Des sociétés parallèles

Nous vivons actuellement la partition de la société en deux entités incapables de vivre ensemble sinon en harmonie au moins en coordination.
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Screenshot 2021-08-10 at 14-15-01 Pour obtenir un pass sanitaire, certains sont prêts à attraper le Covid - YouTube

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Des sociétés parallèles

Publié le 6 décembre 2021
- A +

par h16

Dur constat que celui que nous pouvons faire sur la société occidentale actuelle : nous assistons actuellement à sa partition consternante en deux sociétés parallèles mais de moins en moins capables de vivre ensemble, sinon en harmonie au moins en coordination.

D’un côté les gouvernants, les gagnants de la mondialisation (ou en tout cas ceux qui croient y gagner) et de l’autre, les peuples, les foules des anonymes. D’un côté, les élites auto-proclamées, les médias et les administrations nationales et internationales qui, ensemble, constituent une véritable force d’occupation du peuple.

On y trouve les dirigeants (politiques nationaux, internationaux, de multinationales) dont une partie se réjouit de la situation qui leur permet de gagner en importance, en temps d’exposition, et surtout en pouvoirs puisque chaque montée de tension qu’ils organisent sciemment leur permet de grignoter les libertés de la seconde société.

En général, ces politiciens sont nourris de l’importance qu’on leur accorde, mais n’ont pas autre chose que les informations que leur fournissent, toujours avec plusieurs temps de retard, leurs adjoints et conseillers, choisis de façon majoritairement écrasante pour leur capacité à jouer les bénis-oui-oui, à être toujours d’accord avec leurs politiques.

Or, ce sont des informations tardives et biaisées, obtenues auprès des sources qui sont toutes lourdement teintées de calculs politiques, et nourries d’une propagande maintenant omniprésente et visible. Dans ce flot d’informations où toute voix dissidente est immédiatement censurée, où toute question – pouvant générer des réponses aux implications lourdes de remise en question – est immédiatement classée taboue, il devient impossible d’avoir une vision équilibrée, raisonnable, puisque précisément, tous les arguments en opposition avec les discours officiels ont été éliminés non par le raisonnement mais par la censure ou, pire encore car invisible, l’auto-censure.

La course à l’échalotte lamentable dont nous sommes tous témoins est une magnifique illustration de cette endogamie terminale des idées de la classe dirigeante.

De l’autre côté, le peuple, pour le moment, subit.

Accablé des tourments que les premiers lui infligent sans comprendre qu’ils jouent là un jeu fort dangereux, il choisit pour le moment l’apathie, par défaut : ne se croyant pas nombreux, n’étant guère organisés et la démarche d’opposition nécessitant une énergie et des moyens humains ou financiers rapidement importants, ses membres se croient seuls, éparpillés, minoritaires.

Progressivement cependant, des réseaux s’organisent, les témoignages se font de plus en plus nombreux, la visibilité d’une opposition grandit, poussant à l’entraide des uns et des autres contre ce que chacun perçoit, de façon plus ou moins diffuse pour le moment, comme une dérive de plus en plus grave.

Ce n’est, bien évidemment, qu’un embryon, qu’un début de cristallisation d’opposition mais elle reste indispensable pour rappeler aux uns et aux autres que la technique employée, « diviser pour mieux régner », vieille comme le monde, ne marche que si, justement, les individus, manipulés par la peur créée de toutes pièces à cette fin, se croient seuls et n’osent alors pas s’exprimer, s’opposer. Cette technique, composée de petits pas toujours plus loin vers l’abomination, a déjà été employée, avec « succès ». Voulons-nous vraiment reprendre le même chemin ?

Cependant, une réponse existe, et puisque ces deux sociétés ne veulent plus travailler de concert, une partition peut s’organiser ; une société parallèle peut se mettre en place dans laquelle les premiers ont une prise de plus en plus faible, puis nulle sur les seconds.

Cela peut passer par l’école à la maison pour les enfants, qui coupe ces derniers des influences de plus en plus puissantes de la propagande d’État poussée partout et en premier dans ces lieux d’apprentissage. La création d’écoles privées hors contrat témoigne, même dans les cités sensibles, d’une prise de conscience de la nécessité de sortir les enfants du cadre délétère qui leur est maintenant quasiment imposé. Du reste, il n’est qu’à voir de ce que les parents de l’autre société, celle qui veut asservir la seconde, acceptent ou non pour leurs propres enfants. Bizarrement, l’école de la République n’a pas leurs faveurs. De la même façon, l’arrêt complet des médias traditionnels au foyer devient une nécessité impérieuse tant télévision (d’État ou presque) et réseaux sociaux sont devenus éminemment toxiques.

