Gamestop, la bourse à portée de mèmes

Gamestop montre le pouvoir de régulation boursière de la foule... Mais en dévoilant sa puissance, il en montre aussi les dangers.
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Gamestop, la bourse à portée de mèmes

Publié le 29 janvier 2021
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par h16

Intéressante histoire boursière que celle de Gamestop et dont on commence tout juste à mesurer les effets sociaux et sur les marchés : en quelques jours, l’action de ce groupe spécialisé dans la vente de consoles et de jeux vidéo physiques a explosé à la hausse, entraînant une certaine panique dans des gros fonds de placement de Wall Street…

La courbe du prix de l’action ne laisse guère de doute : il y a eu comme un mouvement.

Les habitués de la bourse reconnaissent sans mal ce genre de graphiques particulièrement caractéristique d’un « short squeeze » : de façon claire, des fonds d’investissement s’étaient positionnés sur cette action en pariant de coquets montants à la baisse. Malheureusement, le cours a monté et bien au-delà de la variation habituelle que ces fonds étaient capables d’encaisser.

Pour rappel, lorsqu’on parie à la hausse, on achète une action et on attend qu’elle monte. Lorsqu’au contraire, elle baisse, on devra vendre l’action rapidement pour éviter d’accumuler les pertes. Symétriquement, lorsqu’on parie à la baisse, on vend une action et on attend qu’elle baisse. Lorsqu’au contraire, elle monte, on se retrouve à devoir acheter l’action rapidement pour éviter d’accumuler les pertes. C’est ce dernier cas qui s’est produit avec la caractéristique que si une action ne peut pas baisser en dessous de zéro, elle peut, en revanche, monter sans limite ce qui met le fonds qui l’a « shortée » dans une position rapidement délicate.

Même si ce n’est probablement pas dans les habitudes du boursicoteur lambda, ce procédé est relativement classique tout comme l’est aussi la brusque montée (« short squeeze ») lorsqu’une position baissière ne se déroule pas comme prévu.

Ce qui l’est moins, en revanche, ce sont les raisons qui ont présidé à ce mouvement d’une très rare violence dans les annales boursières : en l’espace d’un mois, l’action a ainsi vu son cours être multiplié par plus de 17 (et le rapport s’établit à 58 si l’on revient neuf mois en arrière).

Une bonne histoire nécessite un protagoniste et un antagoniste : l’aventure boursière de Gamestop n’y échappe pas puisqu’au départ (et pour résumer ce qui s’étale en réalité sur plus d’un an et méritera sans doute sa propre adaptation cinématographique) on trouve d’un côté des fonds de gestion, habitués de Wall Street, et gérant des sommes importantes dans des portefeuilles variés, pour lesquels travaillent des douzaines de salariés et d’analystes. De l’autre côté, c’est un groupe (assez important) d’individus inscrits sur la plateforme Reddit, dans le forum « WallStreetBets », dans lequel on échange idées et conseils d’investissements boursiers sur un mode décidément plus proche de 4chan que des terminaux d’investissement Bloomberg.

Ceux que vous placez dans la catégorie protagonistes ou antagonistes n’a pas d’importance : il suffit de savoir qu’il y a quelques mois, deux événements vont avoir lieu. Le premier, c’est la publication de l’analyse détaillée d’Andrew Left, le gérant de Citron Research, un fonds d’investissement, sur les actions Gamestop. Aucun doute pour lui, les cours de cette société vont continuer à baisser : spécialisée dans le jeu physique dans un monde confiné où tout passe au numérique, l’avenir semble en effet très incertain pour cette chaîne de magasin présente aussi dans l’Hexagone sous l’enseigne Micromania.

Le second événement, c’est lorsqu’un habitué du forum WallStreetBets décide de poster sa contre-analyse de l’action : les fondamentaux de Gamestop sont bons, le marché physique du jeu vidéo est effectivement en perte de puissance pour des raisons évidentes mais il y a clairement des opportunités et la société semble vouloir les saisir. Bref, tout n’est pas dit.

