L’inflation, le retour (avec une vengeance)

L’inflation est une conséquence des restrictions contre le Covid et du quoi qu’il en coute gouvernemental.

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Christine Lagarde nov 2019 by Martin Lamberts European Central Bank(CC BY-NC-ND 2.0)

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L’inflation, le retour (avec une vengeance)

Publié le 19 janvier 2022
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Le monstre de l’inflation est sorti de son placard dans les pays occidentaux. Et pas sûr qu’il y retourne gentiment.

La dérive des prix a atteint 7 % l’an dernier aux États-Unis, du jamais vu depuis… 39 ans. En zone euro, elle est passé en douze mois de presque zéro à 5 %, un niveau atteint pour la dernière fois il y a trente ans sur le continent. La France est en retrait, à 2,8 %, mais sans doute plus pour longtemps.

Cette flambée est essentiellement la conséquence des restrictions imposées suites au covid. Les confinements, fermeture des frontières et autres quarantaines ont perturbé les chaînes d’approvisionnement longues et complexes des industries mondialisées, avec des conséquences en cascade. En raison de la reprise de la demande l’an dernier, avec un goût de rattrapage des consommateurs après la levée de nombreuses restrictions, les entreprises sont prêtes à toutes les surenchères pour acquérir de quoi honorer leurs commandes.

Elles souffrent aussi d’une pénurie de main-d’œuvre car le confinement a poussé beaucoup d’employés à abandonner leur travail, en quête d’un autre sens à leur vie.

Puisqu’il faut garder des collaborateurs et acquérir matériaux, bois de construction, semi-conducteurs, produits énergétiques, slot de fret, etc à tout prix, eh bien, précisément, cela s’opère à tout prix : plus élevé. Ce qui (en sus du jeu géopolitique du Kremlin) explique par exemple la multiplication par cinq des prix du gaz en un an.

L’inflation : le coût du quoi qu’il en coûte

S’y est ajouté un deuxième phénomène. Les pouvoirs publics européens et américains ont injecté des milliers de milliards d’euros ou de dollars dans l’économie, via leurs plans de relance. Politique résumée par le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron, en mars 2020, quand les trois quarts des salariés français étaient au chômage technique.

Comme un shot d’adrénaline pour un patient en arrêt cardiaque. Cela marche quand le cœur peut réagir, c’est-à-dire si les industries peuvent produire biens et services à due proportion. En cas de goulots d’étranglement, ou de pénuries comme celles en cours, cet afflux de liquidités pour un volume de biens et services peu augmenté attise automatiquement l’inflation.

En outre, tout ceci survient dans un contexte de surabondance de liquidités depuis la crise financière de 2008. À l’époque, animées d’une créativité certaine, la Fed et la BCE avaient aussi injecté des doses massives d’argent via interventions non orthodoxes et autres quantitative easing.

Avec surtout pour résultat de créer des bulles boursières et immobilières. Depuis lors est menée une politique de taux d’intérêt très bas, voire nuls, (alors, les épargnants, heureux ?!) qui a gonflé les masses monétaires. Par exemple, le bilan de la Fed, censé refléter peu ou prou la richesse des États-Unis, a été multiplié par douze depuis 2008 et par deux depuis octobre 2020 !

Après le festin, l’addition, donc. Celle-ci sera salée pour les ménages à revenus fixes, salariés, retraités et indépendants aux tarifs contraints, car pour eux l’inflation constitue en fait une sorte d’impôt.

Vous gagnez 100 qui, par l’effet d’une inflation de 5 % ne vous permet plus d’acheter que l’équivalent de 95 aux prix de l’an dernier, c’est comme si « on » avait amputé votre revenu de 5 % ; sauf si parallèlement vous avez un gros crédit que vous remboursez en monnaie de singe.

Un montant que l’on peut comparer à celui de l’impôt sur le revenu de ceux des ménages qui en payent, en moyenne un mois de salaire. C’est-à-dire que l’inflation suscitée par les restrictions covid peut s’apparenter à une hausse de moitié de votre impôt sur le revenu…  Hausse peut-être temporaire quand les goulots d’étranglement auront été résorbés… ou pas.

 

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  • la politique des banques centrales est pas nouvelle: elle date de 2008. Ca a genere de l inflation depuis cette date. au debut l inflation n etait pas dans les chiffres car elle ne touchait pas les produits courant mais juste l immobilier ou les actions. Mais a un moement elle a fatalement impacte le reste de l economie (ce qui etait inevitable. autant on peut esperer un impact limite d une inflation du cours des actions, autant uneflambee de l immobilier va forcement a terme se traduire par de l inflation car pour pouvoir se loger les gens vont reclamer plus d argent (au debut ca a ete masque par l allongement des credits mais on a atteint une limite ici))
    De toute facon vu les montagnes de dettes accumulees, l inflation est probablement la facon la plus soft de resoudre le probleme. Les autres solutions sont le defaut (comme en grece ou argentine) ou une hausse massive des taxes

  • je confonds un peu par ignorance et dessein, le pouvoir d’achat et l’inflation..mais surtout j’insite dans la perversité du mécanisme afin de faire de ce qui est une grandeur qui a sens au sens individuel en un machin collectif vide de sens précis..
    l’inflation comme la conséquences de nos choix de vie et des aléas « naturels » soit..elle aune composante individuelle.. le pouvoir d’achat d’une personne qui fait des mauvais choix baisse.. ZUT j’ai acheté une chaudière à fioul quand le prix du fioul augmente…
    l’inflation par le jeu de la monnaie pose de gros problème mais de toutes façon on, se retrouve face à la mission donnée à toute institution à qui on donne le droit d’imprimer du papier monnaie.. je trouve que celle de maintenir le pourvoir d’achat ( de qui, de QUOI?) est hautement questionnable..et celle de stimuler l’economie, en fait l’activité de qui de quoi..) est aussi questionnable..
    redistribution cachée…

    si il ya une question c’est de savoir pas quel miracle on garder confiance en une monnaie papier qui est obligatoire..puisque elle n’ a pas les qualités de toutes les monnaies utilisées dans l’histoire.

    les pauvres gueux loin des imprimeurs doivent se comporter come si il n’y avait point d’impression.. plus on s’approche du flux de nouvelle monnaie.. plus ce flux même peut constituer une source de revenu par ignorance de ceux qui en sont plus loin..

    si je comprends bien..il faut avoir confiance dans la clairvoyance des politiques et des dirigeants de la bce pour agir dans le sens de l’interet collectif…
    mouais…
    il ne faut pas que ça se voit trop..

    or quand ‘impression est massive je suis désolé mais quiconque a de ce papier monnaie se voit fortement spolié.

    pourrait on au lieu de définir des missions farces à la bce donner des règles d’impression?

    comme par exemple un principe de respect de l’épargne;.

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