Gouvernement Borne 2 : l’ère des médiocres

Les nuls ont été reconduits car il n’y a personne de compétent prêt à risquer sa carrière dans un tel piège.

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Elisabeth Borne By: Jacques Paquier - CC BY 2.0

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Gouvernement Borne 2 : l’ère des médiocres

Publié le 6 juillet 2022
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C’est sans surprise mais avec une consternation toujours intacte qu’on découvre la liste des nouveaux ministres du gouvernement Borne 2. Il faut dire qu’après les législatives, un petit remaniement s’avérait nécessaire pour tenir compte de la nouvelle donne parlementaire…

Et c’est exactement pour cela qu’avec les choix posés dans ce nouveau gouvernement, Emmanuel Macron a clairement indiqué n’avoir absolument rien retenu de ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale ces dernières semaines : en reconduisant grosso modo la même équipe de comiques troupiers, en n’incitant pas le Premier ministre à passer devant les députés pour un vote de confiance, il exprime ici le mépris le plus total des institutions et des Français qui ont largement modifié l’équilibre politique du pays.

Il suffit d’éplucher la liste des ministres et autres secrétaires d’État de cette seconde mouture du gouvernement Borne pour bien comprendre l’ampleur de la fumisterie minimaliste qui a mollement occupé les salles de rédaction le temps que tous les noms soient connus : quelques têtes partent, quelques autres arrivent, quelques mouvements dans le style « chaises musicales » pour agrémenter le tout et voilà, vous avez votre nouvelle brochette de grosses légumes prête à partir aux fourneaux républicains.

La présomption d’innocence n’a pas joué pour Damien Abad, qui, après un mois de bons et loyaux services inexistants retourne donc à ses études ; la même présomption d’innocence a cependant joué pour Chrysoula Zacharopoulou qui, elle, conserve son secrétariat d’État.

Pour le reste, on gardera bien évidemment Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin et, fort de leur extraordinaire succès dans leurs prouesses respectives, le gouvernement Borne 2 leur donne même de nouvelles fournées de ministricules subalternes à gérer.

Ainsi, Bruno Le Maire a largement démontré sa nocivité aux finances du pays ; les chiffres d’absence de croissance, d’inflation stratosphérique, de déficits abyssaux et de dette colossale suffisent à illustrer le propos mais son extraordinaire bagout à nous vendre la destruction planifiée de l’économie russe, qui s’achève par une déroute totale de l’économie française, mérite sans doute une mention spéciale…

Et, apparemment, une promotion puisque Bruno Le Rigolo se retrouve flanqué d’une troupe de quatre clowns délégués, Gabriel Attal (aux Comptes publics), Roland Lescure (à l’Industrie), Jean-Noël Barrot (à la Transition numérique, ce qui en 2000 eut été avant-gardiste mais en 2020, nous a quelque chose de vintage) et bien évidemment Olivia Grégoire qui, après sa déplorable prestation comme porte-parlote, retrouve ses pénates à Bercy aux PME, au Commerce, à l’Artisanat et au Tourisme.

Pour le petit Gérald, le fiasco international lamentable du Stade de France, qui aurait valu une satellisation à coup de pied au cul dans n’importe quelle République responsable et propre sur elle, s’est bien évidemment traduit par – là encore – une promotion puisqu’il peut rempiler comme ministre de l’Intérieur et gagne, en surcroît, les Collectivités territoriales et l’Outre-mer.

Cela ne s’arrête pas là : alors qu’on pensait – naïvement, il faut dire – être débarrassé des encombrants après le passage des éboueurs parlementaires, revoilà Schiappa qui intègre des fonctions de secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale et solidaire et de la Vie associative. On se délecte déjà des petites phrases finement ouvragées et des pensées fulgurantes qu’elle ne manquera pas de nous diffuser dans les prochains jours à un poste heureusement parfaitement accessoire.

Enfin, le ministère de la Santé échoit à un certain François Braun, enragé de la picouse, urgentiste et confraternellement détesté d’à peu près toute la profession, qui trouve ici sa récompense à son allégeance gluante au macronisne pendant ces deux dernières années. Gageons que les prochains mois illustreront sans mal les meilleures performances de cet individu prêt à tout pour ce genre de postes, qui pourrait nous faire regretter un Olivier Véran dont la viscosité a été jugée plus utile comme porte-parlote du gouvernement. Reconnaissons du reste une certaine cohérence à Borne et Macron en plaçant ce menteur psychopathe invétéré à cette place où, on s’en doute, il saura faire des miracles.

Tout va bien : les plus nuls et les plus toxiques sont récompensés, les pitres et les incompétents sont redistribués à d’autres postes et tout le monde semble reparti pour un tour de manège gratuit et ce alors même qu’aucun n’a gagné la queue du Mickey. Les passations de pouvoir s’enchaînent et se ressemblent dans une vulgarité parfaitement en accord avec ce que fut le premier quinquennat de Macron, le parfum de déroute et d’improvisation gênée (et gênante) en plus.

Cependant, ce remaniement impose quelques réflexions.