Petit-à-petit, en l’espace de quelques mois, les forumeurs, convaincus du bien-fondé de l’analyse fournie, décident d’investir en utilisant les plateformes mobiles sans frais de courtage, de plus en plus utilisées pour ce genre de paris boursiers, comme Robinhood ou Ameritrade. Le cours de l’action commence à monter doucement.

Mi-janvier, Zerohedge, un site d’actualité essentiellement financier, note avec surprise que la valeur est beaucoup shortée et que son cours augmente pourtant.

Les petits achats prudents des habitués de WallStreetBets redoublent : le cours commence à monter. Comme les pertes deviennent plus lourdes à supporter pour les fonds qui ont parié à la baisse, ils se retrouvent forcés à acheter à leur tour, augmentant la pression du cours à la hausse. La courbe prend maintenant des allures gaillardes.

Malin, ZeroHedge en profite pour tenir à jour une liste de toutes ces actions elles aussi pariées à la baisse et dans la ligne de mire des fonds d’investissement : après tout, ce qui est alors en train de se produire sur Gamestop pourrait se reproduire sur d’autres actions, comme Blackberry ou AMC Theatre (une chaîne de cinémas)…

Rapidement, c’est la ruée : alors que les cours de Gamestop continue de grimper de plus en plus vite et de plus en plus haut, d’autres valeurs se redressent, portées par les « short squeeze » que les petits porteurs, coordonnés sur Reddit, provoquent à coups d’applications mobiles de courtage rapide.

Et c’est aussi sans surprise que ces applications s’engorgent complètement, comme les sociétés plus traditionnelles : l’action Gamestop devient, un temps, l’action la plus échangée du monde… À tel point que les plateformes en question jugent utile de fermer l’achat sur les actions concernées, puis de carrément vendre autoritairement les actions pour leur porteurs, en parfaite violation contractuelle (ce qui se terminera probablement par un procès saignant) : apparemment, on peut démocratiser le marché boursier seulement si les petits porteurs restent les dindons de la farce. À la fin, la grosse finance de connivence doit toujours l’emporter, n’est-ce pas.

Parallèlement, les gérants de fonds, sentant le vent du boulet, doivent continuer à liquider leurs positions, avec d’importants dommages pour certains : Melvin Capital a ainsi dû faire appel à Citadel et Point72 pour près de 3 milliards de dollars afin de couvrir ses pertes.

À ce point, l’aventure boursière commence à la fois à faire les gros titres dans la presse (et plus seulement financière) ainsi qu’à mobiliser quelques têtes politiques qui sentent, confusément, qu’un nouveau paradigme boursier est apparu, qu’il ne leur est guère favorable et qu’en conséquence apparaît l’indispensable besoin de fourrer les doigts de l’État dedans.

L’affaire promet encore de nombreux rebondissements : d’autres actions, d’autres marchés s’offrent aux nouvelles masses de spéculateurs organisés en groupe.

Sans grande surprise, ces mouvements de masse sont décriés par certains habitués. Caricaturalement, les pisse-copies de CNN et consorts ne peuvent s’empêcher de voir dans ce renversement des normes établies la marque inévitable du trumpisme, ce qui donne une bonne idée du traumatisme que cause chez eux l’absence soudaine de Némésis facile à vilipender.

Inversement pour d’autres, les forumeurs-boursicoteurs de Reddit distribuent ici des fessées à ces gérants arrogants et ces analystes financiers détachés du réel. Mieux : ce serait un retour au vrai marché, au plus près du peuple, sans intermédiaires.

Cependant, peu de politiciens, encore moins de journalistes ou d’analystes financiers semblent comprendre qu’une partie des comportements observés provient d’un puissant désir de vengeance provoqué par leurs politiques ineptes que le peuple subit depuis des décennies ; beaucoup de ces boursicoteurs n’ont ainsi toujours pas digéré la façon inique dont ont été soldées les agapes de la crise de 2008, par exemple. Ils trouvent là l’occasion de se refaire.

De même, combien de ces politiciens, de ces journalistes et de ces analystes ont-ils réalisé que l’argent qui servait maintenant à massacrer certains fonds était celui qui provenait directement des aspersions invraisemblables d’argent gratuit des autres ces derniers mois ? En termes d’effet indésirable des chèques de stimulus, voilà une illustration croustillante.

