La question migratoire : un enjeu majeur pour l’Occident ?

La question migratoire fait la Une des journaux et magazines d’actualité : est-elle vraiment un enjeu majeur pour la France, l’Europe et le monde ?

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La question migratoire : un enjeu majeur pour l’Occident ?

Publié le 1 octobre 2023
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Pour répondre à la question, il faut commencer par un bref tour d’horizon de la démographie mondiale.

 

La situation démographique mondiale

En dehors de l’Afrique, la plupart des États ont une population dont les générations ne se renouvellent pas.

Lorsque cette situation est ancienne, le nombre de parents diminue au fur et à mesure que le temps passe, et la population du pays diminue également, avec une proportion croissante de personnes âgées qui reflète la situation des trois ou quatre générations précédentes.

Lorsque cette situation est récente, comme c’est le cas de l’Inde, pays le plus peuplé du monde, le nombre de parents continue à augmenter un certain temps, ainsi que l’ensemble de la population. Cela avant l’arrivée des classes creuses aux âges de procréation. On retombe alors dans le cas précédent, et la population commence à décroître.

Reste l’Afrique, qui comprend :

  1. Une partie « blanche» au nord du Sahara où la population est relativement stable (Maroc et Tunisie), ou en croissance moyennement rapide (Algérie et Égypte). Le niveau de vie y est nettement plus bas que dans l’Europe voisine.
  2. La partie principale du continent, l’Afrique subsaharienne ou Afrique noire, où la population est jeune et en croissance rapide, et où le niveau de vie est encore plus faible qu’en Afrique du Nord, voire extrêmement bas dans certains pays, notamment au Sahel.

 

Ce déséquilibre entre populations décroissantes (actuellement ou bientôt) hors de l’Afrique et population en croissance rapide en Afrique se double donc d’un profond déséquilibre de niveaux de vie, ce qui génère une forte pression migratoire.

 

De la pression migratoire à l’immigration

La masse des populations en jeu est telle qu’il s’agit peut-être du plus important problème mondial.

Ce sont des centaines de millions de personnes, peut-être un milliard, qui manquent au Nord et qui sont disponibles au Sud.

J’utilise les termes de Nord et Sud au sens du développement, et non au sens géographique du terme. Ainsi, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont des pays occidentaux que l’on classera au Nord, bien que géographiquement au sud et à l’est de l’Europe.

En Afrique, c’est le mouvement migratoire interne qui est le plus important, bien que l’Europe ne s’en soucie pas.

Les guerres civiles et la faiblesse de la productivité agricole poussent une partie de la population vers les villes, comme cela se fait en Europe depuis des siècles, et au Maghreb depuis quelques décennies.

Une fois en ville, et mieux scolarisés, les intéressés sont informés du niveau de vie des pays du Nord, et rejoignent les enfants de la bourgeoisie locale, eux aussi candidats à l’émigration.

Ils émigrent de manière légale si possible, c’est-à-dire en tant qu’étudiants, par regroupement familial ou recrues qualifiées, notamment comme informaticiens ou soignants.

Examinons concrètement le cas des clandestins.

À défaut de piste légale, ils restent les filières clandestines.

Les passeurs se livrent à une publicité insistante du genre : « Vendez vos biens, empruntez à votre famille, donnez-moi cet argent et je vous emmène au paradis ». Une partie de l’opinion publique locale n’est plus dupe, mais que faire d’autre ?

Ce ne sont donc pas les plus pauvres qui tentent leur chance clandestinement, ni les moins entreprenants : une fois arrivés, ces clandestins cherchent à travailler, contrairement à ce que pense l’opinion majoritaire. Cela officiellement ou non, tout simplement pour rembourser leurs dettes et survivre dans le pays d’accueil.

Mais certains, n’ayant pas le droit de travailler en absence de réponse à leur demande d’asile, profitent également de notre État providence sur le conseil des ONG charitables.

Ce qui ne les empêche pas de travailler simultanément au noir, par exemple avec l’identité d’un proche, ce qui est courant dans les agences d’intérim, comme je l’ai constaté personnellement. Ou de se lancer dans des trafics.

