Confinement et petites tensions banlieusardes

Le confinement, ça calme et ça apaise, sauf dans certains quartiers émotifs qui redoublent d’inventivité et de festivisme !

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La carcasse d'une voiture, incendiée lors des violences urbaines d'Amiens.

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Confinement et petites tensions banlieusardes

Publié le 18 novembre 2020
- A +

par h16

S’il ne fait plus aucun doute que les confinements ruinent le pays, au moins ceux-ci permettent-ils d’imposer une belle période de calme et de tranquillité dans le pays qui en manque parfois : grâce aux décisions intelligentes du gouvernement, au moins la délinquance et la criminalité ont nettement cédé le pas sur tout le territoire qui redevient un havre de paix. Ou presque.

Oui, soyons honnête : il y a tout de même quelques endroits qui sont un peu plus rétifs au retour à l’ordre. Si le vivrensemble y est partout célébré, c’est avec plus de ferveur et de festivité dans certaines villes.

Comme chacun le sait, la presse française est d’une redoutable efficacité lorsqu’il s’agit de minutieusement décrire les protocoles sanitaires en place dans les collèges de Tourcoing ou les dernières palpitances intellectuelles de certains préfets découvrant, surpris, que certains dealers n’ont pas leurs auto-attestations de sortie.

Ce qu’on sait moins, c’est que cette même presse est parfois trop occupée par ses nombreux sujets d’importances et sa propagande éhontée son analyse poussée des événements pour relater ce qui peut se passer, en marge de l’actualité voire, disons-le carrément, en marge de la République…

Ce n’est donc qu’au travers de tweets étonnants et d’un article d’une gazette locale qu’on apprend par exemple que le quartier de la ZUP à Argenteuil a vécu près d’une semaine d’affrontements violents entre la police et les bandes de racailles locales.

Apparemment, tout comme à Champigny-Les-Mortiers, le lancer de feux d’artifices improvisés semble bien marcher dans ce charmant petit coin de territoire où la jeunesse locale, particulièrement pleine de vie, redouble d’espièglerie avec la maréchaussée probablement un peu tatillonne.

Fait « amusant », ce n’est évidemment pas cantonné à Argenteuil ; que voulez-vous, la bonne humeur et ce débordement de vie frétillante dont la jeunesse française fait preuve ne saurait se cantonner à quelques hectares urbains !

C’est pour cela qu’on trouve la même effervescence joyeuse un peu partout sur le territoire. À Clermont-Ferrand, les veillées de l’Avent ont commencé tôt et de grands feux de voitures festifs animent les rues de certains quartiers.

Car oui, comme en témoignent, subrepticement et entre deux gros titres d’actualité rebondissante, quelques articles ici ou sur le malaise policier et les violences en hausse partout dans le pays, le confinement entraîne quelques effets de bords : Argenteuil, Arles, Bron, Chanteloup, Clermont, Grenoble, La Celle, Mâcon, Mons-en-Barœul, Montceau, Oyonnax, Rennes, Saint-Genis, Saint-Maurice, Soissons, Valserhône et Vénissieux sont de récents exemples de charmantes bourgades ayant subi l’enthousiasme débordant d’une jeunesse apparemment mal canalisée.

Incendies volontaires, pompiers attaqués, tirs de mortiers, affrontements avec les forces de l’ordre, jusqu’à des bombes artisanales à l’acide destinées à des guets-apens qui ont été retrouvées dans un quartier de Montpellier…

Il n’y a pas à tortiller : même en plein confinement, la France sait s’amuser !

À tel point que plusieurs dizaines de maires français s’en sont inquiétés auprès d’Emmanuel Macron : suite au confinement et, sans doute aux petits soucis que rencontrent les réseaux de trafics divers mis à mal par l’assèchement des clients, les quartiers émotifs et autres « zones sensibles » s’appauvrissent et les maires responsables réclament donc un petit morceau du gâteau économique que le gouvernement tente de nous cuisiner.

Sans même considérer que ceci revient à avouer, en creux, l’indispensable nécessité de déverser, encore et encore, de l’argent des autres dans ces zones émotives pour en garantir la tranquillité ce qui donne tout son sens à l’expressions « acheter la paix sociale », le fait que plus de cent maires du pays viennent une fois encore couiner pour des finances supplémentaires alors que le pays est véritablement exsangue donne une assez bonne idée de l’état lamentable dans lequel se trouvent ces quartiers, et la frousse politicienne qui s’empare de ces édiles à mesure que les tensions s’accumulent et que croît follement le risque d’un embrasement ingérable…

Cette frousse semble d’ailleurs assez mal évaluée par les forces de l’ordre.

Au mieux, elles s’étonnent candidement – comme l’a récemment fait le préfet de police des Bouches-Du-Rhône – de l’absence de petits cerfas auto-signés chez les dealers. Autrement dit, la police sait où ils sont et ce qu’ils font mais s’occupe essentiellement de vaguement les pruner (à l’occasion) s’ils n’ont pas ces stupides permis de prendre l’air. Parions que Darmanin, le frisotant factotum qui sert d’excuse comme ministre de l’Intérieur, trouvera ici des impôts bien employés.