Cependant, on devra modérer un peu son enthousiasme devant ce retour de bâton vigoureux tant les dérives potentielles sont inquiétantes.

Ici, pas de doute : les boursicoteurs agissent ici pour sauver une enseigne qu’ils estiment suffisamment valable pour y mettre un peu de leur capital, et ce au détriment douloureux de certains fonds qui se trouvent rincés dans l’opération. Tout est légal, et que certains analystes, certains gérants se soient fait attraper dans leur trop grande prise de risque, tant mieux : c’est exactement à ça que sert le marché et cette foule agissante.

Mais qui peut garantir que cette même foule, ces mêmes boursicoteurs, ne seront pas un jour appelés en renfort pour faire exactement l’inverse, à savoir parier massivement à la baisse et tenter de mettre en faillite telle ou telle entreprise dont (exemple totalement choisi au hasard) le patron aura émis un avis politiquement incorrect, aura fait un choix légitime et argumenté mais qui aura déplu à ces groupes ?

Peut-on vraiment se réjouir de cette potentialité effrayante non pas d’une nouvelle « démocratie des marchés » – rêve humide de certains naïfs comme on en trouve des trouzaines en France – mais bien d’une pure ochlocratie, démonstration parfaite de la puissance dévastatrice de la foule lorsqu’elle pert toute rationalité ?

Bien sûr, le marché ne doit surtout pas être limité à une élite ; et oui, évidemment, chacun doit se l’approprier, autant que possible. Cette histoire montre à quel point des individus correctement informés sont capables de déplacer (ou dissoudre ?) des montagnes, de renvoyer les « analystes » à leurs études et de filer quelques claques méritées aux politiciens et aux grands médias.

Mais comme toute technologie, comme tout nouveau comportement, il faut prendre conscience, dès maintenant, des risques qu’ils comportent intrinsèquement.


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  • Le risque que des gauchos utilisent la bourse pour punir un patron pas écolo compatible me semble faible. C’est comme imaginer des socialistes essayant de faire de la justice sociale en utilisant le libéralisme, parce que tel pays l’a fait et que les pauvres se sont enrichis. Et si les socialistes commencent à shorter en bourse, bientôt ils commenceront à vouloir y gagner de l’argent et à être en faveur des entreprises.
    Le jour où nos politiciens investiront leur propre argent en bourse, eh bien c’est qu’on aura changé de politiciens…

    • « Le risque que des gauchos utilisent des plateformes de réseau social pour punir un quidam ou un président me semble faible »
      etc…

    • Toute arme est bonne à prendre, quel que soit le bord politique : les usa ont inventé puis utilisé la bombe atomique et immédiatement après l’urss s’en est dotée. Je ne vois pas pourquoi des socialistes du camp du bien ne serait pas capable d’organiser un tel raid. La seule différence pour l’instant c’est que reddit et 4chan ne sont pas encore envahis par ces personnes là au contraire de Twitter par exemple.

    • Le « truc » surtout c’est que la vente à découvert est réglementée, il faut pour pouvoir emprunter des titres et les vendre ainsi provisionner des « appels de marge » au fur et à mesure que le cours monte ou descend, et les pertes sont potentiellement illimitées. Donc autant des individus, de gauche ou de droite peuvent facilement se dire « je mets 50€ pour pourrir la vie du vendeur à découvert » autant faire baisser le cours d’une boite parce que le patron est ci ou ça, coute plus cher, est plus compliqué (je doute que l’on puisse shorter sur robinhood) et a moins de chance de marcher (il ne suffit pas d’avoir un bon timing).
      Bref, je dirais bien que s’ils veulent punir un patron pas « éco-compatible » ou suffisemment pro « LGBT-avortement-féminisme-etc », le simple boycott (ou juste la menace de boycott) des produits est plus efficace et moins risquée. Par contre ils peuvent « punir » les shorters comme les « wallstreetbets people »… A ceci près que s’il y a assez de gens qui pensent, de l’autre coté que la boite en question mérite vraiment d’être moins chère, ils y perdront aussi potentiellement pas mal.