Les grèves de personnes sans papiers embauchées par les services de livraison de colis du groupe La Poste (via ses filiales de Chronopost et DPD), ou de livraison de repas à domicile (Deliveroo) sont une autre illustration des situations fausses créées par notre réglementation.

Il y a donc beaucoup moins « d’assistés paresseux » que ne le disent les statistiques.

Tout cela explique les difficultés d’élaboration de la loi en projet sur l’immigration, entre une opposition de gauche virulente, et une opposition de droite réfractaire à toute régularisation pour satisfaire son électorat ; et cela sans s’inquiéter des conséquences, tant pour les entreprises que pour les migrants en pratique inexpulsables, et renvoyés vers la fraude.

Tout cela, qui n’est pas toujours très connu, permet d’analyser les avantages et inconvénients de l’immigration, sur le plan mondial comme sur le plan français.

 

Avantages de l’immigration aux plans démographique et économique

D’un point de vue strictement quantitatif, la situation mondiale est plutôt bonne, puisqu’il y a un déficit démographique dans les pays du Nord, et un excédent dans les pays du Sud, et que les populations du Sud sont prêtes à migrer vers le Nord pour bénéficier d’un meilleur niveau de vie.

De plus, elles équilibrent la pyramide des âges en fournissant de jeunes travailleurs qui, non seulement cotiseront, mais aussi et surtout, s’occuperont des vieux. Sans eux, les EHPAD, déjà très mal en point, s’effondreraient.

Les plus qualifiés sont directement utiles, ceux qui le sont moins remplacent les Français dans les métiers dont ces derniers ne veulent plus.

Dans les deux cas, ils vont directement là où l’économie les demande, alors qu’un Français va tâtonner et passera par des périodes de chômage avant de se réorienter.

Les États-Unis, l’Australie et le Canada sont des exemples de pays issus de l’immigration, européenne jadis, asiatique, latino et africaine aujourd’hui. Ainsi, 98 % des Américains ont un ancêtre immigré.

Certes, une minorité de la population de ces pays s’inquiète, comme elle le fait depuis au moins 150 ans, en visant successivement les Italiens mafieux, les Irlandais papistes et misérables, les Russes  orthodoxes et incultes, les Chinois et Japonais potentiellement espions ou traîtres, et aujourd’hui les latino-américains.

Néanmoins, le poids des industriels manquant de main-d’œuvre a été jusqu’à présent suffisant pour équilibrer les mouvements anti-immigrants.

Le succès économique et géopolitique de ces pays a justifié a posteriori ce choix de l’immigration.

Cependant, les opinions publiques de tous les pays, africains compris, sont majoritairement hostiles à l’immigration.

 

Pourquoi cette hostilité à l’immigration ?

Il y a de bonnes et de mauvaises raisons au rejet de l’immigration.

Les mauvaises sont la méconnaissance des situations démographiques et économiques.

Une partie de l’opinion pense par exemple que le manque de bras et de cerveaux peut être résolu par davantage de moyens financiers, alors qu’il s’agit d’un défaut de population active en âge de travailler.

Donc, même si on créait (financièrement) des postes, ou si l’on augmentait les salaires, cela ne génèrerait pas les jeunes actifs qui manquent, ou cela en priverait d’autres branches, en déshabillant Pierre pour habiller Paul.

De même pour la formule « il suffit de donner du travail aux chômeurs » : ces derniers ne sont pas tous employables, n’habitent pas dans la même région, sont liés géographiquement au travail de leurs conjoints, ou ne veulent pas des postes à pourvoir.

Les bonnes raisons invoquées pour rejeter l’immigration sont subjectives, donc difficiles à approuver comme à contredire.

Vous avez tous entendu ces propos :

  • ils nous volent nos emplois,
  • on n’est plus chez soi,
  • voyez tous ces délinquants,
  • ils n’ont pas la même culture, ils sont musulmans,
  • ils sont assistés et c’est nous qui payons,
  • ils ne s’assimilent pas,
  • ils nous dirigeront un jour…

 

Selon la formulation, cela va de la citation de cas particuliers réels à l’expression du racisme le plus cru. Il faudrait tout un ouvrage pour peser chacune de ces affirmations, et y répondre dans le détail !

