Paris : et maintenant, Hidalgo veut se débarrasser des bus

Décidément, Hidalgo réserve bien des surprises aux prochains touristes qui viendront à Paris, une capitale qu'ils ne reconnaîtront pas !
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Paris : et maintenant, Hidalgo veut se débarrasser des bus

Publié le 7 septembre 2020
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par h16

Fin juin 2020 : dans une liesse débordante et sous les vivats de la foule en délire, les Parisiens renouvellent leur confiance pour Anne Hidalgo et son équipe à la mairie de la capitale. Réélus triomphalement après six années de gestion au cordeau et de résultats municipaux époustouflants, l’équipe en place pouvait largement espérer conserver son poste et emmener les Parisiens vers une capitale flambante flamboyante jusqu’en 2026.

Et c’est donc sans surprise que, depuis ce mois de juin, les bonnes surprises s’empilent pour les Parisiens qui découvrent, à mesure que les semaines passent, que les bonnes recettes des années passées vont continuer à être appliquées avec une gourmandise renouvelée.

Mieux encore : il semble bien que les petits soucis qui ont pu être découverts au cours des six années passées seront largement amplifiés résolus au cours de ce nouveau mandat.

Bon, soit, il y a encore des problèmes. Prenez l’insécurité de la ville ; malgré la belle assurance de la part tant de Dupond-Moretti que des sociologues/troubadours-propagandistes qui se relaient sur les plateaux médiatiques pour expliquer pourquoi la délinquance diminue, les Parisiens semblent peu convaincus de l’amélioration palpable de la situation, de la même façon que les forces de l’ordre dont les parutions officielles indiquent bel et bien une augmentation des voies de faits sur les personnes. Zut.

Toxicomanes un peu trop présents voire agressifs, colline du crack, montée du racisme (antisémite et anti-asiatique), décidément, les nouvelles « attractions » touristiques de la Ville lumière se multiplient intensément alors que la population ne semble pas tout à fait d’accord de cette nouvelle direction artistique. C’est ballot.

Ah et puis la ville d’Anne Hidalgo ne semble pas non plus se parer des meilleurs atours lorsqu’on évoque la propreté. Certes, l’équipe municipale actuelle a fait de gros efforts pour doter la municipalité de nouvelles poubelles. Un effort énhaurme, même, puisque sont apparues de véritables hippopopoubelles de plusieurs mètres-cube, garantie classieuse et discrète d’une propreté citadine renouvelée.

Ou presque, puisqu’en parallèle, les « naturinoirs » déployés à grand renfort de mièvreries publicitaires et de communication bio-éco-consciente aboutissent surtout à faire fuiter des ruisseaux de pisse parisienne sur des rues déjà passablement entachées par les déjections de la faune chamarrée qui y vit. Là encore, on reconnaît la classe et le chic parisien typiques de l’époque moderne. On regrettera ceux du siècle passé, mais baste, le frétillant progrès actuel oblige à des concessions décisives, n’est-ce pas.

Rassurez-vous cependant : la fière équipe municipale se rend bien compte que ces micro-cafouillages ont un impact pas forcément très positif sur la capitale et elle prend donc des mesures radicales. Alors que les Jeux Olympiques doivent toujours s’y tenir en 2024, elle explique déjà que « Le Paris de demain sera radicalement différent du Paris d’aujourd’hui » : on va verdir la ville avec plein de nouveaux parcs, des rues « végétalisées » et des plantations d’arbres un peu partout au point de créer, dans l’esprit de nos petits constructivistes parisiens, de véritables « forêts urbaines ». Et puis tout ce bois, ça occupera les castors, dont la ville est – dit-on – remplie.

Ceci explique sans doute la multiplication stupéfiante des chantiers dans la ville, plus de 7000 il y a un an (mais, on s’en doute, pas beaucoup moins à présent), qui laisseront sans aucun doute un souvenir impérissable dans l’esprit des Parisiens en particulier et des Français en général ; gageons qu’Anne Hidalgo sera le Baron Haussman du XXIe siècle. On s’en réjouit déjà !

Paris

De surcroît, l’historique particulièrement flamboyant des socialistes du cru dans ses précédents projets donne déjà une solide idée de ce à quoi on va aboutir. Au moins les espèces animales locales (rats notamment, en plus des castors républicains) ne risquent pas l’extinction subite. Tout ceci place les Jeux Olympiques de 2024 sous les meilleurs auspices et nul doute que les touristes qui s’y déplaceront en masse découvriront un Paris auquel ils ne s’attendent vraiment pas.

