Gaz de schiste : Hollande préfère la politique à l’économie

Pourquoi François Hollande a-t-il renoncé sans concertation à exploiter une des principales ressources naturelles de notre pays ?

Par Alain Mathieu, président de Contribuables Associés.
Publié en collaboration avec Le Cri du contribuable.

Le 14 septembre, au début de son discours d’inauguration de la Conférence environnementale, le président de la République s’est vanté d’« une nouvelle démonstration, à travers cette conférence, de la méthode qui est celle du gouvernement de Jean-Marc Ayrault : dialoguer pour décider, (…) faire participer tous les acteurs ».

Quelques minutes plus tard, il illustrait le contraire en déclarant que dans l’état actuel de nos connaissances, « personne  ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huile de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et pour l’environnement.

C’est pourquoi, j’ai demandé à Delphine Batho, ministre de l’Écologie, de prononcer – sans attendre davantage – le rejet des sept demandes de permis déposées auprès de l’État.

Des risques exagérés

Le dialogue et la participation de tous les acteurs étaient ainsi exclus de la décision qu’il avait prise.

Pourquoi François Hollande a-t-il renoncé sans concertation à exploiter une des principales ressources naturelles de notre pays ?

Parce qu’il sait très bien que s’il avait ouvert le « dialogue » et la « participation de tous », les partisans de la recherche sur les gaz de schiste auraient pu lui démontrer que les « risques lourds » qu’il avait mis en avant étaient exagérés et sans doute imaginaires, et que l’exploitation des gaz de schiste devait être autorisée.

Il se serait alors heurté aux réactions de ses alliés Verts, imperméables à toute discussion, et aurait perdu leur soutien politique. Il a préféré la politique à l’économie.

Quels arguments permettent d’affirmer que les « risques lourds » ne sont pas réels ?

La fracturation hydraulique remonte à 1948

Pour Michel Combarnous, physicien, membre fondateur de l’Académie des technologies :

Le forage horizontal est généralisé depuis les années 1980, et les débuts de la fracturation hydraulique remontent à 1948.

Actuellement, plus de 10 000 fracturations sont effectuées chaque année dans le monde, y compris pour la géothermie ou la production d’eau potable (…).

Pour ne pas polluer les nappes phréatiques, plusieurs tubages en acier sont mis en place sur les premières centaines de mètres du puits, comme cela se pratique dans tous les forages (…). Même si le risque zéro n’existe pas, il est possible d’extraire «proprement» le gaz de schiste ».

600 000 emplois aux États-Unis

Le 24 janvier 2012, dans son discours sur l’état de l’Union, le Président Obama déclarait, à propos des gaz de schiste :

Nous avons une réserve de gaz naturel qui peut satisfaire les États-Unis pour presque 100 ans. Mon administration va faire tout ce qui est en son pouvoir pour développer en toute sécurité cette énergie. Les experts croient que ceci va permettre de créer plus de 600 000 emplois d’ici la fin de la décennie.

À la convention démocrate de Charlotte, le 7 septembre, il confirmait :

Nous développons une centaine d’années de fourniture de gaz naturel qui est juste sous nos pieds (…) Nous pourrons ainsi réduire de moitié en 2020 nos importations pétrolières et créer plus de 600 000 nouveaux emplois dans le seul secteur du gaz naturel.

Prendrait-il ainsi des « risques lourds pour la santé et l’environnement » si ces risques étaient réels ?

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Sur le web.

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  1. « Moi président de la République, j’engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l’énergie, et il est légitime qu’il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats citoyens. »

    Ben voyons….

  2. Monsieur Mathieu il serait temps de prendre en considération les réalités scientifiques. Les produits pétroliers non conventionnels demandent l’implication de très nombreux produits chimiques pour permettre le forage, la facturation, puis l’extraction des produits adsorbés.
    Du reste, les pétroliers reconnaissent que cette industrie n’est pas rentable. Vos raccourcis convenus sont pour le moins perturbants. Je vous invite à voyager et aller voir ce qui se passe sur les sites exploités. Pas sur que vos considérations sommaires et simplistes résistent alors à votre envie de fuir….

    1. A lire :
      http://h16free.com/2012/09/17/17288-quand-le-gaz-de-schiste-fait-mousser-la-politique-francaise

      En particulier :

       » « En l’état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement »

      Et il a raison, comme d’ailleurs il aurait raison de dire exactement la même chose pour l’anesthésie générale ou le fructose dans l’alimentation. Bizarrement, il s’est contenté, à la suite de sa petite phrase, de demander à Delphine Batho de, je cite :

      « prononcer sans attendre le rejet des sept demandes de permis déposés auprès de l’Etat »

      … sans demander l’arrêt des anesthésies ou de toute utilisation de sirop de fructose-glucose en France. Bref : délice du principe de précaution et de l’absence totale de toute cohérence, les gaz de schistes sont à l’arrêt total dans le pays. « 

    2. Vous n’aurez donc aucun mal à fournir des sources pour appuyer vos propos. Des exemples de pollution, des citations de professionnels du secteur confirmant vos propos seraient bienvenus.

    3. « Du reste, les pétroliers reconnaissent que cette industrie n’est pas rentable. »

      Alors, il n’y a pas de raison de l’interdire.

      «Je vous invite à voyager et aller voir ce qui se passe sur les sites exploités.»

      Comme ? S’agit-il d’une expérience personnelle ou alors des ragots de reportages conspirationnistes ?

    4. « il serait temps de prendre en considération les réalités scientifiques »

      Tout à fait, donc documents faisant état de ces désastres ? Milliers de plaintes juridiques ?

  3. A vrai dire, la crainte d’un gaz bon marché (marché mot affreux) est à l’origine du refus de cette exploration. Ce gaz bon marché réduirait les capacités d’intervention de l’état dans les affaires énergétiques et rendrait dérisoires les énergies alternatives solaires, venteuses, intermittentes et aléatoires. Comme l’âne de Buridan est mort de faim et de soif entre son picotin d’avoine et son seau d’eau, faute de choisir par quoi commencer, la France telle que gouvernée(?), ne sait pas quoi faire et choisit de ne pas choisir.