Sophistes et fanatiques

Publié Par Fabrice Descamps, le dans Philosophie

Aussi étrange que cela puisse paraître, le relativisme est bel et bien la matrice du fanatisme. À première vue, cela semble très peu intuitif tant le fanatique nous apparaît comme imperméable au relativisme et au doute.

Par Fabrice Descamps

Il y a deux espèces de gens avec lesquelles il est impossible de dialoguer, les sophistes et les fanatiques.

Or je vais en fait ici m’appliquer à démontrer que l’une et l’autre catégorie d’individus ont un point commun, de sorte que les deux attitudes reposent à vrai dire sur un seul et même rapport au monde.

En effet, on revient toujours à cette même question fondamentale qui m’a poussé naguère à me lancer dans la rédaction d’un blog, la question épistémologique essentielle : y a-t-il une réalité en dehors de nos discours ?

De la réponse à cette question éminemment importante, j’y insiste, dépendra notre appartenance à deux camps distincts dont l’un est le vivier où se recrutent conjointement sophistes et fanatiques : le camp réaliste et celui des anti-réalistes.

Je rappellerai en passant ce qu’est le réalisme en épistémologie : c’est la doctrine qui pose qu’il existe des faits. Or qu’est-ce qu’un fait ? Un fait est tout simplement ce qui existe indépendamment de nos esprits. La rotondité de la terre, par exemple, est un fait car elle existerait même si personne n’était là pour la constater. Dire que la somme des angles d’un triangle est égale à 180° est également affirmer un fait car cela sera toujours exact, quoi que j’en pense.

Il y a donc un réalisme épistémologique, tel que je viens de le définir ; mais il y a également un réalisme moral. Le réalisme moral pose qu’il existe des faits dont l’évaluation morale est objective, autrement dit indépendante de ce que nous en pensons. Cela peut vous paraître étrange, mais c’est à vrai dire très simple. Il serait par exemple mal de nuire à autrui même si tout le monde pensait le contraire. Un réaliste moral dira pareillement qu’il est mal d’exciser une femme même si la culture dans laquelle elle vit trouve cela très bien.

Le réalisme, au sens moral ou épistémologique, s’oppose donc à l’anti-réalisme qu’on nomme plus couramment relativisme.

L’anti-réaliste est incohérent. Il prétend en effet qu’il n’existe pas de faits. Or comment peut-il être alors si sûr du fait qu’il n’existe pas de faits ? Ainsi quand Nietzsche affirme « il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations », une telle sentence devrait prêter à rire car décrit-elle un fait ou une interprétation ? On voit donc que l’anti-réalisme ou le relativisme sont logiquement intenables.

Mais ils sont également moralement intenables. Comment en effet interdire une conduite si l’on n’estime pas qu’elle peut être jugée comme objectivement nuisible à autrui ?

Or, aussi étrange que cela puisse vous sembler, le relativisme est bel et bien la matrice du fanatisme. À première vue, cela semble très peu intuitif tant le fanatique nous apparaît comme imperméable au relativisme et au doute.

Inversement, beaucoup de relativistes pensent que réalistes et fanatiques sont des alliés objectifs car ils considèrent que l’idée même de vouloir imposer aux autres une « réalité » est fasciste. La « réalité » est pour le relativiste – qui est un sophiste sans le savoir – un concept intolérant et totalitaire qui nie la liberté de l’individu de se refuser à lui. Cette opinion est profondément absurde car en quoi le fait de savoir que la somme des angles d’un triangle fait 180° nuit-il à ma liberté et à ma belle individualité ?

J’avais autrefois un ami qui prétendait que « 2 + 2 = 4″ était une convention et non un fait. C’était un sophiste car quand il achetait un journal à 2 euros avec un billet de 5 euros, il attendait tout de même que le buraliste lui rendît 3 euros et non deux. Or le buraliste aurait très bien pu lui rétorquer : « Mais vous avez dit que 2 + 2 = 4 était une convention arbitraire et moi, j’ai décidé arbitrairement que 2 + 2 font 5 , en conséquence de quoi je vous rends fort logiquement 2 euros sur votre billet de 5″. Par quoi l’on voit que le sophiste n’est pas quelqu’un de sérieux car il ne met jamais ses actes en accord avec ses dires [1]. C’est pourquoi j’affirmais en préambule qu’il est impossible de dialoguer avec un sophiste – même s’il est possible de vivre avec lui.

Il est en revanche impossible de vivre en bonne intelligence avec un fanatique outre qu’il est évidemment tout aussi impossible de dialoguer avec lui.