Cela peut aussi passer par les choix faits jour après jour, depuis la façon dont on favorise une vie moins citadine (sans verser dans l’imagerie caricaturale d’un retour à la campagne aussi fantasmée qu’irréalisable en pratique) à celle dont on peut utiliser son propre portefeuille tant que c’est encore possible, en retirant par exemple ses billes (boursières ?) des entreprises qui jouent les pires jeux des gouvernements, en arrêtant d’acheter les produits et les services des entreprises dont les prises de positions publiques montrent leur connivence complète avec ce qui se met actuellement en place.

Pour ceux qui le peuvent et qui le comprennent, favoriser une société parallèle passera probablement par les voies de sorties que constituent les métaux précieux (l’or, l’argent) ou les cryptomonnaies dont l’usage tend peu à peu à se démocratiser.

Il faut comprendre en effet que les politiciens, les médias et les grosses entreprises ont besoin de consommateurs dociles, mais que l’inverse n’est pas vrai.

Pour les politiciens, c’est assez visible tant leur valeur ajoutée à la société est clairement négative ; pour les médias, les tempêtes propagandistes et la médiocrité affligeante des productions actuelles, leur connivence assumée avec le pouvoir en place rend leur disparition aussi inévitable qu’absolument sans douleur (ce sera même un bénéfice net pour tous) ; enfin, pour ces multinationales qui ont utilisé la connivence pour gagner des parts de marché ou étouffer la concurrence, elles proposent des solutions qui ne sont pas optimales et loin s’en faut : dans un marché libre, leurs produits et leurs services seront rapidement balayés. Le marché actuel, englué de règlementations, de normes imposées d’en haut, de contraintes pour mieux servir les États et leurs inféodés, va inévitablement, douloureusement rencontrer ses limites. À ceux qui le peuvent de hâter leur sort.

Bref, il faut, dès à présent, proposer et pratiquer tout ce qui vise à reconstruire une vie plus libre, qui ne peut se comprendre qu’en se détachant progressivement de la tutelle étouffante des institutions étatiques et des commensaux évoqués ci-dessus…

Alors, certes, construire cette société parallèle n’a rien de simple. Mais restons optimiste : c’est déjà en cours et cette société sera inévitable.


—-
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  • Toutes les tyrannies du XX ième siècle ont commencé par la stigmatisation d’une partie de la société. Les bolcheviks avec les Koulaks, les nazis avec les juifs, les khmers rouges avec les citadins etc.. Et le processus est toujours le même : faire porter la responsabilité d’un problème sur cette minorité pour « unir » l’autre partie autour de la détestation de cette même minorité. Je m’étonne qu’aucun média « mainstream » n’ait fait ce parallèle. Parce qu’une autre leçon est à retenir : l’histoire a une fâcheuse tendance à se répéter, et ça ne s’est jamais bien terminé dans les exemples ci-dessus..

    • Les médias « mainstream » sont toujours et par définition dans le camp du bien.

      C’est le camp du bien qui est à géométrie variable.

    • Les chaines d’info font dans le low cost et doivent faire de l’audimat pour survivre. Elles cherchent donc juste à faire le buzz et créer la polémique. Donner trop de chiffres ou la parole à des experts dans leurs domaines ça ferait fuir.
      Puis pour le Jt des grandes chaînes, il faut surtout pas de vagues. Il faut un truc qui ne donne pas matière à réfléchir pendant que les familles mangent. Il faut de belles images de la campagne.

  • Une seule solution : la sécession

    • Charles-Antoine S.
      6 décembre 2021 at 10 h 46 min

      Elsass Frei !

      C’est drôle, ce matin en promenant mon clebs, je me suis mit à penser qu’au vue de la conjoncture de plus en plus autoritaire, et de restrictions de plus en plus intolérable sur les libertés élémentaires, que faire sécession serait plus simple encore que d’essayer de réformer la république-jacobine-démocratique-et-sociale-qui-vous-veux-du-bien !
      Tous les inconvénients que pourrait amener une sécession serait balayer par le retour d’une société vraiment libre !

    • Oui, mais en pratique ?

    • Dans un environnement de surveillance électronique généralisée, la nécessaire sécession n’est pas tâche facile.

