Pollution : l’eau des villes et l’eau des champs

Les médias qui formatent l’opinion ne cessent de répéter que les paysans polluent, que les eaux sont impactées par les pratiques agricoles.

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Photo de Linus Nylund sur Unsplash

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Pollution : l’eau des villes et l’eau des champs

Publié le 11 janvier 2023
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La guerre des nitrates 

Depuis une trentaine d’années, elle alimente encore les chroniques malgré les preuves scientifiques de leur absence de toxicité. Les nutritionnistes ne proposent-ils pas de consommer des légumes, lesquels peuvent pour certains contenir cent fois plus de nitrates par kilo que le litre d’eau du robinet.

Même si des études sérieuses amènent à constater les effets bénéfiques des nitrates sur l’inflammation, leurs capacités immunitaires et leurs implications dans la protection cardiovasculaire, la volonté des pouvoirs publics est de les traquer, comme la récente décision du gouvernement des Pays-Bas qui menacent de fermeture 500 à 600 fermes pour limiter les taux d’azote. L’agriculture est toujours présentée comme la responsable majeure de la pollution des eaux.

 

D’où vient la pollution de l’eau ?

Lassés par de tels illogismes quelques agriculteurs de la Coordination Rurale ont procédé, en présence d’un huissier le 24 novembre 2021 à des prélèvements d’eau aux exutoires (1) de trois stations d’épuration de villes moyennes en Charente.

De même, le 28 février 2022 ils ont prélevé l’eau des exutoires de deux retenues collinaires du sud Charente, uniquement alimentées par le ruissellement des champs environnants.

Ces analyses confiées le jour même du prélèvement à un laboratoire nantais accrédité COFRAC, ont recherché 120 produits chimiques ou biologiques potentiellement présents dans l’eau.

Ces analyses ont trouvé 36 occurrences positives supérieures ou égales à la LQ (limite minimum quantifiable pour chaque produit) pour les échantillons citadins dont 11 sont communes avec les eaux agricoles dont on peut voir la comparaison des concentrations dans le tableau ci-dessous.

Légende : < : inférieur au nveau de détection ; µg : millionième de gramme ; Mg : millième de gramme
Produits Unité de mesure Station Angoulême Station Cognac Station Barbezieux Retenue collinaire 16320 Retenue collinaire 16190
Nitrates (NO3) Mg/litre 2 5,6 14 22 <0,5
Azote ammoniacal Mg/litre 2,3 1,1 0,5 0,034 0,017
Azote Kjeldahl Mg/litre 5,3 3,5 2 0,5 0,8
Phosphates Mg/litre 1,06 1,95 5,3 <0,020 0,096
Phosphore total Mg/litre 1,3 0,94 1,7 0,048 0,044
Glyphosate µg/litre 1 0,38 0,44 0,091 0,028
AMPA µg/litre 3,4 2,1 2,5 <0,010 0,015
N Acétyl AMPA µg/litre 0,6 0,62 0,21 <0,020 <0,020
Fipronil µg/litre 0,028 0,032 0,029 <0,005 <0,005
Diclofénac µg/litre 2,3 2,1 2 0,034 <0,010
Caféine µg/litre <0,050 <0,050 <0,050 0,05 <0,050
Demande biologique en oxygène Mg/litre 17 3,7 2 3,3 3,7
Demande chimique en oxygène Mg/litre 71 41 20 19 19
Oxygène dissous Mg/litre 7 7,6 8,4 12,8 12,7
Matières en suspension Mg/litre 9 9 4 3,2 8,4
E.Coli Nbre pour 100 Millilitres Nb/100ml 145 880 210 060 58 240 <38 <38
Fosétyl µg/litre 0,02 <0,02 <0,010 <0,010 <0,010
Plomb µg/litre 0,6 0,6 0,5 <0,4 <04
Acétone µg/litre 33 48 33 <200 <200
Acide fénofibrique µg/litre 2,5 0,55 0,37 <0,010 <0,010
Acide Niflumique µg/litre 0,24 0,28 0,098 <0,010 <0,010
Atenolol µg/litre 0,5 0,081 0,94 <0,050 <0,050
Bezafibrate µg/litre 0,082 0,1 0,033 <0,010 <0,010
Carbamazépine µg/litre 0,88 0,97 2,1 <0,010 <0,010
Epoxycarbamazépine µg/litre 0,091 0,13 0,2 <0,010 <0,010
Furosémide µg/litre 5,2 5 5,8 <0,010 <0,010
Gemfibrosil µg/litre 0,2 0,11 <0,50 <0,050 <0,050
Hydrochlorothiazide µg/litre 3,2 3 2,7 <0,020 <0,020
Ketoprofen µg/litre 0,26 0,18 0,17 <0,050 <0,050
Losartan µg/litre 0,46 0,09 0,18 <0,020 <0,020
Metoprolol µg/litre 0,083 0,13 0,53 <0,020 <0,020
Oxazepan µg/litre 4 4,8 4,5 <0,020 <0,020
Rampril µg/litre 0,062 0,031 <0,02 <0,020 <0,020
Sulfaméthoxzlole µg/litre 0,5 0,21 0,31 <0,020 <0,020
Hydrazide maléique µg/litre 0,12 <0,050 <0,050 <0,050 <0,050
cadmium µg/litre <0,02 0,03 0,03 <0,02 <0,02

