TeSciA : le test de Maths indépendant qui détonne

La véritable méritocratie valorise les talents des individus, non leur origine sociale, géographique, ethnique ou culturelle.

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TeSciA : le test de Maths indépendant qui détonne

Publié le 1 mai 2021
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Par Clément de Seguins Pazzis, professeur de Mathématiques en classe préparatoire, président de l’AORES.

En pleine période d’examen des dossiers parcoursup, l’angoisse et le doute sont palpables.

D’un côté, des candidats. Leur classe est seulement jugée « assez bonne » ; leur classement en spécialité est ininterprétable faute d’un effectif suffisant ; ou encore, leur lycée est peu réputé. Malgré la qualité apparente de leurs notes et les recommandations de leurs professeurs, ne risquent-ils pas d’être pénalisés par les formules mathématiques de tri mises en place par les formations ?

De l’autre, des commissions d’examen. Après des années d’inflation extraordinaire des notes et du caractère laudatif des appréciations, elles ont le plus grand mal à distinguer les dossiers.

Conséquence inévitable : en première année d’enseignement supérieur, des promotions hyper-hétérogènes et donc ingérables. Des élèves doués à qui l’on ne propose pas l’environnement le plus propice à leur développement intellectuel ; et à l’inverse, des élèves en difficulté dans une formation qui ne leur est pas adaptée. Seuls les initiés surnagent : par défaut d’information, les moins bien orientés sont souvent les plus socialement ou géographiquement défavorisés.

Rien de tel qu’un examen national anonyme exigeant !

Face à un tel gâchis, des professeurs de Mathématiques de l’enseignement supérieur se sont associés pour revitaliser la méritocratie en dépoussiérant une idée simple : rien de tel qu’un examen national anonyme exigeant qui s’appuie sur les programmes en vigueur ! Certes, les épreuves terminales du baccalauréat devraient jouer ce rôle, mais sont-elles encore crédibles quand le taux de mentions Très Bien crève les plafonds ?

L’association AORES lance donc TeSciA 2022 : un test national pour les élèves de Terminale ayant suivi la spécialité Mathématiques. Avec des frais d’inscription très faibles ; deux épreuves exigeantes de 1 h 30 sur table dans environ 15 centres d’examen en France métropolitaine, le samedi suivant les épreuves terminales du bac. Tout cela doublé d’une version en ligne, mais sans surveillance et à seule visée d’auto-évaluation.

De quoi :

  • mieux orienter les élèves ;
  • remettre de l’équité et de la transparence dans des procédures trop opaques ;
  • donner un électrochoc à l’enseignement secondaire français qui, malgré l’abnégation des professeurs, peine à se relever de l’effondrement observé dans les comparaisons internationales.
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  • Très belle initiative privée, mais la vraie question, c’est, est-ce que les universités et autres grandes écoles seront autorisées à sélectionner les étudiants sur la base des résultats de ce test?

    Dans un pays où existent des universités privées, je répondrais sans doute oui, mais dans un pays où les universitaires sont tous employés du gouvernement, alors je suis beaucoup moins optimiste.

    • D’accord avec vous, Alain.
      Nos universités ne peuvent (évidemment) pas sélectionner les étudiants à l’entrée, sauf rarissimes exception.
      Mais ce type d’initiative et surtout ses résultats permettent de « composer des groupes de TD différenciés dans l’intérêt des étudiants ».
      En bref, on met le paquet sur ceux qui ont du potentiel, on offre à ceux qui se sont plantés exceptionnellement la possibilité de remonter la pente, on fait du gardiennage récréatif pour le reste.
      Cela se pratique déjà. Mais il est nécessaire de ne pas dire « où » et « qui » afin de ne pas susciter l’ire des médiocres et de leurs syndicats.
      Encore faut-il trouver des universitaires qui ont encore une conscience professionnelle autre que celle de publier leurs recherche !
      Ce qui revient à poser la sempiternelle question de l’avancement des universitaires dans leurs corps, actuellement liée à leurs publications, mais surtout pas à la qualité de leurs enseignements, et encore moins à leur engagement pour faire évoluer leur établissement…

    • Prenons le problème à l’envers : comment pourrait-on empêcher un recruteur d’utiliser le résultat du test si le candidat l’insère dans son dossier ?

      • Pourquoi un recruteur ne demanderait-il pas ces tests. Beaucoup demandent déjà les résultats du TOEIC ou du TOEFL.

        • Il faut même obtenir 785/990 au TOEIC pour avoir son diplôme d’ingénieur.

        • Pas au même niveau : on parle de recrutement en première année d’enseignement supérieur. Mais effectivement cela procède de la même idée.

  • Pourquoi une semaine après le BAC et pas 3 mois avant ?

    Quand on parle de « potentiel », on cherche des têtes bien faites et pas des têtes bien pleines. Ce n’est pas en 3 mois que l’on corrige le tir sur ce point. L’épreuve ne devrait même pas être réservée à une « spécialité », une classe d’age ou porter sur un programme.

