Le wokisme est plus une idéologie religieuse que politique

Que faire puisque nous vivons une époque de fièvre religieuse et que les discussions ont quitté tout champ rationnel ?

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Le wokisme est plus une idéologie religieuse que politique

Publié le 6 juin 2021
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Par Charles Castet.

Is it therefore infallibly agreeable to the Word of God, all that you say ? I beseech you, in the bowels of Christ, think it possible you may be mistaken. Olivier Cromwell, Lettre à l’assemblée générale de l’Église d’Écosse – 3 août 1650

Le wokisme en tant que phénomène religieux est la proposition que le système de croyance actuel décrit ou auto-décrit sous les vocables alternatifs de progressiste, universaliste, politiquement correct ou plus exactement woke se comprend d’autant mieux s’il est considéré comme une branche du christianisme.

Plus spécifiquement s’il est vu comme une descendance non-théiste de la branche calviniste, plutôt que comme un phénomène politique désigné sous le vocable péjoratif de marxisme culturel. Le wokisme sera défini simplement par la conscience de l’existence d’injustices sociales et raciales et l’impératif d’agir pour les résoudre.

L’affirmation peut surprendre.

Quelle continuité entre certaines sociétés du XVIe siècle où la dévotion joue un rôle central autour de quatre points du calvinisme résumés de la manière suivante au synode de Dordrecht :

  • l’élection conditionnelle
  • l’expiation illimitée
  • la dépravation totale
  • la résistibilité de la grâce

Quel rapport entre le synode de Dordrecht et les célébrations sur le lieu de la mort de George Floyd ?

Mise en perspective du wokisme

Il convient de rappeler deux choses.

D’abord la filiation intellectuelle entre christianisme et communisme (pour l’approuver ou la condamner) a été établie par des personnalités aussi diverses que Dostoïevski, Aron, Camus ou Arendt.

Dostoïevski écrivait dans la préface de son livre Les Frères Karamazov que la question du communisme n’avait rien à voir avec la question ouvrière mais qu’il s’agissait en fait de la création du royaume de Dieu sur Terre et de la tour de Babel renversée (faire venir la divinité et non pas chercher à l’atteindre comme dans le récit biblique original). Cela reste une réponse littéraire à une idéologie politique inédite.

Néanmoins dans L’Opium des intellectuels Raymond Aron a affiné l’intuition de l’écrivain russe en analysant les diverses filiations entre le prolétaire sauveur collectif chez Marx et le Messie sauveur collectif dans la Bible, la similitude entre le Parti et l’Église.

Dans L’Homme révolté, Camus disait que le communisme est une prophétie. Toute prophétie se justifie par une révélation divine, jamais par la raison humaine.

Ensuite, comment cette filiation a-t-elle été analysée ?

Dans son livre Aron ne s’intéresse pas aux croyances surnaturelles à propos du monde surnaturel. Mais construire le royaume de Dieu sur Terre est une action physique et si cette croyance est un impératif moral alors elle aura forcément des effets dans le monde réel.

Aron fonde sa démonstration du lien entre christianisme et communisme en s’inspirant de la cladistique de la manière suivante : l’existence d’une généalogie intellectuelle, un état d’esprit similaire, un mode de reproduction idéologique commun, des mêmes haines, des propositions qui ne sont pas consistantes avec la raison humaine et qui ont un fort caractère morbide.

Donc entre les principes de Dordrecht et le wokisme, quels liens pouvons-nous tirer sachant que :

  1. Le concept de christianisme non-théiste est cohérent.
  2. Le wokisme est mieux compris comme une secte du christianisme non théiste.
  3. Cette secte est la version la plus répandue du christianisme aujourd’hui.
  4. Elle inclut des propositions qui ne sont pas consistantes avec la raison humaine.
  5. Ces propositions contiennent un fort caractère morbide.

La cohérence du premier point a été démontrée dans les écrits mentionnés plus haut.

Le gouvernement des Saints

Pour le second point, qu’est-ce qui rapproche le calvinisme du wokisme ? Indépendamment des points théologiques qui apparaîtront incongrus au lecteur de 2021, les régimes politiques issus du calvinisme (la République de Genève, le gouvernement des Saints) avaient un double objectif : instaurer le royaume de Dieu sur Terre et la totale droiture.

