10 paradoxes du libéralisme en France

Publié Par Valentin Becmeur, le dans Politique

 

(Dessin de presse : René Le Honzec)

 

1 – Tout le monde sait bien que l’idéologie dominante, c’est le libéralisme, qu’il soit « néo », « ultra », ou affublé de n’importe quel autre préfixe ou superlatif… Les injustices, le chômage, la pauvreté, toute la misère du monde : c’est à cause du libéralisme ! N’est-ce pas ce que l’on entend partout, à la radio, à la télé, dans la bouche des étudiants, des universitaires et des politiciens ? Il n’y a pas un mouvement dit « contestataire » qui ne s’affirme anti-libéral (D’ailleurs, on a l’impression qu’en France il n’y a que des mouvements contestataires, à tel point que l’on pourrait se demander si la véritable contestation ne serait pas de se mettre à contester la « contestation »…) « A bas le libéralisme ! », « Résistons à la mondialisation libérale ! », « Halte au libre marché ! »… Mais si tout le monde critique le libéralisme, l’idéologie dominante est-elle vraiment le libéralisme, ou n’est-elle pas plutôt la critique du libéralisme ?

2 – Faites le test : Demandez à une personne de citer cinq noms de communistes célèbres ; elle vous répondra en général assez facilement (Marx, Lénine, Trotsky, Che Guevara, Mao, etc.). Les grandes figures du communisme sont en effet partout (les portraits du Che s’affichent jusque sur les T-shirts), et qu’on les apprécie ou non, elles sont étudiées à l’école par tous et deviennent des références culturelles élémentaires. Demandez maintenant à la même personne de vous citer cinq auteurs libéraux : là, par contre, dans la plupart des cas, c’est le trou noir. Tout le monde se fait une petite idée du libéralisme, et pourtant très peu en connaissent ne serait-ce que les grands noms. Étrange pour le courant de pensée qui est supposé dominer tous les esprits.

3 – En France, tout le monde pointe du doigt l’ultra-libéralisme de nos dirigeants. Notre Président Sarkozy se voit parfois désigné comme un « ultra-libéral », alors que lui-même s’en défend ; même Chirac le fut en son temps ! Pourtant, l’un des rares hommes politiques français qui s’en réclament vraiment, Alain Madelin, n’a pas atteint le seuil fatidique des 5% lors des seules élections présidentielles où il se porta candidat, en 2002.

4 – Dans la même veine, le MEDEF est accusé de tous les maux. A en croire tous les « contestataires », c’est ce syndicat qui dirige la France. Dans les faits, cependant, à l’annonce de chaque réforme, c’est la CGT qui mobilise ses troupes et oblige un « dialogue social » avec le gouvernement – « dialogue » qui aboutit dans les trois quarts des cas à une remise en cause de la réforme (ce qui, du point de vue des conséquences, invalide également le paradoxe précédent, soit dit en passant). Par ailleurs, le MEDEF n’est pas à proprement parler « libéral », si ce n’est dans son discours en défense de l’entreprise et des patrons : à la manière des syndicats qui s’opposent à lui, le MEDEF cherche à utiliser l’État à son avantage, à lui soutirer subventions et autres aides indirectes. Les libéraux sont pour une économie libre, au service de l’humain et non d’un groupe en particulier, même celui des patrons prétendant constituer le moteur de cette économie.

5 – On peut également observer qu’il n’y a pas l’équivalent libéral d’associations comme ATTAC ou Ras l’front, qui dominent pour une immense part les débats de sociétés et qui s’imposent dans les médias. Il existe bien quelques associations ouvertement libérales, telles que Liberté Chérie et Liberaux.org notamment, mais celles-ci ne profitent pas du même rayonnement médiatique, n’ayant pas les mêmes moyens de porter leur message sur la place publique, et leur audience demeure donc plutôt confidentielle (Le phénomène s’explique d’ailleurs facilement : dans la mesure où le libéralisme vise l’indépendance des individus face à l’autorité de l’État, les associations qui s’en réclament refusent par principe les subventions publiques, pour ne pas obliger les citoyens à les financer malgré eux par le biais de l’impôt ; c’est donc tout autant de ressources en moins pour leur bon fonctionnement et leurs activités, limitant de fait leur portée).