 

Entre les extrêmes citadins et agricoles, on constate que les eaux agricoles contiennent 36 fois moins de glyphosate et 227 fois moins d’AMPA (produit de désagrégation du glyphosate et des lessives), que les eaux citadines pour lesquelles les concentrations de tous les produits sont supérieures aux eaux agricoles, sauf pour les nitrates dont la date de prélèvement correspondait à une pluie sur un récent épandage sur une céréale du bassin versant, mais dont la concentration est plus de moitié inférieure aux 50 mg légaux.

En ce qui concerne les Eschérichia Coli, les eaux citadines en contiennent au moins 5526 fois plus, les eaux agricoles étant en dessous de la LQ !

Pour des raisons sanitaires les normes imposent aux agriculteurs des contraintes de stockage et d’épandage des effluents agricoles quand personne ne s’inquiète des rejets citadins autrement dangereux !

Il faut constater que la réglementation impose aux agriculteurs des bandes enherbées au bord des ruisseaux pour limiter le ruissellement des nitrates dans l’eau des rivières. Pendant ce temps, rien n’est fait pour traiter les eaux pluviales des villes qui se déversent directement dans les cours d’eau, lessivant les excréments des animaux domestiques, les crachats des passants et les fuites des carters des voitures sur les surfaces bitumées imperméables.

Rejet polluant dans la Touvre, 13 07 2005 Photo Armand Paquereau

Pour les occurrences relevées uniquement dans les eaux citadines, elles concernent des métaux lourds et majoritairement des médicaments.

Les chambres d’agriculture doivent prendre modèle sur cette initiative afin de faire éclater la vérité sur la pseudo-pollution agricole et faire cesser le dénigrement de l’agriculture pour le bien commun et l’intérêt général.

 

Interrogations sur la pollution de l’air

Outre la pollution de l’eau, de très nombreux communicants n’hésitent pas à attribuer la pollution de l’air à l’agriculture.

Pour les pics de pollution qui se concentrent périodiquement au-dessus des villes, cette association écologiste explique très techniquement :

« Pour résumer, il y a une convergence de polluants qui, en l’absence de vent et de pluie, se combine avec le rejet d’ammoniac issu de l’agriculture ».

Reconnaître explicitement qu’en l’absence de vent, des polluants ruraux se concentrent sur les villes relève pour le moins d’un arbitraire aveugle et déterminé.

Par exemple, lors des pics de pollution du 30 novembre au 17 décembre 2016 il n’y avait aucun épandage azoté en agriculture à cette période de l’année.

 

Rétablir la vérité

Il est nécessaire de rappeler que l’utilisation de l’azote en agriculture a accompagné et permis l’accroissement de la population mondiale en participant à la réduction de la famine et de la malnutrition.

Persister à accuser l’agriculture de polluer et prendre des mesures comme la limitation des nitrates, alors qu’il est prouvé que ces derniers ne sont pas toxiques mais bénéfiques, est une faute gravissime que les générations futures ne nous pardonneront pas.

Pire est de masquer à l’opinion les vraies sources de pollution, comme le démontrent les analyses précitées, en ne prenant aucune mesure efficace pour les limiter et laisser les effluents des villes s’écouler dans les rivières. C’est discriminatoire et criminel.