Afin d’atteindre ces buts le système de gouvernement avait les caractéristiques suivantes : un contrôle social inédit pour l’époque, un amour pour la vérité officielle hors les questions théologiques, une obsession de la pureté morale et des relations sociales devenues pathologiques.

Comme Stefan Zweig le décrit dans Conscience contre violence :

Pour ce rabaissement draconien de la personnalité, pour ce dépouillement complet de l’individu au profit de la collectivité, Calvin applique une méthode particulière, la fameuse « discipline ». Dès la première heure, cet organisateur génial enferme son « troupeau », sa « communauté » dans un réseau serré d’articles et d’interdictions – les fameuses « ordonnances » – et crée en même temps un office spécial pour en surveiller l’exécution, le Consistoire, dont la tâche est définie d’une façon extrêmement équivoque : « surveiller la communauté afin que Dieu soit proprement honoré ». Mais c’est seulement en apparence que ce contrôle des mœurs est limité à la vie religieuse. Par suite de la liaison complète entre le terrestre et le spirituel dans la conception totalitaire de Calvin, toute la vie privée tombe désormais automatiquement sous la surveillance de l’État ; c’est ainsi qu’il est prescrit aux sbires du Consistoire, aux « anciens », d’ouvrir l’œil sur l’existence de chacun. Rien ne doit échapper à leur attention, « non seulement les paroles, mais aussi les opinions et les idées sont à surveiller. »

 Zweig continue :

Cette Gestapo des mœurs fourre son nez partout. Elle s’assure que les robes des femmes ne sont ni trop longues ni trop courtes, qu’elles n’ont pas de ruches superflues ou des jours exagérés, compte les bagues que l’on a aux doigts et les chaussures qui sont dans l’armoire. Du cabinet de toilette elle passe à la salle à manger, pour voir si l’on n’a pas ajouté au seul plat permis une petite soupe ou un morceau de viande, ou si l’on n’a pas caché quelque part des friandises ou de la confiture. Et le pieux policier poursuit son inspection dans toutes les pièces. Il regarde dans la bibliothèque pour savoir si elle ne contient pas de livres ne portant pas le sceau de la censure consistoriale, fouille dans les tiroirs pour voir si par hasard on n’y a pas caché une image sainte ou un chapelet.

Un siècle plus tard en Angleterre pendant la guerre civile, un autre trait se manifeste, l’iconoclasme.

Le catéchisme du soldat recommande d’ailleurs en cette année 1644 de délivrer définitivement le pays des chefs-d’œuvre de l’art médiéval ou baroque qui détournent de la vraie foi. Cette fureur destructrice ne porte pas tant sur les édifices eux-mêmes, relativement épargnés, que sur les tableaux ou les sculptures représentant Dieu le Père, le Fils ou le Saint-Esprit, sans oublier les statues de la Vierges, les chérubins, les ora pro nobis et autres formules latines délictueuses qui assaillent l’âme de leurs troubles pensées. Bernard Cottret – Cromwell

Suite à la restauration monarchique anglaise en 1660, les branches du protestantisme exilées d’Europe ont fondé des colonies théocratiques aux États-Unis, se sont transfigurées dans le messianisme américain. Leurs pouvoirs se sont accrus en proportion de l’émergence des États-Unis comme superpuissance et les victoires militaires successives, que ce soit dans la guerre d’Indépendance, la guerre de Sécession, les deux guerres mondiales.

Prenons une de ces étapes intermédiaires clés de cette mutation décrite dans World War I as Fulfillment: Power and the Intellectuals de Murray Rothbard :

Also animating both groups of progressives was a postmillennial pietist Protestantism that had conquered Yankee areas of northern Protestantism by the 1830s and had impelled the pietists to use local, state, and finally federal governments to stamp out sin, to make America and eventually the world holy, and thereby to bring about the Kingdom of God on earth […] The crucial role of postmillennial pietist Protestantism in the drive toward statism in the United States. Dominant in the Yankee areas of the North from the 1830s on, the aggressive evangelical form of pietism conquered Southern Protestantism by the 1890s and played a crucial role in progressivism after the turn of the century and through World War I. Evangelical pietism held that requisite to any man’s salvation is that he do his best to see to it that everyone else is saved, and doing one’s best inevitably meant that the State must become a crucial instrument in maximizing people’s chances for salvation. In particular, the State plays a pivotal role in stamping out sin, and in making America holy.