Je vais me contenter ici de quelques réflexions globales.

La plus importante est qu’il s’agit d’individus extrêmement variés par leur langue, leur culture, les variantes de chaque religion, leur histoire familiale, leur vie professionnelle, et non d’une masse d’immigrés, uniforme et organisée, qui prendrait un jour le pouvoir, et qui, par ailleurs, est impossible à évaluer. Pour parler brutalement, l’immigration est un terme qui n’a pas de signification précise, et qu’on ne devrait pas employer dans une conversation sérieuse. C’est ce que je démontre dans mon précédent article.

La deuxième est que l’on confond très souvent intégration et assimilation, qui, en pratique, ne visent pas les mêmes personnes. En effet, si un migrant peut s’insérer rapidement, par exemple par le travail, il ne s’assimile pas, car, passé 15 ans, on conserve ses habitudes culturelles. Par la suite, l’assimilation est néanmoins quasi générale à la troisième génération. C’est impossible à prouver pour la première ou la deuxième génération d’aujourd’hui, mais l’expérience historique le vérifie dans tous les pays où le multiculturalisme n’est pas institutionnalisé, d’où l’importance de combattre ce courant. Remarquons que la France donne une grande importance à l’assimilation, mais que les pays anglo-saxons, qui accueillent massivement des migrants très différents, s’en moquent totalement au nom de la liberté individuelle.

Par contre, la prise de pouvoir par des étrangers, ou plus vraisemblablement la minorisation de la population dite de souche, est d’autant plus vraisemblable que la population locale aura diminué et vieilli.

Autrement dit, l’immigration doit avoir lieu maintenant qu’il y a suffisamment d’adultes pour l’encadrer et assimiler les enfants, alors que tout retard mettra le pays culturellement en péril.

Cela ne vise pas principalement la France où les promotions sont encore assez nombreuses, mais plutôt l’Allemagne, l’Italie et les pays des Balkans, où la fécondité est faible depuis longtemps. C’est le problème que j’ai exposé au Colloque de géopolitique de Grenoble. Un remède serait une diversification de l’immigration pour éviter que cette dernière ne fasse masse.

 

En conclusion

D’un point de vue purement quantitatif et économique, l’immigration pourrait mettre en jeu des masses considérables, et donc influer sur la situation de chaque pays, a priori plutôt dans le bon sens, d’un point de vue strictement économique.

Par contre, les risques identitaires sont difficiles à mesurer objectivement, et dépendent de la politique intérieure de chaque pays.

Mon opinion est qu’il faut prioritairement veiller à ce que tout le monde soit au travail, ce qui est nécessaire à l’intégration, alors qu’actuellement c’est officiellement interdit pour plusieurs catégories.

Il faut aussi rejeter tout multiculturalisme : l’assimilation n’est pas une violence envers les cultures d’origine, mais une évolution dans l’intérêt de tous, migrants et locaux.

Inversement, un multiculturalisme institutionnel, non seulement nourrirait une hostilité réciproque, mais également priverait la masse des migrants, notamment les femmes, de libertés élémentaires.

Dans ce domaine, une amélioration des performances de l’Éducation nationale, de toute façon nécessaire pour notre propre développement économique, devrait jouer un rôle clé !

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  • Un milliard d’ingénieurs qui manquent au Nord, et un milliard d’illettrés en trop au Sud. Yaka fokon.

    • Il y a de moins en moins d’illettrés au sud, voir les soignants et les informaticiens. Mais on n’en parle pas parce qu’ils ne se font pas remarquer !