Admettons par exemple qu’un fanatique vous explique qu’il croit dans un « livré incréé » dicté par Dieu à un prophète et lui intimant l’ordre de condamner à mort tous ceux qui, ayant été élevés dans cette même religion prophétique, ont décidé de la quitter. Toute ressemblance avec une religion réellement existante serait évidemment purement fortuite.

Que pourriez-vos répondre à un tel fanatique si ce n’est qu’un livre incréé, cela n’existe pas, c’est un fait, que le dieu dans lequel il croit n’existe pas et c’est également un fait et que tuer quelqu’un qui, de son plein gré, veut quitter une religion est moralement mal et que cela aussi est un fait, un fait moral ?

Peut-être me trouverez-vous sévère de prétendre que le dieu dans lequel croit notre fanatique n’existe pas. Or je l’affirme ici haut et fort : Dieu, si tant est qu’il existe [2], ne se révèle pas aux hommes en leur parlant comme je vous parle maintenant.

Comment en effet prouver un fait à quelqu’un qui n’a pas pu le constater par lui-même ? De deux choses l’une, soit on le lui montre, soit on lui produit des témoignages dignes de foi de l’existence dudit fait. Pour qu’un témoignage soit digne de foi, il faut qu’il soit rendu par quelqu’un qui, sceptique au départ, a été obligé d’admettre que le fait en question était bel et bien vrai. Or, vous l’aurez remarqué, les anges et les immaculées conceptions ont la fâcheuse manie de ne se manifester qu’à des gens qui croient déjà en leur existence. Il n’y a vraiment pas assez d’athées dans le monde qui se soient mis à entendre des voix pour que l’on puisse commencer à se demander sérieusement si les anges existent. À l’inverse, même les sceptiques les plus endurcis ont bien fini par être obligés d’admettre que la terre était ronde.

Quelle est alors la seule défense qui reste au fanatique quand il a en face de lui un rationaliste coriace comme moi ? C’est de nier que les faits existent. C’est la seule façon d’immuniser sa foi contre les assauts du scepticisme. Or le fanatique est précisément celui qui immunise le plus radicalement sa foi contre la critique rationnelle et son arme de destruction massive du doute est l’anti-réalisme.

Il m’est déjà arrivé de discuter avec un fanatique politique ou religieux : il finit toujours par adopter les tics intellectuels des sophistes. Le plus redoutable de ces sophismes, celui qui transforme en dialogue de sourds toute discussion qui pourrait mettre en péril le fragile édifice conceptuel du fanatique est le relativisme. Écoutez un peu en ce moment ce que racontent les islamistes par exemple : que l’Occident ne peut pas comprendre le monde arabo-musulman parce que nous n’avons pas les mêmes cadres conceptuels, que nous ne pensons pas pareil, que « nos paradigmes sont incommensurables ». Ce sont, très exactement, les arguments des anti-réalistes épistémologiques à la Feyerabend ou à la Kuhn. On est d’ailleurs frappé de voir que les intellectuels allemands des années 1920, comme Oswald Spengler, ne disaient pas autre chose des rapports entre une Allemagne tentée par l’autoritarisme et les « vieilles démocraties occidentales décadentes » comme la France et l’Angleterre.

Nihil novi sub sole.

Je me vois donc en conclusion obligé de battre ma coulpe eu égard à certains propos favorables à la religion que je tenais il n’y a pas si longtemps encore [3] : les versions non libérales des religions sont toutes potentiellement dangereuses car leurs postulats les plus invraisemblables et les plus surnaturels impliquent, pour être maintenus contre vents et marées, que leurs partisans adhèrent à une forme plus ou moins nocive d’anti-réalisme ou de relativisme.

Sophistes et fanatiques sont bien enfants d’une même mère.

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Sur le web

Notes :

[note] [1] C’est d’ailleurs toute la limite du « scepticisme théorique » de Hume, un philosophe que j’apprécie pourtant beaucoup par ailleurs. Il a ainsi beau critiquer la notion d’induction, il agit néanmoins comme nous tous, c’est-à-dire comme si l’induction était valable. À défaut d’être logiquement recevable, l’induction reste donc bien une recette heuristique qui marche souvent.