Un cas particulièrement frappant qui s’est déroulé quelques décennies après la période décrite par Rothbard, dans cet article du Time Magazine de 1942 : un programme politique élaboré par le conseil fédéral des églises (issues de la branche principale du protestantisme avec des racines calvinistes) se révèle être très proche du wokisme de 2021 et est décrit par le journaliste comme « super-protestant ».

Entre 1942 et 2021, la version sécularisée est apparue à travers le credo de l’amour universel pendant les décennies 1960-1970 lors du mouvement de la contreculture.

Le triomphe de l’irrationnel morbide

Avant d’aborder le quatrième et le cinquième point, pourquoi cacher la généalogie et le lien direct entre les puritains et dissidents anglais d’hier et les wokistes d’aujourd’hui ?

D’abord parce que le progrès des connaissances fait qu’un propos est plus facilement crédible s’il est présenté comme étant le fruit de la raison plutôt que comme provenant d’une révélation divine.

Une autre raison ensuite, un wokiste n’admettra jamais être le descendant direct du calvinisme surtout parce qu’il tient son credo comme universel et qu’aucun individu dans le monde ne peut en douter indépendamment de sa religion ou de son absence de religion.

Un élément qui contredit l’universalité du wokisme est son inégale implantation géographique. Né aux États-Unis, il est nettement répandu dans les pays anglo-saxons, plus faible en Europe continentale et quasiment absent en Asie et en Afrique si ce n’est en Corée du Sud dont un bon quart de la population est protestante.

Cette implantation est confirmée par les localisations géographiques des protestations de BLM. Que dit la cartographie officielle du mouvement ? Que les protestations se déroulent surtout au Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne du Nord, et Scandinavie, moins en France, en Espagne, en Italie, et autre pays d’Europe centrale et de l’est. Elles sont quasiment inexistantes ailleurs.

Les discours wokistes suivent le même modèle que la diatribe de l’actrice Adèle Haenel à 29:55 :

 

Tout y est : la Faute, l’angoisse, la culpabilité, le repentir, le désir d’absolution, l’espoir d’être débarrassé du péché, la construction individuelle du salut, la quête (individuelle) vers la plus grande droiture, et enfin la conversion.

Que faire puisque nous vivons une époque de fièvre religieuse et que les discussions ont quitté tout champ rationnel ?

Dans sa biographie de Cromwell, l’historien Bernard Cottret décrit fort bien le climat d’hallucination spirituelle de l’époque où les protestants pensaient que le Pape était l’antéchrist qui recevait ses instructions directement du diable. Les catholiques n’étaient pas en reste avec l’Inquisition.

Que faire dans une perspective libérale ? Il resterait à choisir le retrait comme Montaigne en attendant que la fièvre baisse ou bien apporter une parole discordante pour défendre la liberté comme Raymond Aron dans les années 1950.

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  • Hypothèse intéressante. Il est clair que cette idéologie semble avoir davantage de succès dans les pays de culture protestante.
    Pourrait-on dire en parallèle que dans les pays de culture catholique, ce serait l’écologisme qui tient lieu de religion postmoderne ? Ça mériterait d’être creusé…

    • Il n’y a franchement aucune connexion possible entre le catholicisme et l’écologisme, tant ce sujet n’existe pas dans les écrits et la pratique religieuse.

      Pour ma part, l’écologisme est tout simplement le descendant direct du communisme, à savoir un véritable fascisme et l’idée qu’il est urgent de ré-éduquer par la force ceux qui n’y adhèrent pas.

      • Je confirme. Aucun lien établi entre catholicisme et écologisme. Sauf sous la rubrique « écologie intégrale » qui est en réalité une récup du vocable par les milieux catholiques ultraconservateurs, ceux qui sont contre le mariage homo et contre l’avortement… Rien à voir donc avec une écologie environnementale (quasi pléonasme).
        Plus généralement, même si l’hypothèse de l’auteur est intéressante, je déplore que la critique de toute idéologie politique finisse souvent par un parallèle avec le religieux… Un nouveau genre de point Godwin ?

        • « ceux qui sont contre le mariage homo et contre l’avortement… » ce sont juste des catholiques, car fidèles à l’enseignement de l’Eglise catholique.

