Funérailles d’Elizabeth II : un événement mondial pour une ère de liberté

Le nombre important de personnes qui ont rendu un dernier hommage à la reine paraît indiquer que la magnificence remporte une adhésion partagée.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Screenshot 2022-09-20 at 11-02-30 (1) La messe des funérailles de la reine Elizabeth II en intégralité - YouTube

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Funérailles d’Elizabeth II : un événement mondial pour une ère de liberté

Publié le 21 septembre 2022
- A +

Ce serait faire injure à la mémoire de la reine Elizabeth de vouloir donner une signification politique à l’adieu impressionnant de cette dernière semaine : la reine a magnifiquement fortifié son rôle apolitique durant 70 ans.

Le nouveau roi Charles III suivra l’exemple de sa mère, disant en novembre 2018 : « Me, meddle as a king ? I’m not that stupid. »

La presse généraliste fera bien de s’inspirer de ceci pour ne pas souhaiter que le roi prenne position politiquement pour ce qu’il aurait soutenu comme prince de Galles et duc de Cornouailles.

C’est ce règne auquel ont rendu hommage des milliers (thousands and thousands) de Britanniques, partout dans le Royaume-Uni, en Angleterre, en Écosse, dans le pays de Galles, en Irlande (du Nord) et dans le Commonwealth, chacun faisant la queue durant plus de 10 heures sur près de 16 km avant de s’incliner devant le cercueil de la reine à Westminster Hall. Il est écrit que l’audience TV des funérailles pourrait atteindre 4,1 milliards, soit la moitié de la population mondiale. Et contrairement aux funérailles, parfois spectaculaires, de dirigeants de pays totalitaires, la population britannique n’est pas là parce que contrainte.

Quel est le sens de cet événement ?

Les arguments traditionnels en faveur de la monarchie (long terme, continuité et stabilité, effacement des différences, symboles, moindre coût, etc.) sont un raccourci insuffisant : les symboles ont souligné l’identité du pays, des nations (anglaise, écossaise, etc.) et du Commonwealth.

Le nombre important de personnes qui ont rendu un dernier hommage à la reine paraît indiquer que la magnificence remporte une adhésion partagée : le decorum extraordinaire, tous ces signes très visibles de puissance semblent être tous bienvenus. Il n’y a pas, comme dans d’autres pays démocratiques, un désir de supprimer les habits de cérémonie, les uniformes, et toutes les traditions qui font partie de l’histoire du pays. Chacun est fier d’affirmer sa différence et c’est évidemment une liberté individuelle essentielle.

Très différente des expériences des pays latins, l’omniprésence de Dieu est assez impressionnante : ce n’est pas seulement parce que les clercs sont mariés et les femmes peuvent exercer le sacerdoce, mais aussi parce que les clergymen sont accueillis comme tels partout, au parlement, en rue… Une autre liberté individuelle.

Enfin, revenons sur les personnes originaires du Commonwealth, très nombreuses et visibles durant l’hommage de ces derniers jours : le Royaume-Uni aurait-il mieux atteint l’intégration de ces familles ? Les plateaux TV, français principalement, discutent abondamment de l’immigration par assimilation ou par intégration. Laquelle des deux réalise-t-elle mieux la liberté individuelle ?

Enfin, rappelons que la reine Elizabeth s’est mise en scène le 4 juin 2022 lors de son dernier jubilé avec l’ours Paddington, le héros du film Paddington (2014), et son marmalade sandwich, un ourson (en peluche) réfugié du Pérou à la gare de Paddington (d’où son nom), recueilli par la famille Brown.

À la fin du film, l’ourson déclare (traduction) :

Mrs Brown a dit que à Londres, tout le monde est différent,
mais cela signifie que n’importe qui peut s’intégrer.
Je pense qu’elle doit avoir raison, parce que même si je ne ressemble pas
à quelqu’un d’autre, je me sens vraiment chez moi.
Je ne serai jamais comme les autres, mais ça va. Parce que je suis un ours.
Un ours appelé Paddington.

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • Si les dirigeants de ce monde se sont pressés pour assister aux funérailles, c’est uniquement pour s’assurer des bonnes relations avec la Grande-Bretagne. Il fallait y être vu.
    La reine est tellement aimée des dirigeants de ce monde qu’aucun ancien de ces dirigeants n’a fait le voyage. Il est vrai qu’ils auraient dû payer sur leur propres deniers, leurs participation : faut quand même pas pousser trop loin l’amour à la reine !!
    On nous bassine pendant des semaines sur cet événement qui n’en est pas un. Et dont toute personne normalement constituée en France se fout complètement.
    Mais tant qu’on parle de ça, on met les vrais problèmes sous le tapis. Finalement, en période de crise, la mort d’une reine d’Angleterre, c’est utile.
    (Désolé pour le cynisme mais il représente le fond de la pensée des dirigeants de ce monde)

    -1

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
8
Sauvegarder cet article

Par Olivier Maurice.

Le terme démocratie libérale est devenu tellement usité, tellement galvaudé et mis à toutes les sauces qu’il est plus que facile de confondre les deux termes : démocratie et libéralisme. Comme si le libéralisme impliquait inévitablement un régime démocratique et vice-versa.

La confusion est suffisamment entretenue par les médias et la classe politique, au point qu’aux États-Unis, les deux mots sont devenus quasiment synonymes et que l’on nomme communément liberals les membres ou sympathisants du parti démocr... Poursuivre la lecture

Élizabeth II monarchie parlementaire
1
Sauvegarder cet article

Dans les monarchies modernes, une des principales fonctions de la famille royale est d'incarner un peuple dont elle est radicalement séparée par le rang. À ce rôle quasi-totémique, s'ajoute une fonction politique qui peut sembler tout aussi paradoxale : celle de garantir le bon fonctionnement de la démocratie.

En Grande-Bretagne le pouvoir issu des urnes porte l'appellation officielle de gouvernement de sa Majesté. Ses adversaires constituent "la loyale opposition de sa Majesté". Paroles vides, direz-vous : dans la pratique, le Parleme... Poursuivre la lecture

Par Sean Lang.

Lorsque l’historien britannique Sir Ben Pimlott s’est lancé dans sa biographie d’Elizabeth II en 1996, certains de ses collègues se sont étonnés qu’il considère la reine comme digne d’un tel travail de recherche. Pourtant, le jugement de Pimlott s’est révélé judicieux tellement la monarque a marqué son époque.

Le rôle politique de la monarchie a notamment fasciné le monde artistique. En 2006, le film The Queen, de Stephen Frears, était consacré au dilemme auquel elle a été confrontée après la mort de la princesse ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles