Un « nudge » de plus en plus brutal

2020, CC0

Nous sommes toujours en démocratie. Non, il ne s’agit pas de gouvernements autoritaires mais juste d’un nudge de plus en plus ferme.

par h16

Grâce à une solide campagne de vaccination menée avec dextérité, la France a su éviter une nouvelle vague épidém… Ah non : même si les courbes, les rapports officiels (notamment du réseau Sentinelles) indiquent plutôt un début de saison calme, le porte-parlote du gouvernemaman n’a pas hésité à parler de cinquième vague fulgurante avec cette même emphase que lorsqu’il évoquait la quatrième et dont les cuistres font preuve lorsqu’ils ont peur qu’on finisse par les prendre pour ce qu’ils sont.

Eh oui : il y a dans l’air comme une petite musique lancinante, celle d’une redite, d’un refrain agaçant, comme une envie, de la part de Macron et de ses laquais, de reconfiner un peu tout le monde alors que les tensions sociales s’accumulent et que les choses refusent de se passer exactement comme il le désire.

D’une part, l’obligation vaccinale des soignants n’a pas exactement provoqué l’effet escompté : les refuzpiks ont démissionné, se sont laissés faire mettre à pied, ce qui n’a pas amélioré l’ambiance au sein des équipes hospitalières, à présent de moins en moins confiantes dans leur capacité à gérer la moindre vaguelette.

D’autre part et comme prévu, ceux qui avaient déjà fait preuve d’un refus particulièrement clair et déterminé de tout pass sanitaire et de toute obligation vaccinale dans les départements et territoires d’outre-mer n’ont pas changé de position. L’obstination du chef de l’État aboutit à une impasse : devant le refus catégorique de la population locale, le président choisit très finement d’envoyer des bataillons de forces armées depuis la métropole.

Apparemment, le nudge, cette technique d’orientation comportementale mise en place avec gourmandise par Macron, ses équipes et ses conseillers de McKinsey, passe par une phase nettement plus ferme consistant à obtenir un consentement libre et éclairé à la vaccination avec des blindés légers et quelques solides coups de tonfas.

Du reste, la France ne fait que suivre tranquillement le mouvement maintenant clairement visible un peu partout en Europe et ailleurs dans le monde : les quelques non- vaccinés qui restent malgré tout – après des incitations de plus en plus hystériques – constituent apparemment une menace évidente contre la paix civile et s’il n’est pas encore ouvertement question de s’en débarrasser (même si Estrosi le voudrait bien), quelques pays ont déjà franchi le pas au-delà de la simple ségrégation visant à écarter ces potentiels porteurs de typhus pardon de covid pour envisager non seulement le reconfinement de toute la population mais aussi l’obligation vaccinale ferme et définitive.

Il est assez difficile de comprendre comment l’Autriche (entre tous les pays) peut ainsi choisir de renouer avec un passé assez peu glorieux, foulant ainsi au pied non seulement des principes généraux européens (d’égalité et de respect des droits de l’Homme) – dont tout le monde se fiche éperdument à présent – mais aussi des conventions, protocoles et codes mis en place précisément après ce passé peu glorieux pour éviter qu’il ne se répète, le tout pour se protéger d’un virus dont 99,9% de la population peut fort bien guérir et dont il a été à présent démontré qu’il ne menaçait plus du tout les infrastructures hospitalières.

Au passage, on ne sera pas étonné de constater que cette obligation totale n’est actuellement en vigueur que dans des dictatures (comme le Tadjikistan et le Turkménistan), ce qui placera l’Autriche en bonne compagnie à partir du premier février prochain.

On pourrait croire à un petit dérapage autrichien, mais la façon dont s’exprime Thomas Szekeres, le président de l’Ordre des médecins autrichiens lors de l’émission « L’heure de presse » laisse assez peu de place à une interprétation charitable :

« Je veux dire, la question se pose déjà de savoir si vous attachez quelqu’un et si vous lui injectez ensuite la piqûre. »

Voilà un développement intéressant qui promet quelques moments rebondissants en termes éthiques sur la base de questions simples : ceux qui refusent, même attachés, devront-ils être considérés comme consentants ?

Et pour ceux qui refusent d’être attachés, qui se regrouperont dans la rue pour s’y opposer, que pourra-t-on s’autoriser à leur faire pour qu’ils reviennent dans le droit chemin ? Leur tirer dessus à balles réelles, par exemple, comme aux Pays-Bas ?

Orban aurait fait cela, toute l’Europe se serait indignée. Mais là, non : on en vient à attacher, cogner ou tirer à balles réelles sur des individus, pour leur santé. Décidément, le nudge n’est plus ce qu’il était !

L’Europe sombre de plus en vite et fort loin de ses principes fondateurs grâce auxquels la police serait fermement condamnée si elle tirait sur des manifestants. Nous serions scandalisés par des propos violents proposant d’attacher des citoyens n’ayant rien fait d’illégal, nous serions même en droit de demander des comptes à ceux qui imposent de plus en plus de vexations à l’encontre d’une partie de la population.

C’est du nudge paradoxal un peu brutal, on en conviendra, et qui s’apparente à une véritable panique totalitaire ne répondant plus à aucun impératif sanitaire. Il s’agit de sommations d’obéissance et de conformité plus proches des aboiements que des incitations pour à mener un style de vie sain et vitaminé à coups de poing dans la mâchoire.

Alors, dans ce tableau, lorsque le président Macron ose prétendre que le confinement des non vaccinés n’est pas à l’ordre du jour, compte-tenu de l’historique du bonhomme et de la tendance générale, il devient franchement difficile de le croire.

Nous nous dirigeons gentiment vers l’obligation d’une troisième et bientôt quatrième injection pour tous les adultes afin de conserver un pass qui n’a plus rien de sanitaire, puis vers une obligation vaccinale totale, y compris pour les enfants (dont le profil bénéfice/risque est carrément défavorable au vaccin), pour soi-disant  nous protéger (mal) d’un virus peu létal…

Heureusement, rappelez-vous : l’Occident est toujours composé de pays libres et démocratiques, dans lesquels on peut toujours protester à condition d’aimer le plomb. Nous sommes toujours libres de fréquenter les commerces et les lieux de notre choix, à condition d’obéir au gouvernement et de montrer le bon QR-Code.  Nous pouvons même quitter le pays si vraiment on ne s’y sent pas bien (à moins d’être au Canada ou en Australie). Ouf, ce n’est vraiment pas la dictature.

C’est juste du nudge un peu brutal.


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