Disposons-nous du libre-arbitre ?

Si nous ne disposons pas de libre-arbitre et ne pouvons pas choisir d’agir autrement, sommes-nous responsables des conséquences de nos actes ?

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Sam Harris, Author By: Christopher Michel - CC BY 2.0

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Disposons-nous du libre-arbitre ?

Publié le 17 octobre 2020
- A +

Par Le Minarchiste.

Le libre-arbitre est le sentiment d’agir délibérément, d’être pleinement responsable de ses actions et de ses choix. C’est la capacité d’avoir pu agir différemment. Le libre-arbitre implique que toutes vos décisions sont prises consciemment.

Le libre-arbitre est au centre de l’organisation des sociétés occidentales. Nous prenons pour acquis que les gens méritent leur succès et sont responsables de leurs échecs. Nous considérons que ceux coupables de crimes sont de mauvaises personnes, ayant délibérément mal agi et devant être par conséquent punies.

Mais si nous ne disposons pas du libre-arbitre et que nous n’aurions pas pu agir autrement, sommes-nous responsables des conséquences de nos actions ? Le neuroscientifique Sam Harris remet tout cela en question dans ce court essai.

Libre-arbitre et conscience

J’avais déjà évoqué la conscience dans cet article, où je mentionnais ceci :

« Nos perceptions sensorielles ne sont rien d’autres que des courants électriques qui parcourent nos nerfs jusqu’à notre cerveau, qui lui les utilise pour construire une version adaptée de la réalité qu’il diffuse à notre conscience. Notre conscience n’est en fait qu’un spectateur confortablement assis au cinéma, qui croit tout ce que lui présente le projecteur qu’est son cerveau. »

Nous ne sommes conscients que d’une petite fraction de toute l’information que notre cerveau traite à chaque moment. Mais l’activité inconsciente de notre cerveau ne se limite pas à interpréter l’information provenant des cinq sens, à construire notre mémoire et gérer notre respiration.

En fait, la théorie postulant que nous n’avons pas de libre-arbitre implique que l’ensemble de nos actions, de nos choix et de nos décisions provient de notre inconscient et que ceux-ci sont donc complètement hors de notre contrôle. Nous n’agissons pas librement, nous sommes plutôt les esclaves de notre cerveau qui nous donne l’illusion d’être à l’origine de nos actions.

Les preuves neuroscientifiques

L’intention de faire une chose plutôt qu’une autre ne prend pas son origine dans la conscience. Cette intention apparaît plutôt dans la conscience après avoir été déterminée par notre inconscient ; et nous avons ensuite l’impression d’avoir pris cette décision nous-mêmes, mais ce n’est qu’une illusion.

Quelques instants avant d’être conscients des actions que nous entreprendrons, notre cerveau a déjà déterminé inconsciemment ce que seront ces actions. Nous sommes ensuite conscients de cette décision et croyons y avoir participé activement, alors que ce n’est pas le cas.

De nombreuses expériences scientifiques ont prouvé que notre cerveau décide de tout avant même que nous le sachions, si bien que cela est maintenant le consensus scientifique en neurosciences (voir cette vidéo pour les sources).

Nous ne savons pas ce que nous avons l’intention de faire avant que l’intention elle-même ne surgisse dans notre conscience et nous n’avons aucune idée de l’origine de ces intentions. Nous ne sommes pas plus conscients de l’origine de nos désirs et intentions que de la quantité de globules rouges ou d’enzymes digestives produites par notre corps dans la dernière minute.

Nous ne contrôlons pas notre esprit car sa part consciente est à la merci de celle inconsciente. Nous pouvons faire ce que nous voulons faire, mais nous ne pouvons pas décider de ce que nous voulons faire.

Toute action humaine découle d’un désir

Les humains commettent des actions pour deux raisons :

  • parce qu’ils y sont forcés, ce qui implique qu’ils n’ont pas la liberté de ne pas les commettre ;
  • parce qu’ils le veulent, ce qui implique que l’action est motivée par un désir.

Dans le premier cas, l’action est exécutée car nous ne désirons pas subir les conséquences d’un défaut d’obéissance ; donc au final toutes les actions découlent d’un désir.