  • « ce qui se terminera probablement par un procès saignant »
    Avec le recul sur la crise de 2008, je ne suis pas certain que ce sera le cas. En tout cas, cet évènement ne sera abordé par la presse française mainstream.
    Le microcosme français ne sera pas informé des faiblesses majeures de la finance classique (de connivence) face au BTC.

    • Ecoute BFM Business plutôt que les media mainstream

      • BFM Business ? mais c’est du media mainstream ça !

      • Cnews, bfm etc en ont parlé, mais aussi en avant-première certains forums français dont un assez bien connu pour d’autres actions similaires (JVC, l’équivalent français de reddit plus ou moins, peuplé essentiellement de « gamers » mais pas que).

      • Je suis assez d’accord avec vous, aussi du fait qu’à l’heure de mon petit déjeuner, c’est la seule émission qui ne me bloque pas ma tartine de munster trempée dans le café au lait au travers de ma gorge…

        Malheureusement, en attendant les Alaskiens et les restaurations de ‘muscle cars’, il n’y a plus rien de la journée.

        L’intérêt de BFM Business est de donner systématiquement la parole à des chefs d’entreprise ou des représentants des corporations, et on en apprend beaucoup pour qui sait écouter.
        De plus, je ne louperais pour rien au monde les interventions de Jean Marc Daniel qui aurait toute sa place ici sur Contrepoints.

  • Ça fait plaisir ce genre de chose l’arroseur arrosé , les shorters sont une vraie plaie, un cancer pour la bourse et nos bourses… et la mienne. .

    • Ce sont juste les artisans nécessaires de la loi du marché. Et comme le dit l’article, il serait facile de limiter leurs interventions aux cas où les valeurs sont surévaluées, si les petits intervenants étaient nombreux et conscients de la nécessité de se livrer eux-mêmes à leurs analyses (et si la fiscalité ne les punissait pas parce qu’intervenir en bourse, ce serait mériter des taxes et impôts).

      • Les vadeurs n’ont aucune utilité économique et l’existence même de la vente à découvert est une bizarrerie comptable. Imaginez que quelqu’un vende votre voiture dans votre dos et doive la racheter plus tard quand vous en avez besoin, en quoi cela vous bénéficie ? Pire elle a perdu de sa valeur au passage.

        • justement, vendre à découvert une voiture neuve commandée avec telle ou telle option et livrable 3 semaines après la vente, n’est ce pas le métier courant de chaque concessionnaire automobile ?

          • Superbe exemple ! Exactement ! Que des intermédiaires soient prêts à vendre un bien qu’ils n’ont pas, mais qu’ils savent pouvoir se procurer dans les délais, c’est nécessaire au fonctionnement non chaotique du marché, à la confrontation effective des offres et des demandes. Ensuite, la gestion du risque par ces intermédiaires peut présenter des lacunes, lacunes qui doivent être corrigées et qu’il est salutaire de voir de temps à autre leur coûter cher. Ca n’est pas une raison de remettre en cause l’existence même de ces intermédiaires.