  • L’immigration présente plusieurs problèmes.. Et tous les pays européens confrontés à l’immigration les connaissent.
    Le premier est l’intégration de l’immigré. La Hongrie et la Pologne acceptent volontier les immigrés pourvu qu’ils ne soient pas musulmans : les ukrainiens sont les bienvenus. La population française ne s’oppose pas à la venue des anglais qui refusent le Brexit. Malheureusement, l’histoire française montre que la majorité des musulmans refusent de s’intégrer. Et c’est là le premier problème de l’immigration.
    Le second, c’est l’afflux massif que la gauche européenne refuse d’endiguer parce qu’elle le considère comme ses futurs électeurs (comme Mélenchon). Quand le niveau de richesse augmente dans le pays, alors il y a moins d’électeurs de gauche. Donc il faut appauvrir la population pour qu’un socialiste survivre. Et l’immigration en est un moyen. Dans nos pays où l’augmentation du PIB ne dépasse guère 1,2% réel, une augmentation de la population annule ce faible surplus de richesse créé, voire le rend négatif lors qu’on le ramène par habitant. Et un PIB négatif, c’est un appauvrissent des habitants. Et donc une augmentation des électeurs de gauche.
    Enfin et pour conclure, le 0 Immigration non choisi est possible. L’Australie l’a fait et pas parce que c’est une île mais parce qu’elle s’en est donné les moyens : tout immigré illégal est envoyé sur une île en attente du traitement de son dossier. En cas de refus, il doit rentrer dans son pays. S’il refuse, il restera toute sa vie sur cette île à ne rien faire. De plus, un immigré illégal ne pourra jamais prétendre à la nationalité australienne, ni lui, ni ses descendants même nés sur le sol australien. Ce qui veut dire qu’il sera à tout moment possible de l’expulser. Ce sont ces 2 concepts sur lesquels ont été bâtis la lutte contre l’immigration. Et ils sont tout à fait applicable à l’Europe. Il suffit de trouver l’île. Et l’île d’Elbe à fait ses preuves en matière d’isolement…

    • « Il faut appauvrir la population pour qu’ un socialiste survivre ». Très bon.
      Margaret Thatcher : « le socialisme finit, quand finit l’ argent des autres ».

    • Bonjour, je suis ACCOR d’accord avec ce que vous dites sur la gauche. Par contre on ne peut expulser qu’avec l’accord du pays de départ qui en général ne le donne pas. C’est pour ça que j’ai écrit « en pratique inexpulsables »

      • Quand on s’inquiète d’expulser, il est déjà trop tard. On ne doit pas laisser rentrer sans visa. Moyennant quoi, ceux qui seront entrés régulièrement seront acceptés et intégrés sans problème. Ceux qui sont entrés clandestinement, on ne doit pas leur donner quoi que soit, et surtout pas d’argent, de logement, de nourriture, d’éducation, de soins gratuits payés par ceux qui eux n’en bénéficient pas. Les bateaux de migrants doivent être repoussés à la lance à incendie.
        Si ça vous paraît inhumain, pensez à Hiroshima. Un peu plus de 100000 morts en ont évité des millions si la guerre avait continué. C’est une arithmétique effrayante, mais c’est la seule qui marche.

        • Pour mémoire : La libre circulation et de séjour des personnes instaurée par le traité de Maastricht en 1992, devait constituer la pierre angulaire de la citoyenneté de l’Union…….
          Sauf que……. la suppression progressive des frontières intérieures, en application des accords de Schengen, suivie par l’adoption de la directive relative au droit des citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement au sein de l’Union a suscité d’importants obstacles entravant toujours l’application des premiers engagements.
          Dans une lettre adressée le 1er mai 2011 aux dirigeants français et italien, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso,n’avait-il pas ainsi indiqué que « le rétablissement des frontières pourrait être une possibilité parmi d’autres, à condition d’être soumise à des critères spécifiques et bien déterminés, afin de constituer un élément pour renforcer la gouvernance de l’accord Schengen »?
          La réforme des accords de Schengen avec l’avènement d’un » Schengen 2″ plus efficace pour endiguer l’immigration illégale ,suggérée depuis 2012, ne semble toujours pas d’actualité en dépit d’une urgence absolue en raison d’ évènements dramatiques réccurents qu’il serait vain d’ignorer.
          -Faut-il pour espérer un début de solution ……. » invoquer Godot », celui qui doit venir mais qui retarde toujours sa venue ???

      • Si le pays d’origine ne veut pas de son citoyen, ce dernier reste sur l’île jusqu’à ce qu’il décide de rentrer pas ses propres moyens. Aucun être humain ne peut rester indéfiniment à ne rien faire et sans famille.

