L'UE de Procuste
Publié le 28/10/2011
Un billet d'humeur de Philippe Robert
À la lumière crue de la crise des dettes souveraines qui secoue l'Europe, réplique après réplique, les peuples européens sont clairement désignés, par nos rois de plus en plus nus, pour tenir le rôle de victime expiatoire.
Car il tombe sous le sens que nos élites politiques ne portent pas la moindre responsabilité, à quelque niveau que ce soit, dans la déconfiture d'une Union européenne froidement détournée, traité de Maastricht oblige, de son vrai but.
Ce vrai but étant, selon moi, une intégration horizontale et pacifique des peuples européens dans un cadre donné, en l'occurrence l'UE, mais une UE modeste au service des États membres et non pas le contraire comme aujourd'hui.
Au point même que rien ne semble pouvoir plus pouvoir freiner la course folle à l'abîme de la zone euro, qui est au cœur de l'Europe des Vingt-Sept, désormais prise de folie furieuse fédéraliste dont les peuples sont naturellement appelés à faire les frais.
Question : les européistes se rendent-ils vraiment compte qu'ils poursuivent un rêve complètement fou qui a déjà commencé à virer au cauchemar ? Où donc ont-ils vu qu'ils pouvaient ainsi disposer impunément de l'âme et de l'esprit des peuples ?
Pour bien cerner cette possible Europe fédérale que nos élites tentent de nous imposer sans nous demander notre avis, faisons appel à cette grande fresque antique, la mythologie grecque, si riche en épisodes tragiques :
[Procuste] réside à Corydalle selon Diodore de Sicile, et sévit le long de la route qui va d'Athènes à Eleusis, où il offre l'hospitalité aux voyageurs qu'il capture pour les torturer ainsi : il les attache sur un lit, où ils doivent tenir exactement; s'ils sont trop grands, il coupe les membres qui dépassent; s'ils sont trop petits, il les étire jusqu'à ce qu'ils atteignent la taille requise (...) Procuste est tué par Thésée, qui lui fait subir le même sort. (Wikipedia)
C'est exactement ainsi, dans les circonstances actuelles exceptionnellement favorables à la sphère politico-administrative, que j'imagine l'Europe fédérale à laquelle aspirent en secret nos élites avec le risque majeur, pour les Vingt-Sept, de subir les affres du lit de Procuste !
Non ! Je ne plaide pas ici pour une sortie de l'Union européenne qui, d'ailleurs, serait une grave erreur; mais il me paraît vital de reconsidérer les modalités de la construction européenne en fonction de la volonté des peuples et ce, avant que Thésée ne vienne régler son compte à Procuste.
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