  1. Exutoire, endroit de sortie où l’eau des stations d’épuration rejoint le milieu naturel.

 

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  • Il faut bien désigner un coupable des pires méfaits pour justifier que le bio est bon.
    Au début, on a dit le bio est meilleur pour la santé car sans pesticide. Mince ! Les analyses montrent que les pesticides ne résistent pas au lavage des fruits et légumes. Alors, on a dit le bio, c’est bon pour la planète. Et là, comme ce n’est pas mesurable, tous les bobos stupides y ont adhéré. Et manque de pot, la grande distribution s’est engouffrée dans le créneaux. Alors, on a dit que seul le bio « farm to fork » est bon pour la planète ; l’autre, il est pas bon.
    Pour résumer : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

    • Le bio c’est sans pesticides « de synthèse ». Parce que l’acide pélargonique, les dérivés du pyrèthre, le cuivre et le soufre autorisés en bio c’est peut-être pire que les produits utilisés en conventionnel.

  • Mon père aime raconter l’histoire suivante.
    Son entreprise avait dans les années 70 la plus grosse usine du secteur. Cette usine était en outre munie d’une station d’épuration.
    À l’époque, dès qu’il y avait des poissons morts dans la rivière locale, les associations de pêche accusaient cette station d’épuration d’avoir relâché des cochonneries qui avaient tué les poissons. Pendant un temps, l’entreprise a payé. Jusqu’au jour où ils en ont eu assez et on creusé un nouveau bassin, traversé par l’eau de sortie de la station d’épuration avant de revenir à la rivière. Dans ce bassin, ils ont mis des truites.
    Les associations de pêche sont encore revenues les voir. Une fois. Les poissons du bassin de sortie se portaient comme des charmes, contrairement à ceux des rivières. Ce jour là, il a fallu chercher d’autres coupables, mais la rivière a commencé à mieux se porter.

    • Du coup, les écolos ne peuvent même plus faire fermer l’usine et mettre les gens au chômage. Pas bien. Je me demande si ce n’était pas des truites OGM pour résister à la pollution 😅😅😅

  • ♬ NO3, CO2 ♬ même combat!
    Plus c’est bénéfique plus on s’en méfie.

  • normalisez par la population…pour voir…

    je ne suis pas certain que j’aurais approché le problème comme ça…

    la pollution est inévitable… elle doit toujours est mise en perspective..et est toujours un sous produit t d’un truc necessaire.

    fait on pour le mieux?

    en tous les cas l’approche de la pollution de l’eau est faite sans rationnel défini…y’a des tucs qu’on interdit, d’autres qu’on taxe.. on diabolise telle pollution ,on ignore une autre..
    et on oublie qu’une eau non polluée..peut être parfaitement imbuvable!!!!

    Fin des subventions agricoles..et justement définir ce qu’on veut preserver…

    car on va polluer..

    polluer pour vendre à d’autres pays es des produits subventions.. est très questionnable..

  • Rappelons que l’Inde qui connaissait encore après guerre de sévères famines malgré une population 3 fois moins nombreuse qu’actuellement réussit maintenant grâce au réchauffement, à une atmosphère enrichie en CO2 et aux engrais azotés synthétiques non seulement à nourrir à leur faim un milliard et demi de personnes mais encore à devenir exportateur net de denrées alimentaires (!!!)
    Il faut absolument lire l’article provocateur de l’économiste indien Vijay Jayaraj intitulé “GRATITUDE FOR CO2 !” que les média mainstream se sont empressés d’ignorer ou d’étouffer.
    https://www.climatedepot.com/2021/08/04/gratitude-for-c02-it-continues-to-feed-the-world-record-harvests-continue/

    • Merci Monsieur pour ce lien éducatif trop ignoré. Il est toujours répété que l’effet de serre est causé par le CO². Contrepoints m’a refusé le paragraphe suivant sur le sujet:
      « Poser objectivement le problème
      La doxa que l’on veut nous imposer serait que le réchauffement climatique ne serait que le résultat des activités anthropiques générant un phénomène d’effet de serre produit par une augmentation de la concentration de CO² dans l’atmosphère. Il est certain que l’effet de serre est très majoritairement dû à la vapeur d’eau. Pas besoin d’être membre du GIEC pour constater que les gelées de printemps surviennent par temps clair et sont évitées par temps couvert, alors que la présence de CO² est constante. C’est donc la vapeur d’eau qui empêche la déperdition de chaleur émise par la terre, par effet de serre et non le CO².
      Ainsi lutter contre le CO² semble utopique pour limiter l’effet de serre alors que le réchauffement des températures augmente l’évaporation des océans, donc la quantité de nuages, donc l’effet de serre. Il faut aussi noter que des périodes de réchauffement beaucoup plus intenses ont sévi par le passé, à des époques où la population mondiale n’était pas excessive et les consommations d’énergie fossiles étaient inexistantes. »

  • Les commentaires sont fermés.

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