Dumas à l’écran : le comte de Monte-Cristo

Gankutsuou: The Count of Montecristo-Trailer Youtube- Capture d'écran

À l’occasion de l’anniversaire de la disparition de ce merveilleux conteur, voici un petit panorama des adaptations de son œuvre au cinéma. Aujourd’hui, le comte de Monte-Cristo.

Par Gérard-Michel Thermeau.

Monte-Cristo : qui connaitrait le nom de cette île méditerranéenne sans Alexandre Dumas ? Dumas est mort le 5 décembre 1870, il y a 150 ans. À l’occasion de l’anniversaire de la disparition de ce merveilleux conteur, je vous propose un petit panorama des adaptations de son œuvre au cinéma. Aujourd’hui, le comte de Monte-Cristo.

Edmond Dantès, dit Monte-Cristo, est incontestablement, après d’Artagnan, le plus populaire des personnages créés par Dumas. Ce personnage de vengeur tout-puissant, qui se prend pour Dieu, devait connaître une longue postérité aussi bien littéraire que cinématographique, du Mathias Sandorf de Jules Verne à V pour Vendetta. Et Nietzsche lui-même aurait pu intituler son manifeste du surhomme : Ainsi parlait Monte-Cristo. Cela aurait été plus honnête.

Monte-Cristo et l’histoire

Si d’Artagnan était, du moins à l’origine, un personnage réel, Monte-Cristo relève davantage de la fiction. Certes, le point de départ reposerait sur une « histoire vraie » : la vengeance du cordonnier Pierre Picaud. Certains ont également souligné l’étonnante ressemblance entre le destin de Dantès et de Louis-Napoléon, deux évadés devenus tout-puissants. Mais comme le notait Wilde, la réalité s’inspire toujours de la fiction.

Le roman s’inscrit par ailleurs dans un cadre historique des plus précis. En 1815, au moment où Napoléon s’apprête à revenir de l’ile d’Elbe pour Cent Jours, un jeune marin promis au plus bel avenir et prêt à épouser la femme qu’il aime se retrouve faussement accusé de complot et jeté dans un cachot. Au château d’If, il rencontre l’abbé Faria, personnage qui a existé, qui va l’instruire, lui révéler l’existence d’un fabuleux trésor et lui permettre de s’évader.

Une vision noire de la Monarchie de Juillet

Libre et riche, Dantès devenu le comte de Monte-Cristo va exercer sa vengeance aux beaux jours de la Monarchie de Juillet. Le roman offre une vision noire des élites sous Louis-Philippe, le « roi bourgeois»  : tout n’y est que faux-semblant, corruption et vice. Les réputations y sont usurpées et la réussite sociale le fruit de la scélératesse.

Comme les trois mousquetaires, les trois ennemis de Dantès sont quatre. Aussi les adaptateurs tendent-ils à sacrifier, soit Caderousse (côté hollywoodien), soit Danglars (côté français). Au cinéma, les innombrables personnages et le caractère foisonnant de l’intrigue sont réduits à quelques situations, toujours les mêmes.

La première partie du roman, l’innocent jeté au cachot, sa rencontre avec l’abbé Faria et son évasion du château d’If est toujours fidèlement respectée. C’est après que cela se gâte, la moitié de la durée du métrage étant atteinte. La vengeance y est donc fortement simplifiée. Et la tentation du happy end est forte. Seule la télévision a permis des adaptations plus nuancées.

Monte-Cristo adapté dès le muet

Dès l’époque du muet, 14 adaptations étaient réalisées en France, aux États-Unis et en Italie. Ce ne sont plus guère que des titres à deux exceptions près1.

En 1922, John Gilbert campait le personnage dans une adaptation relativement fidèle de la trame générale du roman signé par l’obscur Emmett J. Flynn. Les costumes étaient aussi délicieusement fantaisistes que les moustaches et la barbichette Napoléon III du perfide Villefort. Assez convaincant en Dantès, Gilbert revêtait successivement l’apparence de l’abbé Busoni et du comte.