D’une part, s’il semble assez probable que Macron, son ego meurtri par le désaveu législatif, a clairement choisi de continuer sur sa lancée d’emmerder les Français en reprenant ces individus peu recommandables, il apparaît aussi assez évident qu’un petit côté « faute de mieux » entoure les sélections faites. Eh oui, il faut se rendre à l’évidence : aucun politicien d’une intelligence normale, d’un calibre un tant soit peu important et un instinct de préservation sain ne rêverait de se lancer dans une pareille aventure ministérielle pour un gouvernement qui peut facilement sauter, dans un contexte économique et social quasiment prérévolutionnaire et à la veille d’une rentrée qu’on peut imaginer rocailleuse.

Il faut en effet être particulièrement nul ou déconnecté de la réalité, avoir un ego et un arrivisme surdimensionnés et être très arrogant pour accepter de tels postes dans une situation à ce point piégée.

Car d’autre part, il ne fait pas le moindre doute que ces épées, ces cadors de la politique ainsi promus vont se trouver à la meilleure place pour affronter ce qui ne manquera pas d’être une période critique de l’histoire de France ; quelque part, on peut même se réjouir que de telles nullités vont être ainsi en première position pour se faire rôtir par les événements, assurant probablement une excellente démonstration au reste du monde de tout ce qu’il ne faut pas faire et comment saboter le peu qui continuait à fonctionner encore dans le pays. Puissent-ils tous servir de leçon et ainsi apurer le monde politique actuel…

Bien sûr, on regrettera les dégâts additionnels que leur incompétence va inévitablement causer mais c’est maintenant certain : avec un tel gouvernement, ce pays est foutu.
—-
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  • Coller Véran porte parole du gouvernement, ça fallait le faire.. Ce type est haï par 99 % des français – on peut les comprendre – et n’a plus aucune crédibilité sur aucun sujet. On peut être à peu près sûr que lorsqu’il annoncera quelque chose ce sera l’exact contraire qui se produira avec en prime quelques petites insultes pour les parlementaires qui ne comprendraient pas l’extrême subtilité des annonces gouvernementales. Il faut vraiment que Macron vive sur une autre planète, et c’est sans doute pas Jupiter..

    14
    • Cela me dépasse totalement. Qu’il ait été élu député aussi.
      Alors, comme Le Doc, mieux vaut que je me consacre à l’étude de l’autre grand mystère de l’univers : les femmes.

      • Tout à fait, pour ma part j’économise du temps en arrêtant d’écouter tout ce qui a trait à de la politique française. Et j’en reviens aux fondamentaux : les mathématiques, la musique et les femmes 😉

      • @Abon Néabsent
        Bonjour,
        « Qu’il ait été élu député aussi. »
        Résultat 2nd tour, Législatives 2022, Olivier Veran :
        29,76% des inscrits de la 1ère circonscription de l’Isère. C’est clair que ça claque moins que les 55,53% des suffrages exprimés. Même dans sa circonscription, les citoyens ne veulent pas de lui.

  • J’aime bien le ministère de la transition numérique : sans doute pour convaincre les derniers accros aux minitel. Mais bon, cela fait un poste pour un copain ou un oblige, avec directeur de cabinet, personnel et tout et tout

    • Ça dépend, avec la suppression de l’argent liquide qui est dans les tuyaux + la carte d’identité numérique et autres joyeusetés du genre ça peut être une vrai saloperie ce truc.

    • Voilà, les copains, très coquins d’après quelques victimes féminines… Le numérique, ça date de dizaines d’années, c’est aussi nouveau que le stylo à bille, Bic, bien sûr.

  • Le Maire est récompensé pour son sens de l’humour et son éternel optimisme qui nous rappelle Michel Galabru dans le viager « faites moi confiance »
    Darmanin est reconduit pour son imagination et sons sens du récit genre « c’est la faute aux Anglais et leurs 40000 faux supporters »
    Dupont Moretti a réussi sa mise en examen, il mérite donc de rester là où il a fait merveille.
    Borne est promue parce que c’est une femme, c’est indéniable.
    Il manquait une caution intellectuelle, Marlène c’est évident !

  • Bonjour,
    Il me semble qu’on a oublié un point.
    Les gens de valeur ne veulent pas être associé à Macron.

  • Le nouveau gouvernement Borne et le groupe des Six : avec Braun, Boone, Beaune, Barrot, Becht… Un traditionnel gouvernement de « bicornes » pour, en même temps, faire office de poil à gratter dans le dos de l’opposition et, d’autre part, libérer des contingences gouvernementales le patron Macron, parti, toupet au vent, brandir en Ukraine son épée en bois. Lemaire nous a fait comprendre en de multiples occasions que l’intelligence, même la plus grande, n’est qu’une infime partie du cerveau humain tandis que Darmanin fait des petites bouches enfantines pour faire diversion loin de la gravité des événements. L’apparatchik Borne qui n’est là que pour occuper une place vacante, confirme qu’après les promotions canapé d’il y a une quarantaine d’années, nous avons désormais les promotions curling. « Embrassons-nous Folleville ! »

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