6 – En France, les plus à gauche étaient contre la Constitution européenne, parce qu’elle était selon eux « trop libérale ». Lors du référendum de 2005, les militants d’ATTAC et d’autres groupes altermondialistes sont allés jusqu’à s’attribuer la victoire du NON. Alors qu’en Angleterre ou en Allemagne, c’étaient les libéraux qui faisaient campagne contre cette Constitution, qu’ils jugeaient « bien trop socialiste » : les libéraux sont en effet contre une Europe trop politique – entendue comme tendance à l’étatisation, à la centralisation, et à une avalanche de réglementations -, de la même façon qu’ils critiquent les excès de l’État national.

7 – Les États-Unis sont désignés comme l’incarnation de l’ultra-libéralisme, la critique semblant avoir atteint son paroxysme lorsque que Bush était à leur tête. Pourtant, Bush n’agissait pas en libéral. Il ne se présentait même pas en tant que tel : il représentait le parti Républicain et s’affichait comme un néo-conservateur. C’est à ce titre qu’il s’engagea dans le projet le plus illibéral qui soit, à savoir l’attaque d’un pays qui ne les a pas directement menacé (la plupart des libéraux français étaient contre la guerre en Irak, même si cette question fait encore débat). Les « contestataires », dans leur obsession anti-américaine, ont d’ailleurs quelques difficultés à se positionner par rapport à l’actuel Président Obama : faut-il le rejeter en tant que représentant de la plus grande puissance mondiale, ou l’acclamer comme premier Président « noir » à la tête de cette puissance, « démocrate » de surcroit ? Il existe par ailleurs un parti ouvertement libéral aux USA, le Libertarian Party, qui récolte peu de voix à chaque élection et qui est plutôt marginalisé. Mais quel que soit l’étiquette du gouvernement en place, « républicain », « démocrate » ou peut-être un jour « libertarien », ce ne sera jamais dans ce que fait ce gouvernement qu’il faudra rechercher l’expression du libéralisme en Amérique, mais dans ce qu’il ne fait pas : par bien des aspects, les États-Unis sont un pays plus libre que beaucoup d’autres du fait des limites et balances du pouvoir imposées à son gouvernement – qu’elles soient d’ordre culturel, traditionnel, institutionnel et constitutionnel. L’essence du libéralisme américain réside notamment dans le fameux « Bill of Rights » garantissant la liberté d’expression ainsi que celle de se défendre.

8 – En France, qui se dit libéral est aussitôt rangé à droite. Outre-Atlantique, le liberal est de gauche… L’éloignement géographique ne suffit pas à expliquer cette opposition sémantique. En réalité, celle-ci traduit surtout la déformation du terme dans notre propre langage. Le libéralisme n’est pas l’antithèse des exigences de « justice sociale » communément admises : il prône la liberté sur la base de l’égalité des chances, point décisif qui le ferait classer à gauche s’il n’était pas aussi mal compris ou ignoré. Loin de rejeter l’idée de partage des richesses ou de solidarité, les libéraux revendiquent le droit de l’exercer directement par la charité, le mécénat, et toute autre forme de dons sans passer par le système redistributif obligé de l’État. Au sens étymologique du terme, « libéral » était d’ailleurs le nom donné à une personne généreuse ; les « libéralités » désignent encore dans le vocabulaire juridique les dons, actes de générosités et largesses accordées par un individu à un autre. Par quel tour de passe-passe langagier, au profit d’une certaine rhétorique socialiste, le mot « libéral » a-t-il fini par être tenu pour synonyme d’égoïste ?

9 – Les Français accusent le libéralisme… La France, pays de la révolution libérale des Lumières… Le libéralisme désigne initialement la liberté de conscience face à toute religion d’État. C’était l’une des premières revendications de 1789, une valeur fondamentale du courant révolutionnaire qui figure noir sur blanc dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (cf. l’article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses… »). De cette liberté de conscience découlent d’autres libertés individuelles qui participent toutes de la définition du libéralisme contemporain. Puisqu’il n’y a plus de religion officielle imposée, le libéralisme combat les autres formes d’immixtion du pouvoir dans ce qui devrait également relever de la vie privée, et prône à ce titre un retrait toujours plus grand de l’État au bénéfice de l’indépendance de chaque individu.