        • L’écologie intégrale au sens utilisé par le pape François s’intéresse à la « sauvegarde de la maison commune », ce qui signifie la prise en compte des délires écologiques bien avant le reste comme le combat contre le mariage homo et l’avortement. Bref, il s’agit avant tout d’écologie politique avec son cortège d’horreurs, depuis la décroissance jusqu’à une complaisance coupable vis-à-vis des régimes les plus liberticides. Vous n’entendrez jamais un écologiste politique critiquer des paradis comme Cuba et certains iront même jusqu’à encenser cette horreur.

          Bref le poison écolo est dans la place, donnant un coup de frais aux vieilles lubies communistes pour lesquelles beaucoup de catholiques avaient les yeux de Chimène. D’ailleurs une personne que je connais vient d’être nommé par le diocèse responsable de l’intégration des projets durables. Cela veut dire les étudier et voir quelles sont les synergies avec l’enseignement de l’Eglise. Vu que cette personne n’y connaît strictement rien à part en manipulation de concepts politiquement corrects, je ne doute pas que le gloubi-boulga qui sortira de tout ceci sera dans la droite ligne de ce que promeuvent Sainte-Greta et les marxistes recyclés des partis verts.

      • Fascisme, communisme, écologisme et wokisme sont eugénistes.

  • Il faut vraiment beaucoup, beaucoup forcer pour établir ce lien avec la religion protestante et ignorer les similitudes criantes avec l’idéologie et les méthodes socialistes ou communistes.
    Corrélation n’est pas causalité, le processus religieux est inscrit dans l’Homme, ce n’est pas parce que l’écologisme et le communisme entre autres ont aussi des processus religieux que ce sont des héritiers de la religion chrétienne.
    Dès qu’une idéologie se place du côté de la morale, elle cherche à imposer ses vues de manière totalitaire s’il n’y a pas de garde-fous inscrits dans son ADN.

  • Curieusement, ou pas, les commentaires sur libéralisme et homosexualité sont fermés…
    Faut-il deviner que Contrepoints n’est pas totalement certain du haut niveau de libéralisme de l’ensemble de son lectorat ? Est-ce un aveu de reconnaissance du conservatisme sociétal d’icelui ?…
    Comme on disait il y a quelques années à Charlie Hebdo : « c’est dur d’être aimé par des c.ns ! ».

    • « Mais non ce n’était pas assez » : par définition, le totalitarisme n’a pas de limite.

    • C’est navrant, mais les commentaires porteraient dans un écrasante majorité sur le second point et non le premier.

      Et c’est déjà le cas pour beaucoup de sujets.

    • Je ne vois pas pourquoi l’Etat devrait avoir son mot a dire sur comment on a le droit de procreer, qui en a le droit, comment les humains adulyes et reponsables s’unissent sentimentalement ou decident de former une famille.
      En fait, la mariage ne devrait pas exister dans la loi. Et c’est ça qui ne me va pas dans votre position intellectuelle ni dans celle des pro mariage gay (etc…). Vous supposez que la procreation c’est le pré carré des heteros et de meme pour l’union traditionnelle etc…
      Moi, j’ai rien a battre de la famille des autres, de comment ils font des gosses, du pourquoi, du patin et du couffin. J’aimerai qu’on cesse de faire payer des impôts pour payer des fonctionnaires inutiles qui enfilent des perles à ce sujet.

      La « decence raisonnable » dont vous parlez est une chose que j’aimerai bien appliquer aux lois familliales. En clair, l’Etat c’est le monopole de la violence, et je me demande bien ce que la violence vient fiche dans la mariage ou la procreation. Il me semblerait fecent et raisonnable que l’Etat ferme sa mouille a ce sujet.
      Par ailleurs, selon mon experience, les expression comme « decence raisonnable » ou « bon sens » etc… sont en general une pudique couverture qui signifie « mon arbitraire est mieux que le votre, donc si vous n’etes pas d’accord vous etes un irraisonnable indecent qui manque de bon sens ».
      Les drag queens pro mariage gay, woke et progressistes se reclament autant que vous du raisonnable.

      • Plutôt d’accord pour l’état, mais pour « l’arbitraire » certains sont indéniablement plus raisonnables que d’autres.
        Le marxisme n’est pas raisonnable.
        Les « progressistes » sont quasi tous étato-marxistes et veulent instaurer un racisme, un sexisme et une censure d’état, ce n’est pas raisonnable.
        Une abondante littérature décrit l’adoption comme étant délicate pour les enfants, une autre décrit les rôles essentiels du père et de la mère et des statistiques disent que les couples homo sont plus instables que les hétéros. On voit mal comment l’achat d’enfants par des couples homos avec de l’argent public et la censure qui l’accompagne pourrait déboucher sur du raisonnable (toute critique et le fait de « l’extrême droite » alors qu’on peut parfaitement discuter de l’adoption).
        .
        Les problèmes pour ce dernier point sont l’argent public, la propagande et la censure des médias étatiques. Le choix libéral repose aussi sur une information libre, quand l’état l’empêche et essaie de vous laver le cerveau c’est qu’il y a un gros loup.