    Bien sur, il s’agit de faire exactement le contraire du BAC. Mais il faut savoir ce qu’on veut …

    • Plus on interroge sur un programme vaste, plus on est susceptible de proposer des exercices variés qui ne se répètent pas d’une année sur l’autre.

      En mettant les épreuves une semaine après le bac, on se met dans la position où tous les élèves auront révisé, et on les incite à bien bosser.

      • « Exercice », « révision » …

        Le programme de Maths de classe préparatoire consiste à tout reprendre à zéro en ne se basant plus sur un savoir-faire mais sur la rigueur et les démonstrations. Une épreuve de sélection qui ne va pas dans ce sens manque sa cible.

        Idéalement, vous fabriquez une épreuve ne nécessitant pas de connaissances préalables basée sur un des innombrables sujets ésotériques des mathématiques. Celui qui aurait bachoté tous ces sujets pourrait attaquer directement les concours sans « prépa » …

        Je sais que ce genre d’épreuve rend les étudiants furax. Mais il ne s’agit pas d’attribuer une médaille du travail. Simplement d’éviter aux étudiants de s’égarer et ne pas refuser d’éventuels génies trop doués pour assimiler les fadaises de l’EN.

      • En sélectionnant les élèves sur un « savoir-faire », on en arrive à l’absurdité que 50% des élèves d’une classe de prépa ne dépassent pas le 5 de moyenne alors qu’une poignée dépasse le 15. Et les profs ont pour mission de faire comprendre à ces 50% qu’ils se sont égaré. Pas sympa ni pour les élèves ni pour les profs.

        • Il est important de vérifier l’acquisition de techniques de base ainsi que celle des concepts. Dans le supérieur, on repart formellement de zéro (au moins sur la construction logique de la théorie) mais si on veut des élèves prêts à recevoir cet enseignement il est indispensable qu’ils aient une bonne maîtrise du programme de lycée.

          Attention cependant, notre test ne se limitera pas du tout à vérifier l’acquisition du programme de lycée, il ira en grande partie dans le sens que vous souhaitez, à savoir mesurer les capacités d’abstraction, de logique, de réaction à une situation nouvelle.

          • Et pourquoi pas un examen oral ? Question de temps et de moyens ?

          • L’acquisition de techniques de base écrivez vous … Hélas, il n’y a pas qu’entre le lycée et le supérieur que ce manque est criant. En lycée, c’est désespérant de se voir confier des élèves qui ne savent ni lire nié écrire ni compter, du moins au niveau minimal nécessaire. Et c’est sans parler des allophones, balancés directement en CAP après avoir passé 5 ans en école coranique au fin fond du Mali.

      • Cependant quid est du « programme » de physique ?

        Les capacités nécessaires sont je pense légèrement différentes. Et au final on a besoin de former quelques mathématiciens de haut niveau et beaucoup d’ingénieurs.

        • Un physicien doit avoir la capacité de traduire un problème du réel en abstraction mathématique et d’interpréter le résultat mathématique pour juger de la pertinence de son abstraction.

          • Et juger de la pertinence des modélisations est ce qui fait le plus défaut dans notre société prétendument scientifique :

            (L’efficacité d’un masque est probablement inférieure à 30% en intérieur et nulle à l’extérieur. En revanche l’importance de la ventilation est fortement sous-estimée si on considère que les épidémies s’arrêtent chez nous avec les beaux-jours).

  • Voila aimablement décrit le résultat d’un bac bradé !!! De fait hors du cursus mathématique il y a trois quart de siècle un titulaire du CEP ( certificat d’études primaires ) savait compter et écrire en français pratiquement sans faute ( pour rappel 5 fautes = zéro ; le zéro étant éliminatoire ) !!! Peut-on en dire autant de nos brillants bacheliers ???? Quand par idéologie on décrète que 90 % d’une tranche d’âge doit pouvoir concourir aux jeux olympiques , qui peut y croire ??? Et pourtant c’est exactement ce qui a été fait pour le bac avec pour corolaire des milliers d’admission en enseignement supérieur pour des jeunes incapables de les suivre !!!!

    • Oui, mais surtout c’est enfin un remède qui apparaît à ce bac bradé, un remède dû à une initiative privée et qui devrait être pris comme exemple.

    • oui mais la valeur du bac c’est comme la valeur d’un euro..
      tout le monde sait ce qui se passe.. sauf parfois les bacheliers semble-t- il ..

      on déplace la selection..(de quoi ???.) .à un autre niveau..c’est tout..

      on refait un test…

      A terme un service public, ici éducatif, peut ne rendre aucun service aux « usagers » ou à ceux qui le financent…

      vous pouvez avoir des trains vides, ..et des têtes vides aussi…

      NORMAL….LOGIQUE…

  • J’ai passé mon Bac mathelem en 66 et diplôme en main j’ai intégré les classes préparatoires. Certes il y avait une marche mais pas insurmontable.
    25 ans plus tard mes quatre enfants ont suivi le même parcours. La marche entre la sortie des études après le Bac et l’entrée en classe préparatoire était devenue tellement élevée que deux d’entre eux y sont arrivés au pris d’un énorme effort de rattrapage et les deux autres ont jeté l’éponge dont un après une forte dépression due au fait qu’étant habitué au lycée d’avoir des bonnes notes il s’est trouvé confronté à des notes très décevantes car à cette époque les classes préparatoires n’avaient pas baissées de niveaux..
    Il semble que ça ne s’est pas arrangé.
    Il y a donc un réel problème. Une sorte d’érosion des connaissances…

    • érosion des connaissances auquel s’ajoute maintenant une incapacité à se concentrer et à écouter.

