tout à fait d’accord.
          Si la recherche fondamentale est tellement indispensable, elle pourrait être privée.
          Si elle ne peut pas exister sans argent public, elle est inutile.
          Justifier la recherche publique par ses résultats nie que les mêmes résultats auraient pu etre obtenus autrement.

    2. « Elle ne doit rien à la recherche fondamentale »
      Oh si, beaucoup. Combien de CD DVD, ou Blue Ray sans la physique quantique, par exemple ? La recherche fondamentale, c’est la base.
      Mais on ne peut pas savoir à l’avance si ça va rapporter et combien. C’est pour ça que beaucoup de gens pensent que c’est à l’état de s’y mettre. Bien sûr, c’est faux : Benoît Mandelbrot a développé ses modèles de mathématique fractale en étant salarié chez IBM, parce qu’en France, le secteur public de la recherche n’en voulait pas.

    3. J’ajouterai que sans la théorie de la relativité d’Einstein, pas de GPS. Hors cette théorie a été pondue bien avant l’avènement du GPS. Ce qui veut dire que sans recherche fondamentale pas d’innovations futures Beaucoup de pays l’ont compris et j’espère que le nôtre l’a aussi compris.

      1. Fg : « J’ajouterai que sans la théorie de la relativité d’Einstein, pas de GPS. »
        ———————–
        Sauf que c’est purement un mythe, car on ne détermine pas la position GPS à partir de l’horloge d’un satellite mais de la différence de temps entre plusieurs satellites, donc l’erreur relativiste n’a aucune influence vu qu’il affecte tout le train de satellites : http://www.alternativephysics.org/book/GPSmythology.htm

        Ce qui permet l’existence du GPS, c’est l’électronique et les horloges atomiques, c’est la miniaturisation de l’électronique embarquée et les progrès en informatique, tous typiquement issus de la technologie et du progrès technologique (traduction pour les retardataires : de l’appât du gain).

        L’exemple de ce mythe illustre bien l’utilité réelle de la recherche fondamentale : beaucoup d’exagération et de propagande pour très peu de résultats (que personne ne nie). Si la recherche fondamentale était si indispensable, pourquoi ses thuriféraires ont-ils besoin de mentir et d’exagérer en permanence ?

        D’ailleurs, les spéculations et les insinuations sur d’hypothétiques retombées et applications pratiques de recherches fondamentales même les plus farfelues sont devenues un exercice convenu dans n’importe quelle publi scientifique de nos jours (j’en sais quelque chose, j’ai été chercheur !). Ca ne fait plus illusion qu’auprès des néophytes mais qu’importe puisque ce soit sur l’étude de l’hormone du criquet ou de la migration des morues, il faut bien en faire la promo même avec les arguments les plus improbables, histoire de ne pas exclus à la prochaine réunion budgétaire.
        On en est rendu à ça avec la « science » étatique, c’est peut être pas plaisant à entendre pour certain mais c’est un fait !

        1. « L’exemple de ce mythe illustre bien l’utilité réelle de la recherche fondamentale : beaucoup d’exagération et de propagande pour très peu de résultats (que personne ne nie). Si la recherche fondamentale était si indispensable, pourquoi ses thuriféraires ont-ils besoin de mentir et d’exagérer en permanence ? »

          Encore un beau contresens miniTAX : le GPS a été développé pour des usages militaires (donc par l’état) et mis à disposition gratuitement pour des usages commerciaux privés, qui n’ont participé à son développement qu’indirectement (via les prélèvements et taxes diverses que vous haïssaient tant !).

          Quant aux effets relativistes, leur prise en compte est indispensable, évidemment. Le site que vous nous indiquez conclue :
          « In summary, it wouldn’t matter whether clocks aboard GPS satellites ran faster or slower than Earth’s clocks or even changed their speed each day. Just so long as the satellites’ clocks remained synchronised with each other and the time-difference relative Earth’s clocks didn’t become too large, GPS receivers would continue to calculate their correct position. »
          Sauf que l’hypothèse selon laquelle les horloges des satellites resteraient parfaitement synchronisées n’est pas valable : elles tournent toutes autour du référentiel terrestre, lui-même, non-galiléen, ils se désynchronisent donc dans l’absolu… Par contre l’erreur commise n’est pas aussi flagrante que l’on pourrait l’imaginer, mais bien réelle sur une longue période. En pratique (comme indiqué dans votre référence d’ailleurs), une correction relativiste (parmi d’autres) est calculée par un contrôle terrestre est envoyée régulièrement aux satellites qui diffusent ce message permettant de connaître le décalage entre l’horloge du satellite et un temps de référence, indispensable à l’étalonage du système GPS. La connaissance de la théorie de la relativité est indispensable au bon fonctionnement du système, même si le calcul de la position lui-même, effectué par le recepteur, n’a pas besoin d’être relativiste.