  • Il n’y a rien de progressiste dans le wokisme. Le progressisme, c’est les Lumières. Le wokisme, avec sa cancel culture, son envie larvée d’apartheid, c’est plutôt la Terreur.

    • Je ne suis pas convaincu pour ma part. L’amélioration du sort des petites gens n’a pas attendu la gauche et « la gauche » libérale de 1789 est devenue une gauche systématiquement néfaste après la révolution de 1917.
      Dans les pays conservateurs comme la suisse, les assurances sociale seront privées et pérennes, alors que dans les pays socialistes elle se feront systématiquement contre les producteurs de richesse, la plus grand partie étant très rapidement pillée par la gauche corporatiste.

  • Ecologisme, véganisme, bolivarisme, malthusianisme, wokisme …

    Tout cela est pour moi la foire au prédicateur du film « La vie de Brian » des Monty Python. Il me semble que l’on nous promet surtout l’Enfer sur Terre (et la haine des autres) pour exiger la Pénitence. (En bien pire que les autres religions).

    Je n’ai pas approfondi car d’une part ça me saoule, et d’autre part je n’ai que faire des prosélytes pour me forger une identité qui d’un point de vue libéral est quelque chose de strictement individuel.

  • « L’humanité est inégalitaire par nature »

    Le problème est qu’on confond inégalité et différence. En particulier ceux qui militent ou manifestent pour être plus « égaux » que les autres.

    Moi, je suis partageur : je veux bien partager mes problèmes avec tous les autres.

    La revendication est un combat politique raisonnable. Mais qu’on ne prétende pas que c’est une lutte du bien contre le mal et encore moins « divine ».

  • « Ce qui nous manque ce sont des lois pour nous protéger de ces andouilles comme les 2 nanas de la vidéo qui sont d’une bêtise stupéfiante. »

    il suffit juste de couper les subventions aux médias et autres associations lucratives sans but qui les mettent sur un piédestal.

    • En effet, parce qu’elles aussi elles réclament des lois pour « protéger », « les noirs », les « gays », les « femmes », les « trans »…
      Je suis personellement très conservateur… Et « ultra »-libéral (tendance ancap, en fait). Et persuadé que si on laissait tout le monde libre, vraiment libre, tant qu’il n’y a pas de violence physique, les grands truc LGBTQ+ s’évaporeraient, l’immigration serait extrêmement contenue, le féminisme n’existerait « même pas en rêve » et qu’on vivrait finalement dans un monde « plutôt conservateur » et souvent même « religieux » (d’une façon libérale, plus « catholique » que totalitaire type « calviniste ») et non dans notre « progressisme athée » qui n’existe souvent qu’au travers d’une intervention d’Etat généralisée…

  • La ressemblance étroite entre le wokisme et le christianisme a déjà été fait dans cet article [https://www.spiked-online.com/2020/08/14/wokeness-old-religion-in-new-bottle].

    Je pense que la théorie est plus que prouvée : comme cela a été dit l’homme est un animal religieux, et la chute du théisme chez les boomers puis les chez les millenials a créé ce vide, comblé par les théories de la gauche radicale. Les similitudes entre le protestantisme et les magnifestations gauchistes sont criantes.

    On peut aussi noter la ressemblance des campus nord-américains avec ceux des unversités arabes et iraniennes des années 70 (radicalisme, universalisme, violence, exclusion de toute autre pensée…). L’islamisme et le Gauchisme, d’où le terme islamo-gauchisme récemment popularisé.

  • Ce que décrit l auteur , ce sont des hérésies. Jesus a dit « mon royaume n est pas de ce monde » . Vouloir le faire advenir par la force est complètement anti chrétien. Le christianisme s adresse à chacun de manière personnelle, il n a pas de visée politique.

    • Hé oui, aux yeux de la plupart des chrétiens, le calvinisme, le catharisme son ancêtre, et le wokisme son fils, sont effectivement des hérésies. Mais ça reste des hérésies chrétiennes, un peu comme le Marxisme.

