La publication de l’indice des prix à la consommation (IPC) de mai 2022 a été pire que ce que prévoyaient pratiquement toutes les prévisions. L’IPC d’une année sur l’autre s’est établi à 8,6 %, ce qui est non seulement plus élevé que prévu, mais constitue un nouveau record depuis quatre décennies. L’IPC d’un mois sur l’autre (avril à mai) a également été plus élevé que prévu : 1 % contre 0,7 % prévu. La publication de lundi montre clairement que la Fed est à la traîne en termes d’utilisation de mesures politiques pour freiner la hausse des prix. La réponse de l’administration Biden, quant à elle, a été d’accuser Vladimir Poutine (une affirmation facilement réfutable) et de mettre la hausse des prix au service de mesures politiques interventionnistes.
Il convient de noter que pendant que la Fed tergiversait – qualifiant de transitoire la hausse des prix qui a débuté au printemps 2021 – une litanie de missions supplémentaires a été ajoutée à son mandat déjà très lourd. Au cours des dernières années, la Fed a été chargée d’élaborer une politique monétaire qui soutienne explicitement la justice sociale, le changement climatique, l’ESG et d’autres objectifs politiques.
Cela n’est pas particulièrement surprenant, étant donné la tendance à la dérive des missions depuis la fondation de la Fed. À l’origine, elle avait pour mission d’empêcher les paniques financières et bancaires. Lorsque des millions de vétérans sont revenus des champs de bataille étrangers après la Seconde Guerre mondiale, le Congrès a ajouté l’exigence selon laquelle la Fed devait conduire la politique monétaire de manière à maximiser les conditions d’emploi. En 1978, la « stabilité raisonnable des prix » et le « maintien de la croissance à long terme » ont été ajoutés au mandat de la Fed, et après la crise financière de 2008, la stabilité financière a rejoint la liste de ses responsabilités.
Si, en plus de cela, on considère les tentatives des administrations récentes de nommer des candidats idéologiques à la Fed, les faux pas et les échecs deviennent plus faciles à expliquer. Les avantages considérables de la politique monétaire par rapport aux mesures de politique fiscale, en particulier le fait de ne pas avoir à passer par le maquignonnage du Congrès, font que les incitations à influencer la Fed sont évidentes.
Lundi après-midi encore, lors de son discours à Los Angeles, le président Biden a qualifié l’inflation, ou du moins sa partie énergétique, de « taxe de Poutine ». Il s’agit d’une caractérisation manifestement fausse de l’inflation actuelle. En fait, selon un certain nombre de mesures, les prix ont commencé à augmenter au-dessus de la tendance en mars 2021, presque une année entière avant le début du conflit ukrainien. Une deuxième tendance à la hausse des prix, plus marquée, a débuté en septembre 2021, six mois avant que la guerre n’éclate en Europe centrale.
Prix de l’essence WTI et prix moyen national par gallon, 2021 – lundi

L’augmentation du prix du WTI était principalement due à la demande : 47,47 dollars par baril en janvier 2021, et le prix a doublé pour atteindre 95 dollars par baril en février 2022. Depuis le début de la guerre, le prix est passé à environ 118 dollars le baril. Le prix moyen de l’essence aux États-Unis était de 2,57 dollars le gallon en janvier 2021 et a atteint 3,75 dollars le gallon début février 2022. L’inflation était déjà bien amorcée à la fin de l’année 2021, mais ce n’est qu’en novembre que la Fed a commencé à revenir sur ses assurances selon lesquelles la hausse du niveau des prix était transitoire. Pire encore, ce n’est qu’en mars 2022 qu’elle a commencé à mettre en œuvre des mesures pour arrêter la hausse des prix.
IPC américain (en glissement annuel), 2021 – lundi
Les chiffres de l’IPC de mai 2022 publiés lundi montrent que non seulement l’inflation augmente sans être freinée par la Fed, mais qu’elle s’aggrave. Davantage de prix augmentent plus rapidement, et peut-être même plus rapidement. La probabilité que la Fed doive agir de manière suffisamment agressive pour provoquer une récession est nettement plus élevée aujourd’hui qu’il y a quelques mois.
Permettre aux responsables politiques de rejeter la faute sur Poutine, les grandes entreprises, les sociétés de transport maritime, les milliardaires, l’insuffisance de la fiscalité, la « cupidité » ou tout autre bouc émissaire éculé induit le public en erreur. Cela détourne également l’attention des effets pernicieux d’une banque centrale politisée et de plus en plus influençable.
Traduction Contrepoints.
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“Non, Poutine n’a pas provoqué l’inflation” C’est aussi ce qu’a compris ma voisine qui a du demander des delais pour sa facture de Gaz reçue avant la deuxiéme guerre d’Ukraine de 2022. (La premiére a commencé en 2014, Pour mémoire)
Les élections américaines des midterms arrivent en novembre 2022. Elles sont décisives pour Biden s il veut essayer de conserver une toute petite majorité au sénat, sinon c est l immobilisme pendant 2 ans. Sa lutte contre l inflation, c est sa dernière cartouche…….apres des monceaux de relances. C est le pompier pyromane qui cherche un bouc emissaire à usage interne…..
Biden ( je le prononce bi-dents) ne serait ‘il pas un clone d’un de nos dirigeants européens?
Les ‘inflationnistes ont enfin réussi, l’Euro protecteur à 2% d’inflation c’est fini, Berlusconi avait donc raison, il fallait quitter la zone euros, c’est comme le ministre de l’intérieur actuel, on vole toute les 3 minutes une voiture dans sa ville, il ne sait rien faire, il n’en n’est pas responsable de cette inflation criminelle du certainement a un manque!!!!!!!!!!!
L inflation sévit au sein de l UE mais aussi à l extérieur RU, Suisse, Norvège, Turquie…..ainsi qu au USA, Canada, en Afrique en Amérique latine, en Asie….
Berlusconi n a jamais souhaité sortir de l euro, il a simplement été débarqué pour mauvaise gestion ( les taux s étaient envolés)
Encore et toujours des fakenews de populistes trumpistes…….😅😅😅
Je pensais que tout animal doué de raison avait compris dès le redémarrage de la planche à billets que l’inflation se déclencherait lorsque toute cette fausse monnaie séquestrée dans la sphère financière commencerait à se mélanger à la vraie. C’est ce qui s’est passé et va continuer.