Au pire, les forces de l’ordres se gardent bien d’approcher même par erreur de ces zones où elles sont pilonnées à coups de réjouissances pyrotechniques et s’empressent d’aller traquer, avec un courage indéniable, le promeneur dans les bois qui met en danger sa vie et celles des millions d’autres promeneurs qui – comme chacun sait – se bousculent dans nos forêts.

En somme, ces confinements ruinent tout le monde, poussent les banlieues un peu plus dans l’abîme, favorisent la pleutrerie des autorités et les comportements les plus minables des forces de l’ordre.

Heureusement, l’excuse ministérielle en charge de l’Intérieur a pris la mesure du problème et s’est donc attaqué au problème : pour Darmanin, le moment semble subtilement bien choisi pour remettre en cause l’équilibre police/gendarmerie ; et rien de tel que de créer, dans la foulée, une nouvelle Commission Darmathéodule pardon une « direction départementale unique dans chaque département » afin de coordonner la sécurité publique, la police aux frontières et la police judiciaire, ce qui rassure tout de suite quant à la bonne communication interne de ces services.

Comme on le voit, tout est évalué, tout est sous contrôle, et les décisions prises laissent déjà entrevoir un avenir brillant et une France véritablement apaisée.

Vive la République, vive la France mais à tout hasard, tenez-vous prêts.

—-
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  • Bon rien à voir avec le fond du problème, mais:
    l’avenir logistique des armées et des forces de l’ordre c’est l’hélicoptère de transport. Ce n’est pas le transport routier, trop long et trop lent. Si on avait des hélicoptères de transport lourds (style Chinook), on pourrait faire converger rapidement plus d’unités de CRS ou de mobiles sur un point chaud donné (pour encercler une cité, soutenir les collègues ou prendre à revers) à l’instant t, et cela tout en permettant un redéploiement rapide sur d’autres points chauds éventuels.
    Les fdo sont trop souvent en infériorité numérique sur le terrain, ce qui empêche les manœuvres de moyennes envergures dans les cités. L’hélicoptère lourd permettrait de compenser largement cette infériorité.

    • Parce que là c’est devenu: ♪ »M’sieur Darmanin, vos flics sont maint’nant d’venus des la-pins »♪ #brigadesdutigre

    • C’est une bonne idée, mais attention aux pointeurs lasers (vendu sur internet) qui peuvent déstabiliser le pilote et aux mortiers d’artifices qui permettent en utilisation massive de faire barrage lors des phases d’atterrissage et de décollage… sans oublier que dans nombre de quartiers émotifs, il y a un arsenal plus lourd à disposition qui dort…

      • Ah oui mais par contre les hélicos, comme toute la chaîne logistique en général, doit être inaccessible et invisible de l’adversaire. D’une part car la chaîne est fragile (comme vous l’avez rappelé), et d’autre part car sinon l’effet de surprise est rompu.

    • leur avenir logistique c’est plutôt de se faire greffer une bonne paire de couilles entre les pattes et d’arrêter de suivre bêtement les ordres de la hiérarchie de pleutres par qui ce pays est gouverné.

    • Les moyens actuels sont parfaitement capable de ramener le calme dans tout pays doté d’une justice décente, c’est à dire qui n’est pas de gauche et qui ne condamne pas les citoyens à être agressés et menacés sans cesse par les mêmes types.

      • Pas vraiment. Tant du point de vue du renseignement que du matériel, ce n’est pas optimal. Il faut s’adapter aux différentes formes de criminalité et de délinquance.

        • Les policiers attrapent chaque année des dizaines de milliers de criminels qui sont relâchés dans l’heure.

          • Ca c’est clair, mais ça n’invalide pas ma remarque sur certaines carences des forces de l’ordre.
            Il est évident que la justice ne les aide pas trop.
            On peut toutefois souligner que la mission de police judiciaire est encore de bonne qualité, c’est surtout en police administrative que ça pêche. C’est cette dernière que je vise en particulier.

            • @Mousquetaire
              Bonsoir,
              Qu’est-ce que la « police administrative » ?
              Si c’est ce que j’en lis, alors il s’agit du pouvoir des maires.
              « Le maire est l’autorité de police administrative au nom de la commune. Il possède des pouvoirs de police générale lui permettant de mener des missions de sécurité publique, tranquillité publique et salubrité publique. Il exerce ses pouvoirs au nom de la commune, sous le contrôle administratif du préfet (art L 2122-24 CGCT). Le pouvoir de police administrative du maire est un pouvoir normatif qui permet au maire d’édicter des mesures réglementaires et individuelles (il ne doit pas être confondu avec les missions des services de police municipale).