Mais tout ceci ne suffit pas : puisque les J.O. de 2024 seront clairement une réussite, puisque l’insécurité recule, puisque la propreté parisienne est au beau fixe, puisque la « végétalisation » bat son plein, que les chantiers qui l’accompagnent sont tous brillamment maîtrisés, que, de rats en castors, le bestiaire local s’enrichit de jour en jour, l’âne de Paris risquait de se retrouver à cours d’occupations devant une telle gagne, un tel esprit au win-o-mètre coincé à 100 %.

Heureusement, une refonte massive de l’usage des transports en commun permettra de l’occuper en attendant le feu d’artifice visuel et sonore que promettent d’être les prochaines années : voilà donc notre Hidalgo qui, décidant que la capitale devait devenir une ville 100 % vélo, multiple joyeusement les aménagements au détriment des autobus, gros machins polluants dont il va bien falloir se débarrasser.

Ainsi, en poussant les Parisiens à prendre leur petite bicyclette, on va assurément faire disparaître les bouchons, réduire la pollution et éviter les accidents de la route. C’est garanti. Indéniablement, lorsqu’il n’y aura plus que des vélos à Paris, un certain nombre de problèmes de circulation disparaîtra.

Cependant, la capitale française pourrait malgré tout ne pas y trouver son compte. Depuis les livreurs aux lourdes charges et les artisans dont les outils, parfois nombreux et lourds, se transportent mal sur de petits biclous, jusqu’aux familles nombreuses en passant par les voyageurs et autres touristes de passage avec leurs valises, on a bien du mal à ne pas multiplier les exemples où le tout-vélo pourrait poser des petits tracas, pour l’écrire aimablement.

Mais soyons honnête : tout ceci n’est guère essentiel.

D’une part, qui, vraiment, prend le bus ? Bien plus sûrement celui qui, venu de proche banlieue et qui ne vote donc pas dans la capitale, ne peut guère faire autrement, plutôt que celui qui, habitant local, aura effectivement les moyens de prendre son vélo sur les courtes distances qui le concernent pour éviter les aléas invraisemblables de ce transport collectif sujet à tous les caprices de circulation justement provoqués par les délires municipaux.

D’autre part, tant que les bières bio équitables au quinoa garanties sans gluten parviennent encore dans les lieux branchouilles de la capitale pour désaltérer les gosiers secs des castors et des bobos qui votent pour l’équipe en place, on peut amplement oublier les petits désagréments automobiles, les petits harcèlements, les petites agressions, les petites troupes de toxicos, les petites décharges à ciel ouvert et les grandes poubelles, les petites nuées de rats, les petites plaintes des usagers et des touristes ou les petits bouchons.

Les pauvres peuvent bien souffrir (ils ne votent pas). Les riches, les protégés, les subventionnés et ceux qui votent sans subir les conséquences des choix désastreux d’Hidalgo, s’en foutent.

Paris
—-
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  • Ne serait-il pas opportun de rappeler la situation de la ville de New York, qui compte tenu de l’excellence de ses gouverneur et maire démocrates, ont réussi à rendre la ville aussi inintéressante et insécure que possible ?

  • Laissons aux parisiens ce qui appartient aux parisiens, qui sommes nous pour juger, ils semblent tous heureux de vivre dans cette ville sinon ils iraient ailleurs… Justement si ils pouvaient y rester cela nous ferait des vacances pendant la période de vacances et les coqs chanteraient d’avantage leur bonheur le matin

    • Bien respirer ne suffit pas, quand tu es éloigné de la nature trop longtemps, cette nature ne t’accepte pas, vite tu retournes dans ton immeuble classés mais à côté des joies de la culture comme le théâtre le p’tit bar branché et la faune multicolore vivant à Paris.. La campagne est d’un triste, la terre est trop basse la faune omniprésente, on s’y fait chier !

    • Parisien de naissance, je quitte cette ville comme beaucoup, insupportable cette densité, cette saleté, ces incivilités, ces embouteillages avec leur cortège de bruit et de puanteur, qui voudrait encore vivre dans cette ville, à part les bobos qui veulent profiter des spectacles et des bars ?

      • @Roven
        Bonjour,
        Vous êtes-vous demandé pourquoi les tokyoites ne quittent pas leur ville ?
        Il semble qu’ils ne rencontrent pas les problèmes que vous évoquez.

        • La piétonisation (+transports en commun squattables) des centre-villes est très fortement corrélée avec leur saleté, population d’incivils, embouteillages dans les rues qui restent, bruit et puanteur.

  • Pourquoi on parle toujours des Parisiens sans jamais prendre en compte le bouleversement engendré par les résidents du parc HLM ?