10 – Nombre de revendications généralement placées à gauche sont en réalité libérales : Liberté d’expression, liberté de mœurs, légalisation des drogues, union civile homosexuelle, droit de vote aux étrangers travaillant et résidant depuis plusieurs années sur le sol français, abolition de la TVA, mise en place d’un Revenu Minimum Universel, instauration du Référendum d’Initiative Populaire… Monique Canto-Sperber rappelle à ce titre, dans son ouvrage Les règles de la liberté, que beaucoup d’idées défendues par les partis démocratiques et progressistes sont d’abord des idées libérales : « …Défense de la liberté, reconnaissance de la diversité intrinsèque de la société des hommes, acceptation du rôle du marché, promotion de la réforme et confiance accordée aux règles et aux procédures, sont reprises à leur compte, au moins dans les propos, par tous les mouvements politiques démocratiques, y compris les mouvements républicains et socialistes. Le fait qu’elles soient aujourd’hui très largement reçues ne doit pas faire oublier leur origine libérale. » On ne compte pas, à l’inverse, le nombre de projets de la droite gouvernementale combattus par les libéraux, autant ses dérives sécuritaires que sa tendance à stigmatiser les groupes affichant de façon trop voyante les signes de leur religiosité… Le libéralisme n’est pas aussi éloigné de la gauche qu’on le croit, et moins proche de la droite qu’on ne le pense. En réalité, les libéraux se classent difficilement dans les catégories politiques françaises, et ouvrent celles-ci à une nouvelle dimension : celle de la liberté, par-delà l’étatisme de gauche et l’étatisme de droite.

Nous pourrions encore relever des dizaines et des dizaines de paradoxes à propos du libéralisme en France. Mais au fondement de tous ces paradoxes, c’est toujours la même chose : l’ignorance. C’est pour cette même raison que le libéralisme est impopulaire. Qui a pris ne serait-ce que deux minutes de son temps pour consulter la simple définition du mot « libéralisme » dans le dictionnaire ? Le plus grand mal dont souffre le libéralisme en France est bien l’ignorance. Et cette ignorance est soigneusement entretenue par les anti-libéraux de tout bord, trop heureux d’avoir un bouc émissaire fantôme afin de l’accuser de tous les maux de la terre, et justifier par la même occasion leur désir d’utiliser l’État pour tout contrôler.

C’est pourtant dans ce courant de pensée immensément riche et trop méconnu qu’est le libéralisme que l’on peut aujourd’hui trouver les véritables alternatives à nos politiques périmées. Monique Canto-Sperber, déjà citée plus haut, explique encore : « Le combat pour le développement des libertés modernes est loin d’être achevé. Il s’exerce contre l’uniformisation économique. Il se joue contre la domination du monde par une seule valeur marchande à laquelle tout serait rendu commensurable. Il s’impose contre les excès et les radicalisations populistes de la démocratie. Il est plus que jamais nécessaire pour rendre la société consciente de soi et critique, et pour amener l’individu à se penser dans une réalité sociale. Il est devenu vital pour combattre l’homogénéisation culturelle et les conformismes modernes. »

Ne vous contentez pas du discours des hommes politiques de droite comme de gauche pour vous faire une idée sur le libéralisme. Évitez les lieux communs et l’opinion manipulée par les médias. Les récentes crises économiques et financières furent l’occasion d’un rejet massif des idées supposées libérales : essayez de ne pas vous faire emporter par la foule, arrêtez-vous au moins un instant le temps de vérifier si vous allez dans le bon sens ; appliquez-vous à l’exercice critique de la raison et interrogez les reproches incessants et excessifs adressés au libéralisme. Essayez de découvrir par vous-même ce que désigne vraiment ce mot, tentez de comprendre qui a réellement intérêt à ce qu’il soit dépeint comme un système diabolique. Dites-vous que tous les paradoxes dont il souffre devraient vous mettre la puce à l’oreille… Gardez en tête qu’à l’origine, « libéralisme » vient du latin liberalis qui veut dire avant tout « liberté », et que le combat pour la liberté est loin d’être achevé…

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  1. J’approuve la plupart des points de l’article, mais le point 10 me fait vraiment douter du libéralisme même qu’il semble défendre:

    La légalisation des drogues n’est pas vraiment une mesure libérale, puisqu’elle ajoute une loi, ce serait plutôt la dépénalisation de la consommation de drogues qui serait libérale.

