Le pass sanitaire : mesure citoyenne ou nouvelle forme d’oppression ?

OPINION : « si vous promulguez des lois qui ne peuvent être ni respectées ni appliquées ni objectivement interprétées, vous fabriquez une nation de fraudeurs… » Ayn Rand

Par Damien Theillier.

D’où vient la servitude ? Des non-vaccinés ou du pass sanitaire obligatoire ? Pour les uns elle provient des non-vaccinés qui font peser la menace du virus sur les autres. Pour les autres, au contraire, le refus du pass sanitaire est un combat pour la défense de l’État de droit et des libertés fondamentales, un choix de civilisation.

Détaillons un peu les arguments des uns et des autres.

Arguments pour

Les non-vaccinés font peser une menace sur les autres 

Les « antivax » entravent notre liberté individuelle en nous forçant à endurer avec eux les restrictions dont ils empêchent la levée. Ils empêchent les vaccinés de vivre normalement. La solution est donc de leur faire porter toute la contrainte.

La vaccination est la seule manière de mettre fin aux restrictions dans un délai raisonnable

En effet, le retour à la vie normale nécessite un traitement de choc qui permettra d’éradiquer le virus. En conclusion il faut choisir entre le pass sanitaire et le confinement généralisé, il n’y a pas d’alternative.

Les non-vaccinés ont un comportement égoïste et irresponsable 

Une société comporte toujours des obligations pour respecter les autres, comme ne pas boire au volant, mettre sa ceinture de sécurité etc. Se faire vacciner est un comportement citoyen et altruiste. Ceux qui vont se faire vacciner « acceptent un risque » pour sauver les autres et permettre à tous de vivre normalement. Au contraire le non-vacciné fait peser sur les autres le coût de son irresponsabilité et de son égoïsme. Il faut donc le rendre obligatoire.

Contre-arguments

La fausse causalité : il ne faut pas inverser la cause et l’effet

Ce ne sont pas les non-vaccinés qui prennent la décision du confinement et des suppressions de libertés. C’est le gouvernement qui ferme les universités, les commerces et c’est lui qui met fin à l’État de droit et installe une tyrannie, dont le pass sanitaire est la pierre angulaire.

D’abord les médecins ont perdu la liberté de prescrire et de soigner. Ensuite les citoyens ont perdu la liberté de choisir leur médecin, leur traitement. Finalement ils ont perdu le droit de vivre librement.

Ensuite la personne non vaccinée ne menace personne. Elle prend le risque de faire une éventuelle forme grave de cette maladie, si elle n’a pas de bonnes défenses immunitaires. Mais en aucun cas, elle ne menace les personnes vaccinées. Si le non-vacciné risque peut-être « d’encombrer les services de réanimation » avec une forme grave du virus, il n’est guère plus dangereux pour la société qu’un fumeur, un buveur d’alcool, un hypertendu, un diabétique ou un toxicomane. Faudra-t-il donc exclure de la société ces personnes-là aussi ?

La fausse alternative : la vaccination obligatoire ou le chaos

Le vaccin n’empêche pas de contracter le virus, ni de le transmettre. Son but est de développer une réponse immunitaire au virus qui évite dans 90 ou 95 % des cas une forme grave de la maladie nécessitant hospitalisation et réanimation.

Or il existe une autre façon d’empêcher la circulation qui n’est pas le vaccin mais la distanciation et l’hygiène. Ce que nous sommes censés faire chaque année lors de l’épidémie de grippe hivernale.

Et même si on vaccine de force 100 % des Français, l’épidémie continuera de circuler car il faudrait atteindre le seuil théorique de l’immunité collective mondiale, donc environ 70 à 90 % de la population mondiale vaccinée. Les variants qui apparaissent spontanément ne s’arrêtent pas à la frontière d’un pays.

De plus quand on doit présenter dix fois par jour un document de santé et sa carte d’identité pour acheter une baguette ou faire du sport, on n’a pas retrouvé la liberté, on est esclave.

Le pass sanitaire est un dispositif par lequel l’État contraindra chaque citoyen à contrôler son voisin pour déterminer ses droits. Quand chacun doit devenir le surveillant de tous les autres, on n’a pas « une vie normale », on est dans un système carcéral généralisé.

Refuser le pass sanitaire est une attitude morale hautement responsable 

En effet, c’est défendre un héritage commun menacé, celui de nos libertés. C’est un choix de civilisation, dans l’intérêt de tous.

Car le pass sanitaire est aussi un prétexte commode pour augmenter le contrôle de la vie des citoyens par la peur :

  • Contrôler leurs revenus
  • Contrôler leur consommation
  • Contrôler ce qu’ils possèdent
  • Contrôler ce qu’ils disent et écrivent
  • Contrôler ce qu’ils pensent
  • Contrôler ce qu’ils apprennent
  • Contrôler leur santé

En conclusion, la société de contrôle est une véritable menace pour notre avenir, bien plus dangereuse qu’un virus. Elle nous impose de vivre dans une prison, avec l’illusion du bien-être, de la pureté sanitaire.

Annexe : « vous fabriquez une nation de fraudeurs » Ayn Rand (1957)

« Gouverner des hommes innocents est impossible. Le seul pouvoir d’un État, c’est de mettre les contrevenants hors d’état de nuire. Et quand il n’y a pas assez de contrevenants, on en fabrique. Il suffit de déclarer tellement de choses hors la loi qu’il devient impossible de vivre sans l’enfreindre. Qui voudrait d’une nation de citoyens respectueux des lois ? Que pourrait-on en tirer ? Mais si vous promulguez des lois qui ne peuvent être ni respectées ni appliquées ni objectivement interprétées,  vous fabriquez une nation de fraudeurs… Et là, il ne reste plus qu’à récolter les fruits. Voilà la méthode, monsieur Rearden. » Ayn Rand, La grève.

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