    • Les résidents du parc hlm sont des gens comme les autres, ça ne pose aucun problèmes particuliers.. En général, ce sont des élus ou des branchés de l’etat ou des fonctionnaires. Pas confondre avec la banlieue, où même le zones pavillonnaires craignent un max.

  • L’Ile-de-France représente 32% du PIB national (29% en 1990). On note que cette évolution est concomitante avec la hausse générale des dépenses publiques sur la période. Autrement dit, les provinciaux se font taxer jusqu’à l’os… pour financer Paris où ils ne mettront jamais les pieds (ou si peu). Pour ce qui est de la prétendue redistribution ou du soi-disant aménagement du territoire, on verra plus tard.

    Saboter les transports, donc l’économie parisienne et par capillarité celle de toute l’Ile-de-France, va certainement aider l’économie nationale à expérimenter une récession mémorable. Les décroissants et autres escrologistes vont pouvoir se réjouir. Encore un effort et on pourra fermer une dizaine de centrales nucléaires sans risque de black-out.

    • La vie de château se fait toujours au détriment des gens hors des murs, du perif pour Paris. D’où l’intérêt d’être parisien, les autres bossent pour vous, leurs façon de vivre importe peu… Rouler à vélo, bof a l’être d’internet on se déplace pour le plaisir à pieds en vélo mais plus ouvrent en taxi ou en avion… La voiture, le bus le tram le métro c’est pour les prolos au smic, nos esclaves modernes

    • « L’Ile-de-France représente 32% du PIB national »

      Par ailleurs, une bonne partie des franciliens subissent plus qu’ils ne profitent du Paris des bobos.

      J’ai habité Paris intra-muraux. La circulation, le bruit, la mauvaise-humeur des parisiens, le prix de la vie … sont un enfer. Ce n’est pas un problème d’écologie mais de concentration. Bien sur pour les socialistes à 7000E de salaire par mois qui se déplacent en taxi et dont on cire les pompes dès qu’ils posent les pieds sur le trottoir, il n’y a pas de problème.

  • Paris… Pourquoi les parisiens, vu leur mépris consommé pour les provinciaux, ne se proclament-ils pas Z.A.P Zone Autonome de Paname, ou Z.E.P Zone Enclave de Paris ? (Comme à Seattle avec CHAZ/CHOP)
    En plus ils ont déjà leur maire, leur gouvernement, leur procureur, leur président, leur vivreensemble, leur senat, leur AN (qu’ils peuvent bien renommer)…

  • on rit de moins en moins quand on lit H16…
    bon elle est élue..

  • Personne n’a compris, c’est la défense du patrimoine. Paris doit redevenir la capitale d’après Philippe Auguste, avec ses déjections dans les rues brassées par les carrioles, ces quartiers écologiques avec des fermes et du bétail (cf les déjections), des mouroirs comme hôpitaux mais avec de belles façades, des bacs pour traverser la Seine et ses bateliers charmants, ses rives où il faisait bon se baigner/laver son linge/faire ses besoins/remplir des seaux etc… Ne reste que la place de Grève à reconstituer. Sympa les gibets et les roues, ça doit avoir de la gueule avec les smartphones…

  • IL fallait la virer aux dernières élections et pourtant elle a été réélue !
    Voilà toute l’absurdité des parisiens.
    Et encore ils n’ont pas tout à fait réalisé qu’elle s’est battue pour avoir les JO à Paris et ce que tout cela va générer pour eux avec les augmentations de taxes et impôts, car qui va payer tout cela, les parisiens et les français avec leurs impôts.
    Si elle veut éliminer les voitures (donc les taxis, les bus), limiter les déplacements intra-muros sans compter tout ce qu’elle a dans les cartons, comment les étrangers pourront-ils trouver la capitale attractive ?
    Cette femme est hyper dangereuse, pourvu qu’elle ne se mette pas en tête de se présenter aux présidentielles, la France reviendrait au Moyen Age !

  • Merci pour cet article, très teinté d’humour, qui décrit parfaitement bien la situation à Paris.
    Le lama, lui, est sympathique…

  • Si Chirac fut le premier et le meilleur maire de Paris, depuis la déchéance complète. A souhaiter que la ville redevienne administrée par un préfet ou une personnalité nommée par le gouvernement. Le Préfet Taulelle n’avait pas démérité.
    Quant à la maire Hidalgo, son entêtement et sa bêtise sont tels, qu’elle ferait presque pitié.
    Mais je crois que les qualificatifs appliqués à Mahaut d’Artois par Robert d’Artois dans les rois maudits lui conviendraient à merveille!

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