    De même l’union civile homosexuelle n’a rien de libérale, étant donné qu’elle veut donner des avantages étatiques à deux individus sur la seule base de relations sexuelles. Depuis quand est libéral le fait que l’Etat reconnaisse des relations sexuelles, alors que celles-ci ne devraient rester que dans la sphère ultra-privée de l’intimité d’un couple?

    Enfin, la mise en place d’un Revenu Minimum Universel est de l’économie planifiée digne du socialisme le plus extrême, à l’opposée complète du libéralisme!! C’est quoi ce délire?

    1. « La légalisation des drogues n’est pas vraiment une mesure libérale, puisqu’elle ajoute une loi, ce serait plutôt la dépénalisation de la consommation de drogues qui serait libérale. »

      La « dépénalisation » implique, à tort ou à raison, que seule la consommation soit légalisée. Une mesure réellement libérale autoriserait également la production et la vente.
      Dans un monde idéal, il n’y aurait effectivement pas besoin « d’ajouter une loi », mais dans le monde réel une loi auorisant la production, la vente et la consommation de drogues douces serait bel et bien libérale.

      « De même l’union civile homosexuelle n’a rien de libérale, étant donné qu’elle veut donner des avantages étatiques à deux individus sur la seule base de relations sexuelles. »

      Dans un monde idéal, l’état ne s’immiscerait pas dans ce genre de contrat amoureux relevant de la sphère privée, que ce soit pour un couple hétéro ou homo. Dans le monde réel il serait pour l’instant illusoire d’obtenir le retrait de l’état de la question du mariage. Dans ce contexte de « monopole » étatique, cela est tout à fait libéral de demander la liberté de pouvoir se marier, peu importe ses préférences sexuelles.

    1. Pas plus vaste, complétement différent. Essentiellement, le mariage est une façon de donner un père légal à un enfant. Le mari est le père légal de l’enfant de sa femme (même si il n’en est pas le père « biologique ») ; l’enfant d’une femme non marié n’a de père légal que si un homme fait une reconnaissance de paternité (et ça aussi c’est indépendant de la paternité biologique). Tout le reste (sexualité, relations patrimoniales, vie commune…) est accessoire et optionnel.

  2. A Aloygah

    « Concernant les drogues, il faudrait alors encore simplement dépénaliser la production et la vente des drogues, et le tour serait joué. Pas besoin de nouvelles lois »

    Effectivement pas besoin de nouvelles lois, mais ça revient bien à légaliser les drogues en tout cas.

    « Concernant l’union civile hétérosexuelle, tant que celle-ci n’est que réservée à un couple hétérosexuel, il n’y a pas immixtion dans la vie sexuelle du couple par l’Etat, car seule la capacité théorique du couple à procréer suffit pour justifier cette union »

    Donc on interdirait l’union homosexuel selon tes seuls critères parce que…? Qu’est-ce qui s’oppose à l’idée que deux personnes réalisent un contrat entre elles pour assurer la défense de leurs biens et les transmettre automatiquement? Rien. Appelons le mariage homosexuel autre chose que par mariage déjà, mais ça n’en resterait pas moins un contrat avec une valeur juridique. Bref je suis contre le mariage homosexuel, sémantiquement parlant ce n’est pas correct(le mariage c’est toujours un homme et une femme) mais pour l’union civile entre deux gays ou lesbiennes.

  3. @ Tremendo

    Légaliser sous-entend de rajouter une loi qui autorise.
    Dépénaliser sous-entend d’enlever une loi qui interdit.

    Les deux peuvent arriver au même résultat, sauf que le premier rajoute une loi, alors que le second en enlève une.

    Sinon, des individus peuvent déjà actuellement faire un testament ou un compte commun pour assurer la défense et la transmission de leurs biens sans passer par l’union civile. Je ne vois donc pas le rapport.

  4. Pour moi l’idée de dépénaliser c’est réduire les peines mais pas autoriser.

    Dans le cas des couples homos, la transmission n’est pas automatique i.e: du mec vers le fils du conjoint.
    Et une union entre deux personnes permet aussi de mettre des biens en communauté, encore une chose que ne peuvent faire les homos.
    Je trouve ça bizarre de vanter en permanence la mariage -dont les avantages sont bien réels- pour ensuite mieux les nier dès lors que l’on parle d’union civile gay.

  5. @ Tremendo

    Dépénaliser signifie « Retirer à une infraction son caractère pénal », donc théoriquement cela devrait revenir à ne plus punir l’infraction.

