Primaires Fiction

Publié Par h16, le dans Édito

Primaires Fiction

À l’heure où vous lirez ces lignes, on aura déjà une idée plus claire de celui ou celle qui sera l’imbécile mollasson qui portera haut les couleurs du socialisme officiel et décontracté de gauche, et qui pourra nous infliger un débat lamentable et démagogique avec le crétin froufroutant désigné par les socialistes inassumé de droite, le tout à nos frais.

Gros désavantage que de devoir écrire ses billets en avance : on ne dispose pas toujours de l’information chaude et encore palpitante prête à être disséquée.

Gros avantage que d’écrire un billet sur les socialistes français embarqués dans ces primaires (ou de ces primaires français embarqués dans le socialisme) : leurs différences sont si marginales que peu importe le résultat final du scrutin, le pays passera par les mêmes difficultés, subira les mêmes affres et obtiendra les mêmes contre-performances.

Non, ici, il ne s’agit pas de passer en revue les propositions des six pistoleros de la dépense : d’une part, je l’ai déjà fait rapidement dans de précédents billets, et d’autre part, mon microscope à balayage électronique est en panne actuellement. Le réparateur polonais qui devait venir le remettre en état est coincé à la frontière par un certain Jean-Luc M.

En réalité, je voudrais évoquer ici — rapidement parce que le sujet ne vaut guère plus qu’une poignée de paragraphes — la suite logique non pas de ce premier tour, mais celle, raisonnablement prévisible, de l’élection présidentielle si l’on se place dans la perspective du beau cerf … pardon du bel élan populaire que représente cette opération marketing du PS.

Primares PS : Pulp Fiction avec des bananesCar soyons fous, soyons déjantés, imaginons une véritable lame de fond démocratique (notez l’absence de « s » à fond, ici) et une ferveur quasi religieuse, une de ces fièvres populaire qui s’empare du pays dans un moment de rassemblement chaleureux que seule la France sait produire dans les heures les plus sombres de son histoire. Imaginons que le clown à roulette officiellement socialiste remporte les présidentielles.

Que se passe-t-il ?

Et c’est là qu’on se rend compte que ces primaires furent une magnifique opération de communication, mais seulement ça : lorsqu’on a compris que le candidat ou la candidate finalement élue n’aura aucune possibilité de manoeuvre, on en vient à la conclusion logique qu’ils sont, tous, parfaitement interchangeables.

Et si cela vaut pour les comiques du PS, cela vaut évidemment pour les tristes sires de l’UMP, les guignols verts ou rouges, et les bouffons du centre et de l’extrême-droite.

Attention, il ne s’agit pas ici de dire que tout se vaut et que les idéologies et programmes prônés par une Marine, une Martine, un François, un Nicolas, une Eva ou un Jean-Luc sont interchangeables. Non. Il y a, bel et bien, une gradation dans la pourriture, la haine, l’incompétence, les idées idiotes, les bêtises, les trouvailles drolatiques et les improvisations maladroites qu’ils nous proposent dans un vrac troublant.

Ce que je veux dire est que, quelque soit le nom de l’occupant de l’Elysée en 2012 (et pour peu que ce ne soit pas Nicolas à la faveur d’un état d’urgence catastrophique), le principe de réalité s’imposera à lui avec toute l’implacable force d’un principe qu’on a tenu trop longtemps à l’écart grâce à des élastiques bien trop tendus et qui auront fini de claquer.

Que ce soit Martine ou François, que ce soit Marine ou Nicolas, peu importe : l’état devra faire face à des échéances de plus en plus contraignantes. Peu importe qui sera au pouvoir : le triple A français ne tiendra pas, ou sera déjà tombé. Oh, certes, on pourra toujours bien gesticuler en montrant du doigt les méchantes agences de notations : les bons du trésor français n’en trouveront pas plus preneurs. Ils sont déjà, maintenant, considérés comme pourris.

Quelle que soit la personne à la timonerie du Titanic, l’iceberg est inévitable et les lois de la physique sont inviolables : il coulera. S’endetter encore plus ne sera plus une option. Peut-être l’état aura-t-il commencé à retarder le paiement de certains salaires, de certaines pensions. Regardez bien ce qui se passe en Grèce actuellement : c’est une bonne répétition, en miniature, de ce que la France devra affronter.

Au passage, il est intéressant de comprendre que lorsque les gens vont voir leurs finances personnelles rétrécir dans un mouchoir de poche, ils vont, naturellement, couper dans le superflu. Si certains se passeront d’abonnement 3G et devront se focaliser sur le Facetime plutôt que le Facebook, d’autres choisiront d’arrêter la fumette qui fait rire. Et comme les aimables revendeurs locaux de ce produit stupéfiant ne savent absolument rien faire d’autre que vendre ce produit franchement stupéfiant, ils devront se tourner vers d’autres sources de revenus. Attendez-vous à des journées rock’n’roll dans certaines cités d’habitude calmes.

