TeSciA : le test de Maths indépendant qui détonne

La véritable méritocratie valorise les talents des individus, non leur origine sociale, géographique, ethnique ou culturelle.

Par Clément de Seguins Pazzis, professeur de Mathématiques en classe préparatoire, président de l’AORES.

En pleine période d’examen des dossiers parcoursup, l’angoisse et le doute sont palpables.

D’un côté, des candidats. Leur classe est seulement jugée « assez bonne » ; leur classement en spécialité est ininterprétable faute d’un effectif suffisant ; ou encore, leur lycée est peu réputé. Malgré la qualité apparente de leurs notes et les recommandations de leurs professeurs, ne risquent-ils pas d’être pénalisés par les formules mathématiques de tri mises en place par les formations ?

De l’autre, des commissions d’examen. Après des années d’inflation extraordinaire des notes et du caractère laudatif des appréciations, elles ont le plus grand mal à distinguer les dossiers.

Conséquence inévitable : en première année d’enseignement supérieur, des promotions hyper-hétérogènes et donc ingérables. Des élèves doués à qui l’on ne propose pas l’environnement le plus propice à leur développement intellectuel ; et à l’inverse, des élèves en difficulté dans une formation qui ne leur est pas adaptée. Seuls les initiés surnagent : par défaut d’information, les moins bien orientés sont souvent les plus socialement ou géographiquement défavorisés.

Rien de tel qu’un examen national anonyme exigeant !

Face à un tel gâchis, des professeurs de Mathématiques de l’enseignement supérieur se sont associés pour revitaliser la méritocratie en dépoussiérant une idée simple : rien de tel qu’un examen national anonyme exigeant qui s’appuie sur les programmes en vigueur ! Certes, les épreuves terminales du baccalauréat devraient jouer ce rôle, mais sont-elles encore crédibles quand le taux de mentions Très Bien crève les plafonds ?

L’association AORES lance donc TeSciA 2022 : un test national pour les élèves de Terminale ayant suivi la spécialité Mathématiques. Avec des frais d’inscription très faibles ; deux épreuves exigeantes de 1 h 30 sur table dans environ 15 centres d’examen en France métropolitaine, le samedi suivant les épreuves terminales du bac. Tout cela doublé d’une version en ligne, mais sans surveillance et à seule visée d’auto-évaluation.

De quoi :

  • mieux orienter les élèves ;
  • remettre de l’équité et de la transparence dans des procédures trop opaques ;
  • donner un électrochoc à l’enseignement secondaire français qui, malgré l’abnégation des professeurs, peine à se relever de l’effondrement observé dans les comparaisons internationales.
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