[2] J’ai démontré ailleurs que si Dieu existe, il ne peut être une personne et ce pour une raison fort simple. Si le Dieu de la Bible existe vraiment telle qu’elle le décrit, alors il est omniscient, omnipotent et miséricordieux. S’il est omniscient et omnipotent, alors il est parfaitement rationnel car son omniscience le rend rationnel et son omnipotence lui permet d’agir rationnellement. De plus, s’il est miséricordieux, il fera le bien. Donc, s’il peut empêcher le mal d’advenir, il aura tous les moyens pour ce faire car il serait irrationnel de ne pas agir. Or Dieu n’empêche pas le mal d’advenir, donc Dieu n’est pas une personne car si vous, vous étiez une personne omnisciente, omnipotente et miséricordieuse, vous empêcheriez le mal d’advenir. Comme Dieu n’est pas une personne, il ne peut pas parler à un prophète. Le seul moyen de sauver le concept de Dieu est donc de le redéfinir à la façon dont Spinoza l’a fait. La religion rationnelle sera spinoziste ou ne sera pas. Une religion « spinoziste » est ce qu’on appelle couramment une religion libérale. C’est aussi pourquoi je suis un protestant libéral. Et je pense que Dieu n’existe pas vraiment tel que la Bible le décrit. La Bible n’est en conséquence un livre ni sacré ni révélé.

[3] J’avais en effet observé que le nazisme et le communisme partageaient un même athéisme, en conséquence de quoi j’étais tenté de voir dans la religion un rempart contre les totalitarismes. Malheureusement, la montée en puissance de plusieurs intégrismes, comme l’islamisme, le judaïsme haredi ou certaines formes de protestantisme évangélique, m’oblige désormais à réviser ma copie et à adopter une attitude plus agressive envers les religions.[/note]

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  1. Ce serait parfait s’il n’y avait des faiblesses quant à vos considérations sur la religion. Votre description du Dieu omniscient, omnipotent et miséricordieux est incomplète, car vous oubliez qu’il est Créateur pour se communiquer, par pur amour, que l’amour nécessite la liberté, et que le refus de cet amour crée le péché « qui tuerait Dieu si c’était possible ». Sans la notion du péché originel, toute description de la religion chrétienne est nulle et non avenue. Vous échappe par conséquent l’explication de l’origine du mal, la miséricorde et la Rédemption, toutes choses uniques.

    1. Bonjour,
      Très intéressante objection mais qui me laisse sur ma faim. Je ne puis m’empêcher de repenser ici à Voltaire. Pourquoi les tremblements de terre? Pour nous laisser libres de croire ou ne pas croire en lui? Difficile à admettre. Quand Dieu accable ce pauvre Job, il le fait non pour laisser à Job la liberté de croire ou ne pas croire en lui, mais pour gagner un pari avec Satan. Eh bien, moi, je ne suis pas Job et je dis qu’un Dieu qui traite ainsi son serviteur ne mérite pas que je l’adore.
      Cordialement,
      FD

      1. Vous devriez faire de la théologie. La question du mal est la question centrale autour de laquelle s’articule toute l’édifice des théologiens.

        Dieu ne laisse pas souffir Job pour faire un pari avec Satan. La réponse donnée par Dieu à Job à la question du mal est une réponse provisoire.

        La réponse définitive à la question du mal (de faute ou de peine) tient dans l’essence même de ce qu’est Dieu.

        1. Bonjour Wang,
          Vous ne répondez à ma question. Pensez-vous que Dieu ait créé un monde où il a laissé mourir ma fille rien que pour me laisser libre de croire ou ne pas croire en lui? Si c’est le cas, permettez-moi de ne pas manifester à son égard la même patience que Job. Maintenant si la « summa theologica » peut m’expliquer en 2000 pages pourquoi Dieu a créé un monde où il laisse mourir des enfants, je suis prêt à la lire. Toutes ces questions, voyez-vous, ne sont pas de pures joutes intellectuelles mais ont des conséquences fort concrètes: si Dieu est une personne, est-il vraiment un type sympa?
          Amicalement,
          FD

          1. Non, les gens font une erreur en répondant simplement que l’enjeu de l’existence du mal (donc de l’absence de Dieu) est de respecter la liberté des hommes.

            Dieu n’est pas « sympa », il est souverainement bon, c’est justement ce qu’il faut expliquer. La liberté ne s’épanouit pleinement que lorsque l’intelligence est pleinement en acte. Donc si le mal existe, soit c’est une question sans réponse, soit c’est pour une autre raison, bien plus profonde.