Mais bref, peu importent les actions entreprises par nos Géo Trouvetou de la politique citoyenne redistributive : le niveau de vie Français baisse déjà maintenant. Chaque relance keynésienne, que ce fut dans les années 80, 90, 2000 ou 2010 furent des échecs ; embaucher des jeunes ou des séniors, endetter l’état (ah zut ce ne sera plus possible) pour « relancer » ne marchera pas. Ça n’a jamais marché.

La France des entreprises, des artisans et des travailleurs a désespérément besoin de liberté fiscale, d’oxygène législatif, de latitudes pour que chacun puisse tenter, expérimenter. C’est exactement ce que va s’employer à saboter chacun des prétendants au poste suprême. Il n’y aura donc pas de croissance. La récession est certaine. La dépression de plus en plus probable. Les rentrées fiscales s’écroulent. Cela va continuer. Les sorties, elles, augmentent. Et continueront à augmenter.

Mécaniquement, les impôts vont pleuvoir sur la masse la moins mobile, la cible la plus inerte, celle qui était déjà à moitié groggy.

Résignez-vous, moutons : on va vous tondre et brûler votre laine pour se chauffer.
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Sur le web

  1. si tous les partis et tous les candidats se valent : ou est le salut ? il faut voter le ou la qui est le moins pire ! celui ou celle qui d une facon ou de l autre peut contribuer a un changement de système de fonctionnement et non pas à une continuation de cette politique minable de 30 ans de dettes ininterrompues ! qui osera enfin le vrai changement de système moins étatique et plus démocratique ? le PS ? l UMP ? certainement pas !! melanchon qui votera PS au deuxième tour ? les verts idem ? le centre inexistant ? qui n a jamais encore gouverné depuis ces 30 dernières années ? le moins pire c est ce qui nous reste sinon c est droit dans le mur et vive la révolution et qqs tetes qui tombent …

    1. Non non, Le Pen est une socialiste comme les autres et elle nous mènerait droit dans le mur comme les autres. Rien dans ses discours ne laissent à penser qu’elle ferait mieux. Pire encore: elle serait proablement très protectioniste, ce qui démolirait encore plus notre économie. Bien essayé quand meme.

      1. Oui ils sont tous socialistes, Marine compris, donc quelque soit le résultat, on va dans le mur économiquement. Donc , ça s’est plié.

        H16 précise qu’il faut s’attendre à des soirées rock’n roll avec les dealers et cie qui vont voir leurs revenus diminuer. J’ai 3 enfants et je veux les protéger, c’est mon devoir le plus sacré. Je veux aussi protéger mes biens d’éventuels pillards, c’est un droit élémentaire.

        Sachant que tous nos hommes politiques ont le même programme, et que celui ci tue la liberté d’entreprendre, autant voter pour ceux qui vous assureront le maximum de sécurité physique.

      2. + 10 Excellente remarque: les limites de la politique politicienne, c’est l’histoire du serpent qui se mord la queue.
        Notre problème en France, c’est de mettre nos politiciens sur les rails de notre civilisation, i.e. la civilisation de la production industrielle, du progrés qui nécessite une compréhension des phénomènes èconomiques et des dynamiques sociétales qui vont avec.

        Sans cela, on ne peut même pas espérer agir sur les leviers qui nous rendront confiance en l’avenir puisque ces gens qui nous servent de politiciens, chaussés de leurs lunettes en bois plein, n’ont pour horizon de projection dans l’avenir que les cliques politiques qu’ils se sont constituée (et qu’ils protégent comme des avares accariatres), du palais de l’élysée jusqu’au couloirs de la communauté Européenne.

        Le probléme messieurs- dames, c’est que l’action qui fait la vivacité d’une nation ne se trouve n’y dans l’un ni dans l’autre.