  • Heureusement, grace au foot, notre élite dirigeante n’est pas prête de perdre ses privilèges. Et grace au RSA, la révolution n’est pas pour demain (le peuple aurait trop à perdre).
    Recette qui date de l’époque romaine : du pain (mais pas trop) et des jeux (plus ils sont abrutissants et mieux c’est).
    Cette analyse est juste car il n’y a plus de possibilité d’ascenseur sociale.

  • Bravo, enfin un discours (en peu plus) optimiste, mais je reste encore -à mon âge presque canonique- sur CFEF

  • Merci H16.
    Reste à voir comment la société des parasites va tenter d’utiliser toute la force de sa position dominante, et son privilège de la violence « légale » pour écraser les velléités d’autonomie de la contre-société.
    Dans tous les cas, chaque transaction hors cadre bancaire/normal, chaque amitié développée « en vrai », chaque gain d’autonomie, sont autant de petites victoires qu’il convient de fêter.
    Bonne sécession à tous!

  • Le seul moyen de vaincre d’après moi est par attrition.
    -Si personne n’utilise le pass sanitaire, alors il disparaitra.
    -Si personne ne travaille, alors les taxes disparaitront.
    -Si personne n’obéit à une loi, alors elle ne sera pas appliquée.
    -Si personne ne vote, alors il ne seront pas élus, euh… non en fait là ils seront élus quand même car le vote blanc ne compte pas.
    Ne vous soumettez pas et vous serez libres. Le gvt ne peut pas traiter des cas comme ça, il traite les demandes, les réclamations, les droits à, etc..
    Un info en allemand qui m’a fait rire. L’autriche a interdit aux non vaccinés de se constituer prisonnier: ils n’ont pas le droit de choisir la prison.

    • Vous oubliez un paramètre, et de taille : c’est le gouvernement qui a le monopole de la violence légalisée. Et il n’hésitera pas à en abuser contre toute velléité de ce genre.

      • Vous oubliez un autre paramètre, la violence du gouvernement ce n’est pas lui qui l’exerce, il a besoin de ses « hommes de main »… Qui peuvent aussi traîner la patte !
        Si la police et l’armée disent « non », le « roi » est nu.

  • Plus que des sociétés parallèles, je dirais que l’on vit dans une société du « fake » en pleine dichotomie, et que le clivage de la société n’est qu’une optimisation politique et mercantile afin de maximiser le gain en assurant 51% de part de marché du « fake » pour un coût minimum.

    Pour comprendre mon propos, comprenez « fake » au sens « fabriqué » et non « faux ». Chacun se souvient de la caricature de « video-gag » des inconnus. C’est une caricature mais les video sur YT n’ont souvent rien à leur envier.

    Les pubs sont ridiculement racoleuse. L’industrie musicale crée des « produits » plutôt que diffuser des talents. Les télénovelas sont un marché, le monde virtuel un graal. Le lecteur de la presse est un consommateur. De même pour le sympathisant politique.

    Chacun de nous est quelque-part client du « fake » en pleine conscience. Normal que Macron s’affiche avec des youtubeurs : c’est le marché actuel. Faire le meilleur « fake », que chacun sait être un « fake » mais qui fait rêver.

    Pourtant, et c’est pour cela que je parle de dichotomie, chacun est aussi à la recherche d’authenticité : des relations humaines pour les « progressistes », du naturel pour les écolos, de la vérité pour les intellos, de la liberté pour les libéraux.

    Chacun fait ce qu’il veut, le rêve n’a aucunement besoin d’être authentique. Mais la politique n’est qu’une vaste escroquerie.

  • Plutôt que eux contre nous – la lutte des classes chère aux marxistes – apparait une myriade de factions gavées de plus ou moins fake news, propagées tant par les médias mainstream que par les médias alternatifs, presque tous rivalisant de positions tranchées, largement irrationnelles ou a-scientifiques : cela ne crée en tous cas pas deux clans durables, seulement des groupes hétérogènes de têtes sans beaucoup de cervelle partageant pour quelque temps des buts ou des rejets communs.

    Il suffit de se rappeler, en Belgique, le succès gigantesque et populaire de la marche blanche qui n’a jamais pu se traduire en mouvement politique.

  • Impfung Macht Frei ?

  • Vous avez raison. Je hais la restriction des libertés civiles, que nous imposent « pour notre bien » nos dirigeants pseudo représentatifs des « peuples ». la contre culture et le contre-discours émergent. le contre monde aussi. je précise que je n’appartiens pas à la sphère néolibérale, mais que je vous soutiens justement, parce que vous représentez la liberté d’expression. d’une façon ou d’une autre à un moment donné ce monde en toc ne sera reconnu par personne d’autre que ceux de sa caste.

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