    Le mariage civil devrait avoir pour seul but de donner un père et une mère légaux à un enfant, afin que ceux-ci soient responsables devant la loi des actes de l’enfant. Il va donc de soi que celui-ci ne peut concerner que les couples hétérosexuels.

    Tout ce qui concerne la gestion des biens, devrait être réglé par des contrats privés indépendamment du nombre de personnes concernées et des liens sexuels qu’elles ont entre elles, l’Etat n’ayant pour seul rôle que de faire appliquer les contrats en cas de litige.

    Dans l’idéal, il faudrait donc restreindre les droits du mariage civil, afin de revenir à sa seule raison d’être qui est l’engagement de la responsabilité civile du père et de la mère pour leur(s) enfant(s) et augmenter les droits individuels pour que chacun puisse gérer ses biens comme il l’entend et avec qui il veut.

  6. « Le mariage civil devrait avoir pour seul but de donner un père et une mère légaux à un enfant, afin que ceux-ci soient responsables devant la loi des actes de l’enfant. Il va donc de soi que celui-ci ne peut concerner que les couples hétérosexuels. »

    Ben non, justement, pourquoi deux papas ne pourraient pas être responsables légaux d’un gosse en même temps? Je préférerais qu’un gosse ait deux parents plutôt qu’un seul.

    « Tout ce qui concerne la gestion des biens, devrait être réglé par des contrats privés indépendamment du nombre de personnes concernées et des liens sexuels qu’elles ont entre elles, l’Etat n’ayant pour seul rôle que de faire appliquer les contrats en cas de litige.  »

    Le mariage a toujours traité la question de la gestion de transfert des biens entre gens du même sang, je ne vois pas pourquoi changer cela.

  7. Nul besoin du mariage pour reconnaître civilement le lien de parenté, les droits et les devoirs d’un parent/tuteur, ou encore régler les questions d’héritage.

    Il faut souhaiter la suppression pure et simple du mariage civil, institution vide de sens, anachronique, tout au plus une niche fiscale grâce à laquelle l’Etat légitime son immixtion dans la vie privée.

  8. @ Tremendo

    Il est dans le droit naturel d’un enfant d’avoir un père et une mère, avec en priorité ses parents biologiques. La configuration « plusieurs papa » ou « plusieurs maman » n’est pas une configuration naturelle, je ne pense pas qu’elle soit idéale pour l’équilibre de l’enfant.

    La gestion des transfert des biens concerne en premier lieu l’individu et non le couple, il serait donc plus logique que celle-ci soit accessible à tout un chacun, quelque soit la situation (couple, célibat, vie en communauté, etc…).

    @ bubulle

    Je ne tiens pas spécialement à conserver l’appellation « mariage » pour désigner un contrat étatique qui désigne le couple comme légalement responsable de ses enfants.

  9. Certe le mariage et le lien de tutorage sont deux choses différentes, mais le mariage donne automatiquement le rôle de tuteur au marié de celui qui l’est déjà, c’est une reconnaissance juridique, la question de l’héritage en découle naturellement.

    Il faut bien un contrat, un bout de papier, une reconnaissance de lien entre deux personnes et des enfants. Ce bout de papier vaudra chez le juge en cas de litige. Bref on ne peut pas passer outre le mariage civil. Le mariage religieux c’est tout à fait autre chose.

  10. Légaliser signifie rendre légal; faire une loi, c’est légiférer.

    Dépénaliser signifie ne plus faire encourir de peine; enlever une loi, c’est abolir ou révoquer.

    Il y a plusieurs manières de légaliser ou de dépénaliser, soit en ajoutant ou en supprimant une loi, soit en laissant faire (le rôle de la révocation étant alors tenu par la désuétude).

  11. @ Lionel

    Merci pour les précisions, je ne suis pas partisan de la désuétude, car je trouve que cela affaiblit l’Etat de droit, du coup, c’est bien le fait d’abolir les interdictions sur les drogues que je soutiens.

  12. Légaliser le mariage homo ça pose le problème de l’adoption. Et là c’est peut-être aussi aller à l’encontre du droit/de la liberté d’un enfant d’avoir un père et une mère. Il ne faut pas regarder que les parents !