Lorsque j’ai le choix entre de la crème glacée à la vanille et de la crème glacée au chocolat, je choisis toujours le chocolat parce que c’est ce que je préfère. Pourquoi ? Cela est impossible à déterminer et je ne peux rien y faire. C’est simplement ma préférence. Et si un jour je décide de prendre celle à la vanille pour changer, cela est attribuable à mon désir pour lequel je n’ai aucune justification.

Si je décide de faire de la gymnastique même si je déteste cela, c’est parce que je souhaite rester en bonne santé, préserver mon apparence et/ou m’améliorer dans les sports. Pourquoi est-ce que je désire ces choses alors que d’autres s’en moquent et ne font pas de gym ? Aucune idée. Cette préférence découle de ma génétique et de mon environnement depuis ma naissance, deux choses qui ne sont pas sous mon contrôle. Donc mon choix d’aller à la salle de sport (ou tout autre choix) ne découle pas de mon libre-arbitre.

Au bout du compte, toutes les actions que nous commettons librement sont motivées par nos désirs, sur lesquels nous n’avons aucun contrôle car ils proviennent de notre inconscient. Je peux faire ce que je veux, mais je ne peux pas décider de ce que je veux.

Les implications pour la justice criminelle

La Cour Suprême des États-Unis a déclaré que le libre-arbitre est une « fondation universelle et persistante de notre système de justice, différente d’une vision déterministe du comportement humain qui est incohérente relativement aux préceptes de notre système de justice criminelle. »

On constate donc que dans la plupart des pays, l’organisation judiciaire est à contre-sens de ce que dit la science.

Imaginez une personne a priori normale développant une tumeur au cerveau dans une région affectant son empathie et le contrôle de ses impulsions, et qui en vient à agir tel un psychopathe, et commet des meurtres. Cette personne a eu la malchance d’avoir cette tumeur et la majorité considérera qu’elle n’est pas pleinement responsable de ses crimes. Mais est-elle moins responsable de ses actes qu’une personne naissant avec le cerveau d’un psychopathe et qui commet les mêmes crimes ?

Voici les mots de Sam Harris à cet égard :

« Je ne peux pas prendre le crédit pour le fait que je n’aie pas le cerveau d’un psychopathe. Si j’avais vraiment été dans les souliers d’un tueur, c’est-à-dire si j’avais les mêmes gênes que lui ainsi que son expérience de vie, donc un cerveau identique, j’aurais agi exactement comme il l’a fait. »

Les humains ne sont pas responsables de leurs gènes, ni de la façon dont ils ont été élevés, et pourtant ce sont ces facteurs qui déterminent la personnalité. Un meurtrier ne l’est pas par choix, tout comme un homosexuel n’a pas choisi son orientation sexuelle. Le meurtrier ne fait qu’exécuter les actes dictés par les réactions chimiques survenant dans son cerveau, lesquelles sont complètement hors de son contrôle et pour lesquelles il ne peut pas être tenu responsable.

C’est pourquoi le système de justice doit avoir comme objectif premier de réduire le danger auquel la société est exposée, plutôt que chercher la vengeance contre les criminels. Le but n’est pas de les punir car leurs comportements criminels ne sont pas sous leur contrôle, mais plutôt de réduire le risque qu’ils représentent pour le reste de la société. Cela est difficile à accepter pour le commun des mortels car l’humain a une tendance naturelle à chercher le coupable d’une action lui ayant porté préjudice et ensuite exiger que cette action soit punie.

Absence de libre-arbitre et implications politiques

L’absence de libre-arbitre a des implications majeures en politique. Dans mon article sur le rôle de la chance dans le succès résumant un livre de Robert Frank, voici ce que j’écrivais :

« On pourrait attribuer le succès à trois facteurs : les capacités et talents, l’effort et l’acharnement au travail, la chance. Le premier facteur est évidemment inné, donc entièrement le fruit du hasard. Au niveau du second facteur, Frank prétend que la capacité et l’inclinaison à travailler dur sont des caractéristiques innées. Autrement dit, pour être intelligent et énergique, il est important d’être né de parents qui le sont. Il n’y a donc pas de mérite à cela. Quant au troisième facteur (la chance), il n’est pas non plus attribuable au mérite de l’individu. Conséquemment, selon Frank, le succès n’est pas mérité, il est plutôt le fruit du hasard, tant au niveau de gènes hérités par les parents que des aléas de la vie. »

Est-ce qu’une personne peut prendre le crédit pour ne pas être paresseuse ? Non, la paresse est une condition neurologique innée. Donc de ce point de vue, le concept de méritocratie est fortement affaibli et une certaine redistribution peut être justifiée (ou du moins l’existence d’un certain filet social).