            Je comprends évidemment les conséquences concrètes de ces interrogations. On ne va pas parler de ça à quelqu’un qui vient de perdre sa fille, pour lui donner une leçon, surtout si les circonstances sont scandaleuses. Mais ce n’est pas pour ça qu’un chrétien doit renoncer à faire l’effort intellectuel de chercher à comprendre les « volontés de Dieu », y compris en faisant de la philosophie et de la théologie, avant d’être confronté au mystère du mal ; il y a en effet un temps pour tout.

  2. Guillaume Sénéchal

    Article assez décevant, rempli d’approximations philosophiques… Votre preuve de la non-existence de Dieu par contradiction de ses qualités et de la réalité des faits est drôle, je faisais la même, en tant qu’athée convaincu, à quinze ans… Malheureusement les penseurs religieux ont des réponses qui disqualifient largement votre démonstration (sans nous convaincre pour autant de l’existence d’un créateur bien entendu)…
    Quant à l’athéisme nazi, c’est une des grandes erreurs de l’Histoire, nous savons bien que les liens entre Eglise catholique et le IIIème reich était étroit, et l’idéologie hitlérienne se fonde en partie sur l’Evangile selon St Matthieu et la fameuse parabole de Jésus chassant les marchands (juifs) du Temple…

      1. Guillaume Sénéchal

        Oh je n’ai pas tant vieilli, d’ailleurs je ne crois toujours pas en l’existence de Dieu, néanmoins je crois avoir compris que c’est une question qui relève uniquement du domaine de la foi, pas de la preuve, et il m’est parfois douloureux de constater que ce sont plutôt les croyants qui m’ont permis de m’en rendre compte.

  3. Un type qui en 10 lignes,et par A+B démontre que la bible n’est ni un livre sacré, ni un livre révélé, est soit un génie, soit un sophiste.
    J’ai choisit la deuxième réponse.

  4. Quand on cause de Dieu et de la réalité, la moindre des choses c’est de considérer que l’on ne peut les réduire assez suffisamment pour les faire entrer dans notre esprit toujours trop étroit sans détruire une part essentielle de leur substance. En gros, vous réduisez le monde à ce que vous en savez, entendu que tout ce qui en déborde n’existe pas, n’est pas réel. C’est une position tout autant erronée que celle que vous reprochez à ces hommes de paille que vous casez dans l’appellation « sophistes » et « fanatiques ».

    1. Bonjour,
      Vous m’avez lu un peu vite. En fait, je ne nie pas du tout l’existence de Dieu, je nie le fait qu’il soit une personne. De plus, votre argument pose un sérieux problème car, si selon vous je nie l’existence de ce que je ne connais pas (ce n’est pas le cas, mais passons), vous, vous vous autorisez à poser l’existence de ce que vous ne connaissez pas non plus, à savoir Dieu, puisque Dieu est inconnaissable, n’est-ce pas?
      Cordialement,
      FD

      1. Vous répondez à des critiques que je n’ai pas formulées, bien que vous déduisiez très-justement que je suis croyant. Dieu est connaissable mais n’est pas réductible à notre esprit, comme la réalité.
        That’s all.
        Il y a une citation de Malebranche que j’aime beaucoup :
        « Dieu est le lieu des esprits, comme l’espace est celui des corps. »
        Et Mathias Villiers de l’Isle Adam d’en déduire que, dès lors que l’on cherche à savoir comment Il produit ses effets, Il se retire immédiatement (cf « l’Eve future »).

  5. Excellent article!

    Par contre, vous auriez dû éviter de parler de la question de l’existence de Dieu, cela aurait évité de choquer ceux qui croient dur comme fer à ce concept, et donc de dévier du suejt initial…

    PS: je suis quand même assez étonné de voir qu’il y a autant de libéraux qui croient au concept de Dieu, alros que les libéraux sont en général des gens rationnels…

    1. Choqué ? Qui est choqué ?
      Il est vrai que pour ne pas dévier du sujet initial, il eût été plus sage de s’en tenir à 2+2=4 et de s’enorgueillir de cette prodigieuse trouvaille.
      Le point commun entre les nazis, les communistes, les fascistes et les libéraux est qu’ils croyaient dur comme fer que 2+2=4, et sans doute, poussons l’audace un peu plus loin, que 3×3=9.

    2. //PS: je suis quand même assez étonné de voir qu’il y a autant de libéraux qui croient au concept de Dieu, alros que les libéraux sont en général des gens rationnels…

      -> Vous êtes méprisant involontairement ou c’est juste un tacle intentionnel ? Si c’est involontaire c’est grave …

      1. Il faut bien reconnaître que l’existence de Dieu relève de la croyance, or par définition la foi ne s’appuie pas sur la rationnalité.
        Comme Matéo, j’ai souvent constaté que les libéraux essayaient d’observer les faits avec rationnalité, et que la coexistence de la foi et de la rationnalité était difficile.