    Et quand on dit qu’avoir deux pères (et 3 non ?) c’est mieux qu’un, je répond simplement que c’est encore mieux pour un enfant d’avoir un père et une mère. S’il y avait assez d’enfant adoptables, je ne serais pas contre l’adoption par les homos. Mais actuellement c’est une grosse grosse galère pour un couple hétéro de trouver un enfant !

  13. Bonjour,
    Je tombe sur cet article par hasard, et le point de vue qu’il défend me donne du grain à moudre… Surtout que j’ai un chantre du libéralisme « première manière » ou « à la hollandaise » à la maison. Je n’ai que quelques objections non formulables, manquant d’éléments pour les étayer convenablement, je m’abstiens donc d’en présenter.
    Par contre, à la lecture des commentaires, la moutarde me monte au nez : pourquoi sur un thème aussi important que celui des libertés individuelles, on ne rencontre de débat que lorsqu’il porte sur une problématique, pardon, mais aussi futile que celle du mariage homosexuel (en plus de manière bien superficielle : les homosexuels qui demandent le mariage visent en réalité les droits à la parentalité), et ne traitent jamais du fichage généralisé que nous sommes en train de subir, sous prétexte de « menace terroriste », fichiers adn, banques de données internationales, pistage des individus par gps intégrés aux téléphones portables, mouchards gouvernementaux sur internet (sous prétexte de prévenir le téléchargement illégal)… Ce qui renvoie pour finir les « libéraux » et ceux qui se tiennent pour tels à leur caricature à la française : des personnes bien nourries, logées et lavées, heureuses de participer joyeusement à la foire d’empoigne généralisée, fort peu concernées par la politique en général, et par les nécessités sociales en particulier… Sans parler bien évidemment de la réaction unanime contre le concept de « revenu de vie », concept qui me parait pourtant bien logiquement libéral, si l’on cherche moins d’immixtion de l’état dans la vie privée des individus, et plus d’égalité des chances … Les libéraux français qui s’expriment semblent oublier ou ne pas savoir que l’exercice de la liberté est facilité par deux moyens : la connaissance et l’argent (pour acquérir sereinement le premier, on doit disposer régulièrement du second) … A bon entendeur…

  14. Salut Flaneuse,

    j’ai pour ma part réagi seulement sur les points de l’article où je n’étais pas en accord avec l’auteur. Il y a aussi d’autres articles sur contrepoints qui parlent plus en détail des autres points de liberté individuelle que tu cites et sur lesquels je suis en accord avec toi.

    Ensuite, la question du mariage homosexuelle n’est pas si futile que cela, car la question homosexuelle telle qu’elle se pose aujourd’hui est une remise en cause de la structure familiale, qui est le fondement d’une société libérale.

    Enfin, le libéralisme est avant tout une doctrine morale qui considère que la liberté est la meilleure arme contre l’injustice et par conséquent la pauvreté. A l’inverse, l’égalitarisme prôné par le socialisme ne fait qu’appauvrir la majorité, et paradoxalement, accroître les inégalités entre la caste au pouvoir et les autres.

  15. D’ailleurs le libéralisme est né dans une société dont les fondements s’appuyaient sur une structure familiale solide et certaines valeurs.

    On pourrait considérer un mariage comme un simple contrat entre deux personnes. Et là, ça pourrait être 2 hommes, 2 femmes (ou même 3 ou plus, si on poursuit le raisonnement) qui ont décidé, par commodités de se marier avec tout ce que cela implique dans la législation actuelle : dernier survivant, pension de reversion d’un défunt envers le survivant, prestations et remboursements des frais médicaux au conjoint même s’il ne cotise pas etc….

    Mais le mariage a un sens qui va bien au delà de son sens pratique et financier. Il permet en effet, d’assurer un cadre sociétal (dont la famille fait partie) où le libéralisme pourra s’épanouir.

  16. Je l’admets je suis francophone et suis né et j’ai habité toute ma vie Outre-Atlantique.

    En Europe, je me sens très à l’aise avec les libéraux et j’ai 99% des points en commun avec eux, mais autant dire qu’en Amérique du Nord, «libéral» signifie n’importe quoi allant de socialiste à centriste. Sauf une chose, le terme Libertarien est de plus en plus utilisé outre-Atlantique en français comme synonyme à libéral classique. Au Canada, par exemple, peu de gens veulent utiliser le terme «libéral» car il se rapproche d’un parti fédéral qui a connu un immense scandale de corruption au cours des dernières années. Même que tu as des gens que je connais qui se disent «conservateurs» mais qui sont des libéraux en réalité car ils ne veulent rien savoir des néo-conservateurs.