        • Le shorting ne se fait pas « dans le dos » de qui que ce soit. Pour shorter, il faut louer l’action. On la loue avec un loyer qu’on cesse de payer à les restitution de l’action. Après il y a les complexités avec les appels de marge l’effet de levier etc… mais en gros, sauf à ce que le locataire de l’action shortée fasse faillite, le loueur gagne de l’argent, surtout s’il avait prévu de garder l’action. Que celle ci monte ou baisse, si le loueur de l’action encaisse des primes en plus, il gagne quasi à chaque fois plus que s’il avait juste gardé l’action sur son portefeuille.
          Et ça, ça apporte une chose à laquelle vous ne pensez pas dans votre raisonnement: La liquidité. Grâce à ces entreprises, les transactions sont plus faciles à éxécuter parce que des actions qui auraient dû être thésaurisées et donc pas sur le marché, sont maintenant échangeables. Grâce au shorting on peut donc contrer les phénomènes de cavalerie déguisées, on augmente la quantité de capital nécessaire à une manipulation des cours à la hausse. En effet, pour faire une opération de manipulation à la hausse (Coup classique: des gros actionnaires s’entendent pour ne pas vendre et procèdent à des achats réguliers d’un titre quoté. Il y a une demande (la leur) qui n’arrive pas à être satisfaite à cause d’une rareté artificielle induite par leur refus de vendre. En se synchronisant , ils peuvent faire bondir le cours. C’est un peu ce qu’on fait ceux qui ont bolossé les shorteurs, mais dans l’autre sens: Au lieu de s’entendre entre pauvres pour contrer une stratégie de shorting, certain s’entendent entre riches pour initier une action manipulation à la hausse. C’est boader line aussi comme opération. Mais c’est pas grave tant que des gens peuvent shorter. Ce qui serait bon ce serait que le shorting soit plus accessible aux petits porteur. Ainsi, en s’assemblant dans des grosses communautés, les cityoens pourraient aussi exprimer leur désaccord face à une entreprise qu’ils jugent néfaste. Ainsi on pourrait imaginer des citoyens outrés par une marée noire, sanctionner BP ou Total, en gagnant de l’argent au passage. Les mee too et compagnie auraient eu bien plus de succès en provoquant des shortings massifs d’entreprises qu’il jugent Matcho. Le shorting c’est aussi à ça que ça sert: A calmer les ardeurs des titres qui s’emballent au dela du raisonnable. En facilitant le shorting, on combat les bulles spéculatives bien mieux qu’avec des régulations.

    • les shorters permettent aux prix de s’ajuster plus vite à la baisse… Ils gagnent de l’argent en augmentant l’efficience informationnelle des prix. Bref, ils sont en général plus utiles au marché en général que les petits porteurs qui sont plus souvent « suiveurs » ou « noise traders » et ont au contraire tendance à réduire l’efficience par des comportements moutonniers…

  • J’ai eu peur, j’ai cru que c’était la courbe des morts du covid

  • Assez plaisant en effet.
    Mais la dérive « politiquement correct » des derniers paragraphes me parait plus improbable.
    En effet le risque de jouer baissier pour nos SJW boursicoteurs qui viseraient la faillite de tel ou tel, préalablement blacklisté, est signalé par h16 lui même : c’est que si la big finance détecte ça, elle s’empressera avec délectation de faire monter les cours massivement et ainsi dynamiter les petits porteurs obligés de vendre en panique et qui supporteront beaucoup plus difficilement la couverture que des hedge funds capables d’emprunter par milliards.
    Ou bien je n’ai rien compris (ça se peut aussi) ?

    • Ce que vous décrivez est tout à fait possible, comme l’inverse (aucune réaction des gros fonds qui sentent qu’il y a trop à perdre politiquement par exemple). Mieux : une grosse société voit un groupe de boursicoteurs s’acharner à la baisse, attend que l’action soit au plus bas, et fait une OPA hostile à pas cher. Cela peut avoir des répercussions importantes (à tous niveaux).

      Je pointe simplement un risque. Il ne s’agit ni d’une certitude, ni de quelque chose qu’il conviendrait d’empêcher, interdire, ou que sais-je.

      • Je ne crois pas que cela pourrait marcher la valorisation se rectifierait dès l’OPA annoncée avec un énorme risque de squeeze à la sortie pour les shorters.

    • Je verrais ces SJW être plutôt les idiots utiles. Si d’aventure, certains parmi eux avaient les compétences pour boursicoter, ils serviraient plutôt de proxy à quelques grosses huiles de Wall Street…à l’insu de leur plein gré.

    • Non car par exemple si 10k personnes peuvent se permettre de perdre 500€ sur un tel « move » peut-être que des hedge fund de taille moyenne positionnés « à l’opposé » ne peuvent se permettre d’encaisser une telle perte sur un actif, ce qui les oblige à acheter (dans le cas de ce qui s’est passé) puis effet boule de neige… sans parler du fait que les algos de trading ne sont probablement pas encore prévus pour une telle attaque (en particulier s’ils ont été conçus par machine learning). Donc moralité il est probable que ce se repasse comme ça mais en moins violent certainement

  • Je dois avouer que je m’y connais trop peu en contexte et en opérations boursières pour savoir qui est au final le dindon de la farce (même si on semble se diriger vers une victoire à la Pyrrhus, quelque soit le camp).