Cependant, cela ne justifie pas que les inégalités de revenu doivent être éliminées, ni même réduites significativement. Les humains ne contrôlent peut-être pas leurs actions, mais ils réagissent néanmoins à leur environnement.

Dans un environnement qui récompense le succès en offrant un statut social supérieur et un confort monétaire plus attrayant, les individus disposant d’aptitudes supérieures, incluant l’ardeur au travail, seront davantage enclins à exprimer leur potentiel en contribuant plus positivement à la société. Dans un environnement plus égalitaire, ces mêmes individus ne produiront pas autant de richesse pour la société, même si cela est tout à fait hors de leur contrôle.

Conclusion

Cette hypothèse voulant que l’humain ne dispose pas du libre-arbitre a un impact démesuré sur notre vision des concepts de fierté, de mérite et de culpabilité. Son acceptation plus globale pourrait avoir des impacts majeurs sur l’organisation des sociétés.

Il ne faut pas confondre le déterminisme du comportement humain et le fatalisme. Le fatalisme implique qu’absolument tout est prédéterminé et que rien n’est inévitable, ce qui est faux. Le déterminisme ne fait qu’affirmer que la réaction de la conscience humaine à des éléments externes est prédéterminée.

Vers la fin du livre, Harris explique qu’il a faim au moment d’écrire ces lignes, mais qu’il a décidé de ne pas manger pour terminer d’écrire le livre. Il éprouve le désir de manger, mais choisit de ne pas le satisfaire.

Certains diraient qu’il exerce alors son libre-arbitre pour résister à son désir, mais en fait il ne fait que succomber à son désir inconscient de terminer le livre, lequel est simplement plus fort que celui d’assouvir sa faim, une chose sur laquelle Harris n’a aucun contrôle conscient.

Sam Harris, Free Will, S & S International, 2012.

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  • Comment une personne sous pseudo « Le Minarchiste » a-t’elle réussi à signer un tel article, sans aucune ligne de critique ?

    • @cachou je pense que l’auteur attend les réactions, avoir publié l’article ne veut pas dire qu’il y adhère

      • Où attend il les réactions ? Son blog ou le forum de Contrepoints ?

        J’ai parfois vu ici des commentaires d’un « Le Minarchiste » – si c’est lui – mais cela n’allait pas plus loin que « Ce n’est pas mon avis mais celui des auteurs ! ».

        Donc, on a bien le résumé d’un livre plutôt que sa recension.

      • @Val : c’est ce que j’ai pensé aussi en permier lieu.
        Mais tout de même, la conclusion de l’article laisse un doute.

  • Vision de l’humain à l’opposé de la vision chrétienne de nos sociétés occidentales. Petite question à l’auteur Harris : et l’inconscient , comment se construit-il ? La vision chrétienne parle de forces (appelons les dieu pour faire simple) qui nous guident vers notre bien. Ces forces, nous sommes libres d y croire , ou de ne pas y croire. Libre arbitre donc. Et que l’auteur ne me dise pas que les gens sont conditionnés à croire sinon la France fille de l’église ne serait pas le pays le plus athée du monde. La vision de Harris est que l’homme est un animal , ni plus , ni moins. Un oeil distrait sur le comportement humain nous prouve tous les jours l’inverse.

    • Le sentiment religieux, la foi, est inné et par conséquent ne concerne qu’une part des individus. Au moyen-âge, dans les villages, le curé avait toute les peines à faire venir les habitants aux messes, ces derniers prétextés 1000 excuses pour ne pas y aller, d’où la formule des commentateurs de l’époque : «je te donnerai un bon salaire pour aller à l’église, alors il renoncera à toutes manières d’excuses et viendra eu divin service comme c’est son devoir».
      Les moralistes se plaignaient que le peuple bavardât, ragotât et flirtât pendant la messe. C’est vrai que la messe était en latin donc personne ne comprenait rien. Par la suite les sermons se développèrent en langue vernaculaire, sous l’impulsion notamment des dominicains et franciscains, avec fables, anecdotes et récits divertissants. Il pouvait s’agir d’un récit étrange, sultil et curieux ou d’un récit terrifiant parlant du diable souvent en rapport avec la vie des gens. Les exemples meuvent les hommes plus que les préceptes estimait Saint Grégoire.