      • Je suis athée, ex-militant, mais là c’est vraiment trop pousser.
        Après le blanc responsables de tout, la chrétienté responsable de toutes les idéologies néfaste c’est trop, surtout qu’elles apparaissent au moment ou la chrétienté disparait dans une gauche qui la hait et la rejette.
        Le marxisme c’est la négation directe des dix commandements et le wokisme c’est une lutte des classes réinventée.

      • Le christianisme a « inventé » chez nous la notion d’une vérité révélée, d’une faute originelle à expier par les efforts continus, conduisant ensuite au paradis, d’abord après la mort puis, « à la fin des temps », sur terre.
        Ces notions sont clé dans la construction de l’analyse marxienne et du wokisme. Après on peut trouver une bonne part de cela dans d’autres religions, et surtout Marx et les modernes ont supprimé Dieu et l’humilité que notre nature de « créatures » implique, ainsi que le respect pour l’autre (« notre frère dans le Christ »), conduisant à une hérésie particulièrement néfaste.

        La Chrétienté en tant que telle reste justement centrée sur le Christ et même si elle porte en elle des éléments conduisant possiblement à nos délires totalitaristes modernes, elle a de ce fait plutôt contribué très positivement à l’évolution de l’homme.

        • Effectivement, on retrouve cette notion de « faute originelle » de l’Homme « chassé du paradis » ou « oublié des Dieux » dans bon nombre de religions un peu partout dans le monde. On la trouve aussi dans certains mythes oraux qui engendreront la religion chrétienne.
          La question est intéressante, parce que la science trouve plusieurs « goulots » d’étranglement ou l’espèce Humaine aurait été réduite à quelques dizaines ou centaines de milliers d’individus. Certains font le lien avec des catastrophes naturelles préhistorique ou/et historique (comme Santorin).
          .
          Quoi qu’il en soit, des individus conscients de leur propre mort absurde ne peuvent que s’interroger sur cette « malédiction » et la nature de la faute qui la motive.
          .
          L’innovation de la religion chrétienne, c’est quand même un certain libéralisme avant l’heure. Les dix commandements gravent dans le marbre la liberté de soit, la propriété, l’égalité et l’individualité devant la justice (divine) ainsi que la non-agression etc. etc.
          Ça n’a pas du tout plus aux pouvoirs de l’époque avant qu’ils ne la récupèrent pour en faire un instrument de pouvoir via l’église. Les très nombreux schismes seront souvent des luttes de pouvoir, mais aussi des tentatives de retrouver le message anti-tyrannie originel.

    • À ce compte, le catholicisme est aussi une hérésie. Le christ n’a jamais dit comment sa croyance serait organisée.

      • Bien sûr. Pour certains juifs d’ailleurs tous les chrétiens sont des juifs messianiques hérétiques suivant (de travers) les enseignements du rabbin fou Joshua ben Youssef qui vécut en Palestine il y a 2000 ans…

        • Choisir un dieu unique a une certaine logique que même un athée ou un agnostique peut reconnaître.

          Mais pourquoi suivre des prédicateurs ou des messies, quand on possède déjà une religion à l’image de sa société ? Ceux qui veulent changer la société sont des hérétiques. Ceux qui ne veulent pas adapter la doctrine religieuse à l’évolution de la société sont des « prêtres » qui usurpent le pouvoir à leur profit.

          Est-ce que ce sont des groupes de « bien-pensant » qui ont changé la place des femmes et des « främling » dans la société ou bien les réalités et la logique économique ?

      • D’un autre coté il a donné les clés à Pierre qui a organisé ensuite… Donc, si…

      • @theo très juste il y aurait bcp à dire la dessus .

      • Le Christ était plutôt libéral alors que les églises seront le plus souvent des instruments de pouvoir, mais un peu spéciaux quand même dans le sens que toute tyrannie s’oppose au message originel et que ça fini par se voir.
        (cf: « Un Libéral Nommé Jésus » Charles Gave)

  • Très intéressant. Il se voit bien que ce phénomène a une facette fondamentale de nature religieuse. Le parallèle avec les valeurs chrétiennes est évident.

    Au final, je trouve que votre article donne corps à cette expression de Chesterton qui m’avait interpellé: « les vertus chrétiennes devenues folles ».

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