Le cinéphile reconnaîtra en Bertuccio, George Siegmann, l’odieux mûlatre de Naissance d’une Nation et en Villefort, Robert McKim qui avait campé le méchant capitaine affrontant Douglas Fairbanks dans la Marque de Zorro. D’ailleurs, un duel à l’épée oppose le procureur à Monte-Cristo permettant aux deux acteurs de prouver leur capacité d’escrimeur.

La morale hollywoodienne amène l’inévitable retour de Dantès auprès de Mercédès tandis qu’Haydée tombe dans les bras d’Albert de Mortcerf. Les jeunes vont avec les jeunes et les « vieux » restent ensemble.

La fresque d’Henri Fescourt

À la fin du muet (1929), l’habile Henri Fescourt devait réaliser une adaptation française aussi fantaisiste que divertissante en deux parties de deux heures chacune. Jean Angelo, erreur de casting, n’avait cependant pas vraiment le physique du personnage. Le côté « Sinbad le Marin » souvent peu exploité sur les grands écrans, était ici mis à l’honneur. Monte-Cristo s’y présentait comme quelque prince oriental auquel la rondeur de l’interprète donnait une certaine bonhommie.

L’influence du cinéma « impressionniste » en général et de Marcel L’Herbier en particulier se faisait sentir. Le jeune Albert de Morcerf (Pierre Batcheff), en proie à des substances étonnantes, se retrouvait dans l’étrange palais oriental de l’île de Monte-Cristo. Surimpression et visions abstraites témoignaient combien le cinéma commercial s’appropriait aisément les audaces avant-gardistes au service d’une narration traditionnelle.

L’interprétation était plutôt de qualité avec des méchants intéressants (Jean Toulout en Villefort et Gaston Modot en Morcerf). Le muet avait une grande qualité. Il n’était nul besoin d’y doubler les acteurs étrangers en l’occurence allemands : Lil Dagover (Mercédès au jeu quelque peu « expressionniste ») et Bernard Goetzke (sous le système pileux de l’abbé Faria on peut reconnaître le procureur affrontant Mabuse chez Fritz Lang).

Cette version Art déco impressionne en tout cas par ses décors somptueux et offre une vue du Vieux port de Marseille qui a pris aujourd’hui valeur documentaire.

Monte-Cristo et Vendetta

Aux États-Unis, le film de Rowland V. Lee, première version parlante (1934), avec le sympathique Robert Donat, sert de référence aux Anglo-saxons. Réduit aux dimensions d’un long métrage de 113 minutes, le roman y était (très) fortement remanié à la différence de la version de 1922. Un grand nombre de personnages passèrent à la trappe.

Le moralisme hollywoodien sévissant toujours réduisit Haydée à un rôle de quasi-figuration pour faire de Monte-Cristo l’homme d’un seul amour. Un inévitable happy end réunissait Dantès et Mercédès.

Le succès fut tel que des « suites » furent tournées. Un Fils de Monte-Cristo (sorte de Zorro dans les Balkans) puis un Retour de Monte-Cristo ne devaient plus à Dumas que le nom du personnage.

Des extraits du film de 1934 apparaissent dans V pour Vendetta (James McTeigue, 2006). Le justicier masqué V tient à la fois de Monte-Cristo et du Fantôme de l’Opéra. On comprend ainsi sa prédilection pour Edmond Dantès, l’apôtre de la vengeance. En italien, ne dit-on pas vendetta ?

Enfin Pierre Richard-Willm vint

À la différence de d’Artagnan, Dantès a connu une incarnation idéale avec Pierre Richard-Willm pour qui le rôle semblait écrit. Cet acteur modeste et discret, un peu oublié aujourd’hui, qui cessa sa carrière cinématographique à la fin des années 1940, est le seul à rendre parfaitement les deux aspects du personnage. Il combine la naïveté juvénile de Dantès et la froide résolution de Monte-Cristo.

Robert Vernay réalisait ainsi, en 1943, la seule version française d’esprit romantique du fameux roman sur un scénario de Charles Spaak. L’adaptation en deux parties, d’une durée totale de trois heures, simplifiait considérablement le roman, l’édulcorait pour la rendre tous publics et, ce qui est plus dommageable, supprimait le personnage de Danglars.