              Ce pouvoir de police générale inclut :
              la police municipale ;
              la police rurale ;
              l’exécution des actes de l’État qui y sont relatifs. » – https://www.collectivites-locales.gouv.fr/police-administrative-0
              Les maires sont de officiers de police judiciaire d’après l’article 16 (1°) du code de procédure pénale.
              Leur pouvoir est sous la coupe du préfet de leur département. Ils n’ont quasiment aucun rôle dans la lutte contre la délinquance ou la criminalité, même avec leurs polices municipales. Ces dernières n’ont pas accès aux bases de données de la Police Nationale et ne sont pas O.P.J.

              • Bonsoir STF,
                Les forces de l’ordre ont globalement deux types de missions: la police judiciaire et la police administrative (il y aussi les missions de police de la route, des airs, des mers…etc. mais nous n’allons pas non plus rentrer dans le détail).
                Les missions de police judiciaire ce sont des missions d’enquête judiciaire afin d’identifier et d’arrêter les coupables de crimes ou délits. Travail en lien avec les procureurs de la république.
                Les missions de police administrative ce sont les missions de maintien de l’ordre public, de protection et de secours des population, police de proximité…etc. en lien avec les autorités administratives (maires, préfets). Car il faut bien des gens pour exécuter les décisions des maires ou des préfets.

                • @Mousquetaire
                  Bonsoir,
                  Merci de votre réponse.
                  Soit, mais d’après le texte, un maire n’a aucun pouvoir sur les Police ou Gendarmerie Nationales. Il n’ a de pouvoir que sur la police municipale.
                  Ce que vous nommez comme « police administrative » sont des missions de police générale, bien que ces missions soient aussi dédiées aux Forces de l’Ordre, P.N ou G.N.
                  Si la police administrative n’est que de la ponte d’arrêté municipaux, il n’y a de police que le nom là-dedans. Les P.M sont les agents qui appliquent ces arrêtés.
                  En général, pour des missions d’ordre public, de protection ou de police de proximité, de secours ou de protection, on compose de le « 17 » soit le numéro de Police Secours. A la rigueur les « 15 » ou « 18 » selon la nature du secours requis.

    • Cela sent la guerre du Vietnam

  • Se tenir prêt, mais à quoi exactement?…
    Le pays est en état de quasi guerre civile dans nos quartiers disons  »turbulents », la maréchaussée est utilisée par le pouvoir pour maintenir cloitré et verbaliser le peuple des gentils CONtribuables dans les campagnes et autres quartiers calmes.
    Les accesseurs de la  »justices » sont vendues à toute la ‘culture de l’excuse’ postsoixante-huitarde et anarcho-gauchistes qui voit dans chaque voyou une victime du système et dans chaque victime de voyous un salaud, qui a bien mérité ce qui lui est arrivé.
    Et je ne parle même pas du corps enseignant qui découvre stupéfait que le Marxisme inclusif est un échec mortifère, mais n’a pour autant pas changé d’opinion…
    Donc je reviens à ma question: être prêt à quoi?
    Se battre? sans arme?? contre un pouvoir qui nous déteste… ou contre une armée de voyous surarmés aux velléités identitaires islamistes? contre les deux peut être, certains voyous d’extrême gauche cachant (à peine) le doux rêve qu’ils fomentent de longue date d’une  »convergence des luttes islamo-trotskistes » et d’une éradication massive des  »mauvais citoyens »…
    Ou bien fuir? mais où? Et comment? dans un pays ou une pression fiscale délirante nous a déjà pratiquement tout confisqué…
    Je partage le constat, comme tout observateur un peu éveillé… Mais là je suis preneur de bonnes solutions… (vite… très vite…)

  • Les bisounours ne sachant que faire des bisous… Ce n’est pas prêt de s’arrêter.. On pourrait essayer de repeupler la Guyane avec toute cette jeunesse débordante d’énergie…

  • vous pouvez ajouter : « nous verbaliserons devant et dans les églises »…

  • Des émeutes urbaines incessantes il y en a partout en France aujourd’hui. On ne peut le savoir qu’en lisant la Presse Régionale. Dans mon département (Ain), pourtant largement rural, de très nombreuses villes et bourgades ont été/sont le théâtre de scènes de violences allant des voitures brûlées par dizaines, de policiers attaqués au mortier d’artifice, qux pompiers caillassés etc… sans que personne n’en parle au niveau national: Bourg en Bresse (incessants), Oyonnax (des quartiers entiers en insurrection régulière), Saint Denis les Bourg etc… etc… Et tout porte à croire que c’est partout pareil.

  • Notons aussi que la presse française est discrète sur les manifestations de plus en plus nombreuses pour la liberté (roit de se déplacer, de commercer etc…) en France, comme ailleurs. C’est la presse étrangère en rend compte…

    • Tout à fait exact. La société est en train de se révolter face à un pouvoir aussi incompétent et stupide que sourd et aveugle. Pas muet par contre puisque chaque jour amène ces éminences à dire, redire, se contredire et se dédire dans la confusion la plus totale. On a l’impression de vivre en « live » un très mauvais remake de « Y a t il un pilote dans l’avion »… Tout cela va très très mal finir.

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par h16

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