Confinement et petites tensions banlieusardes

La carcasse d'une voiture, incendiée lors des violences urbaines d'Amiens.

Le confinement, ça calme et ça apaise, sauf dans certains quartiers émotifs qui redoublent d’inventivité et de festivisme !

par h16

S’il ne fait plus aucun doute que les confinements ruinent le pays, au moins ceux-ci permettent-ils d’imposer une belle période de calme et de tranquillité dans le pays qui en manque parfois : grâce aux décisions intelligentes du gouvernement, au moins la délinquance et la criminalité ont nettement cédé le pas sur tout le territoire qui redevient un havre de paix. Ou presque.

Oui, soyons honnête : il y a tout de même quelques endroits qui sont un peu plus rétifs au retour à l’ordre. Si le vivrensemble y est partout célébré, c’est avec plus de ferveur et de festivité dans certaines villes.

Comme chacun le sait, la presse française est d’une redoutable efficacité lorsqu’il s’agit de minutieusement décrire les protocoles sanitaires en place dans les collèges de Tourcoing ou les dernières palpitances intellectuelles de certains préfets découvrant, surpris, que certains dealers n’ont pas leurs auto-attestations de sortie.

Ce qu’on sait moins, c’est que cette même presse est parfois trop occupée par ses nombreux sujets d’importances et sa propagande éhontée son analyse poussée des événements pour relater ce qui peut se passer, en marge de l’actualité voire, disons-le carrément, en marge de la République…

Ce n’est donc qu’au travers de tweets étonnants et d’un article d’une gazette locale qu’on apprend par exemple que le quartier de la ZUP à Argenteuil a vécu près d’une semaine d’affrontements violents entre la police et les bandes de racailles locales.

Apparemment, tout comme à Champigny-Les-Mortiers, le lancer de feux d’artifices improvisés semble bien marcher dans ce charmant petit coin de territoire où la jeunesse locale, particulièrement pleine de vie, redouble d’espièglerie avec la maréchaussée probablement un peu tatillonne.

Fait « amusant », ce n’est évidemment pas cantonné à Argenteuil ; que voulez-vous, la bonne humeur et ce débordement de vie frétillante dont la jeunesse française fait preuve ne saurait se cantonner à quelques hectares urbains !

C’est pour cela qu’on trouve la même effervescence joyeuse un peu partout sur le territoire. À Clermont-Ferrand, les veillées de l’Avent ont commencé tôt et de grands feux de voitures festifs animent les rues de certains quartiers.

Car oui, comme en témoignent, subrepticement et entre deux gros titres d’actualité rebondissante, quelques articles ici ou sur le malaise policier et les violences en hausse partout dans le pays, le confinement entraîne quelques effets de bords : Argenteuil, Arles, Bron, Chanteloup, Clermont, Grenoble, La Celle, Mâcon, Mons-en-Barœul, Montceau, Oyonnax, Rennes, Saint-Genis, Saint-Maurice, Soissons, Valserhône et Vénissieux sont de récents exemples de charmantes bourgades ayant subi l’enthousiasme débordant d’une jeunesse apparemment mal canalisée.

Incendies volontaires, pompiers attaqués, tirs de mortiers, affrontements avec les forces de l’ordre, jusqu’à des bombes artisanales à l’acide destinées à des guets-apens qui ont été retrouvées dans un quartier de Montpellier…

Il n’y a pas à tortiller : même en plein confinement, la France sait s’amuser !

À tel point que plusieurs dizaines de maires français s’en sont inquiétés auprès d’Emmanuel Macron : suite au confinement et, sans doute aux petits soucis que rencontrent les réseaux de trafics divers mis à mal par l’assèchement des clients, les quartiers émotifs et autres « zones sensibles » s’appauvrissent et les maires responsables réclament donc un petit morceau du gâteau économique que le gouvernement tente de nous cuisiner.

Sans même considérer que ceci revient à avouer, en creux, l’indispensable nécessité de déverser, encore et encore, de l’argent des autres dans ces zones émotives pour en garantir la tranquillité ce qui donne tout son sens à l’expressions « acheter la paix sociale », le fait que plus de cent maires du pays viennent une fois encore couiner pour des finances supplémentaires alors que le pays est véritablement exsangue donne une assez bonne idée de l’état lamentable dans lequel se trouvent ces quartiers, et la frousse politicienne qui s’empare de ces édiles à mesure que les tensions s’accumulent et que croît follement le risque d’un embrasement ingérable…

Cette frousse semble d’ailleurs assez mal évaluée par les forces de l’ordre.

Au mieux, elles s’étonnent candidement – comme l’a récemment fait le préfet de police des Bouches-Du-Rhône – de l’absence de petits cerfas auto-signés chez les dealers. Autrement dit, la police sait où ils sont et ce qu’ils font mais s’occupe essentiellement de vaguement les pruner (à l’occasion) s’ils n’ont pas ces stupides permis de prendre l’air. Parions que Darmanin, le frisotant factotum qui sert d’excuse comme ministre de l’Intérieur, trouvera ici des impôts bien employés.

Au pire, les forces de l’ordres se gardent bien d’approcher même par erreur de ces zones où elles sont pilonnées à coups de réjouissances pyrotechniques et s’empressent d’aller traquer, avec un courage indéniable, le promeneur dans les bois qui met en danger sa vie et celles des millions d’autres promeneurs qui – comme chacun sait – se bousculent dans nos forêts.

En somme, ces confinements ruinent tout le monde, poussent les banlieues un peu plus dans l’abîme, favorisent la pleutrerie des autorités et les comportements les plus minables des forces de l’ordre.

Heureusement, l’excuse ministérielle en charge de l’Intérieur a pris la mesure du problème et s’est donc attaqué au problème : pour Darmanin, le moment semble subtilement bien choisi pour remettre en cause l’équilibre police/gendarmerie ; et rien de tel que de créer, dans la foulée, une nouvelle Commission Darmathéodule pardon une « direction départementale unique dans chaque département » afin de coordonner la sécurité publique, la police aux frontières et la police judiciaire, ce qui rassure tout de suite quant à la bonne communication interne de ces services.

Comme on le voit, tout est évalué, tout est sous contrôle, et les décisions prises laissent déjà entrevoir un avenir brillant et une France véritablement apaisée.

Vive la République, vive la France mais à tout hasard, tenez-vous prêts.

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