Un film typique de l’Occupation

Aux côtés des toujours excellents Aimé Clariond (Villefort), Marcel Herrand (Bertucio), Alexandre Rignault (Caderousse) et Louis Salou (le journaliste Beauchamps), André Fouché donnait un certain relief au personnage de Benedetto. Les dames, parfois le point faible du cinéma français de cette époque, n’étaient pas en reste. Michèle Alfa en Mercédès et la trop sous-estimée Lise Delamare en Haydée incarnaient parfaitement ces deux personnages essentiels.

Monte-Cristo et Mercédès dans la version de 1943 — inconnu,

Dans ses décors de carton pâte, le film était typique d’un cinéma de l’Occupation tourné vers le passé mais non sans clin d’œil au présent.

Pour des raisons de disponibilité d’Ermete Zacconi, gloire du théâtre italien, les séquences au château d’If avec l’abbé Faria devaient être tournées en dernier dans des conditions éprouvantes pour Richard-Willm qui l’évoque dans ses mémoires. Le vieil Italien surclasse, il est vrai, tous les autres abbés barbus et fourbus de la filmographie.

L’heure de la télévision a sonné

Le même réalisateur devait en donner une seconde version moins satisfaisante en 1953 avec Jean Marais qui n’était pas vraiment fait pour le rôle. L’acteur, comme Angelo en 1929, conservait la même apparence physique en Dantès et en Monte-Cristo rendant d’autant plus incompréhensible la myopie de ses ennemis.

Ceux-ci étaient incarnés par des acteurs estimables mais sans beaucoup d’envergure : Roger Pigaud, Daniel Ivernel et Jacques Castelot. Un juvénile Jean-Pierre Mocky jouait Albert de Morcerf.

Ce film routinier n’est certes pas désagréable à regarder par ailleurs mais bon, il lui manque quelque chose. Claude Autant-Lara, plombé par un scénario d’une grande médiocrité, devait faire pire en 1961, le fade Louis Jourdan jouant Dantès. L’heure de la télévision avait décidément sonné.

Monte-Cristo vu par les Italiens

Du côté du petit écran, le Monte-Cristo d’Edmo Fenoglio réalisé en 1966 est très largement supérieure à toutes les autres versions que je connaisse. Il est malheureusement réservé aux italophones.

J’ai découvert cette très curieuse et très romantique adaptation de la télévision italienne (RAI) sur YT. Elle est composée de huit épisodes de durée variable, mais qui dépasse les 8 heures au total. Comme il était d’usage à l’époque des « grandes heures » de la télévision, cette production a des allures de théâtre filmé, même si la caméra est très mobile.

Elle compte peu de séquences d’extérieurs. Parmi celles-ci, les séquences sur le bateau des contrebandiers et dans l’ile de Monte-Cristo. Pour compenser ce côté théâtral, la réalisation privilégie les plans très rapprochés, les gros plans, voire les très gros plans ajoutés au montage.

Andrea Giordana est un Edmont Dantès très joli garçon qui conserve son apparence juvénile (l’acteur avait 22 ans !) sous ses divers déguisements barbus : Busoni, lord Wilmore (encore plus fortement barbu) et Monte-Cristo. Grand et mince, ce Monte-Cristo domine la plupart de ses partenaires qui doivent reconnaître sa supériorité en étant obligé de lever la tête.

On chante et on danse

Même si le roman est globalement respecté, on sent le souci des adaptateurs de chercher quelquefois l’originalité à tout prix. Là où Louis XVIII lisait un volume d’Horace en apprenant le retour de Napoléon de l’ile d’Elbe, nous avons un roi d’une minceur surprenante qui goûte les plats dans les cuisines des Tuileries.

On est également un peu surpris de voir George Sand faire la causette avec le général de Morcerf. Le vieux Noirtier, loin d’être réduit au silence par le syndrome d’enfermement, se révèle ici un bavard impénitent. Les acteurs italiens devaient sans doute être payés à la ligne de dialogue.