    Pour la «gauche» et la «droite» (qui sort tout droit du 18ème siècle) je crois que le prisme libéral va hors des deux tengeantes qui ne sont aucunement applicables pour expliquer le monde politique d’aujourd’hui. Perso, je suis pour farouchement le libre-marché, pour un gouvernement limité, contre l’état policier, les interventions militaires sans bon sens et pour la libéralisation des drogues et de la prostitution. Même que Bastiat siégait à la «gauche» de l’Assemblée Nationale malgré que celui-ci n’était aucunement un socialiste. Même que pour moi, en France, 80% du programme du FN est le même que celui du Front de Gauche.

    Pour les États-Unis, le commentaire est droit dans le mille, même que les États-Unis ont eu des mesures socialisantes beaucoup plus «totalitaires» et dirigistes dès les années 10 lors de la période progressiste où qu’on voulait planifier n’importe quand de façon bien-pensante pour créer un supposé monde meilleur. Je crois même que cela s’est fait même plus tôt que dans beaucoup de pays d’Europe occidentale. Par contre, je dois admettre qu’il est surprenant de voir combien de gens lisent Hayek ou même Bastiat aux États-Unis qui est probablement plus connu Outre-Atlantique que dans son pays natal où il a été même député! Aussi, un candidat qui frise les 15% aux primaires Républicaines (Ron Paul) a une plate-forme qui est probablement plus libérale que n’importe quel politicien actuel sur cette planète. Faut pas oublier que celui-ci est capable d’aller checher des millions de supporteurs ce qui n’est pas rien.

    Je vais être franc avec vous, comparé à ses voisins Européens, la France à une petitesse extrême dans ses institutions libérales et le fait que ça se résume à choisir entre des socialistes rouges, des socialistes bleus ou bien des socialistes racistes et encore plus interventionnistes que les deux autres. L’autre chose fait aussi que le républicanisme en France est synonyme de tous les mauvais côtés de ce terme, qui sont particulièrement avec le Jacobinisme dont beaucoup de gens habitant dans des états décentralisés ont beaucoup de difficulté à comprendre.

    Au moins en Grande-Bretagne, au Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, en Suède, il y existe une base politique libérale du moins sur papier au moins malgré que ça se complique dans la réalité. Même qu’en Grande-Bretagne, il y a des députés du Parti Conservateur qui proposent des choses plus radicales qui n’importe quel organisme libéral en France.

    En somme, je vais vous dire une chose cependant, dans certains domaines (comme les soins de santé), le Canada a BEAUCOUP a apprendre des réformes libérales entreprises en Europe dans certains domaines. Au Canada, dès que le terme «hôpital privé» est mentionné, certaines personnes font carrément une crise cardiaque, alors que j’ai été très surpris d’apprendre que le système de santé était beaucoup moins hermétique que celui au Canada qui est carrément Soviétique sous nombre d’égards.

  17. « Et dans 50 ans, on pourra se renommer « libertarien », parce que le terme libéral sera devenu synonyme d’interventionnisme… »

    Excellente observation! À mon avis, ça va prendre 10 ans à 15 ans au plus.

    Au Canada, cela est déjà le cas depuis environ 15-20 ans même en français. Même qu’aujourd’hui, le terme est reconnu de façon non-officielle dans les journaux ce qui fut une victoire en quelque sorte de se démarquer de «libertaire». Aux États-Unis, ça fait plus de 50 ans.

  18. On voit bien qu’il y a plusieurs libéralismes, et le nouveau (néolibéralisme) nous est imposé de façon dictatoriale comme si toutes les autres idéologies sont dépassés, inefficaces, économiquement. C’est déjà un paradoxe de voir que ce sont les pouvoirs étatiques en place qui l’imposent !

  19.  » Les socialistes ont été élevés au biberon du libéralisme  » a dit Danielle Mitterrand, bien placée pour le savoir. C’est en effet vers 1982 qu’a eu lieu le tournant libéral, avec Mitterrand au pouvoir. Or le libéralisme est incompatible avec le socialisme. On ne peut plus dire que le PS est un parti de Gauche. C’est pourquoi le Front de Gauche s’est constitué ensuite… On le voit bien : F. Hollande continue la politique de la Droite, comme si de rien n’était.