La nécessité d’une révolution libérale

Publié Par Philippe Robert, le dans Non classé

Peut-on encore espérer assister à un sursaut de la part du peuple français qui, visiblement, ne sait plus à quel Saint se vouer?

Par Philippe Robert

En ces temps de déroute annoncée d’une offre politique ayant perdu tout sens commun, il me paraît des plus utiles de revenir aux sources de l’époque bénie, pour les libéraux authentiques, de la défunte Démocratie libérale (DL) d’Alain Madelin.

Aujourd’hui, en 2011, à cet instant crucial de notre histoire, je crois donc tout à fait approprié de nous donner la peine de scruter notre passé récent, en particulier la période correspondant au retour sur la scène politique du général De Gaulle en 1958.

Le plan de 1958, d’essence libérale, notamment inspiré par Jacques Rueff et Antoine Pinay, a triomphé sans coup férir d’une situation devenue aventureuse pour la France et les Français à l’image, d’ailleurs, de ce que nous-mêmes sommes amenés à vivre aujourd’hui.

Rappelons donc l’existence d’opuscules à vocation pédagogique publiés par Démocratie libérale en 2002, et plus particulièrement l’opuscule intitulé « Aux sources du libéralisme gaullien, État fort, économie libre », dont je retranscris ci-après quelques lignes à mon sens fondatrices d’une renaissance française :

Les libertés, ce n’est pas une idéologie : c’est le triomphe du principe de réalité sur les astuces des politiques; du bon sens sur la pensée unique. 1958, au fond, c’est la réponse évidente à l’aspiration profonde du pays, qui ressentait que le vieux système était à bout de souffle : une remise en cause pour une remise en ordre (…) Face au maelström de réformes qui, en quelques semaines, mettent la France sur les rails de la prospérité, la question s’impose :
– Comment a-t-on pu concevoir et mettre en œuvre aussi rapidement un programme aussi ambitieux ?
– La réponse, bien sûr, est que tout le monde savait ce qu’il fallait faire mais que personne n’osait le faire.

Il a suffi d’une volonté – répondant à l’aspiration profonde du pays – pour chasser les lobbies et les corporatismes, pour réduire au silence les langues de bois, pour dissiper d’un coup les charmes maléfiques qui endormaient les énergies. L’adhésion des Français de la Vème République, l’enracinement durable de nos institutions sont sans nul doute la conséquence de ce remarquable résultat.

De Gaulle en 1958, c’est l’illustration de la politique dans le meilleur sens : l’art de rendre possible ce qui est nécessaire.

Le quinquennat (agité mais blanc) de Nicolas Sarkozy touche bientôt à son terme. Notre pays, certes après avoir subi les assauts d’une crise planétaire qui, plus que jamais, n’en finit plus d’affaiblir la France, n’a toujours pas été réellement et structurellement réformé depuis 2007.

Nous nous trouvons donc, en 2011, dans une situation pire, peut-être, que celle que les Français ont déjà vécue en 1958 car, sauf coup de théâtre imprévisible du type Galaxie Libérale rassemblant d’authentiques libéraux, nulle volonté politique à la De Gaulle ne se fait jour en France !

Si le niveau atterrant de nombre de nos élites politiques, syndicales et associatives devait rester, faute de sang neuf, ce qu’il est aujourd’hui, alors n’espérons pas assister à un sursaut de la part du peuple français qui, visiblement, ne sait plus à quel Saint se vouer !

Je ne sais moi-même pas trop de quelle façon tout cela va finir, pas bien sans doute. Mais la nature ayant horreur du vide, puissions-nous trouver la force morale pour accomplir, sans plus perdre de temps, une révolution libérale de type gaullien : en quelque sorte une nouvelle révolution française du XXIème siècle…

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  1. « Galaxie Libérale », oui, mais il faudrait aussi trouver l’équivalent d’un De Gaulle, car les français aiment les personnes de portée historique; ce qui leur permet d’accomplir de grandes choses.

    Sans cela, aucune réforme libérale ne verra jamais le jour en France, tellement cette idée est détestée et décriée.

  2. C’est clair notre bon vieux madelin est plus l’objets de blagues qu’autres chose désormais (ou alors totalement ignoré) et aurélien véron a autant de charisme qu’un crustacé.

    1. Madelin est l’objet de blagues de la part des imbéciles.

      Mais les imbéciles, on s’en moque.

      Les dernières prestations de Madelin sont excellentes je trouve (voir ses passages médias sur son blog) et je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas faire un bon candidat libéral (si ce n’est le meilleur) en 2012.

  3. Oui, et de gaulle qui a donné le monopole des imprimeries parisienne à la CGT, c’était très libéral…

    Ce qui faut pas entendre des fois.

    Ceci dit, si les gouvernements pouvaient être INDEPENDANTS des lobby, ça nous ferait le plus grand bien. Mais ça semble mal parti pour. Je dirais que les lobby ont de plus en plus de puissance au sein des politiques, même.

  4. De Gaulle a mis le Parti communiste sur les rails et donner des privilèges aux syndicats , officialiser la sécurité sociale de Pétain, créé l’ENA, fait perduré le mercantilisme à la française avec ces champions nationaux et déconnectés desmarchés et ces corporations, ouvert les vannes à l’immigration incontrôlée.
    Notre déclin nous le devons en grande partie à De Gaulle.

  5. C’est foutu selon moi.

    Dans la presse a la radios à la télé c’est à 90% de l’enfumage king-size qui abouti a un résultat prévisible. Un militantisme anticapitaliste montant à gauche, une demande plus forte de régulation et d’aide à droite.

    Même si il y avait un frémissement de compréhension il n’y a aucune offre politique libérale en France.

    1. Teu teu teu, un peu d’optimisme, que diable !

      Personnellement, quand je discute avec les gens « normaux » (ie: ceux avec lesquels je ne parle pas habituellement politique), je ne peux que constater une prise de conscience progressive. Les gens commencent à se rendre compte que l’Etat providence est en faillite, que le modèle n’est pas le bon. Les naïfs se font avoir par des Mélenchon, Montebourg ou autres Marine le Pen, mais ceux qui savent réfléchir commencent à réaliser que le problème vient de l’Etat. Ceux-la ne sont pas hermétiquement fermés au libéralisme, et quand bien même ils sont influencés par la quantité de préjugés qui circulent dessus, ils s’ouvrent progressivement à sa logique sous-jacente, à la volonté de voir l’individu remis en valeur face à l’Etat.

      Pour moi il y a une vraie évolution, poussée pas la crise. Il y a deux ans, se prétendre libéral était la plus sûr manière de se faire insulter, aujourd’hui c’est un peu moins sûr. Est-ce suffisant pour que les choses prennent une bonne tournure ? J’en doute, ou en tout cas pas assez rapidement pour éviter la faillite. Mais il est également difficile de jauger précisément le phénomène, vu qu’il s’agit de la part silencieuse de la population, souvent couverte par les braillements des Indignés et autres extrémistes ignares.

      Wait&see, mais même si on ne sait le quantifier, il y a au moins un peu d’optimisme à avoir.