      J’ai moi même connu ça dans ma jeunesse, j’allais à l’église pour faire plaisir à ma mère et parce que c’était comme ça pour tout le monde. Notre désir était de ne pas d’aller à l’église le dimanche, rien à voir avec mon libre arbitre. Ce dernier j’en faisais cas auprès de ma mère pour justifier mon désir, ce qui je ne changeais rien à ses yeux d’ailleurs..

      • @indivisible vous mélangez allègrement la foi et la religion , on peut être religieux sans avoir la foi , avoir la foi sans adhérer à une religion.

    • L’âme, la grâce, l’homme à l’image de Dieu, au-delà de son animalité, et toutes ces sortes de choses : il est effectivement impossible d’aborder la complexité de la notion de libre-arbitre sans dépasser les limites rapidement atteintes de cette pseudo-science primitive et ses concepts dérisoires conscient / inconscient. Bâtir un raisonnement sur une base aussi faible est juste ridicule.

      • @Cavaignac

        Votre analyse permet de recentrer le débat sur les concepts essentiels mais sujets à caution de conscient/inconscient

    • @Val

      Les « forces » auxquelles vous faites allusion sont évidentes tout en adoptant la vision la plus cartésienne possible.

      Il est incontestable que la matière constituant notre univers « connu »,dont l’origine mathématique est déroutante, évolue en fonctions de forces mues par une sorte d’intelligence.

      En fait , le véritable libre arbitre devrait concerner l’activité de la conscience et de l’esprit d’une manière totale et non fragmentaire non superficielle , ce qui pourrait correspondre à l’ensemble des processus conscients de la pensée , dans le cadre de la liberté intérieure , mais également de ce que la société permet à l’individu.
      N’oublions pas que l’homme est avant tout un être grégaire, en relation avec sa vie en communauté qui imprègne chaque élan de l’individu.

      • Le véritable libre arbitre est probabiliste.
        Spinoza (que j’apprécie beaucoup) avait raison, dans son acceptation commune le libre arbitre n’est qu’une illusion. Le fait de le comprendre, de l’accepter, c’est à dire la connaissance de soi nous rend plus libre intérieurement et par extension permet l’empathie cognitive. Toutefois on ne peut connaître précisément les causes qui nous déterminent. En pratique il est donc impossible de parvenir à une connaissance complète de soi, ceux peu nombreux qui le sont un peu plus, le sont souvent par prédestination, ainsi les effets sociaux sont négligeables. Cependant ce n’est pas trop gênant car c’est compensé par le caractère probabiliste du « libre arbitre ». On l’observe en justice où la responsabilité est souvent nuancée (circonstances atténuantes). De même un récidiviste ne réagit pas à la notion de responsabilité, ce qui discrédite le libre arbitre et témoigne de certaines limites dans la pratique judiciaire.

        • @indivisible

          « En pratique il est donc impossible de parvenir à une connaissance complète de soi, ceux peu nombreux qui le sont un peu plus, le sont souvent par prédestination »

          Merci pour cette excellente remarque à retenir !

  • Le grand Murray Rothbard a déjà répondu à la question du libre arbitre très simplement :

    « Le simple fait de se demander si le libre-arbitre existe est la preuve de son existence … »

    Ensuite, il y a un petit laïus habituel sur la Justice qui doit protéger la société et ne pas chercher la vengeance sur le criminel.

    La Justice ne doit faire ni l’un ni l’autre, elle doit rendre Justice à la Victime ou ses ayants droits dans le cadre de la proportionnalité des peines.

  • Le communisme, le nazisme et maintenant le macronisme, de par la propagande et le lavage de cerveau des médias, démontrent bien les limites du libre-arbitre. Notre cerveau soumis à un bourrage de crane permanent, nous conduit à faire des choix « téléguidés ».
    Demandez donc aux français pour quel candidat ils voteraient s’il était Américain ?
    Le libre-arbitre n’est-il qu’une illusion ?, le point de vue de Spinoza

    • @guy40800

      Merci pour cette vidéo sur SPINOZA « le prince des philosophes.

