Nicolas Sarkozy trumpisé ?

Nicolas Sarkozy by Jacques Paquier (creative commons) (CC BY 2.0)

Alors qu’aux États-Unis l’ancien président Donald Trump échappe au jugement pour impeachment, l’ex-chef de l’État français est condamné.

Par Frédéric Mas.

La condamnation de Nicolas Sarkozy le met politiquement sur la touche à moins d’un an de la future élection présidentielle. Ce lundi, l’ancien président de la République a été condamné à trois ans de prison dont un ferme dans l’affaire dite des « écoutes » par le tribunal correctionnel de Paris.

Aux yeux de la justice, Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et le magistrat Gilbert Azibert se sont rendus coupables de trafic d’influence et de corruption. « Nicolas Sarkozy était le garant de l’indépendance de la justice mais il s’est servi de son statut de président de la République pour gratifier un magistrat ayant servi son intérêt personnel », a déclaré la présidente du tribunal.

Les trois condamnés disposent maintenant de dix jours pour interjeter appel.

Plusieurs voix se sont élevées à droite et à l’extrême droite pour protester contre la sévérité du jugement, la partialité du PNF, tout comme la pauvreté des éléments du dossier contre l’ancien chef de l’État. À gauche et à l’extrême gauche, c’est au contraire la joie et une peine saluée comme exemplaire.

Politiquement, c’est un soulagement pour ses adversaires qu’ils soient de droite ou de gauche. Son retour en politique aurait pu être l’occasion de ressusciter un clivage droite/gauche que populistes et macronistes préfèrent voir mort et enterré.

En effet, 52 % des Français avaient une bonne opinion de l’ancien président de la République au mois d’octobre 2020.

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Nicolas Sarkozy était particulièrement populaire chez les militants de droite car pour beaucoup, il semblait le seul à pouvoir rassembler un parti républicain (LR) éparpillé façon puzzle.

La droite modérée se cherche en effet toujours un leader pour la présidentielle. Selon les sondages, et malgré la popularité relative de Xavier Bertrand, LR n’a pour l’instant pas la force électorale pour changer l’issue du second tour, bloqué sur le face à face Le Pen/Macron.

À gauche, l’image autoritaire et droitière de l’ancien président de la République aurait pu également remobiliser, mais contre lui. La haine que la gauche voue à Nicolas Sarkozy aurait pu ainsi servir de ciment pour la fameuse « union de la gauche » aujourd’hui totalement impossible. Le PS est réduit à l’état de groupuscule, EELV n’est pas populaire en dehors des métropoles et LFI ne décolle pas. Sarkozy aurait pu jouer l’épouvantail « fasciste » comme il l’a fait pour l’élection de François Hollande.

Nicolas Sarkozy trumpisé ?

Alors qu’aux États-Unis l’ancien président Donald Trump échappe au jugement pour impeachment, l’ex-chef de l’État français est condamné. Les ennemis de Trump enragent, ceux de Sarkozy exultent. Les démocrates américains et la gauche française espéraient de la justice une condamnation exemplaire pour barrer la route à toute réélection. Dans les deux cas, l’aventure continue, malgré les affaires.

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