          Pour les exemples d’autres applications de tous les jours issues de recherches fondamentales, il y en une quantité faramineuse, quelques exemples : nucléaire, CD, disque-dur, écrans LCD, IRM, OGM, format de compression numérique, etc…

          1. VinsK : « Encore un beau contresens miniTAX : le GPS a été développé pour des usages militaires (donc par l’état) et mis à disposition gratuitement pour des usages commerciaux privés, qui n’ont participé à son développement qu’indirectement (via les prélèvements et taxes diverses que vous haïssaient tant !). »
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            Quel contresens ?? Le développement commercial du GPS s’est fait non pas grâce à l’Etat mais en dépit de l’Etat, qui a brouillé le système pour le rendre imprécis pendant des années. Il n’y a eu aucune aide pour ça, cessez d’inventer des fables. Le système étatique équivalent qui a eu une montagne « d’aides » (traduction : on a fait les poches du contribuables), c’est Galileo, et ça a produit QUE DALLE.
            Soit dit en passant, je ne « déteste » pas les taxes, vous racontez encore et encore des âneries.

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            VinsK : « Sauf que l’hypothèse selon laquelle les horloges des satellites resteraient parfaitement synchronisées n’est pas valable  »
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            Argument de l’homme de paille ! Il n’a jamais été question de « rester parfaitement synchronisé » mais de « rester synchronisée tant que l’erreur avec l’horloge terrestre est faible ». Car la désynchronisation se produit non seulement à cause du retard relativiste (plus l’orbite du satellite est oblique par rapport au sens de rotation de la terre, plus le retard est important) mais aussi à cause de la précision de la base de temps embarquée. Ce qui suppose de toute façon une resynchronisation périodique avec une base de temps terrestre. Sans la théorie de la relativité, on aurait du mal à comprendre l’écart temporelle systématique mais ça n’empêche nullement d’avoir un système fonctionnel vu la précision est assurée par calibrage périodique, comme pratiquement 100% des systèmes d’instrumentation & mesures.
            Au passage, c’est assez ironique d’enrôler la relativité dans la catégorie « recherche fondamentale » alors qu’elle a été le fruit de l’intuition d’un seul homme, avec un crayon et un papier, sur son temps libre ! Vous devez être désespérément en manque d’argument crédible.

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            VinsK : « Pour les exemples d’autres applications de tous les jours issues de recherches fondamentales, il y en une quantité faramineuse, quelques exemples : nucléaire, CD, disque-dur, écrans LCD, IRM, OGM, format de compression numérique, etc.. »
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            La bonne blague ! Et le nombre de Français qui produisent des disques durs, des écrans LCD, des OGMs est de ?
            Ce n’est pas faute pourtant d’avoir investi dans la recherche fondamentale (il n’y a qu’à voir le budget de la recherche française pour les LCD ou les OGMs, particulièrement dans les années 90).
            VinsK et l’art et la manière de se tirer dans les pieds…

          2. Pour le premier point, c’est simple : le financement du GPS à été assuré par l’état pour l’armée US et est maintenant exploité commercialement sans royalties puisse que les spécifications sont publiées (si aucune dégradation n’est appliquée). C’est le cas typique d’un investissement public massif qui produit des bienfaits considérables pour les individus et les entreprises.

            Pour le GPS et la relativité, je ne vois pas néanmoins comment procéder à un étalonnage précis sans aucun modèle relativiste ne serait-ce que pour l’estimation de la position des satellites eux-même et la transmission correcte des informations de calibrage aux satellites.

            Quoi que vous puissiez en penser les raisonnements d’Einstein sont de la science fondamentale à l’époque où il les développe.

            Pour les applications de nos recherches, c’est bien en partie les travaux d’Albert Fert qui sont à la base d’une densification des données inscriptibles sur DD. Si dans ce cas où d’autres, la valorisation des ces travaux ne s’est pas faite par des entreprises françaises, ce n’est pas un défaut du chercheur mais plutôt du à l’absence de partenariats public-privé efficaces dans notre pays…

          3. fg : « Comme dans la cas du gpś vous ne voulez voir que la partie en surface de l’iceberg. »
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            C’est vous qui affirmez péremptoirement que « sans relativité, pas de gps » sans un moindre début de preuve. J’ai cité des démonstrations qui prouvent que c’est faux, et vous, vous avez montré quoi pour prouver vos dires ? Une procédure d’étalonnage, un algorithme de GPS, un circuit électronique… où l’on fait intervenir un calcul relativiste ? Rien, nada, vous vous contentez d’affirmer !

            Répéter 100x que « les développements technologiques n’ont pu se faire que sur l’appui d’ une recherche fondamentale bien en amont » ne vaut pas démonstration.
            C’est une affirmation forte (« ne peut se faire que ») qui est facilement réfutable par un seul contre-exemple. Or des contre-exemples, il y a en a plein. Le développement des générateurs et moteurs électriques s’est fait bien avant les formules de Maxwell. Les machines à vapeurs se sont perfectionnés bien avant la formalisation du cycle de Carnot. Le développement d’une foule de médicaments s’est fait et se fait toujours de manière totalement empirique par essai-erreur sans la moindre recherche fondamentale.
            Si encore vous aviez dit « le développement technologie bénéficient des résultats de la recherche fondamentale », ça se discuterait mais ce n’est pas ce que vous aviez dit !
            La bonne utilisation des termes et des formules de logique, ce n’est pas fait pour les chiens.

        2. @fg,
          Personne n’a dit que la recherche fondamentale ne sert pas, votre argumentation est débile !
          C’est d’autant plus débile que l’exemple de la génétique est l’illustration parfaite de la déliquescence de la recherche publique et ses résultats minables. Le premier à avoir cru possible le séquençage humain à court terme et à avoir mené ce pari jusqu’au bout, malgré le dénigrement