On danse beaucoup (et longuement) dans cette version et ce dès le repas de fiançailles d’Edmond et de Mercédès. Le début de la quatrième partie, très viscontienne, cite directement le Bal du Guépard avec le quadrille des danseurs passant de salon en salon, main dans la main.

On y chante aussi, en italien et en français. Comme nous sommes chez les Italiens, le pseudo-vicomte (et non prince comme dans le roman) Cavalcanti séduit Eugénie Danglars en interprétant avec elle le duetto de Don Giovanni : Lasci darem la mano.

Une belle distribution

En dépit de sa durée, cette version pratique de nombreuses coupes et recourt à plusieurs ellipses dans la narration. Ainsi les mésaventures d’Albert de Morcerf à Rome sont-elles rapidement résumées dans un dialogue par le jeune homme.

Laissant paradoxalement de côté presque tous les événements situés à Rome, cette adaptation italienne se concentre sur les épisodes parisiens. Ils donnent lieu à de longues séquences très dialoguées tournées dans les conditions du direct.

Ferdinand Mondego, une fois n’est pas coutume, trouve en Alberto Terrani un acteur de belle prestance. Le baron Danglars n’est pas moins soigné avec Achille Millo. Le Villefort raide d’Enzo Tarascio reste plus en retrait.

La génération des enfants est davantage mise en valeur que dans d’autres adaptations, surtout les figures de Maximilien, Valentine et Albert. L’amitié entre Monte-Cristo et le jeune Albert de Morcerf (Ruggero Mitti) est particulièrement développée. Elle donne d’autant plus de poids à la belle séquence du duel, dans un petit matin brumeux, où le jeune homme vient s’excuser publiquement.

Le moment attendu où Mercédès vient supplier son ancien amoureux d’épargner son fils est d’une intensité dramatique peu commune. Giuliana Lojodice restera la meilleure Mercédès sans doute tandis que Fulvia Mammi impose une terrible Mme de Villefort.

Un Monte-Cristo glacial

Il y a peu à dire des autres adaptations télévisées.

Avec la mini-série de Denys de la Patellière (1979), on restait proche du roman, Jacques Weber donnant toute la dimension vampirique du rôle. Edmond Dantès quelque peu amorphe, il se métamorphose ensuite en un Monte-Cristo vraiment glacial. Glacial, le mot convient.

Après le feu des Italiens en 1966, voici la glace des Français treize ans plus tard. Filmé à distance, cette adaptation atone, froide, morne et plate ne suscite guère l’enthousiasme.

Les acteurs se déplacent et jouent comme des figures de cire dans de beaux décors intérieurs (portugais). La distribution brille par son insignifiance, à l’exception peut-être de Roger Dumas en Danglars. Ni Claude Brosset en Caderousse, ni Manuel Tejada en Fernand et moins encore le fade Jean-François Poron en Villefort ne donnent beaucoup de relief à leur rôle de crapules.

Le choix de privilégier les plans moyens et les plans de demi-ensemble ne facilitent guère l’empathie du spectateur. Les acteurs étrangers, peu charismatiques physiquement, sont par ailleurs pauvrement doublés. Aussi remarque-t-on le très épisodique père Cavalcanti qui bénéficie de la voix de Roger Carel, le seul à mettre un peu de vie dans cette approche compassée.

Navets d’ici et d’ailleurs

Plus détaillé que la plupart des autres adaptations, fidèle à la lettre à défaut de l’esprit, ce feuilleton est cependant bien supérieur à la dernière version télévisée catastrophique concoctée par le duo Josée Dayan-Gérard Depardieu (1998).

L’acteur, qui traversait les basses eaux de sa carrière, était résolu à faire de Monte-Cristo un « bon vivant », ce qui témoignait de son incompréhension du personnage. Dumas était remouliné au goût des années 1990 par un Didier Decoin qui s’est cru meilleur écrivain que le créateur de l’œuvre. Les audaces du roman étaient écartées au profit de pseudo-provocations qui étaient autant de pétards mouillés.

Côté anglo-saxon rien de bien enthousiasmant à signaler.