  6. Et sur Contrepoints, ce sont plutôt des sophistes ou plutôt des fanatiques?
    D’après la définition de Descamps, on a plutôt ici des fanatiques.
    C’est patent, d’ailleurs…

        1. Ne le prenez pas mal: je me contente de pointer des exemples d’intervenants récurrents (parmi les plus emblématiques dans la communauté, mais j’aurais pu en citer d’autres) qui ici, sur tous les sujets, viennent nous asséner de certitudes et de vérités toutes faites en rembarrant vertement tous les intervenants qui ne pensent pas comme eux. On n’est pas très loin du fanatisme religieux dont parle F. Descamps: il y a une vérité révélée, et toute discussion rationnelle n’est possible puisque cette vérité ne souffre d’aucune mise en doute. Le fanatisme n’est pas limité à la religion, et les libéraux le savent bien: ils dénoncent régulièrement le fanatisme socialiste ou communiste. Exactement de la même manière, il y a un fanatisme libéral, dont Contrepoints apparaît parfois comme la machine à café.

          Je ne sais pas si les gens qui se cachent derrière les pseudos que j’ai cités sont des fanatiques. Peut-être pas, et sans doute m’entendrais-je bien avec eux autour d’un verre. Mais sur le web, ils ont un discours de fanatiques. Comme le dit F. Descamps, « il est impossible de dialoguer avec eux ». C’est un fait, pas une attaque ad hominem. C’est même un travers récurrent du discours libéral (surtout libertarien), que Contrepoints a relevée dans cet article intéressant: http://www.contrepoints.org/2012/02/08/68206-comment-les-libertariens-peuvent-ils-convaincre-et-influencer-les-electeurs

          Et à lire les commentaires sur ce dernier article, je ne pense pas être le seul à considérer qu’il y a une composante fanatique au discours de certains.

  7. Thomas d’Aquin répond parfaitement à ce que vous dites sur Dieu, que ce soit sur le mal ou sur la personne, vous devriez le lire. Bon c’est sûr la somme théologique c’est plus de 2000 pages …

    Un être parfait ne peut être que personnel du reste.

  8. Il y a bien longtemps que j’ai cessé de me poser des questions sur l’éventuelle existence de Dieu. C’est une question sans réponse (en ce bas monde). Comment avec mon intelligence forcément limitée pourrais-je appréhender un « être » illimité. Comme le dit C. G. Jung « à quoi peut bien ressembler la Critique de la raison pure de Kant, transposée dans l’univers psychique d’un cafard? ».

    1. Bonjour,

      Vous maniez beaucoup l’argument d’autorité et peu la démonstration. Alors je pourrais pareillement vous renvoyer à la lecture des 520 pages que j’ai consacrées à ce problème et qui m’ont valu un certain titre universitaire, mais je me placerais ce disant au même niveau argumentatif que vous, c’est-à-dire fort bas.
      Cordialement,
      FD

      1. // De plus, s’il est miséricordieux, il fera le bien. Donc, s’il peut empêcher le mal d’advenir, il aura tous les moyens pour ce faire car il serait irrationnel de ne pas agir.

        -> Désolé pour les arguments d’autorité, effectivement ce sont les plus faibles. J’ai souligné le passage de votre raisonnement qui me semble faux. Tout ce que fait Dieu est parfaitement bon, et tout ce qu’il fait, il le fait bien, y compris dans ce qui nous apparait comme un mal ; donc il n’y a pas de sens à ce qu’il empêche ce qui est objectivement un bien. Le mal n’est qu’une privation, il nous apparait comme tel parce que sommes limités (composés d’acte et de puissance pour employer des termes métaphysiques), or Dieu est acte pur et il comprend toutes les conséquences ultimes de ce qui arrive. Il ne faut pas oublier que la création ne peut être qu’en vue de Dieu, ce qu’Aristote a entrevu en disant que Dieu meût l’univers par la cause finale. C’est quelque part aussi le sens de sa réponse à Job, qui est une réponse provisoire au mal, dans le sens où il lui rappelle à quel point il est puissant et il lui dit d’avoir confiance.

        La vraie réponse au mal est donnée dans la participation directe à la vie de Dieu (« vision béatifique » en vocabulaire théologique) qui fait comprendre le mystère. C’est la nature même du Dieu trinitaire qui est en réalité l’explication ultime du pourquoi il est souhaitable pour nous de passer par la souffrance.

