L’ennemi le plus ancien de l’humanité pourrait être en voie d’éradication

mosquito source https://unsplash.com/photos/nZgpg4xYhjM

À cause du Covid-19, le développement d’un nouveau vaccin étonnant contre le paludisme est passé relativement inaperçu.

Par Marian Tupy.
Un article de HumanProgress

Le livre de Timothy Winegard, The Mosquito: A Human History of Our Deadliest Predator (Le moustique : une histoire de notre prédateur le plus mortel), contient de nombreux éléments intéressants.

L’historien américain soutient par exemple que les moustiques ont pu jouer un rôle dans l’extinction des dinosaures. Il note également que les maladies dont le moustique est le vecteur sont suffisamment anciennes pour avoir modifié l’ADN humain (voir la prévalence de la drépanocytose chez les personnes d’origine africaine). Selon Winegard, le moustique « règne sur la Terre depuis 190 millions d’années et a tué avec une puissance ininterrompue » quelque 52 milliards de personnes (c’est-à-dire plus que toutes les guerres de l’histoire réunies).

L’un des passages les plus intéressants du livre concerne ce que l’on appelle le « projet Darién », c’est-à-dire la tentative du royaume d’Écosse de coloniser le golfe de Darién, dans l’actuel Panama. Les Écossais vinrent équipés d’une imprimerie et munis d’un grand nombre de chaussettes de laine mais sans la moindre idée de la façon de traiter les milliards de moustiques qui ont rapidement décimé les colons.

L’impact financier de l’échec du projet sur le royaume est tel que les Écossais acceptent d’unir leurs forces à celles des Anglais, formant ainsi ce qui est aujourd’hui le Royaume-Uni de Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse et Pays de Galles) et d’Irlande du Nord.

La lutte contre le paludisme

Le paludisme, la maladie la plus courante propagée par le moustique, appartient au passé pour la plupart des pays développés, mais le parasite infecte encore quelque 200 millions de personnes par an – et en tue 400 000. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus vulnérables au paludisme et représentent la majorité des victimes. En plus de la souffrance humaine, le paludisme impose des coûts économiques énormes à certains des pays les plus pauvres du monde, comme par exemple 9 % du produit intérieur brut du Tchad.

Heureusement, notre ennemi le plus ancien a peut-être trouvé son maître. La pandémie de Covid-19 a tellement monopolisé l’attention que relativement peu de monde a remarqué l’émergence d’un nouveau vaccin étonnant contre le paludisme.

L’injection consiste à infecter les personnes avec « des parasites Plasmodium falciparum vivants, ainsi que des médicaments pour tuer tout parasite qui atteint le foie ou la circulation sanguine, où ils peuvent provoquer les symptômes du paludisme« .

Selon la revue Nature :

La vaccination a protégé 87,5 % des participants infectés après trois mois par la même souche de parasite que celle utilisée pour l’inoculation, et 77,8 % de ceux qui ont été infectés par une souche différente.

Dans notre livre, Ten Global Trends Every Smart Person Should Know : And Many Others You Will Find Interesting (Dix tendances mondiales que toute personne intelligente devrait connaître : et bien d’autres que vous trouverez intéressantes), Ronald Bailey et moi-même avons noté que grâce à l’amélioration des traitements et des mesures préventives, le taux de mortalité lié au paludisme est passé de 12,6 pour 100 000 en 1990 à 8,2 pour 100 000 en 2017.

Ces progrès réguliers sont encourageants, mais nous attendons avec impatience le jour où le taux de mortalité du paludisme sera nul et où la maladie rejoindra les autres maladies que l’humanité a soit éteintes, soit contenues. L’année dernière a peut-être été épouvantable, mais elle semble avoir donné naissance non pas à un, mais à deux vaccins importants. Nous devrions en être heureux.

Traduction Contrepoints.

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