Un téléfilm de David Greene (1975) avec l’insupportable Richard Chamberlain réunissait dans le rôle des méchants, Louis Jourdan, Tony Curtis et Donald Pleasance. Les trois lascars cabotinaient à qui mieux mieux. Louis Jourdan, qui avait interprété Dantès en 1961, passait de l’autre côté de la barrière dans le rôle de Villefort. Son père de fiction, Noirtier était un bonapartiste mais pas du bon empire, affligé qu’il était d’un système pileux digne de Napoléon III. Le tout était à l’avenant dans cette « reconstitution » tape à l’œil et, au fond, d’une banalité affligeante.

Signalons encore un film réalisé en 2002 par Kevin Reynolds (La Vengeance de Monte-Cristo) qui n’ajoute guère ou pas grand chose. Ah si, l’abbé Faria devient un expert en arts martiaux et Albert se révèle le fils d’Edmond Dantès. Où va se nicher le puritanisme hollywoodien sous sa forme modernisée. Bref, hum…

Monte-Cristo ou Gantkoutsuou

Alors est-ce bien tout ?

En cherchant bien, nous trouverons les Japonais. Férus de littérature occidentale, ils ont adapté grands et petits classiques sous forme animée, la plupart destinée à un jeune public. Il n’en va pas de même avec La série Gankoutsuou (2004) qui se révèle l’une des plus intéressantes transpositions du roman. Elle montre qu’on peut rester fidèle à l’esprit de Dumas tout en faisant œuvre originale.

Son réalisateur Mahiro Maeda a travaillé d’abord au studio Ghibli (Nausicaa, Le Château dans le Ciel et Porco Rosso). Le titre étrange de cette série télévisée d’animation de vingt-quatre épisodes de 25 minutes peut être traduit par le Roi de la Caverne.

L’histoire originale est transposée dans un univers techno-futuriste, au 51e siècle. Nous sommes donc en 5053. Ce futur se combine néanmoins avec des éléments (vêtements, architecture, véhicules) empruntés au XIXe ou au XXe siècle français.

Chaque épisode s’ouvre sur un prologue récité en français qui offre un petit résumé de l’action. La chanson du générique de début est une adaptation de l’étude « Tristesse » de Chopin par Jean-Jacques Burnel du groupe Stranglers. Chopin chanté faux en anglais par un francophone cela fait tout drôle. La musique classique tient d’ailleurs une grande place dans cette histoire. À l’opéra, le comte, par exemple, écoute « Nonnes qui reposez » du Robert le Diable de Meyerbeer.

Originale mais fidèle

La principale originalité de cette version tient à son point de vue. Il est centré sur Albert de Morcerf et la jeune génération. Les enfants des crapules et leurs amis sont des adolescents qui regardent d’un œil critique leurs parents. La première partie du roman avec les mésaventures d’Edmond Dantès est ainsi évacuée au profit de la vengeance de ce personnage ténébreux.

Mais cette vengeance nous est montrée par le filtre des personnages secondaires du roman devenus ici les protagonistes. L’adaptation suit d’ailleurs plus fidèlement les épisodes de cette seconde partie que bien des adaptations plus conventionnelles.

Une intense amitié, et sans doute davantage, unit Frantz d’Épinay à Albert. Elle fait écho à une relation saphique entre Eugénie Danglars et Louise d’Amilli, sa « maîtresse de chant » dans le roman original. Plus sombre que l’œuvre de Dumas, cette série présente un Monte-Cristo en monstre dénué de toute pitié. Dans le roman, il s’arrêtait au bord du précipice. Ici, l’esprit de la vengeance se déploie jusqu’au bout.

Aussi, pour reprendre la formule répétée rituellement à la fin de chaque épisode et empruntée au roman : Attendez et espérez !2

  1. Un film Pathé datant de 1918, à l’origine en 15 épisodes, réalisé par Henri Pouctal, a été mis en ligne sur YT le 16 novembre 2020. Je n’ai pu regarder cette version de près de 3 heures qui parait fidèle au roman
  2. Dans le roman : « Attendre et espérer »
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