Kyle Rittenhouse innocenté : la légitime défense reste un droit

pixabay, 2020, CC0

Le verdict d’acquittement de Kyle Rittenhouse n’a rien de surprenant, et il est même rassurant dans cette époque troublée.

par h16

Intéressant développement aux États-Unis où, après un procès dont le verdict a mis du temps à tomber, Kyle Rittenhouse a finalement été acquitté de tous ses chefs d’accusations : alors qu’il y a un an la presse n’avait cessé de présenter le jeune homme comme un fou de la gâchette ayant fait un massacre lors d’une manifestation à Kenosha, après plusieurs semaines de procès, les jurés ont pourtant conclu qu’il était totalement innocent.

Ce verdict ne surprendra que ceux qui se sont contentés de lire les explications fournies par les journalistes grand public : l’écrasante majorité des médias américains, canadiens et européens ont en effet largement présenté Kyle Rittenhouse, alors âgé de 17 ans, comme un suprémaciste blanc venu spécialement à Kenosha, petite ville du Wisconsin, pour y dégommer du militant d’extrême gauche.

En réalité, Kenosha était devenu l’épicentre d’émeutes violentes à la suite des tirs d’un policier blanc, Rusten Sheskey, sur Jacob Blake, un Afro-américain de 29 ans, lors de son arrestation pour violence domestique, ce qui s’inscrivait fort mal dans un contexte américain tendu par les manifestations violentes en soutien à George Floyd. Dans la nuit du 25 août 2020, 200 émeutiers se réunissent dans le centre-ville, où des échauffourées éclatent avec la police, rapidement débordée. Parallèlement, un nombre significatif de civils armés sont également dans les rues, tentant de protéger les propriétés privées des exactions en cours.

C’est dans ce contexte que Rittenhouse se retrouve poursuivi par des émeutiers qui jettent différents objets sur lui à plusieurs reprises. Au sol, l’adolescent est alors menacé et fait feu plusieurs fois, tue deux de ses agresseurs et en blesse un troisième qui venait de dégainer un pistolet. L’ensemble de la scène sera d’ailleurs filmé par plusieurs sources vidéos qui accréditeront assez facilement les explications des témoins et du tireur, consolidant la thèse de la légitime défense.

Le cas était cependant trop beau pour être ainsi présenté par une presse devenue purement propagandiste : non seulement l’adolescent a été dépeint comme un suprémaciste blanc – ce qu’en réalité, rien ne permettait d’affirmer à moins d’ellipses si larges qu’elles vaudront probablement des procès en diffamation à ceux qui les ont tenues – mais en plus les titres et les articles, systématiquement à charge, ont tout fait pour le présenter comme un tueur en série venu se défouler à Kenosha en oubliant complètement les agressions pourtant évidentes des émeutiers à son égard, ainsi que leur pedigree particulièrement salé : on découvrira en effet assez rapidement – mais surtout pas dans les journaux bien comme il faut – que les trois victimes de Rittenhouse sont un violeur d’enfants (condamné plusieurs fois, il venait de purger 14 ans de prison), un adepte du tabassage de compagne (condamné plusieurs fois) et un cambrioleur (condamné plusieurs fois).

Harpant sur une justice de Blancs privilégiés qui donnerait un peu trop facilement l’absolution au jeune Rittenhouse, la même presse oubliera aussi commodément de faire la comparaison avec le cas d’Andrew Coffee, Afro-américain jugé lui aussi non coupable d’avoir tué un officier de police lors d’une descente violente de police chez lui.

Il ne faut donc pas s’étonner ensuite de la surprise qui peut toucher certains lorsque le verdict tombe, innocentant intégralement Rittenhouse des charges retenues contre lui, tout comme on ne pourra s’étonner du traitement ahurissant de certains plumitifs devant une sentence qu’ils ne comprennent pas.

En pratique, le cas Kyle Rittenhouse démontre à quel point la défense légitime est un droit inaliénable qu’il faut défendre à tout prix, et qu’il n’est jamais attaqué avec autant de virulence que lorsque les agents du chaos se retrouvent finalement confrontés à son application : un État bâti sans ce droit finit inévitablement en dictature sordide, dans laquelle le citoyen, dépouillé à la fois de ses armes et du droit de s’en servir contre l’oppression, n’est plus qu’un contribuable et le simple sujet d’expérimentations sociales (voire médicales comme on le voit actuellement), et où le consentement librement éclairé (qu’il soit à l’impôt, à l’ordre imposé ou à l’un ou l’autre traitement sanitaire) se traduit par l’usage des véhicules blindés (légers pour le moment) par le pouvoir en place.

Enfin, signalons les intéressantes conséquences juridiques du verdict : la thèse de la légitime défense ayant été retenue, les agresseurs survivants de Rittenhouse peuvent fort bien être à présent poursuivis, ce qui permettra de mettre un peu en lumière leurs motivations ainsi que leurs passifs généralement gratinés.

Par ailleurs, un nombre maintenant conséquent de célébrités, de personnalités en vue et de politiciens, au premier rang desquels Joe Biden, ont clairement fait preuve de légèreté en prenant clairement parti contre le jeune homme et en le présentant comme un suprémaciste blanc, ce qu’il n’est pas et ce qui peut légitimement constituer, du point de vue de Rittenhouse, une diffamation susceptible d’un traitement judiciaire.

Il en va de même des médias comme CNN, NBC ou le Washington Post qui n’ont pas hésité à déployer de nombreux épithètes à son encontre : Rittenhouse pourrait choisir, à bon droit, de se retourner contre ceux-ci et probablement obtenir gain de cause comme ce fut le cas pour Nicolas Sandmann, évoqué dans un précédent billet qui montrait, là encore, l’incroyable biais éhonté des médias…

Pour rappel, les litiges qui suivirent contre ces médias ont permis à Nicolas Sandmann de trouver un accord financier dont le montant n’est pas connu mais qui a clairement laissé une trace dans leurs finances. Il serait bon que cette nouvelle affaire soit là encore l’occasion de leur rappeler, financièrement s’il le faut, que leur métier est celui d’informer, pas de déformer.

Le cas Rittenhouse illustre fort bien que pour défendre sa propriété puis sa vie, il n’y a pas d’autre moyen que l’usage raisonné de la violence : non seulement l’État ne peut pas tout, tout le temps, mais lui remettre ce droit comme seul privilège revient, in fine, à perdre tous les autres.


—-
Sur le web

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.