      Si on prend conscience de ses conditionnements par définition de l’ordre du passé , on devrait pouvoir jouir d’un certain libre arbitre , mais toute la question est de pouvoir y parvenir ; peut être la meilleure attitude serait de ne pas vivre dans le passé , mais d’essayer de vivre consciemment dans l’instant présent qui est en définitive la seule réalité positive à laquelle on est susceptible d’être toujours confronté dans la vie de tous les jours.

  • bof… le simple fait de pouvoir prévoir nos actions non pas parfaitement mais assez grossièrement met en doute ce truc..la météo est chaotique, pourtant…
    l’incoscient joue bien un rôle, u n psychiatre peut quand il regard le passé d’un homme trouver une « explication » et non une raison pour comprendre qu’un homme commette tel ou tel crime…’et juger en fonction.. On admet même que parfois un être humain « normal » soit dépassé et perdre le controle.. dans des circonstances émotionnelles extrêmes..

    l’évolution a donné à l’humain la capacité justement de penser ses actes à l’avance..de s’aadpter à son environment.. clairement plus qu’à d’autres animaux , si nous n »‘échappons pas à l’animalité, on ne peut pas réduire l’humain à une simple animalité..

    on peut même dire que les sociétés humaines sont devenues un facteur évolutionnel en éliminant d’une façon ou d’une autre les humains qui ne controlent pas leurs actes….
    un homme qui ne controle pas ses actes est « exclu »…dans quel mesure ceci a joué? aucune idée..

    enfin comment pourrions nous tester que nous agissons sans contrôler nos actes ? la carte inconscient permet de ne pas mettre en place d’experience de controle..l’inconscien est comme le conscient d’ailleurs physico chimique..quand on le connaitra on verra alors..

    • alors on commence par définir le libre arbitre, e désir, l’inconscient d’une façon telle que l’on puisse déterminer des causalités sinon, c’est un jeu de philosophe.. et si un type vient me coller une tarte je supposerai encore qu’il l’a voulu, sans démonstration qu’il a perdu justement son libre arbitre…
      et je pense que fondé ou pas sur le plan physico chimique, cela signe mon appartenance à l’humanité…et détermine celle de l’auteur de la baffe..

    • @jacques lemiere

      La « physico chimie » à laquelle vous faites allusion, a pour conséquence » qu’un homme ça s’empêche,voilà ce que c’est un homme,ou sinon……. »(A.Camus)
      Contrairement aux autre espèces l’homme est responsable de ses choix et actes : l’inhibition c’est la civilisation.

  • L’erreur est de raisonner par tout ou rien. Oui, les battements de notre cœur ou nos goûts culinaires ne doivent rien à notre libre arbitre, mais à l’opposé nos choix de carrière ou de lieu de vacances, ou pour un entrepreneur la décision de recruter tel ou tel collaborateur ou de lancer tel ou tel produit ne doivent rien ou presque à l’instinct et tout ou presque à la délibération consciente. Et entre les deux extrêmes, il y a tout un continuum.

  • Le grand – que dis-je, l’immense – Ludwig von Mises a tout dit (une fois de plus) :
    « La plus grande part d’un comportement quotidien de l’homme est simple routine. Il exécute certains actes sans leur porter une attention spéciale. Il fait beaucoup de choses parce qu’il a été formé à les faire dans son enfance, parce que d’autres gens se comportent de la même façon, et parce que c’est habituel dans son environnement. Il acquiert des habitudes, il développe des réactions automatiques. » [L’Action Humaine 2,6]
    « C’est seulement dans le cadre d’un système social qu’on peut attacher une signification au terme de liberté. En tant que terme praxéologique, la liberté se réfère à la sphère dans laquelle un individu agissant est en mesure de choisir entre des modes d’action alternatifs. Un homme est libre dans la mesure où il a le droit de choisir des fins et les moyens à utiliser pour la réalisation de ces fins. La liberté d’un homme est limitée de la façon la plus rigide par les lois de la nature ainsi que par les lois de la praxéologie. Il ne peut pas atteindre des fins qui sont incompatibles les unes avec les autres. S’il choisit de se laisser aller à des satisfactions qui produisent des effets particuliers sur le fonctionnement de son corps ou de son esprit, il doit en accepter les conséquences. [L’Action Humaine 15,6]
    (ma traduction)

    • @Gérard Dréan

      Si on cherche à savoir si le libre arbitre existe ou non et qu’elle est sa nature , il faut poser la question classique des limitations de la pensée humaine toujours basée sur des idéaux et des concepts et il est bien connu en philosophie que les concepts détournent l’attention du fait , de ce qui est dans l’absolu ; même le savoir , dont on est si fier , et qui ne correspond en définitive qu’à des représentations du passé et de ses propres conditionnements , ne peut jamais décrire le fait réel qui échappe toujours à cette fragmentation de la pensée.