  • L’analyse, à charge et à décharge, est intéressante.
    Elle reste cependant aveugle au point crucial. Chez nous. La question de l’islam. Passablement conquérant. Ne s’épanouissant en Occident que dans le multiculturalisme ou à défaut dans la violence politique.
    Le refus de l’immigration extra-européenne est devenu majoritaire en France – entre autres pays.
    Basé sur une réalité observable, ce « sentiment » ne saurait être poussé sous le tapis.
    Ni corrigé, avant longtemps, même soumis à une vigoureuse propagande pro-immigrationniste.
    Le match est plié. La victoire appartient désormais à ceux qui bâtiront des « murs » autour de l’Europe.

    • Les originaires de pays musulmans, pays, que je connais bien, sont parfois activistes, mais souvent pas vraiment musulmans. C’est une contrainte sociale dans leur pays qui disparaît ici, soit tout de suite (j’en connais qui étaient des athées camouflés) soit au fil des générations et des mariages mixtes.

      En sens inverse, les ghettos maintiennent une pression sociale en faveur de l’islam. C’est notre boulot d’en protéger les habitants

  • Cela pose que les sociétés DOIVENT choisir pour quelque chose qui serait un bien..

    Or non… une société a le droit de se suicider économiquement, identitaire ment ou tout ce que vous voulez…

    la politique migratoire est à l’evidence du ressort de la souveraineté nationale..donc dans une société démocratique de l’opinion..de la majorité..

    libéral ou non… le mieux que l’on peut faire et de dire si on fait ça on a cette conséquence..

  • J’apprécie les analyses mesurées de Yves Montenay, mais j’aimerais que certaines de ses affirmations soient appuyées par des sources chiffrées, en particulier celles-ci :
    « Elles équilibrent la pyramide des âges en fournissant de jeunes travailleurs […]. Les plus qualifiés sont directement utiles, ceux qui le sont moins remplacent les Français dans les métiers dont ces derniers ne veulent plus. Dans les deux cas, ils vont directement là où l’économie les demande… »

    Cette immigration qui s’insérerait précisément dans les trous laissés par les français semble trop commode, trop parfaite pour être totalement vraie…

    L’interdiction des statistiques dites « ethniques » (appellation mensongère pour commencer), expliquerait-elle cette absence de chiffres ? La question n’est pas anodine, car en l’absence de données honnêtes et transparentes, on ne peut que douter du propos rassurant, et cette interdiction ne fait que que renforcer le doute et la méfiance envers l’immigration. A mon avis, c’est là qu’est le vrai problème.

  • Certaines des raisons que vous citez pour rejeter l’immigration me semblent peu justes. Par exemple, la première: « ils nous volent nos emplois, » n’est pas celle que j’entends mais plutôt la suivante : ils occupent des emplois que les autochtones ne veulent pas faire, ce qui n’est pas du tout la même conception de cette question. En fait, c’est la mauvaise gestion économique qui favorise l’immigration, surtout illégale. Car le problème ne concerne pas les diplômés qui arrivent avec des visas en bonne et due forme et un emploi assuré, mais tous les autres, y compris les mineurs et les femmes avec bébé, sans qualifications. Ensuite, prendre l’exemple de l’Amérique est vraiment invraisemblable car lors des grandes migrations venues d’Europe, l’Amérique était vide et consistait en des territoires à mettre en valeur, ce qui a été fait. Mais l’Europe n’a plus de terres à découvrir, juste à exploiter, et grâce aux progrès des sciences et techniques, de moins en moins de bras sont nécessaires et la surnatalité devient un fléau. Elle l’est d’ailleurs dans les pays pauvres qui, eux, mériteraient d’être développés et exploités pour éviter l’hémorragie de jeunes qui méritent mieux que la noyade ou l’horizon des quartiers et de la drogue. Ceci étant, les USA n’échappent pas non plus aujourd’hui à un problème migratoire.