      • pour être honnête ce n’est pas si simple, et on peut ajouter qu’il ya eu un changement de philosophie, on a voulu passer de la tète bien pleine à la tête bien faite à la tête à fort potentiel…

        le VRAI problème d’un système éducatif c’est son objectif.. à l’evidence , les pédagogues ou autres pensent que l’entreprise est méprisable, que les savoirs qui lui seront utiles sont secondaires…

        c’est le problème de la « bonne « éducation… sans dire pour quoi… vous avez l’ed nat…et tiens..comment determiner le salaire d’un prof…

        A l’opposé , vous avez..l’apprentissage…ce qu’il FAUT savoir pour être bien « éduqué » est très clair pour celui qui encadre!

        J’ajouterais que sur ce sujet vous avez un biais de la part de tout ceux qui on passé des diplômes parce qu’ ils sont supposés être associés à une forme supérieure d’ intelligence et donc un mérite..ça entraine une tendance au dénigrement de ceux qui arrivent et vous concurrencent..

        et ça me fait penser aux gens qui ayant passé un test de qi qui les met « haut » perdent leur objectivité et affirment que le qi mesure l’intelligence… on sait juste que ça mesure les capacité adéquates pour réussir professionnellement dans une société moderne.

        non être bon en math ne signifie par être intelligent.. avoir des diplômes c’est juste la preuve d’avoir appris des choses, donc en premier lieu de maitriser des elements de langage permettant de communiquer.. des types savants peuvent être incapables de résoudre un problème nouveau, et des types qui n’ont pas été éduqués savent résoudre des tas de problèmes, il n’y pas de supériorité du problème abstrait, c’est juste que les problèmes « abstraits » n’interessent que peu de gens..

        Je le répète… ce qui importe c’est le pourquoi de « l’education ».

        Il semble que de plus en plus de gens formés par ce système ne sont aptes qu’à y travailler ..et à terme ne seront « reconnus « que par ce système…et c’est ennuyeux, c’ets une sncf qui ne transporte que les cheminots..

  • Et bien, il ne restera plus qu’à une association de profs de Physique, puis de Français, puis d’Histoire-Géo (…etc) à faire de même et on aura recréé un « Bac » privé, sélectif, égalitaire (càd chaque participant étant soumis à la même réglementation et contraintes d’examen), reflétant le niveau réel du lycéen sans possibilité de manipulation via les notes de contrôle continu, « grand oral » (noté par les profs du même lycée que l’élève) .
    Et surtout, sans que l’Etat puisse intervenir sur la notation via les consignes donnés aux correcteurs.

    Cette évaluation n’étant pas diplômante ni qualifiante càd non nécessaire pour accéder aux études supérieures, il n’y aurait pas besoin de sessions de rattrapage, sessions qui bien souvent tiennent plus d’une formalité ces derniers temps.

    Cela m’étonnerait que l’Etat laisse faire.
    Rien que ce test de Maths sera une claque pour lui et tous les dogmatiques ministériels si jamais il a le moindre succès…

    • oui et ce n’est pas tellement le « niveau » qui importerait, mais l’utilisation pratique du diplôme…

      Mais évaluer les connaissances d’une personne de façon correcte sur un test assez court ne doit pas être si simple quant au potentiel..

      on peut aussi imaginer que des entreprises se mettent à créer des écoles parallèles gratuites pour des mouflets qu’lles jugent à fort potentiel. ..

  • Il me semble évident que des résultats à ce genre de test seront interdit d’être renseignés sur Parcours sup.
    Et de plus la sélection des élèves pour les prépas se fait bien avant une semaine avant le bac! C’est donc trop tard.
    La seule chose, c’est que cela renseignera l’élève sur son niveau réel. Mais on se doute bien que seuls les meilleurs vont le faire.
    Bref, il faudrait que les lycée de prépas puissent exiger ce genre de test avant l’inscription, je doute que l’état laisse faire…

    • Excusez moi, il semble que ce soit prévu pour le 19 mars 2022, donc probablement faisable avant la sélection. Mais est ce que l’état laissera faire, j’ai des doutes…

    • Attention, désormais les épreuves terminale du baccalauréat sont à la mi-mars pour les épreuves de spécialité.

      Quant à Parcoursup, un candidat a toute latitude pour y décrire son parcours scolaire et extra-scolaire.

    • Certaines universités anglais organisent un test de maths pour les étudiants étrangers. il n’y a donc rien d’impossible théoriquement. C’est une question éminemment politique et même idéologique. C’est donc mal parti en France pour ce genre de chose.

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