    Cependant, je ne peux qu’apprécier de voir les capitalistes de connivence et autres requins obligés de baisser leur pantalon, de vider leurs poches, et de mettre toutes leurs cartes truquées sur la table, au vu et au su de tous : collusion entre plate-formes de trading et fonds financiers, incidents techniques « providentiels », blocage des achats et ventes forcées, opérations après la clotûre, ventes en catimini, déformation et diffamation, etc.

    • C’est plus compliqué que ça. En particulier, ne voyez pas de collusions là où certains exploitent la prévisibilité de certains comportements en face de risques. Les brokers sont obligés de permettre à leurs clients de prendre des risques significatifs qu’ils partagent, tant qu’ils demeurent dans une certaine limite, sinon le client va chez le concurrent. Et les acteurs savent pertinemment où est la limite, donc si la dépasser entre dans leurs possibilités et leur intérêt, ils la dépassent et le broker réagit comme anticipé. Ca n’est pas de la collusion. Idem pour les incidents techniques providentiels, ça n’est pas « je suis à la ramasse, je vais créer un incident technique dans mon système », c’est « un incident m’arrangerait, je vais mettre la pression sur le système là où il est fragile ». De la manipulation de victimes plus innocentes qu’il n’y paraît, et non de la collusion avec des moins victimes qu’il n’y paraîtrait. Je vous concède que le résultat diffère peu…

  • Merci pour ce passionnant article

  • Que ces vautours arrogants se soient pris une méchante fessée par des « sans-dent », c’est particulièrement jouissif vu la façon qu’ils ont de traiter les entreprises en général et les petits porteurs en particulier. Pour une fois, ils ont été battus à leur propre jeu, en suivant les règles qu’ils ont eux-mêmes édicté. Ce qui a eu le mérite de montrer à quel point ils sont peu enclin à prendre des risques finalement puisque plusieurs gérants de fonds demandent maintenant une réglementation pour éviter ce genre de situation à l’avenir. Il est quand même assez cocasse que des gens qui ne vivent que sur les failles du système exigent une réglementation protectrice. Voilà qui en dit long sur leur véritable appréciation du marché « libre » qui se borne au final à « Pile je gagne, face tu perds ». J’avoue être très surpris par la dernière partie de l’article, : « Bien sûr, le marché ne doit surtout pas être limité à une élite. MAIS… » Nonobstant que tout ce qui vient avant un « mais » n’a généralement aucune valeur, cela donne l’impression que tout bien considéré, il serait bon que les opérateurs de marché restent dans un confortable entre-soi et que autres ne sont là que pour se faire tondre. J’espère me tromper sur ce point d’autant qu’en l’espèce, les forumeurs-boursicoteurs se sont contentés d’acheter des titres, ce qui est positif à la fois pour eux et la société dans laquelle ils investissent, alors que shorter ce titre n’avait d’autre raison que de faire du fric facile (du moins c’était le plan) en précipitant sa chute. Sur le plan création de valeur pour l’actionnaire, on a vu mieux.

    • Pas forcément du fric facile, mais du moins la décision que cette société devait mourir. C’est peut être le plus dangereux dans l’histoire, que ce genre de fonds décident de vie ou de mort d’un société.
      Evidemment, ils ne vont pas le faire avec des sociétés zombies vertes de la transition énergétique, au contraire ! 😀

    • « Que ces vautours arrogants »

      Vous ne devriez pas ça fait looser envieux.

  • La joie qui suinte des commentaires me semble un peu mal placée : comme l’avait démontré Warren Buffet, les hedge funds sont, à terme, moins rentables que l’investissement en fonction des personnalités dirigeantes des entreprises et des projets qu’elles portent, et les seuls qui s’en tirent vraiment bien dans les hedge funds sont leurs dirigeants*. Ici aussi, ce sont les investisseurs dans ces fonds qui sont les dindons de la farce.