  • Comme toujours, un texte très intéressant, qui rejoint nos préoccupations actuelles au Canada. Personnellement, j’y réfléchit en rapport avec l’énergie. Vous allez comprendre. Quelques données:
    -La population Canadienne a dépassé les 40M d’habitants début janvier 2023.
    -Majorité anglophone, minorité francophone, principalement au Québec (8,8M habitants). Les immigrants ont tendance à préférer l’anglais, d’où marginalisation progressive du français, et notamment au niveau de la représentativité politique au niveau fédéral.
    -Récemment, J. Trudeau (Libéral, centre-gauche) a lançé avec le parti néo-démocrate (gauche), avec lequel il dirige le pays (situation de gouvernement minoritaire), une initiative pour doubler le nombre d’immigrants par an au Canada. Ici aussi, on cherche à maintenir les retraites par répartition, et du sang frais aidera à maintenir la fraude de Ponzi quelques décennies. Avec à la clé une augmentation de la population de 25% en moins de 20 ans.
    -Nous sommes donc repartis pour un tour dans nos éternelles querelles politico-constitutionnelles.
    -Ici, comme d’ailleurs partout au monde, nous sommes au bord de la rupture au niveau énergétique. Nous devons, pour faire la dite transition énergétique au Québec seulement, ajouter 190TWh de capacité de production aux 210 que nous sommes capables de produire actuellement. (En passant, le problème à résudre est du même ordre de grandeur partout en Occident et personne ou presque n’est au courant.). Et nous devons faire cela en quelques années alors que ce que nous avons actuellement a pris 80 ans à mettre en place. À cela nous devrons ajouter la croissance de la population, naturelle et migratoire, et cette dernière ne voudra pas se faire traiter comme des citoyens de deuxième zone.
    -Mon principal problème était que je n’étais pas sûr que le monde contienne suffisamment de gens désireux de venir au Canada (On parle tour de même de passer de 250k à500k immigrants par an, nonobstant que nos deux PM se bouffent le nez.) Mais de ce que je comprend de votre texte, c’est possible.
    -Même sachant que nous approchons en pointe hivernale la limite de notre capacité de production, le gouvernement du Québec continue d’attirer les entreprise énergivores. Voulant entre autres profiter de la manne des batteries électriques, même et surtout si l’Occident ne pourra bientôt plus les remplir, nous acceuillerons bientôt notre première usine de cellules de batteries. (+d’1 TWh d’électricité par an.) Même sans cela, ni croissance supplémentaire au delà de l’immigration « normale », je doutais que nous soyions capables de nous rendre jusqu’à la livraison des prochaines centrales quelles qu’elles soient, dans 10 ans. Je ne doute plus: nous allons dans le mur.
    -Reste tout de même les impacts sur les populations du Sud, selon votre définition. La perte de ces (relativement rares) connaissances risque de retarder leur croissance et augmenter leurs frustrations contre le Nord. Il y a donc d’importants défis.

  • Excellent article de Y.Montenay qui montre bien les paramètres du problème, sauf un.
    En effet, la meilleure solution pour endiguer l’immigration illégale (je ne parle pas de celle qui est légale et qui sera toujours utile et nécessaire vu la situation démographique), c’est de faire en sorte d’améliorer la situation dans les pays de départ, de sorte que les habitants souhaitent y rester.
    Autrement dit c’est de favoriser leur développement, mais pas comme aujourd’hui ou les aides souvent n’apportent rien aux populations, et ne font que remplir les poches de dirigeants corrompus. Le problème n°1 de la majorité des pays d’Afrique est leur Gouvernance, via de fausses « élites » qui n’ont assimilé comme leçons de l’occident que les techniques de corruption.
    Abec la complicité de leurs dirigeants, nombre de ces pays souffrent aujourd’hui d’un néo-colonialisme prédateur, que ce soit par les Chinois, les Russes, les Arabes et il faut le dire aussi les occidentaux, bien pire que le colonialisme européen du passé qui lui au moins favorisait le développement du colonisé, ce qui était aussi dans l’intérêt du colonisateur.
    Un développement bien compris en Afrique limiterait aussi progressivement le problème démographique en diminuant la natalité, exactement comme cela s’est toujours passé dans nos pays aussi.
    Il y faudrait un grand changement de mentalité dans les organisations internationales, où règne malheureusement la complicité avec les dirigeants des pays africains, et aussi de la part des bonnes âmes occidentales écolo lesquelles prônent des solutions coûteuses et inapplicables plus faites pour prolonger la misère que l’inverse (voir le cas du Sri Lanka, ou l’opposition au barrage Ethiopien sur le Nil bleu).

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