  2. La France continue à s’enfoncer et la crise n’est pas la raison fondamentale. Tous les pays modernes se reforment, mais pas la France. Beaucoup de raisons peuvent être avancer ; l’inculture économique de la majorité des français et de leurs décideurs et surtout le manque de courage de ceux derniers. Puis encore des grèves. Les grévistes et les manifestants se recrutent presque exclusivement parmi les salariés de l’État. Si la fonction publique a manifesté, ce n’est pas parce que la crise économique l’affecte, mais parce que les réformettes du gouvernement la concernent. Au moins trois éléments caractérisent la situation professionnelle des fonctionnaires : leur emploi est garanti à vie, leur activité n’est pas délocalisable et leur mode de recrutement est strictement réservé aux nationaux. Le niveau de protection est maximal. La globalisation ne l’est affecte pas du tout. C’est le fameux clivage opposant une France protégée à une France exposée. Au regard de leur situation objective, les salariés de la fonction publique n’ont rien à craindre de la globalisation économique. Ils sont à l’abri. La société française voit fonctionner un étrange mécanisme où les plus exposés sont mobilisés à leur insu pour assurer aux salariés parmi les mieux protégés du monde la pérennité et l’intégrité de leurs avantages dans une économie globalisée. Dans le monde du travail, force est de constater qu’une singulière redistribution se réalise au détriment des plus fragiles et au profit des mieux dotés. La société française est sous l’emprise d’un étrange mécanisme où les plus exposés, les plus fragiles, sont mobilisés, à leur insu, pour garantir aux salariés les mieux protégés du monde la pérennité et l’intégrité de leurs avantages dans une économie surendettée et dans un monde de plus en plus compétitif.
    Mais la France est le seul pays de premier plan où une réforme de l’Etat, comme la décentralisation, qui aurait dû entraîner une baisse du nombre des fonctionnaires, s’est traduite par son augmentation. Le caractère féodal de nos institutions n’est plus à démontrer. Quand un chef de cabinet se rendait à Matignon pour chercher l’argent des fonds secrets afin de payer ses hauts fonctionnaires, cette pratique relève des habitudes des républiques bananières. Ceci décrédibilise la politique. Quoi de plus bananier que cette caste politique ? Depuis plusieurs décennies, nous voyons passer sur la scène politique, qui le fils, qui la fille, qui le cousin, qui le gendre, qui le neveu.Nous sommes dans la situation du règne de Charles VI, qui était fou comme chacun sait. Tous les historiens s’accordent pour dire que ce fut une période désastreuse.
    Comme l’idéologie est une construction qui n’est pas tirée des faits, elle se perpétue indépendamment de la réalité. Et le PS avec son plan de relance bourré de conneries du 19ème siècle. Or, la gauche et la droite sont accrochés à des thèmes complètement passéiste. La gauche au « socialisme de marché », la droite au gaullisme historique, qui ne correspondent plus ni l’un ni l’autre à la situation actuelle. Le respect scrupuleux des faits dans l’analyse de la crise actuelle devrait s’imposer, Hélas, non ! PS français (en grande partie) est désormais, en Europe, la seule gauche de gouvernement à se cramponner aux thèses sommairement anticapitalistes et antilibérales inspirées par une sorte de trotskisme moisi : même avec le recul, ses échecs économiques fracassants de la période 1981-1984 ne l’ont pas amené à une révision intellectuelle, bien qu’il ait dû modifier sa pratique sous la contrainte des réalités. L’idéologie, n’étant pas tirée des faits, ne se sent jamais réfutée par eux. Pourtant, comme toutes les nations modernes, la France aurait besoin d’un parti de gauche s’inscrivant sans ambiguïté à l’intérieur du modèle démocratique d’économie de marché qui a finalement prévalu dans le monde. La vieille doctrine révolutionnaire selon laquelle le socialisme doit s’assigner pour but de changer de société, n’a engendré, partout et toujours, que des catastrophes. Elle ne suscite à ce jour au PS que de navrantes déclarations sans aucun contenu pratique, alors qu’une dose raisonnable de réflexion pragmatique serait la bienvenue. Parmi eux se trouvent, certes, bien des gens intelligents, désireux et capables de procéder à la mise au point des idées qui devraient aujourd’hui guider un grand parti de gauche. Cette décision, tous les socialistes européens y ont procédé : les socialistes allemands, portugais, espagnols, britanniques, scandinaves – même l’ex-Parti communiste italien. Mais pas les socialistes français. Car ce ne sont pas les plus intelligents d’entre eux qui, en France, dans leur propre parti, tiennent le haut-parleur. Ils sont réduits au silence et contraints de cacher leurs doutes par les excommunications des aboyeurs de slogans.
    Encore une contradiction : battu en brèche tous les jours au niveau idéologique, le capitalisme est vigoureusement courtisé au niveau pratique. Aussi bien les pays dits socialistes (Chine, Vietnam) que ceux du tiers monde font appel aux investissements, à l’aide technologique, à la capacité importatrice des pays capitalistes développés dont ils proclament, d’autre part, le système mortellement atteint. Néanmoins, la désinformation continue grâce aux mythologies politiques soigneusement entretenues au profit d’une minorité vivant à l’abri de des crises économiques.
    L’élection pour le roi des cons sera rude, car la concurrence est énorme et tous les jours il y de plus en plus de candidats. Une fois de plus nous allons rater le bon train.
    La République ne devrait connaître ni grâce, ni faveur. Plus que jamais la phrase de Valery se justifie : « La politique, c’est l’art d’empêcher les gens de s’occuper de ce qui les regarde. » Bien sur nous sommes sur le Titanic.
    Désolé pour ce long commentaire.
    L’homme raisonnable s’adapte au monde ; l’homme peu raisonnable persiste à vouloir adapter le monde à lui même. Par conséquent, le progrès dépend de l’homme peu raisonnable. Le progrès est impossible sans changement, et ceux qui ne peuvent pas changer d’avis ne peuvent rien changer. – G. Bernard Shaw

  3. je ne crois pas qu’ils pourront augmenter les impots ou les taxes.au dela d’un certain niveau les gens trichent et l’impot ne rapporte plus ou les gens émigrent.quant a diminuer les depenses le nouvel élu devra le faire dans le premier mois de sa mandature.après c’est trop tard.je ne vois aucun homme politique actuel capable d’effectuer cette tache.flamby ,martine,guérini,tout ça c’est du bricolage médiatique.quant a ce qui se passe en grecec’est hallucinant:maintien de regimes spéciaux de conducteurs de metro,achat de chars abrahams aux usa.et ils essayent de faire payer les classes moyennes.aucune chance.direction populisme et fascisme pour eux.

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