    Pour le fondateur-gérant de Melvin Capital ( et les autres ) : « Plotkin earned some $300 million in compensation in 2017 making him the 20th highest paid hedge fund manager that year »

    • C’est le fait que des gros fonds professionnels se fassent battre à leur jeu par des petits épargnants amateurs qui fait la joie des commentaires !
      Mais comme l’article le souligne, cette pratique montre bien la limite du système et qu’à l’inverse, ce genre de groupes pourraient tout autant faire tomber des sociétés. Donc en effet, une régulation serait pas mal (mais comment, car la pratique est tout à fait légale et logique dans le système !)

  • Je n’ai pas suivi « l’affaire », mais tel que décrit par h16, cela ressemble à un effet de foule.

    Dans la physique et l’ingénierie, quand on part en saturation ou en emballement, c’est mort : les règles changent, le système n’est plus opérationnel, on fait un reset ou un reboot.

    Comment fait on un reset ou un reboot quand on fait de l’ingénierie sur des « sciences sociales » non maîtrisées et qu’on n’a pas prévu la situation : procès, perte de crédibilité, émeutes …

    Nos scientologues de la « volonté politique » devraient en prendre de la graine.

  • Mélangez :
    – des océans d’argent fraîchement imprimé, en veux-tu-en-voilà, hop ! c’est gratuit
    – des produits dérivés sans plus aucun rapport avec la réalité des sous-jacents (acheter des actions en direct, c’est ringard, c’est pour les boomers qui n’ont rien compris au monde nouveau enchanté)
    – des effets de levier démentiels accessibles depuis de simples apps smartphoniques
    – des conseils douteux, à la limite de la légalité, du type gamma squeeze
    – une philosophie à deux (trous de) balles anti-VAD comme motivation de la foule
    – une philosophie concurrente de pseudo-professionnels qui se prennent pour l’élite, qui se croient intelligents et tout permis alors qu’ils se laissent porter sans effort par des marchés de flux depuis plus d’une décennie, en pleine connivence avec des politiciens au pouvoir suite à des élections truquées
    – des précédents éminemment suspects non sanctionnés, entre autres la récente spéculation sur Tesla, mais pas que
    – des valorisation absurdes, y compris sur les principaux indices et valeurs, des marchés interdits de correction, des banques irresponsables, des économies copieusement zombifiées, des Etats hyperendettés
    – au passage, merci les banques centrales et les Etats obèses, les véritables coupables à l’origine de la situation

    Agitez fort, histoire que les deux camps se cognent la tête contre les murs.

    L’extrême volatilité marque les récessions majeures. Le temps va venir où tout ce petit monde absurde va se retrouver au tapis, pour de bon. Retour au réel, rugueux à souhait, avec pleurs et grincements de dents. Pour ceux qui ont encore deux doigts de bon sens, un petit tour aux abris ne paraît pas superflu.

  • comme précisé dans l’article, tout ceci est rendu possible du fait des « stimuli » gouvernementaux c’est à dire de la planche à billet qui fonctionne à plein régime. Dans un monde ou l’argent serait rare et cher et lié à la valeur travail, le risque de voir de telles dérives serait quasi nul. Ce sont donc bien le socialisme et l’état qui rendent ces dérives possibles.

  • C’est sur que ça commence à mettre le bazar, ces attaques de masse de particuliers, ils commencent déjà à parler d’attaquer le marché de l’argent : https://www.zerohedge.com/markets/reddit-preparing-unleash-worlds-biggest-short-squeeze-silver

  • Il ne faut pas non plus faire trop avec cette histoire. Oui demain ça sera terrible, oui il y aura des crises, des guerres et il pleuvra. En attendant, on est simplememnt en face d’un phénomène nouveau par ses moyens mais que le système va gentiment digérer et certainement pas symptomatique de quoi que ce soit, sauf à vouloir aligner artificiellement les étoiles.

  • D’une certaine manière, toute personne qui emprunte de l’argent et espère que l’inflation rognera son emprunt, est en train de shorter la monnaie. Shorter c’est normal.

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