      Mais quid des actes libres ?

      Le déterminisme de Spinoza a le mérite de reconnaître la liberté de persévérance dans son être : il s’agirait d’une remise au goût du jour de la prééminence de sa vie intérieure sur le monde extérieur qui suit les lois naturelles , en vertu du fameux  » deus sive natura  »
      Spinoza avait il pressenti les problématiques de la physique quantique ?
      Au niveau infinitésimal , le monde extérieur ne serait plus déterministe,mais probabiliste, donc en fait d’un indéterminisme fondamental faisant obstacle à toute recherche de causalité.

      Mais d’autre part s’il devait y avoir en définitive , dans la réalité causalité , il n’y a pas de liberté.
      Pour mieux appréhender ce problème et sortir définitivement de cette aporie , il conviendrait peut être de faire à priori la distinction entre le monde « non local  » de la physique quantique et notre univers quotidien auquel nous sommes confrontés : c’est ce que semblait dire le philosophe Kant : « les actes libres n’ont aucune origine temporelle , mais seulement une origine intemporelle . »

  • Oh purée, c’est du lourd ❗

  • Très déçu par cet article. Si vous voulez comprendre l’éthique du libre-arbitre et surtout les recherches scientifiques autour, commencez par l’article Wiki en anglais.
    Vous verrez que les résultats sont parfois contradictoires mais surtout les scientifiques ne sont pas du tout d’accord sur l’interprétation de ces résultats.
    Un des limites évidentes est l’impossibilité actuelle des scientifiques de tester le libre-arbitre sur des choix de « longues durées ». Tous les tests sont sur des actions très simples et très courtes (générallement bouger un doigt ou lever une main).

  • Pour ceux qui douteraient que leurs gestes simples ne sont pas décidés par la pensée consciente, il suffit de se confronter à un « mentaliste » : ils arrivent à savoir avant nous ce que nous allons faire.

    Bien sur on ne peut pas accepter l’idée de ne pas être maître de nos actes. Mais on peut quand même avoir un certain contrôle. En effet on désire souvent une chose et son contraire. La décision est prise en résultante de conflits internes (par exemple travailler ou se reposer).

    On peut au moins se construire des valeurs (même si on n’en n’est guère le véritable auteur). On respectera plus ou moins ces valeurs – conflit oblige. Mais on a quand même la capacité à auto-stimuler son inconscient pour faire pencher la balance : se mettre mentalement et environnementalement en situation. A défaut d’avoir un libre arbitre, on peut parvenir à se dépasser pour sublimer le niveau d’animalité qui nous gouverne. (Pas par la supériorité des valeurs, mais par la conscience de nos mécanismes).

    Mais on peut aussi ne pas se prendre la tête comme beaucoup d’idéologues pour profiter simplement de la vie. Et tant qu’à se construire des valeurs ne pas se laisser imposer celle des autres est le début d’un minimum de semblant de libre-arbitre.

  • « Cette hypothèse voulant que l’humain ne dispose pas du libre-arbitre a un impact démesuré sur notre vision des concepts de fierté, de mérite et de culpabilité. Son acceptation plus globale pourrait avoir des impacts majeurs sur l’organisation des sociétés. »

    Mouais. Alors Harris (ou le Minarchiste s’il y a déjà pensé) devrait nous expliquer pourquoi l’Evolution nous a affublé de cette inutilité de « conscience » !

    • @amike

      La « conscience »humaine c’est à dire le « cogito ergo sum »est justement ce qui nous distingue des autres espèces.
      Il est bien téméraire d’essayer de définir le concept de conscience, car en dépit des formidables progrès de la science l’univers de notre cerveau n’a toujours pas livré ses secrets.
      L’intelligence artificielle exprimée par le big data reste donc tributaire de l’intelligence humaine défiant paradoxalement notre propre entendement.
      Notre possibilité de choisir nos actes et de les assumer reste le fondement de nos sociétés évoluant vers toujours plus de complexité.

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