  9. Il me semble qu’au départ, le réalisme s’oppose au nominalisme et non au relativisme. Les nominalistes considèrent que seuls les individus existent (ce cheval) tandis que les espèces (les universaux) ne sont que des mots. http://fr.wikipedia.org/wiki/Universaux
    Votre article est assez curieux sur ce point. Les libéraux sont plutôt les héritier des nominalistes, ils mettent la liberté individuelle au dessus de tout parce que, justement, seuls les individus existent pour eux. Les socialistes seraient plutôt héritiers des réalistes, ils cherchent l’intérêt de la société qui, pour eux, a une existence réelle, indépendante des individus qui la composent.

    1. Bonjour M. Bolkonsky,

      Excellente remarque . En fait, ce que vous dites était vrai jusqu’à Jeremy Bentham, mais à partir de John Stuart Mill, la philosophie morale non jusnaturaliste a compris que le nominalisme présentait plus d’avantages que d’inconvénients. Mon blog est d’ailleurs largement consacré à ces questions, mais si vous lisez l’anglais, je vous conseille plutôt la lecture de David Owen Brink et de tout ce qu’on appelle le « réalisme de Cornell ».
      Bien à vous,
      FD

  10. Vottevarticle est intéressant et stimulant, mais vous expédiez tout de même bien vite des débats immenses et difficiles.

    Par exemple, sur le,réalisme, je suis de votre côté, sur le fond, mais il me semble qu’il y a plusieurs difficultés.
    D’abord, l’anti-réaliste n’est pas nécessairement relativiste. Il peut par exemple admettre la possibilité de constituer des connaissances cohérentes, mais en leur niant la faculté de représenter les choses en soi. -puisqu’elles ces connaissances ne serait que des lois de notre expérience des choses.
    Comme vous le voyez, c’est plus ou moins la position kantienne. Le réaliste peut vous concéder qu’il y a des propositions absolument vraies, tout en refusant qu’elles le soient par référence à une chose en soi, qui demeure inconnaissable et même dépourvue de sens.
    Elles peuvent l’être par cohérence logique, ou bien par référence, non a l’en soi, mais à notre expérience sensorielle.
    Même dans la tradition analytique, de solides rationalistes acceptent l’idée que l’on ne peut sortir du langage pour aller voir si la réalité y correspond, et que nous avons donc toujours affaire à des faits mis en forme par des schèmas d’i,ter prestation linguistiques. c’est d’ailleurs pour cette raison que la question de la vérité apparaît comme si difficile.
    C’est la même chose en phénoménologie, mais c’est plutôt la conscience ou la perception, qui est le corrélât indépassable des ‘faits’ – faits qui ne sont donc plus l’en soi des choses, mais encore une manière pour nous d’expérimenter le monde.
    En termes plus direct, l’anti réaliste vous demandera : ces faits auxquels vous faites reference, peuvent-ils être connus autrement que par un esprit qui les perçoit, et aux conditions duquel ils devront se plier ?

  11. Bonjour, je trouve votre réflexion sur la religion assez enfantine. Pourquoi dieu il nous fait mourir ? pourquoi il créer des tsunamis des tremblements de terre si il est miséricordieux ?

    Nous somme la créature préféré de Dieu parce qu’il nous a donner la capacité de choisir et ça c’est unique dans tout l’univers, c’est la plus belle preuve d’amour qu’il puisse nous donner, car tout le reste est entièrement soumis à ses loi: la terre tourne autour du soleil elle n’a pas le choix, les tournesol ce tourne vers le soleil, les animaux hibernent en hivers ce reproduisent au printemps, ils non pas le choix ce sont comme des automates dans un décor de carton pâte. Nous on a le choix de faire le bien ou le mal et la plus part des malheur sur terre existe parce que nous l’avons choisit, et Dieu te posera une question: qu’a tu fait de la vie que je t’ai donner ?

  12. @: Descamps C’est vrai que les témoins de Fatima étaient tous des catholiques convaincus …
    http://www.christ-roi.net/index.php/L%27escalier_de_Santa_Fe c’est vrai aussi que cet escalier est une pure invention de l’esprit humain …
    Le fait de considérer que la croyance en un Dieu unique ne peut pas être rationnelle est une faute … quoi qu’on en dise …

    @: Sénéchal: c’est vrai que l’Eglise catholique n’a jamais condamné officiellement le nazisme … Ni que ce dernier n’est pas clairement d’influence hindouiste et payenne …